On Le Confond Avec L Hirondelle Petit Fouet

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Mimine désobéissoit jamais à sa maman. Pour ne point faire de bruit, elle prenoit sa poupée, s'asseyoit dans un coin de la chambre, et causoit avec elle. Mimi faisoit la maman. Zozo, c'est ainsi qu'elle nommoit sa poupée, était sa fille. La petite

PERSONNAGES La Esméralda Phoebus De Chateaupers Claude Frollo Quasimodo Fleur De Lys Madame Aloise De Gondelaurier Diane Berangère Le Vicomte de Gif M. De Chevreuse M. De Morlaix Clopin Trouille fou Le Crieur public Le Peuple, Truands, Archers, etc ACTE PREMIER. La Cour des miracles. — Il est nuit. Foule de truands. Danses et bruyantes. Mendiant et mendiantes dans leurs diverses attitudes de métier. Le roi de Thune sur son tonneau. Feux, torches, flambeaux. Cercle de hideuses maisons dans l’ombre. Scène PREMIÈRE. CLAUDE FROLLO, CLOPIN TROUILLEFOU, puis LA ESMERALDA, puis QUASIMODO, — Les truands. Chœur des truands. Vive Clopin, roi de Thune ! Vivent les gueux de Paris ! Faisons nos coups à la brune, Heure où tous les chats sont gris. Dansons ! narguons pape et bulle, Et raillons-nous dans nos peaux, Qu’avril mouille ou que juin brûle La plume de nos chapeaux ! Sachons flairer dans l’espace L’estoc de l’archer vengeur, Ou le sac d’argent qui passe Sur le dos du voyageur ! Nous irons au clair de lune Danser avec les esprits… — Vive Clopin, roi de Thune ! Vivent les gueux de Paris ! CLAUDE FROLLO, à part, derrière un pilier, dans un coin du théâtre. Il est enveloppé d’un grand manteau qui cache son habit de prêtre. Au milieu de la ronde infâme, Qu’importe le soupir d’une âme ? Je souffre ! oh ! jamais plus de flamme Au sein d’un volcan ne La Esmeralda en dansant. ChœurLa voilà ! la voilà ! c’est elle ! Esmeralda ! CLAUDE FROLLO, à elle ! oh ! oui, c’est elle ! Pourquoi, sort rigoureux, L’as-tu faite si belle, Et moi si malheureux ?Elle arrive au milieu du théâtre. Les truands font cercle avec admiration autour d’elle. Elle danse. LA suis l’orpheline, Fille des douleurs, Qui sur vous s’incline En jetant des fleurs ; Mon joyeux délire Bien souvent soupire ; Je montre un sourire, Je cache des pleurs. Je danse, humble fille, Au bord du ruisseau ; Ma chanson babille Comme un jeune oiseau ; Je suis la colombe Qu’on blesse et qui tombe. La nuit de la tombe Couvre mon berceau. jeune fille ! Tu nous rends plus doux. Prends-nous pour famille, Et joue avec nous, Comme l’hirondelle À la mer se mêle, Agaçant de l’aile Le flot en courroux. C’est la jeune fille, L’enfant du malheur ! Quand son regard brille, Adieu la douleur ! Son chant nous rassemble ; De loin elle semble L’abeille qui tremble Au bout d’une fleur. Danse, jeune fille, Tu nous rends plus doux. Prends-nous pour famille, Et joue avec nous ! CLAUDE FROLLO[à part.] Frémis, jeune fille ; Le prêtre est jaloux ! [Claude veut se rapprocher de La Esmerala, qui se détourne de lui avec une sorte d’ la procession du pape des fous. Torches, lanternes et musique. On porte au milieu du cortège, sur un brancard couvert de chandelles, Quasimodo, chapé et mitré] CHŒUR Saluez, clercs de basoche ! Hubins, coquillards, cagoux, Saluez tous ! il approche. Voici le pape des fous ! CLAUDE FROLLO[apercevant Quasimodo s’élance vers lui avec un geste de colère] Quasimodo ! quel rôle étrange ! 0 profanation ! Ici, Quasimodo ! QUASIMODO Grand Dieu ! qu’entends-je ? CLAUDE FROLLO Ici, te dis-je ! QUASIMODO[se jetant en bas de la litière] Me voici ! CLAUDE FROLLO Sois anathème ! {{PersonnageQUASIM ODOcred}} Dieu ! c’est lui-même ! CLAUDE FROLLO Audace extrême ! QUASIMODO Instant d’effroi ! CLAUDE FROLLO À genoux, traître ! QUASIMODO Pardonnez, maître ! CLAUDE FROLLO Non, je suis prêtre ! QUASIMODO Pardonnez-moi ! [Claude Frollo arrache les ornements pontificaux de Quasimodo et les foule aux pieds. Les truands, sur lesquels Claude jette des regards irrités, commencent à murmurer et se forment en groupes menaçants autour de lui] LES TRUANDS Il nous menace, Ô compagnons ! Dans cette place Où nous régnons ! QUASIMODO Que veut l’audace De ces larrons ? On le menace, Mais nous verrons ! CLAUDE FROLLO Impure race ! Juifs et larrons ! On me menace, Mais nous verrons ! [La colère des truands éclate] {{PersonnageLES TRUANDScred}} Arrête ! arrête ! arrête ! Meure le trouble-fête ! Il paiera de sa tête ! En vain il se débat ! QUASIMODO Qu’on respecte sa tête ! Et que chacun s’arrête, Ou je change la fête En un sanglant combat ! CLAUDE FROLLO Ce n’est point pour sa tête Que Frollo s’inquiète. [Il met la main sur la poitrine] C’est là qu’est la tempête, C’est là qu’est le combat ! [Au moment où la fureur des truands est au comble, Clopin parait au fond du théâtre] CLOPIN Qui donc ose attaquer, dans ce repaire infâme, L’archidiacre mon seigneur, Et Quasimodo le sonneur De Notre-Dame ? LES TRUANDS[s’arrêtant.] C’est Clopin, notre roi ! CLOPIN Manants, retirez-vous ! LES TRUANDS Il faut obéir ! CLOPIN Laissez-nous. [Les truands se retirent dans les masures. La Cour des miracles reste déserte. Clopin s’approche mystérieusement de Claude] Scène II CLAUDE — FROLLO — QUASIMODO — CLOPINCLOPIN Quel motif vous avait jeté dans cette orgie ? Avez-vous, monseigneur, quelque ordre à me donner ? Vous êtes mon maître en magie. Parlez ; je ferai tout. CLAUDE FROLLO[Il saisit vivement Clopin par le bras et l’attire sur le devant du théâtre]. Je viens tout terminer. Écoute. CLOPIN Monseigneur ? CLAUDE FROLLO Plus que jamais je l’aime ! D’amour et de douleur tu me vois palpitant. Il me la faut cette nuit même. CLOPIN Vous l’allez voir ici passer dans un instant ; C’est le chemin de sa demeure. CLAUDE FROLLO[à part.] Oh ! l’enfer me saisit ! [Haut.] Bientôt, dis-tu ? CLOPIN Sur l’heure. CLAUDE FROLLO Seule ? CLOPIN Seule. CLAUDE FROLLO Il suffit. CLOPIN Attendrez-vous ? CLAUDE FROLLO J’attend. Que je l’obtienne ou que je meure ! CLOPIN Puis-je vous servir ? CLAUDE FROLLO Non. [Il fait signe à Clopin de s’éloigner, après lui avoir jeté sa bourse. Resté seul avec Quasimodo, il l’amène sur le devant du théâtre] Viens, j’ai besoin de toi. QUASIMODO C’est bien. CLAUDE FROLLO Pour une chose impie, affreuse, extrême. QUASIMODO Vous êtes mon seigneur. CLAUDE FROLLO Les fers, la mort, la loi, Nous bravons tout. QUASIMODO Comptez sur moi. CLAUDE FROLLO[impétueusement.] J’enlève la fille bohème ! QUASIMODO Maître, prenez mon sang-sans me dire pourquoi. [Sur un signe de Claude Frollo, il se retire vers le fond du théâtre et laisse son maître sur le devant de la scène.] CLAUDE FROLLO 0 ciel ! avoir donné ma pensée aux abîmes, Avoir de la magie essayé tous les crimes,. Être tombé plus bas que l’enfer ne descend, Prêtre, à minuit, dans l’ombre épier une femme, Et songer, dans l’état où se trouve mon âme, Que Dieu me regarde à présent ! Eh bien, oui ! qu’importe ! Le destin m’emporte, Sa main est trop forte, Je cède à sa loi ! Mon sort recommence ! Le prêtre en démence N’a plus d’espérance Et n’a plus d’effroi ! Démon qui m’enivres, Qu’évoquent mes livres, Si tu me la livres, Je me livre à toi ! Reçois sous ton aile Le prêtre infidèle ! L’enfer avec elle, C’est mon ciel, à moi ! Viens donc, ô jeune femme ! C’est moi qui te réclame ! Viens, prends-moi sans retour ! Puisqu’un Dieu, puisqu’un maître, Dont le regard pénètre Notre cœur nuit et jour, Exige en son caprice Que le prêtre choisisse Du ciel ou de l’amour ! QUASIMODO[revenant] Maître, l’instant s’approche. CLAUDE FROLLO Oui, l’heure est solennelle ; Mon sort se décide, tais-toi. CLAUDE FROLLO — QUASIMODO La nuit est sombre, J’entends des pas ; Quelqu’un dans l’ombre Ne vient-il pas ? [Ils vont écouter au fond du théâtre.] {{Personnage LE GUETcred}} [passant derrière les maisons.] Paix et vigilance ! Ouvrons, loin du bruit, L’oreille au silence Et l’œil à la nuit. CLAUDE — FROLLO — QUASIMODO Dans l’ombre on s’avance ; Quelqu’un vient sans bruit. Oui, faisons silence ; C’est le guet de nuit ! [Le chant s’éloigne.] QUASIMODO Le guet s’en va. CLAUDE FROLLO Notre crainte le suit. [Claude Foirolle et Quasimodo regardent avec anxiété vers la rue par laquelle doit venir La Esméralda] QUASIMODO L’amour conseille, L’espoir rend fort Celui qui veille Lorsque tout dort. Je la devine, Je l’entrevoie ; Fille divine, Viens sans effroi ! CLAUDE FROLLO L’amour conseille, L’espoir rend fort Celui qui veille Lorsque tout dort. Je la devine, Je l’entrevoie ; Fille divine ! Elle est à moi ! [Entre La Esmeralda. Ils se jettent sur elle, et veulent l’entraîner. Elle se débat.] LA ESMERALDA Au secours ! au secours ! à moi ! CLAUDE — FROLLO — QUASIMODO Tais-toi, jeune fille ! tais-toi ! Scène III LA ESMERALDA – QUASIMODO — PHŒBUS DE CHATEAUPERS — LES ARCHERS DU GUETPHŒBUS DE CHATEAUPERS,[entrant à la tête d’un gros d’archers.] De par le roi ! [Dans le tumulte, Claude s’échappe. Les archers saisissent Quasimodo] PHŒBUS DE CHATEAUPERS[aux archers, montrant Quasimodo] Arrêtez-le ! serrez ferme ! Qu’il soit seigneur ou valet ! Nous allons, pour qu’on l’enferme, Le conduire au Châtelet ! [Les archers emmènent Quasimodo au fond. La Esmeralda, remise de sa frayeur, s’approche de Phoebus De Chateaupers avec une curiosité mêlée d’admiration, et l’attire doucement sur le devant de la scène.] LA ESMERALDA[à Phoebus De Chateaupers] Daignez me dire Votre nom, sire ! Je le requiers ! PHEOBUS DE CHATEAUPERS, Phoebus De Chateaupers, ma fille, De la famille De Châteaupers. LA ESMERALDA, Capitaine ? PHEOBUS DE CHATEAUPERS, Oui, ma reine. {{PersonnageLA ESMERA LDAcred}} Reine ? oh ! non. PHEOBUS DE CHATEAUPERS Grâce extrême ! LA ESMERALDA Phoebus De Chateaupers, j’aime Votre nom ! PHEOBUS DE CHATEAUPERS Sur mon âme, J’ai, madame, Une lame De renom ! LA ESMERALDA[à Phoebus De Chateaupers] Un beau capitaine, Un bel officier, À mine hautaine, À corset d’acier, Souvent, mon beau sire, Prend nos pauvres cœurs, Et ne fait que rire De nos yeux en pleurs. PHEOBUS DE CHATEAUPERS[à part] Pour un capitaine, Pour un officier, L’amour peut à peine Vivre un jour entier. Tout soldat désire Cueillir toute fleur, Plaisir sans martyre, Amour sans douleur ! [A La Esmeralda] Un esprit Radieux Me sourit Dans tes yeux. {{PersonnageLA ESMERALDA cred}} Un beau capitaine, Un bel officier, À mine hautaine, À corset d’acier, Quand aux yeux il brille, Fait longtemps penser Toute pauvre fille Qui l’a vu passer ! PHEOBUS DE CHATEAUPERS[à part] Pour un capitaine, Pour un officier, L’amour peut à peine Vivre un jour entier. C’est l’éclair qui brille, Il faut courtiser Toute belle fille Que l’on voit passer. LA ESMERALDA[Elle se pose devant le capitaine et l’admire] Seigneur Phoebus De Chateaupers, que je vous voie Et que je vous admire encore ! Oh ! la belle écharpe de soie, La belle écharpe à franges d’or ! [Phoebus De Chateaupers détache son écharpe et la lui offre] PHEOBUS DE CHATEAUPERS Vous plaît-elle ? [La Esmeralda prend l’écharpe et s’en pare] LA ESMERALDA Qu’elle est belle ! PHEOBUS DE CHATEAUPERS Un moment ! [Il s’approche d’elle et cherche à l’embrasser.] LA ESMERALDA[reculant]. Non ! de grâce ! PHEOBUS DE CHATEAUPERS[ qui insiste] Qu’on m’embrasse ! LA ESMERALDA[reculant toujours] Non, vraiment ! PHEOBUS DE CHATEAUPERS[riant] Une belle Si rebelle. Si cruelle ! C’est charmant. LA ESMERALDA Non, beau capitaine, Je dois refuser. Sais-je où l’on m’entraîne Avec un baiser ? PHEOBUS DE CHATEAUPERS Je suis capitaine, Je veux un baiser. Ma belle africaine, Pourquoi refuser ? Donne un baiser, donne, ou je vais le prendre. LA ESMERALDA, Non, laissez-moi ; je ne veux rien entendre. PHEOBUS DE CHATEAUPERS, Un seul baiser ! ce n’est rien, sur ma foi ! LA ESMERALDA Rien pour vous, sire, hélas ! et tout pour moi ! PHEOBUS DE CHATEAUPERS Regarde-moi ; tu verras si je t’aime ! LA ESMERALDA Je ne veux pas regarder en moi-même. PHEOBUS DE CHATEAUPERS L’amour, ce soir, veut entrer dans ton cœur. LA ESMERALDA L’amour ce soir, et demain le malheur ! [Elle glisse de ses bras et s’enfuit. Phoebus De Chateaupers, désappointé, se retourne vers Quasimodo, que les gardes tiennent lié au fond du théâtre] PHEOBUS DE CHATEAUPERS Elle m’échappe, elle résiste. Belle aventure en vérité ! Des deux oiseaux de nuit je garde le plus triste ; Le rossignol s’en va, le hibou m’est resté. [Il se remet à la tête de sa troupe, et sort emmenant Quasimodo] CHŒUR DE LA RONDE DU GUET Paix et vigilance ! Ouvrons, loin du bruit, L’oreille au silence Et l’œil à la nuit ! [Ils s’éloignent peu à peu et disparaissent.] ACTE II Scène I [La place de Grève. Le pilori. Quasimodo au pilori. Le Peuple sur la place] CHŒUR -Il enlevait une fille ! -Comment ! vraiment ? -Vous voyez comme on l’étrille En ce moment ! -Entendez-vous, mes commères ? QUASIMODO S’en vient chasser sur les terres De Cupido ! UNE FEMME DU PEUPLE Il passera dans ma rue Au retour du pilori, Et c’est Pierrat Torterue Qui va nous faire le cri. LE CRIEUR De par le roi, que Dieu garde ! L’homme qu’ici l’on regarde Sera mis, sous bonne garde, Pour une heure au pilori ! CHŒUR À bas ! à bas ! Le bossu ! le sourd ! le borgne ! Ce Barabbas ! Je crois, mortdieu ! qu’il nous lorgne. À bas le sorcier ! Il grimace, il rue ! Il fait aboyer Les chiens dans la rue. -Corrigez bien ce bandit ! -Doublez le fouet et l’amende ! QUASIMODO CHŒUR Qu’on le pende ! QUASIMODO À boire ! CHŒUR Sois maudit ! [Depuis quelques instants La Esmeralda s’est mêlée à la foule. Elle a observé Quasimodo avec surprise d’abord, puis avec pitié. Tout à coup, au milieu des cris du peuple, elle monte au pilori, détache une petite gourde de sa ceinture, et donne à boire à Quasimodo] CHŒUR Que fais-tu, belle fille ? Laisse Quasimodo ! À Belzébuth qui grille On ne donne pas d’eau ! [Elle descend du pilori. Les archers détachent et emmènent Quasimodo] CHŒUR -Il enlevait une femme ! -Qui ? ce butor ? -Mais c’est affreux ! c’est infâme ! -C’est un peu fort ! -Entendez-vous, mes commères ? QUASIMODO Osait chasser sur les terres De Cupido ! Scène II [Une salle magnifique où se font des préparatifs de fête.] PHEOBUS DE CHATEAUPERS – FLEUR DE LYS – MADAME ALOISE DE GONDELAURIER MADAME ALOISE Phoebus, mon futur gendre, écoutez, je vous aime ; Soyez maître céans comme un autre moi-même ; Ayez soin que ce soir chacun s’égaye ici. Et vous, ma fille, allons, tenez-vous prête. Vous serez la plus belle encore dans cette fête, Soyez la plus joyeuse aussi ! [Elle va au fond, et donne des ordres aux valets qui disposent la fête.] FLEUR DE LYS Monsieur, depuis l’autre semaine On vous a vu deux fois à peine. Cette fête enfin vous ramène. Enfin ! c’est bien heureux vraiment ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Ne grondez pas, je vous supplie ! FLEUR DE LYS Ah ! je le vois, Phoebus De Chateaupers m’oublie ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Je vous jure… FLEUR DE LYS Pas de serment ! On ne jure que lorsqu’on ment. PHŒBUS DE CHATEAUPERS Vous oublier ! quelle folie ! N’êtes-vous pas la plus jolie ? Ne suis-je pas le mieux aimant ? PHŒBUS DE CHATEAUPERS[à part.] Comme ma belle fiancée Gronde aujourd’hui ! Le soupçon est dans sa pensée. Ah ! quel ennui ! Belles, les amants qu’on rudoie S’en vont ailleurs. On en prend plus avec la joie Qu’avec les pleurs. FLEUR DE LYS[ à part] Me trahir, moi, sa fiancée, Qui suis à lui ! Moi qui n’ai que lui pour pensée Et pour ennui ! Ah ! qu’il s’absente ou qu’il me voie, Que de douleurs ! Présent, il dédaigne ma joie, Absent, mes pleurs ! FLEUR DE LYS L’écharpe, que pour vous, Phoebus De Chateaupers, j’ai festonnée, Qu’en avez-vous donc fait ? je ne vous la vois pas. PHŒBUS DE CHATEAUPERS[troublé.] L’écharpe ? Je ne sais… [A part.] Mortdieu ! le mauvais pas ! FLEUR DE LYS Vous l’avez oubliée ! [A part.] À qui l’a-t-il donnée ? Et pour qui suis-je abandonnée ? MADAME ALOISE[remontant vers eux et tâchant de les accorder.] Mon Dieu ! mariez-vous ; vous bouderez après. PHŒBUS DE CHATEAUPERS[à Fleur-de-Lys] Non, je ne l’ai pas oubliée. Je l’ai, je m’en souviens, soigneusement pliée Dans un coffret d’émail que j’ai fait faire exprès. [Avec passion, à Fleur-de-Lys, qui boude encore.] Je vous jure que je vous aime Plus qu’on n’aimerait Vénus même. FLEUR DE LYS Pas de serment ! pas de serment ! On ne jure que lorsqu’on ment. MADAME ALOISE Enfants ! pas de querelle ; aujourd’hui tout est joie. Viens, ma fille, il faut qu’on nous voie. Voici qu’on va venir. Chaque chose a son tour. [Aux valets] Allumez les flambeaux, et que le bal s’apprête. Je veux que tout soit beau, qu’on s’y croie en plein jour PHŒBUS DE CHATEAUPERS Puisqu’on a Fleur-de-Lys, rien ne manque à la fête. FLEUR DE LYS Phoebus De Chateaupers, il y manque l’amour ! [Elles sortent] PHŒBUS DE CHATEAUPERS[regardant sortir Fleur-de-Lys] Elle dit vrai, près d’elle encore Mon cœur est rempli de souci. Celle que j’aime, à qui je pense dès l’aurore, Hélas ! elle n’est pas ici ! Fille ravissante, À toi mes amours ! Belle ombre dansante, Qui remplis mes jours, Et, toujours absente, M’apparais toujours ! Elle est rayonnante et douce Comme un nid dans les rameaux, Comme une fleur dans la mousse, Comme un bien parmi des maux ! Humble fille et vierge fière, Âme chaste en liberté, La pudeur sous sa paupière Émousse la volupté ! C’est, dans la nuit sombre, Un ange des cieux, Au front voilé d’ombre, À l’œil plein de feux ! Toujours je vois son image, Brillante ou sombre parfois ; Mais toujours, astre ou nuage, C’est au ciel que je la vois ! Fille ravissante, À toi mes amours ! Belle ombre dansante Qui remplis mes jours, Et, toujours absente, M’apparais toujours ! [Entrent plusieurs seigneurs et dames en habits de fête] Scène III LES PRECEDENTS – LE VICOMTE DE GIF – M. DE MORLAIX – M. DE CHEVREUSE – MADAME DE GONDELAURIER – FLEUR DE LYS – DIANE – BERANGERE – DAMES — SEIGNEURSLE VICOMTE DE GIF Salut, nobles châtelaines ! MADAME ALOISE — PHŒBUS DE CHATEAUPERS — FLEUR DE LYS[saluant] Bonjour, noble chevalier ! Oubliez soucis et peines Sous ce toit hospitalier ! M. DE MORLAIX Mesdames, Dieu vous envoie Santé, plaisir et bonheur ! MADAME ALOISE — PHŒBUS DE CHATEAUPERS — FLEUR DE LYS Que le ciel vous rende en joie Vos bons souhaits, beau seigneur ! M. DECHEVREUSE Mesdames, du fond de l’âme Je suis à vous comme à Dieu. {{Personnage MADAME ALOISE — PHŒBUS DE CHATEAUPERS — FLEUR DE LYScred}} Beau sire, que Notre-Dame Vous soit en aide en tout lieu ! [Entrent tous les conviés.] CHŒUR Venez tous à la fête ! Page, dame et seigneur ! Venez tous à la fête, Des fleurs sur votre tête, La joie au fond du cœur. [Les conviés s’accostent et se saluent. Des valets circulent dans la foule, portant des plateaux chargés de fleurs et de fruits. Cependant un groupe de jeunes filles s’est formé près d’une fenêtre, à droite. Tout à coup l’une d’elles appelle les autres et leur fait signe de se pencher hors de la fenêtre] DIANE[regardant au dehors.] Oh ! viens donc voir, viens donc voir, Bérengère ! BERANGERE[regardant dans la rue] Qu’elle est vive ! qu’elle est légère ! DIANE C’est une fée ou c’est l’Amour ! LE VICOMTE DE GIF[riant.] Qui danse dans le carrefour ! M. DE CHEVREUSE[après avoir regardé.] Eh mais, c’est la magicienne ! Phoebus De Chateaupers, c’est ton égyptienne, Que l’autre nuit, avec valeur, Tu sauvas des mains d’un voleur. LE VICOMTE DE GIF Eh ! oui, c’est la bohémienne ! M. DE MORLAIX Elle est belle comme le jour ! DIANE [à Phoebus De Chateaupers] Si vous la connaissez, dites-lui qu’elle vienne Nous égayer de quelque tour. PHŒBUS DE CHATEAUPERS[ regardant à son tour d’un air distrait] Il se peut bien que ce soit elle. [A. Vicomte de Gif] Mais crois-tu qu’elle se rappelle ?… FLEUR DE LYS[qui observe et qui écoute] De vous toujours on se souvient. Voyons, appelez-la, dites-lui qu’elle monte. [A part.] Je verrai s’il faut croire à ce que l’on raconte. PHŒBUS DE CHATEAUPERS[à Fleur-de-Lys] Vous le voulez ? Eh bien, essayons. [Il fait signe à la danseuse de monter] LES JEUNES FILLES Elle vient ! M. DE CHEVREUSE Sous le porche elle est disparue. DIANE Comme elle a laissé là ce bon peuple ébahi ! LE VICOMTE DE GIF Dames, vous allez voir la nymphe de la rue. FLEUR DE LYS[à part.] Qu’au signe de Phoebus De Chateaupers elle a vite obéi ! Scène IV LES PRECEDENTS — LA ESMERALDA [Entre la bohémienne, timide, confuse, et radieuse. Mouvement d’admiration. La foule s’écarte devant elle] CHŒUR Regardez ! son beau front brille entre les plus beaux, Comme ferait un astre entouré de flambeaux ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Oh ! la divine créature ! Amis, de ce bal enchanté Elle est la reine, je vous jure. Sa couronne c’est sa beauté ! [Il se tourne vers Le Vicomte de Gif et de M. De Chevreuse] Amis, j’en ai l’âme échauffée ! Je braverais guerre et malheur, Si je pouvais, charmante fée, Cueillir ton amour dans sa fleur ! M. DE CHEVREUSE C’est une céleste figure ! Un de ces rêves enchantés Qui flottent dans la nuit obscure Et sèment l’ombre de clartés ! Dans le carrefour elle est née. Ô jeux aveugles du malheur ! Quoi ! dans l’eau du ruisseau traînée, Hélas ! une si belle fleur ! LA ESMERALDA[l’œil fixé sur Phoebus De Chateaupers dans la foule] C’est mon Phoebus De Chateaupers, j’en étais sûre, Tel qu’en mon cœur il est resté ! Ah ! sous la soie ou sous l’armure, C’est toujours lui, grâce et beauté ! Phoebus De Chateaupers, ma tête est embrasée ! Tout me brûle, joie et douleurs. La terre a besoin de rosée, Et mon âme a besoin de pleurs ! FLEUR DE LYS Qu’elle est belle ! j’en étais sûre. Oui, je dois être, en vérité, Bien jalouse, si je mesure Ma jalousie à sa beauté ! Mais peut-être, prédestinées, Sous la rude main du malheur, Elle et moi, nous serons fanées Toutes les deux dans notre fleur ! {{Personnage MADAME ALOISEcred}} C’est une belle créature ! Il est étrange, en vérité, Qu’une bohémienne impure Ait tant de charme et de beauté ! Mais qui connaît la destinée ? Souvent le serpent oiseleur Cache sa tête empoisonnée Sous le buisson le plus en fleur. TOUS Elle a le calme et la beauté Du ciel dans les beaux soirs d’été ! MADAME ALOISE[à La Esmeralda] Allons, enfant, allons, la belle, Venez, et dansez-nous quelque danse nouvelle. [La Esmeralda se prépare a danser et tire de son sein l’écharpe que lui a donnée Phoebus De Chateaupers] FLEUR DE LYS Mon écharpe !… Phoebus De Chateaupers, je suis trompée ici, Et ma rivale, la voici ! [Fleur-de-Lys arrache l’écharpe à La Esmeralda, et tombe évanouie. Tout le bal s’ameute en désordre contre l’égyptienne, qui se réfugie près de Phoebus De Chateaupers] TOUS Est-il vrai ? Phoebus De Chateaupers l’aime ! Infâme ! sors d’ici. Ton audace est extrême De nous braver ainsi ! 0 comble d’impudence ! Retourne aux carrefours Faire admirer ta danse Aux marchands des faubourgs ! Que sur l’heure on la chasse ! À la porte ! il le faut. Une fille si basse Élever l’œil si haut ! LA ESMERALDA Oh ! défends-moi toi-même, Mon Phoebus De Chateaupers, défends-moi ! L’humble fille bohème N’espère ici qu’en toi. {{Personnage Phœbus. Je l’aime, et n’aime qu’elle ! Je suis son défenseur. Je combattrai pour elle. Mon bras est à mon cœur. S’il faut qu’on la soutienne, Eh bien, je la soutien ! Son injure est la mienne, Et son honneur le mien ! Tous. Quoi ! voilà ce qu’il aime ! Hors d’ici ! hors d’ici ! Quoi ! c’est une bohème Qu’il nous préfère ainsi ! Ah ! tous les deux, silence Sur une telle ardeur !À Phoebus. Vous, c’est trop d’insolence !À la Esmeralda. Toi, c’est trop d’impudeur !Phœbus et ses amis protègent la bohémienne entourée des menaces de tous les conviés de Madame de Gondelaurier. La Esmeralda se dirige en chancelant vers la porte. La toile tombe. ACTE TROISIÈME Scène PREMIÈRE. Le préau extérieur d’un cabaret. À droite la taverne. À gauche des arbres. Au fond une porte et un petit mur très bas qui clôt le préau. Au loin la croupe de Notre-Dame, avec ses deux tours et sa flèche, et une silhouette sombre du vieux Paris qui se détache sur le ciel rouge du couchant. La Seine au bas du tableau. PHŒBUS — Le Vicompte DE GIF — M. DE MORLAIX — M. DE CHEVREUSE et plusieurs autres amis de Phœbus, assis à des tables, buvant et chantant ; puis DOM CLAUDE FROLLO. Cœurs. Sois propice et salutaire, Notre-Dame de Saint-Lô, Au soudard qui sur la terre N’a de haine que pour l’eau ! Phœbus. Donne au brave, En tous lieux, Bonne cave Et beaux yeux ! L’heureux drille ! Fais qu’il pille Jeune fille Et vin vieux ! Qu’une belle Au cœur froid Soit rebelle, — On en voit, — Il plaisante La méchante, Puis il chante, Puis il boit ! Le jour passe ; Ivre ou non, Il embrasse Sa Toinon, Et, farouche, Il se couche Sur la bouche D’un canon. Et son âme, Qui souvent D’une femme Va rêvant, Est contente Quand la tente Palpitante Tremble au vent. CHŒUR Sois propice et salutaire, Notre-Dame de Saint-Lô, Au soudard qui sur la terre N’a de haine que pour l’eau ! [Entre Claude Frollo, qui va s’asseoir à une table éloignée de celle où est Phoebus De Chateaupers, et paraît d’abord étranger à ce qui se passe autour de lui] LE VICOMTE DE GIF[à Phoebus De Chateaupers] Cette égyptienne si belle, Qu’en fais-tu donc, décidément ? [Mouvement d’attention de Claude Frollo] PHŒBUS DE CHATEAUPERS Ce soir, dans une heure, avec elle, J’ai rendez-vous. TOUS Vraiment ? PHŒBUS DE CHATEAUPERS Vraiment ! [L’agitation deClaude Frollo redouble] VICOMTE DE GIF Dans une heure ? {{PersonnagePHŒBUS DE CHATEAUP ERScred}} Dans un moment ! LA ESMERALDA Oh ! l’amour, volupté suprême ! Se sentir deux dans un seul cœur ! Posséder la femme qu’on aime ! Être l’esclave et le vainqueur ! Avoir son âme, avoir ses charmes ! Son chant qui sait vous apaiser ! Et ses beaux yeux remplis de larmes Qu’on essuie avec un baiser ! [Pendant qu’il chante, les autres boivent et choquent leurs verres] CHŒUR C’est le bonheur suprême, En quelque temps qu’on soit, De boire à ce qu’on aime Et d’aimer ce qu’on boit ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Amis, la plus jolie, Une grâce accomplie ! 0 délire ! ô folie ! Amis, elle est à moi ! CLAUDE FROLLO[à part] À l’enfer je m’allie. Malheur sur elle et toi ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Le plaisir nous convie ! Épuisons sans retour Le meilleur de la vie Dans un instant d’amour ! Qu’importe après que l’on meure ! Donnons cent ans pour une heure, L’éternité pour un jour ! [Le couvre-feu sonne. Les amis de Phoebus De Chateaupers se lèvent de table, remettent leurs épées, leurs chapeaux, leurs manteaux, et s’apprêtent à partir] CHŒUR Phoebus de Chateaupers, l’heure t’appelle Oui, c’est le couvre-feu. Va retrouver ta belle. À la garde de Dieu ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Vraiment ! l’heure m’appelle ; Oui, c’est le couvre-feu. Je vais trouver ma belle. À la garde de Dieu ! [Les amis de Phoebus de Chateaupers sortent] Scène II CLAUDE FROLLO — PHŒBUS DE CHATEAUPERS [arrêtant Phoebus De Chateaupers au moment où il se dispose à sortir] Capitaine ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Quel est cet homme ? CLAUDE FROLLO Écoutez-moi. PHŒBUS DE CHATEAUPERS Dépêchons-nous ! CLAUDE FROLLO Savez-vous bien comment se nomme Celle qui vous attend ce soir au rendez-vous ? PHŒBUS DE CHATEAUPERS Eh, pardieu ! c’est mon amoureuse, Celle qui m’aime et me plaît fort ; C’est ma chanteuse, ma danseuse, C’est Esmeralda. CLAUDE FROLLO C’est la mort. PHŒBUS DE CHATEAUPERS L’ami, vous êtes fou, d’abord ; Ensuite, allez au diable ! CLAUDE FROLLO Écoutez ! {{PersonnagePHŒBUS DE CHATEAUP ERScred}} Que m’importe ? CLAUDE FROLLO Phoebus De Chateaupers, si vous passez le seuil de cette porte…. PHŒBUS DE CHATEAUPERS Vous êtes fou ! CLAUDE FROLLO Vous êtes mort ! Tremble ! c’est une égyptienne ! Elles n’ont ni loi, ni remord. Leur amour déguise leur haine, Et leur couche est un lit de mort ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS[riant] Mon cher, rajustez votre cape. Rentrez à l’hôpital des fous ; Il me paraît qu’on s’en échappe. Que Jupiter, saint Esculape, Et le diable soient avec vous ! CLAUDE FROLLO Ce sont des femmes infidèles. Crois-en les publiques rumeurs. Tout est ténèbres autour d’elles. Phoebus De Chateaupers n’y va pas, ou tu meurs ! [L’insistance de Claude Frollo paraît troubler Phoebus De Chateaupers, qui considère son interlocuteur avec anxiété] PHŒBUS DE CHATEAUPERS Il m’étonne, Il me donne Malgré moi quelques soupçons. Cette ville, Peu tranquille, Est pleine de trahisons. CLAUDE FROLLO Je l’étonne, Je lui donne Malgré lui quelques soupçons. L’imbécile, Dans la ville, Ne voit plus que trahisons. Croyez-moi, monseigneur, évitez la sirène Dont le piége vous attend. Plus d’une bohémienne À poignardé dans sa haine Un cœur d’amour palpitant. [Phoebus De Chateaupers, qu’il veut entraîner, se ravise et le repousse] PHŒBUS DE CHATEAUPERS Mais suis-je fou moi-même ? Maure, juive ou bohème, Qu’importe quand on aime ? L’amour doit tout couvrir. Laisse-nous ! il m’appelle ! Ah ! si la mort, c’est elle, Quand la mort est si belle, Il est doux de mourir ! CLAUDE FROLLO[le retenant.] Arrête ! Une bohème ! Ta folie est extrême ! Oses-tu donc toi-même À ta perte courir ? Crains la femme infidèle Qui dans l’ombre t’appelle. Mais quoi ! tu cours près d’elle ? Va, si tu veux mourir ! [Phoebus De Chateaupers sort vivement, malgré Claude Frollo reste un moment sombre et comme indécis ; puis il suit Phoebus De Chateaupers] Scène III [Une chambre. Au fond, une fenêtre qui donne sur la rivière] CLOPIN[entre, un flambeau à la main ; il est accompagné de quelques hommes auxquels il fait un geste d’intelligence, et qu’il place dans un coin obscur où ils disparaissent ; puis il retourne vers la porte et semble faire signe à quelqu’un de monter. Claude paraît] CLOPIN[à Claude] D’ici vous pourrez voir, sans être vu vous-même, Le capitaine et la bohème. [Il lui montre un enfoncement derrière une tapisserie] CLAUDE FROLLO Les hommes apostés sont-ils prêts ? CLOPIN Ils sont prêts. CLAUDE FROLLO Que jamais de ceci l’on ne trouve la source. Silence ! prenez cette bourse. Vous en aurez autant après. [Claude Frollo se place dans la cachette. Clopin sort avec précaution. Entrent La Esméralda et Phoebus De Chateaupers] CLAUDE FROLLO[à part] Ô fille adorée, Au destin livrée ! Elle entre parée Pour sortir en deuil ! LA ESMERALDA[à Phoebus De Chateaupers] Monseigneur le comte, Mon cœur que je dompte Est rempli de honte Et rempli d’orgueil ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS[à La Esmeralda] Oh ! comme elle est rose ! Quand la porte est close, Ma belle, on dépose Toute crainte au seuil. [Phoebus De Chateaupers fait asseoir La Esméralda sur le banc près de lui] PHEOBUS DE CHATEAUPERS M’aimes-tu ? LA ESMERALDA Je t’aime ! CLAUDE FROLLO PHŒBUS DE CHATEAUPERS Ô l’adorable créature ! Vous êtes divine, en honneur ! LA ESMERALDA Votre bouche est une flatteuse ! Tenez, je suis toute honteuse ! N’approchez pas tant, monseigneur ! CLAUDE FROLLO Ils s’aiment ! que je les envie ! LA ESMERALDAMon Phoebus De Chateaupers, je vous dois la vie ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Et moi, je te dois le bonheur ! LA ESMERALDA Oh ! sois sage ! Encourage D’un visage Gracieux La petite Qui palpite Interdite Sous tes yeux ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Ô ma reine, Ma sirène, Souveraine D e beauté ! Douce fille, Dont l’œil brille Et pétille De fierté ! CLAUDE FROLLO Les attendre ! Les entendre ! Qu’elle est tendre ! Qu’il est beau ! Sois joyeuse ! Sois heureuse ! Moi, je creuse Le tombeau ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Fée ou femme, Sois ma dame ! Car mon âme, Nuit et jour, Te désire, Te respire, Et t’admire, Mon amour ! LA ESMERALDA Je suis femme, Et mon âme, Toute flamme, Tout amour, Est, beau sire, Une lyre Qui soupire Nuit et jour ! CLAUDE FROLLO Attends, femme, Que ma flamme Et ma lame Aient leur tour ! Oui, j’admire Leur sourire, Leur délire, Leur amour ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Sois toujours rose et vermeille ! Rions à notre heureux sort, À l’amour qui se réveille, À la pudeur qui s’endort ! Ta bouche, c’est le ciel même ! Mon âme veut s’y poser. Puisse mon souffle suprême S’en aller dans ce baiser ! LA ESMERALDA Ta voix plaît à mon oreille ; Ton sourire est doux et fort ; L’insouciance vermeille Rit dans tes yeux et m’endort. Tes vœux sont ma loi suprême, Mais je dois m’y refuser. Ma vertu, mon bonheur même, S’en iraient dans ce baiser ! CLAUDE FROLLO Ne frappez point leur oreille, Pas rapprochés de la mort ! Ma haine jalouse veille Sur leur amour qui s’endort ! La mort décharnée et blême Entre eux deux va se poser ! Phoebus De Chateaupers, ton souffle suprême S’en ira dans ce baiser ! [Claude Frollo se jette sur Phoebus De Chateaupers et le poignarde, puis il ouvre la fenêtre du fond, par laquelle il disparaît. La Esméralda tombe avec un grand cri sur le corps de Phoebus De Chateaupers entrent en tumulte les hommes apostés, qui la saisissent et semblent l’accuser. La toile tombe] ACTE IV Scène I [Une prison. Au fond, une porte.] LA ESMERALDA[seule, enchaînée, couchée sur la paille.] Quoi ! lui dans le sépulcre, et moi dans cet abîme ! Moi prisonnière et lui victime ! Oui, je l’ai vu tomber. Il est mort en effet ! Et ce crime, ô ciel ! un tel crime, On dit que c’est moi qui l’ai fait ! La tige de nos jours est brisée encore verte ! Phoebus De Chateaupers en s’en allant me montre le chemin ! Hier sa fosse s’est ouverte, La mienne s’ouvrira demain ! [Romance] Phoebus De Chateaupers, n’est-il sur la terre Aucun pouvoir salutaire À ceux qui se sont aimés ? N’est-il ni philtres ni charmes Pour sécher des yeux en larmes, Pour rouvrir des yeux fermés ? Dieu bon, que je supplie Et la nuit et le jour, Daignez m’ôter ma vie Ou m’ôter mon amour ! Mon Phoebus De Chateaupers, ouvrons nos ailes Vers les sphères éternelles, Où l’amour est immortel ! Retournons où tout retombe ! Nos corps ensemble à la tombe, Nos âmes ensemble au ciel ! Dieu bon, que je supplie Et la nuit et le jour, Daignez m’ôter ma vie Ou m’ôter mon amour ! [La porte s’ouvre. Entre Claude Frollo, une lampe à la main, le capuchon rabattu sur le visage. Il vient se placer, immobile, en face de La Esmeralda] LA ESMERALDA[ se levant en sursaut.] Quel est cet homme ? CLAUDE FROLLO[voilé par son capuchon.] Un prêtre. LA ESMERALDA Un prêtre ! Quel mystère ! CLAUDE FROLLO Êtes-vous prête ? LA ESMERALDA À quoi ? CLAUDE FROLLO Prête à mourir. LA ESMERALDA Oui. CLAUDE FROLLO Bien. LA ESMERALDA Sera-ce bientôt ? Répondez-moi, mon père. CLAUDE FROLLO Demain. LA ESMERALDA Pourquoi pas aujourd’hui ? CLAUDE FROLLO Quoi ! vous souffrez donc bien ? LA ESMERALDA Oui, je souffre ! CLAUDE FROLLO Peut-être, Moi qui vivrai demain, je souffre plus que vous. LA ESMERALDA Vous ? qui donc êtes-vous ? {{PersonnageCLAUDE FROLLO cred}} La tombe est entre nous ! LA ESMERALDA Votre nom ? CLAUDE FROLLO Vous voulez le savoir ? LA ESMERALDA Oui. [Il lève son capuchon] LA ESMERALDA Le prêtre ! C’est le prêtre ! ô ciel ! ô mon Dieu ! C’est bien son front de glace et son regard de feu ! C’est bien le prêtre ! c’est lui-même ! C’est lui qui me poursuit sans trêve nuit et jour ! C’est lui qui l’a tué, mon Phoebus De Chateaupers, mon amour ! Monstre, je vous maudis à mon heure suprême ! Que vous ai-je donc fait ? quel est votre dessein ? Que voulez-vous de moi, misérable assassin ? Vous me haïssez donc ? CLAUDE FROLLO Je t’aime ! - Je t’aime, c’est infâme ! Je t’aime en frémissant ! Mon amour, c’est mon âme ; Mon amour, c’est mon sang. Oui, sous tes pieds je tombe, Et, je le dis, Je préfère ta tombe Au paradis. Plains-moi ! Quoi ! je succombe. ; Et tu maudis ! LA ESMERALDA Il m’aime ! ô comble d’épouvante ! Il me tient, l’horrible oiseleur ! CLAUDE FROLLO La seule chose en moi vivante, C’est mon amour et ma douleur ! Détresse extrême ! Quelle rigueur ! Hélas ! je t’aime ! Nuit de douleur ! LA ESMERALDA Moment suprême ! Tremble, ô mon cœur ! Ô ciel ! il m’aime ! Nuit de terreur ! CLAUDE FROLLO[à part.] Dans mes mains elle palpite ! Enfin le prêtre a son tour ! Dans la nuit je l’ai conduite, Je vais la conduire au jour. La mort, qui vient à ma suite, Ne la rendra qu’à l’amour ! LA ESMERALDA Par pitié laissez-moi vite ! Phoebus De Chateaupers est mort, c’est mon tour ! Hélas ! je suis interdite Devant votre affreux amour, Comme l’oiseau qui palpite Sous le regard du vautour ! CLAUDE FROLLO Accepte-moi ! je t’aime ! oh ! viens, je t’en conjure ! Pitié pour moi ! pitié pour toi ! fuyons ! tout dort ! LA ESMERALDA Votre prière est une injure ! CLAUDE FROLLO Aimes-tu mieux mourir ? LA ESMERALDA Le corps meurt, l’âme sort. CLAUDE FROLLO Mourir, c’est bien affreux ! LA ESMERALDA Taisez-vous, bouche impure ! Votre amour rend belle la mort ! CLAUDE FROLLO Choisis, ou la mort ! [Claude tombe aux pieds d’Esmeralda, suppliant. Elle le repousse.] LA ESMERALDA Non, meurtrier ! jamais ! silence ! Ton lâche amour est une offense. Plutôt la tombe où je m’élance ! Sois maudit parmi les maudits ! CLAUDE FROLLO Tremble ! l’échafaud te réclame. Sais-tu que je porte en mon âme Des projets de sang et de flamme, De l’enfer dans-l’ombre applaudis ? Oh ! je t’adore ! Donne ta main ! Tu peux encore Vivre demain ! Ô nuit d’alarmes ! Nuit de remord ! Pour moi les larmes, Pour toi la mort ! Dis-moi Je t’aime ! Pour te sauver ! - L’aube suprême Va se lever. Ah ! puisqu’en vain je t’implore, Puisque ta haine me fuit, Adieu donc ! un jour encore, Et puis l’éternelle nuit ! {{Personnage LA ESMERALDAcred}} Va, je t’abhorre, Prêtre inhumain ! Le meurtre encore Rougit ta main ! Ô nuit d’alarmes ! Nuit de remord ! Assez de larmes, Je veux la mort ! Dans les fers même Je t’ai bravé. Sois anathème ! Sois réprouvé ! Va, ton crime te dévore, Phoebus De Chateaupers vers Dieu me conduit ! Le ciel m’ouvre son aurore ! L’enfer t’attend dans sa nuit ! [Un geôlier paraît Claude Frollo lui fait signe d’emmener la Esmeralda, et sort, pendant qu’on entraîne la bohémienne.] Scène II [Le parvis Notre-Dame. La façade de l’église. On entend un bruit de cloches.] QUASIMODO Mon Dieu ! j’aime, Hors moi-même, Tout ici ! L’air qui passe Et qui chasse Mon souci ! L’hirondelle Si fidèle Aux vieux toits ! Les chapelles Sous les ailes De la croix ! Toute rose Qui fleurit ; Toute chose Qui sourit ! Triste ébauche, Je suis gauche, Je suis laid. Point d’envie ! C’est la vie Comme elle est ! Joie ou peine, Nuit d’ébène Ou ciel bleu, Que m’importe ? Toute porte Mène à Dieu ! Noble lame, Vil fourreau, Dans mon âme Je suis beau ! Cloches grosses et frêles, Sonnez, sonnez toujours ! Confondez vos voix grêles Et vos murmures sourds ! Chantez dans les tourelles, Bourdonnez dans les tours ! Ça, qu’on sonne ! Qu’à grand bruit On bourdonne Jour et nuit ! Nos fêtes seront splendides. Aidé par vous, j’en réponds. Sautez à bonds plus rapides Dans les airs que nous frappons ! Voilà les bourgeois stupides Qui se hâtent sur les ponts ! Ça, qu’on sonne, Qu’on bourdonne Jour et nuit ! Toute fête Se complète Par le bruit ! [Il se retourne vers la façade de l’église.] J’ai vu dans la chapelle une tenture noire. Hélas ! va-t-on traîner quelque misère ici ? Dieu ! quel pressentiment !… Non, je n’y veux pas croire ! [Entrent Claude Frollo et Clopin sans voir Quasimodo] C’est mon est bien sombre aussi ! [Il se cache dans un angle obscur du portail.] Ô ma maîtresse ! ô Notre-Dame ! Prenez mes jours, sauvez son âme ! Scène III CLAUDE FROLLO CLOPINQUASIMODO [caché]CLAUDE FROLLO Donc Phoebus De Chateaupers est à Montfort ? CLOPIN Monseigneur, il n’est pas mort ! CLAUDE FROLLO Pourvu qu’ici rien ne l’amène ! CLOPIN Ne vous en mettez pas en peine, Il est trop faible encore pour un si long chemin. S’il venait, sa mort serait sûre. Monseigneur, soyez-en certain, Chaque pas qu’il ferait rouvrirait sa blessure. Ne craignez rien pour ce matin. CLAUDE FROLLO Ah ! qu’aujourd’hui du moins seul je la tienne, Pour vivre ou mourir, dans ma main ! Enfer, pour aujourd’hui je te donne demain ! [A Clopin] Bientôt on va mener ici l’égyptienne. Toi, que de tout il te souvienne ! - Sur la place avec les tiens…. CLOPIN Bien. CLAUDE FROLLO Tiens-toi dans l’ombre. Si je crie À moi ! tu viens. {{PersonnageCLOPINc CLAUDE FROLLO Soyez en nombre. CLOPIN Donc si vous criez À moi !… CLAUDE FROLLO Oui. CLOPIN J’accours près d’elle. Je l’arrache aux gens du roi…. CLAUDE FROLLO Bien. CLOPIN À vous la belle ! CLAUDE FROLLO À la foule mêlez-vous. Et peut-être Ce cœur deviendra plus doux Pour le prêtre. Alors vous accourez tous…. CLOPIN Oui, mon maître. CLAUDE FROLLO Tenez-vous partout serrés. CLOPIN Oui. CLAUDE FROLLO Cachez vos armes Pour ne pas donner d’alarmes. CLOPIN Maître, vous verrez. {{PersonnageCLAUDE FROLLOcr ed}} Mais que l’enfer la remporte, Compagnon, Si la folle à cette porte Me dit non ! Destinée ! ô jeu funeste ! Ami, je compte sur toi. Sur la chance qui me reste Je me penche avec effroi. CLOPIN Ne craignez rien de funeste, Monseigneur, comptez sur moi. À la chance qui vous reste Confiez-vous sans effroi. [Ils sortent avec précaution. Le Peuple commence à arriver sur la place.] Scène IV LE PEUPLE — QUASIMODO — LA ESMERALDA[et son cortège, puis] CLAUDE FROLLO — PHŒBUS DE CHATEAUPERS – CLOPIN – PRETRES – ARCHERS — GENS DE JUSTICECHŒUR À Notre-Dame Venez tous voir La jeune femme Qui meurt ce soir ! Cette bohémienne À poignardé, je crois, Un archer capitaine, Le plus beau qu’ait le roi ! Eh quoi ! si belle Et si cruelle ! Entendez-vous ? Comment y croire ? L’âme si noire Et l’œil si doux ! C’est une chose affreuse ! Ce que c’est que de nous ! La pauvre malheureuse ! Venez, accoure z tous ! À Notre-Dame Venez tous voir La jeune femme Qui meurt ce soir ! [La foule grossit. Rumeur. Un cortège sinistre commence à déboucher sur la place du Parvis. Files de pénitents noirs. Bannières de la Miséricorde. Flambeaux. Archers. Gens de justice et du guet. Les soldats écartent la foule. Parait La Esmeralda en chemise, la corde au cou, pieds nus, couverte d’un grand crêpe noir. Près d’elle, un moine avec un crucifix. Derrière elle, les bourreaux et les gens du roi. Quasimodo, appuyé aux contre-forts du portail, observe avec attention. Au moment où la condamnée arrive devant la façade, on entend un chant grave et lointain venir de l’intérieur de l’église, dont les portes sont fermées.] CHŒUR[dans l’église.] _Omnes fluctus fluminis Transierunt super me In imo voraginis Ubi plorant [Le chant s’approche lentement. Il éclate enfin près des portes, qui s’ouvrent tout à coup et laissent voir l’intérieur de l’église occupé par une longue procession de prêtres en habits de cérémonie et précédés de bannières. Claude Frollo, en costume sacerdotal, est en tête de la procession. Il s’avance vers la condamnée.] LE PEUPLE Vive aujourd’hui, morte demain ! Doux Jésus, tendez-lui la main ! LA ESMERALDA C’est mon Phoebus De Chateaupers qui m’appelle Dans la demeure éternelle Où Dieu nous tient sous son aile. Béni soit mon sort cruel ! Au fond de tant de misère, Mon cœur qui se brise espère. Je vais mourir pour la terre, Je vais naître pour le ciel ! CLAUDE FROLLO Mourir si jeune, si belle ! Hélas ! le prêtre infidèle Est bien plus condamné qu’elle ! Mon supplice est éternel. Pauvre fille de misère, Que j’ai prise dans ma serre, Tu vas mourir pour la terre ; Moi, je suis mort pour le ciel ! LE PEUPLE Hélas ! c’est une infidèle ! Le ciel, qui tous nous appelle, N’a point de portes pour elle. Son supplice est éternel. La mort, oh ! quelle misère ! La tient dans sa double serre ; Elle est morte pour la terre, Elle est morte pour le ciel ! [La procession s’approche, Claude aborde La Esmeralda] LA ESMERALDA[glacée de terreur] C’est le prêtre ! CLAUDE FROLLO[bas] Oui, c’est moi ; je t’aime et je t’implore. Dis un seul mot, je puis encore, Je puis encore te sauver. Dis-moi Je t’aime. LA ESMERALDA Je t’abhorre ! Va-t’en ! CLAUDE FROLLO Alors meurs donc ! j’irai te retrouver. [Il se tourne vers la foule.] Peuple, au bras séculier nous livrons cette femme. À ce suprême instant, puisse sur sa pauvre âme Passer le souffle du Seigneur ! [Au moment où les hommes de justice mettent la main sur La Esmeralda, Quasimodo saute dans la place, repousse les archers, saisit la Esmeralda dans ses bras, et se jette dans l’église avec elle] QUASIMODO Asile ! asile ! asile ! LE PEUPLE Asile ! asile ! asile ! Noël, gens de la ville ! Noël au bon sonneur ! Ô destinée ! La condamnée Est au Seigneur. Le gibet tombe, Et l’Éternel, Au lieu de tombe, Ouvre l’autel. Bourreaux, arrière, Et gens du roi ! Cette barrière Borne la loi. C’est toi qui changes Tout en ce lieu. Elle est aux anges, Elle est à Dieu ! CLAUDE FROLLO[faisant faire silence d’un geste.] Elle n’est pas sauvée, elle est égyptienne. Notre-Dame ne peut sauver qu’une chrétienne. Même embrassant l’autel les païens sont proscrits. [Aux gens du roi.] Au nom de monseigneur l’évêque de Paris, Je vous rends cette femme impure. QUASIMODO[aux archers.] Je la défendrai, je le jure ! N’approchez pas ! CLAUDE FROLLO[aux archers.] Vous hésitez ! Obéissez à l’instant même. Arrachez du saint lieu cette fille bohème. [Les archers s’avancent. Quasimodo se place entre eux et La Esmeralda] QUASIMODO Jamais ! [On entend un Cavalier accourir et crier du dehors] Arrêtez ! [La foule s’écarte] {{PersonnagePHŒBUS DE CHATEAUPERS cred}} [apparaissant à cheval, pâle, haletant, épuisé comme un homme qui vient de faire une longue course] Arrêtez ! LA ESMERALDAPhoebus De Chateaupers ! CLAUDE FROLLO[à part, terrifié.] La trame se déchire ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS[se jetant à bas du cheval.] Dieu soit loué ! je respire. J’arrive à temps. Celle-ci Est innocente, et voici Mon assassin ! [Il désigne Claude Frollo] TOUS Ciel ! le prêtre ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Le prêtre est seul coupable, et je le prouverai. Qu’on l’arrête. LE PEUPLE Ô surprise ! [Les archers entourent Claude Frollo] CLAUDE FROLLO Ah ! Dieu seul est le maître ! LA ESMERALDA Phoebus De Chateaupers ! PHŒBUS DE CHATEAUPERS Esmeralda ! [Ils se jettent dans les bras l’un de l’autre.] LA ESMERALDA Mon Phoebus De Chateaupers adoré ! Nous vivrons. PHŒBUS DE CHATEAUPERS Tu vivras. LA ESMERALDA Pour nous le bonheur brille. {{PersonnageLE PE UPLEcred}} Vivez tous deux ! LA ESMERALDA Entends ces joyeuses clameurs ! À tes pieds reçois l’humble Ciel ! tu pâlis ! Qu’as-tu ? PHŒBUS DE CHATEAUPERS[chancelant.] Je meurs. [Elle le reçoit dans ses bras. Attente et anxiété dans la foule.] Chaque pas que j’ai fait vers toi, ma bien-aimée, À rouvert ma blessure à peine encore fermée. J’ai pris pour moi la tombe et te laisse le jour. J’expire. Le sort te venge ; Je vais voir, ô mon pauvre ange, Si le ciel vaut ton amour ! -Adieu ! [Il expire.] LA ESMERALDA Phoebus ! il meurt ! en un instant tout change ! [Elle tombe sur son corps.] Je te suis dans l’éternité ! CLAUDE FROLLO Fatalité ! LE PEUPLE Fatalité !
Jai trouvé un petit oiseau, une hirondelle je pense !! Je pense qu'il doit avoir 1 mois maximum, il ne sait pa encore volé. Je lai mis dans une cage et je le nourri avec de l'oeuf dur ecrasé avec de l'eau , à la serringue. Il mange bien , mais je ne sais pas s'il va survivre Alors si vous vous y connaissez en oiseau , je suis preneuse
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Ô petite hirondelle Qui bats de l'aile, Et viens contre mon mur, Comme abri sûr, Bâtir d'un bec agile Un nid fragile, Dis-moi, pour vivre ainsi Sans nul souci, Comment fait l'hirondelle Qui bat de l'aile ? Moi, sous le même toit, je trouve tour à tour Trop prompt, trop long, le temps que peut durer un jour. J'ai l'heure des regrets et l'heure du sourire, J'ai des rêves divers que je ne puis redire ; Et, roseau qui se courbe aux caprices du vent, L'esprit calme ou troublé, je marche en hésitant. Mais, du chemin je prends moins la fleur que l'épine, Mon front se lève moins, hélas ! qu'il ne s'incline ; Mon cœur, pesant la vie à des poids différents, Souffre plus des hivers qu'il ne rit des printemps. Ô petite hirondelle Qui bats de l'aile, Et viens contre mon mur, Comme abri sûr, Bâtir d'un bec agile Un nid fragile, Dis-moi, pour vivre ainsi Sans nul souci, Comment fait l'hirondelle Qui bat de l'aile ? J'évoque du passé le lointain souvenir ; Aux jours qui ne sont plus je voudrais revenir. De mes bonheurs enfuis, il me semble au jeune agi N'avoir pas à loisir savouré le passage, Car la jeunesse croit qu'elle est un long trésor, Et, si l'on a reçu, l'on attend plus encor. L'avenir nous parait l'espérance éternelle, Promettant, et restant aux promesses fidèle ; On gaspille des biens que l'on rêve sans fin... Mais, qu'on voudrait, le soir, revenir au matin ! Ô petite hirondelle Qui bats de l'aile, Et viens contre mon mur, Comme abri sûr, Bâtir d'un bec agile Un nid fragile, Dis-moi, pour vivre ainsi Sans nul souci, Comment fait l'hirondelle Qui bat de l'aile ? De mes jours les plus doux je crains le lendemain, Je pose sur mes yeux une tremblante main. L'avenir est pour nous un mensonge, un mystère ; N'y jetons pas trop tôt un regard téméraire. Quand le soleil est pur, sur les épis fauchés Dormons, et reposons longtemps nos fronts penchés ; Et ne demandons pas si les moissons futures Auront des champs féconds, des gerbes aussi mûres. Bornons notre horizon.... Mais l'esprit insoumis Repousse et rompt le frein que lui-même avait mis. Ô petite hirondelle Qui bats de l'aile, Et viens contre mon mur, Comme abri sûr, Bâtir d'un bec agile Un nid fragile, Dis-moi, pour vivre ainsi Sans nul souci, Comment fait l'hirondelle Qui bat de l'aile ? Souvent de mes amis j'imagine l'oubli C'est le soir, au printemps, quand le jour affaibli Jette l'ombre en mon cœur ainsi que sur la terre ; Emportant avec lui l'espoir et la lumière ; Rêveuse, je me dis Pourquoi m'aimeraient-ils ? De nos affections les invisibles fils Se brisent chaque jour au moindre vent qui passe, Comme on voit que la brise enlève au loin et casse Ces fils blancs de la Vierge, errants au sein des cieux ; Tout amour sur la terre est incertain comme eux ! » Ô petite hirondelle Qui bats de l'aile, Et viens contre mon mur, Comme abri sûr, Bâtir d'un bec agile Un nid fragile, Dis-moi, pour vivre ainsi Sans nul souci, Comment fait l'hirondelle Qui bat de l'aile ? C'est que, petit oiseau, tu voles loin de nous ; L'air qu'on respire au ciel est plus pur et plus doux. Ce n'est qu'avec regret que ton aile légère, Lorsque les cieux sont noirs, vient effleurer la terre. Ah ! que ne pouvons-nous, te suivant dans ton vol, Oubliant que nos pieds sont attachés au sol, Élever notre cœur vers la voûte éternelle, Y chercher le printemps comme fait l'hirondelle, Détourner nos regards d'un monde malheureux, Et, vivant ici-bas, donner notre âme aux cieux ! Ô petite hirondelle Qui bats de l'aile, Et viens contre mon mur, Comme abri sûr, Bâtir d'un bec agile Un nid fragile, Dis-moi, pour vivre ainsi Sans nul souci, Comment fait l'hirondelle Qui bat de l'aile ? Sophie d'Arbouville Fables et Comptines pour Enfants
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L'avifaune Découvrez les différentes espèces Goéland leucophée Nom latin Larus michahellisNom corse Agula marinuTaille 65 à 70 cmPoids 750 à 1250 grEnvergure 1,50 mCouleurs plumage tête et ventre blanc, dos gris et bout des ailes noir, bec jaune avec une tâche rouge, pattes jaunesLongévité jusqu’à 40 ansDescription C’est un oiseau presque exclusivement méditerranéen proche cousin du goéland argenté. Il devient adulte en 4 ans. Son plumage juvénile est tacheté, avec un bec et des pattes noires. Ce plumage s’éclaircit pendant les 4 premières années de sa vie. Les oisillons quittent le nid pour se réfugier sous les lentisques en cas de effectifs, très faibles jusque dans les années 70 ont bénéficié d’une mise en protection et surtout, du développement des décharges d’ordures. Sa population est passée de quelques dizaines de couples à plus de 3 000 couples à l’heure actuelle. Le goéland est un oiseau opportuniste, il se nourrit de ce qu’il trouve le plus facilement. En période de nidification, il transporte une grande quantité de déchets sur l’île de Mezu Mare, créant une pollution inattendue. En outre, il construit son nid à terre, en dénudant les zones où la végétation est basse, accentuant le phénomène d’érosion des d’information Depuis les années 80 des comptages réguliers de nids de goélands leucophées sont effectués par les services de la DREAL de Corse Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement sur l’ensemble de l’archipel des Iles Sanguinaires. Les derniers relevés font état d’une stabilisation de la population © Tony ROSSI / © René ROGER Balbuzard pêcheur Nom latin Pandion haliaetusNom corse L’alpanaPlumage dessus brun sombre, ventre blanc, large bandeau noir sur l’œil. Rémiges et coudes sombres. Ailes légèrement coudées en vol et repliées en 50 à 58 cmEnvergure 145 à 160 cmDescription Pour nicher, il a besoin de pics rocheux inaccessible au renard au-dessus de la mer. Il ne niche donc pas sur l’île de Mezu Mare mais plus loin vers Capo di Feno ou Porto. Il n’est pas rare de le voir survoler l’îlot. C’est un aigle pêcheur et ses piqués dans l’eau, ailes repliées ne peuvent être confondus avec aucune autre effectifs de cet oiseau sont faibles et fragiles 30 couples en Corse, la moitié des effectifs français. Il est une victime directe du développement touristique. En effet, son nid, près de la côte est souvent dérangé par les plaisanciers. Si la femelle quitte le nid plus de 20 mn, les petits meurent rarement plus de 2 par nid.Malgré cela, la Corse est un lieu de prédilection pour cet oiseau qui n’est pas forcément d’informations Cormoran huppé de méditerranée Nom latin Phalacrocorax aristotelis desmaretiiNom corse U marengonuCouleur Plumage noir aux reflets vert bouteille, bec jaune et crochu, pattes adulte de 65 à 80 cmPoids de 1 750g à 2 250gEnvergure de 135 à 170 cmDescription Les juvéniles ont le ventre blanc et peuvent être confondus avec des pingouins par les touristes. Les adultes ne sont huppés que pendant la période nuptiale. Espèce marine, côtière et sédentaire. Le Cormoran huppé niche sous les buissons de lentisques, sous le phare des Sanguinaires, dans une zone classée en réserve intégrale, inaccessible au public. Les mêmes nids sont réutilisés plusieurs années par le même oiseau. Ils sont construits à l’aide de branches fines, d’algues, ainsi qu’un revêtement de matériaux plus fins. Le tout étant cimenté par les déjections des adultes. Les deux parents participent à la création du nid. La femelle pond un à trois œufs par couvée. Les œufs sont bleus pales, ovales. Ils sont incubés 30 à 31 jours après la ponte du deuxième œuf. L’envol des jeunes se fait 48 à 58 jours plus tard. Ils sont élevés par les deux parents. Le cormoran huppé est essentiellement maritime. Pour pêcher, il repère sa proie en mettant la tête dans l’eau puis plonge. Pour atteindre de grandes profondeurs, son plumage n’est pas gras » comme la plupart des oiseaux pécheurs. Ce qui lui cause un handicap après une matinée de pêche il ne peut pas voler sur de longues distances parce que son plumage est trop lourd. Il doit donc se faire sécher en restant sur les rocher les ailes d’informations Le comptage des nids effectués en 2017 marque une hausse importante des effectifs de cormorans huppés après un déclin de plus de 10 ans, plus de 100 nids ont été © René ROGER / © David GAUTIER © Jean-Christophe MORACCHINI Faucon pelerin Nom latin Falco peregrinusNom corse FalchettuCouleur dos ardoisé. Poitrine blanchâtre, légèrement mouchetée vers les pattes, moustaches noires, joues blanches, queue plus courte que le crécerelle. Pattes et bec 39-50 cmEnvergure 95-115 cmDescription Ce petit rapace migrateur niche régulièrement dans la tour de Castelluccio. Il chasse sur l’île et on peut reconnaitre son vol rapide et parfois ses attaques caractéristiques il se laisse tomber comme une pierre sur sa proie. Il se nourrit de lézard et de petits rongeurs et oiseaux pigeons. Milan royal Nom latin Milvus milvusNom corse FilanciuCouleur brun avec une tête plus claire tirant sur le jaune. Le dessous des ailes est brun gris avec une tache blanche et les rémiges 60-66 cmEnvergure 145—164 cmDescription Ce grand rapace ne niche pas sur l’île de Mezu Mare, mais on peut l’y observer quotidiennement en chasse. La plus forte densité de population de milans rayaux se trouve en Corse où sa population est en nette expansion. 90% des couples de la régions ajaccienne sont identifiés et les adultes marqués plumes colorées sur le dessus. On le reconnaît des autres grands rapaces à sa queue découpée comme celle d’une hirondelle. Héron cendré Nom latin Ardea cinereaNom corse AghironiDescription Ce grand échassier ne vit pas sur l’île de Mezu Mare, préférant les zones humides situées au fond du golfe sur l’estuaire de la Gravona et du il se regroupe le soir sur l’île pour dormir au d’informations Fauvette mélanocéphale Nom latin sylvia melanocephalaCouleur gris, tête noire jusque sous l’œil brun pour la femelle. œil rouge, gorge 13 cmDescription Petit oiseau emblématique du maquis corse, il lui arrive de nicher sur l’île, dans les buissons de rocailleux mais d’informations Autres espèces Découvrez les espèces Rat noir Nom latin Rattus rattusNom corse ToppuDescription Seul mammifère, le rat noir a été importé sur l’île de Mezu Mare pendant les ravitaillements des personnels du phare ou du population est importante, mais stable depuis longtemps il n’a pas de prédateurs mais sa natalité est plus faible qu’ailleurs. Il a une activité nocturne. C’est un mauvais nageur, raison pour laquelle il n’a plus quitté l’ un rongeur, il se nourrit de graines des quelques graminées qui peuplent l’île ainsi que les fruits des griffes de sorcières. Il est essentiel à l’équilibre de la chaine alimentaire. Couleuvre verte et jaune Nom latin Hierodis viridiflarusNom corse SarpuTaille entre 1m10 et 1m50Couleur jaune-verdâtre, noire tachetée de jaune, ou presque totalement noire. Son ventre est totalement blanc, jaune ou Elle est à l’aise sur terre comme sur l’eau et peut grimper dans les arbres. Quand elle est dérangée, elle s’enfuit en fouettant les herbes de sa queue d’où son nom de cinglant » ou fouet ».Il faut rappeler qu’en Corse, aucun serpent n’est l’île de Mezu Mare se trouve une petite population de couleuvre surtout en contre bas de la tour et du présence est intéressante pour la régulation de la population de rat. Lézard thyrénéen Nom latin Podarcis tiliguertaNom corse a BuciartulaDescription Petit lézard endémique en corse et en couleur est assez variable. Les mâles sont plus colorés que les femelles avec des zones allant jusqu’au bleu turquoise ou bien vert fluo. Ils sont très répandus sur l’île et très facile à observer. Phyllodactyle d'Europe Nom latin Eulepte europaeaDescription Petit reptile 6-7 cm de la famille des geckos, il est visible de préférence au crépuscule. On ne le trouve qu’en région méditerranéenne. Voicitoutes les réponses On le confond avec l'hirondelle ; petit fouet. Cette question fait partie du jeu populaire CodyCross! Ce jeu a été développé par Fanatee Games, une société de jeux vidéo très connue. Puisque vous êtes déjà ici, il y a de fortes chances que vous soyez coincé à un niveau spécifique et que vous cherchiez

Prudence humaine et prudence 17 juin Jésus dit "Je veux te parler de la prudence humaine. La prudence surnaturelle est une grande vertu [1]. Mais la prudence humaine n’est pas une vertu. Vous les humains avez appliqué ce nom, telle une étiquette erronée, à des sentiments impropres et non vertueux, tout comme vous appelez charité l’obole que vous donnez au pauvre. Mais si vous faites une aumône, même considérable, et si vous la faites pour être remarqués et applaudis du monde, croyez-vous faire un acte de charité ? Non. Détrompez-vous. Charité veut dire amour [2]. La charité, c’est donc d’avoir pitié et amour pour tous les nécessiteux de la terre. L’argent n’est pas nécessaire pour faire un acte de charité. Un conseil, un mot de réconfort, de douceur, un geste d’aide matérielle, une prière sont de la charité. Une aumône faite sans aucune délicatesse, laquelle humilie le pauvre en qui vous ne savez pas me voir n’est pas charité. C’est la même chose pour la prudence. Vous appelez prudence votre lâcheté, votre envie de vivre tranquillement, votre égoïsme, trois choses qui ne sont certainement pas des vertus. Même dans vos rapports avec la religion, vous aimez votre petite vie tranquille. Quand vous savez qu’une franche profession de foi, qu’une expression, dite telle que vous la chuchote l’Esprit de vérité, peut choquer les autorités, les employeurs, mari, enfants, parents, ceux dont vous attendez des appuis matériels, votre prudence humaine vous renferme dans un silence qui n’est pas prudent mais pusillanime, s’il n’est pas coupable, car vous arrivez à nier à renier, en vous parjurant, vos sentiments les plus spirituels. Pierre fut le premier qui, par prudence humaine, en vint à nier me connaître à l’heure du danger [3]. Je permis que cela arrive, pour que, une fois repenti, il pût compatir et pardonner aux frères et sœurs pusillanimes. Mais que de Pierres’ depuis ce jour-là ! Vous avez toujours à l’esprit quelqu’intérêt mesquin vous le faites passer en premier et vous le défendez au détriment de l’intérêt éternel que vous vaudrait la courageuse vérité courageusement professée. Devant certaines manifestations de Dieu, vous, pauvres humains, n’avez pas le courage de Nicodème [4] et de Joseph [5], lesquels surent, à une heure terrible pour le Nazaréen et ses disciples, penser à moi, contre l’opposition de toute la ville de Jérusalem, et offrir leur collaboration. Toi-même parfois, tu restes un peu en suspens face à certaines de mes expressions que tu voudrais rendre moins tranchantes. La prudence humaine vous guide. Vous l’apportez partout, jusque dans les évêchés, jusque dans les couvents. Que vous êtes différents des premiers chrétiens qui ne tenaient compte de rien qui fût humain et qui ne regardaient qu’au Ciel !Il est vrai que je vous ai dit d’être prudents comme des serpents [6], mais non d’une prudence humaine. Je vous ai dit également que pour me suivre il faut de l’audace contre tout et tous, contre l’amour propre, contre le pouvoir lorsqu’il vous persécute parce que vous êtes mes disciples; contre le père, la mère, l’épouse, les enfants quand ceux-ci, par affection humaine et préoccupation terrestre, veulent vous empêcher de suivre ma voie. Car une seule chose est nécessaire sauver son âme, même s’il faut perdre la vie de la chair pour obtenir la vie éternelle."[1] CEC § 1806 - La prudence est la vertu qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir. "L’homme avisé surveille ses pas" Proverbes 14, 15. "Soyez sages et sobres en vue de la prière" 1 Pierre 4,7. La prudence est la "droite règle de l’action", écrit saint Thomas somme théologique 2-2, 47,2 après Aristote. Elle ne se confond ni avec la timidité ou la peur, ni avec la duplicité ou la dissimulation. Elle est dite auriga virtutum conductrice ou pilote de la vertu elle conduit les autres vertus en leur indiquant règle et mesure. C’est la prudence qui guide immédiatement le jugement de conscience. L’homme prudent décide et ordonne sa conduite suivant ce jugement. Grâce à cette vertu, nous appliquons sans erreur les principes moraux aux cas particuliers et nous surmontons les doutes sur le bien à accomplir et le mal à éviter.[2] Le mot charité est l’équivalent du mot grec initial agapé qui désigne l’amour, car Dieu est Amour et l’Amour est Dieu même, rappelle saint Jean Cf. 1 Jean 4, 7-. Le mot agapé fut traduit par Caritas dans la Vulgate, version latine à l’origine de la plupart des Bibles. C’est donc avec ces mots d’amour/agapé que nous retraduisons aujourd’hui le mot charité. L’amour a un double objet Dieu et le prochain. Ce que rappelle Jésus à un scribe qui l’interrogeait Cf. Matthieu 22, 34-40 et Marc 12, 28-34. Il est le fondement et le résumé de toute la loi divine.[3] Cf Jean 18, 16-17, 25-27.[4] Nicodème était un notable parmi les Juifs, mais aussi un disciple de Jésus. Cf Jean 3, 1-21, et Jean 19, 39.[5] Il s'agit de Joseph d'Arimathie . Voir Jean 19, 38.[6] Cf. Matthieu 10, aliment 18 juin Jésus dit Pour soutenir ses forces physiques, il faut nourrir le corps. Les indigents qui ne peuvent se procurer de la nourriture doivent la mendier auprès des riches. D’habitude, ils demandent du pain. Sans pain, la vie est impossible. Vous êtes des pauvres qui avez besoin de nourriture pour votre âme. À votre pauvreté j’ai donné le Pain eucharistique. Il nourrit la moelle de votre âme, donne vigueur à l’esprit, soutient vos forces spirituelles, augmente le pouvoir de toutes les facultés intellectuelles, car là où est la vigueur vitale est aussi la vigueur mentale. Une nourriture saine infuse la santé. Une nourriture vraie infuse la vraie vie. Une nourriture sainte suscite la sainteté. Une nourriture divine donne Dieu. Mais en plus d’être pauvres, vous êtes malades, faibles, non seulement de cette faiblesse que cause le manque de nourriture et qui cesse quand on se nourrit, mais faibles à cause des maladies qui vous épuisent. Que de maladies a votre âme ! Que de microbes vous inocule le Malin pour provoquer ces maladies en vous ! Celui qui est faible et malade a besoin, non seulement de pain, mais aussi de vin. Dans mon Eucharistie, je vous ai laissé les deux signes de ce dont a besoin votre nature de pauvres et votre faiblesse de malades le pain qui nourrit, le vin qui fortifie. J’aurais pu me communiquer à vous sans signes extérieurs. Je le peux. Mais vous êtes trop lourds pour saisir le spirituel. Vos sens extérieurs ont besoin de voir. Votre âme, votre cœur, votre esprit cèdent, et péniblement, devant les formes visibles et palpables. C’est tellement vrai que, si vous arrivez à croire que je suis dans l’Eucharistie et que vous me recevez dans l’hostie, vous n’admettez pas, la grande majorité d’entre vous, l’infusion en vous de l’Esprit dont vous viennent élans, lumières, impulsions aux bonnes œuvres. Si vous croyiez avec la force dont le Mystère est digne, vous sentiriez, en me recevant, la vie qui entre en vous. Lorsque je m’approche de vous, vous devriez vous sentir brûler comme près d’une fournaise ardente. Ma présence en vous devrait vous plonger dans une extase qui emporterait le profond de votre esprit dans un ravissement de Paradis. La fusion de votre humanité pervertie avec mon humanité parfaite vous donnerait la santé, même physique; ainsi, vous résisteriez aux maladies de votre corps jusqu’au jour où je dirais Assez» pour vous ouvrir le Ciel. Elle vous apporterait l’intelligence pour comprendre rapidement et avec justesse. Elle vous rendrait impénétrables aux assauts déchaînés ou aux pièges subtils de la Bête. Au lieu de cela, je peux faire bien peu parce que j’entre là où la foi est languissante, où la charité est superficielle, où la volonté est à l’état d’ébauche, où l’humain est plus fort que l’esprit, où, par-dessus tout, vous ne faites pas d’effort pour réprimer la chair afin que l’esprit surgisse. Vous ne vous efforcez pas du tout. Vous attendez le miracle de moi. Rien ne m’empêche de l’accomplir, mais je veux de votre part au moins le désir de le celui qui se tourne vers moi en criant de l’aider et en imitant la foi des foules de Galilée, je me communiquerai, non seulement avec mon Corps et mon Sang, mais avec ma charité, mon intellect, ma force, ma volonté, ma perfection, mon Essence. Dans l’âme qui sait venir à moi, je serai présent comme je le suis au Ciel, dans le sein du Père dont je procède, engendrant l’Esprit qui est charité et sommet de perfection.” Source édition par Anayel le Mer 24 Nov - 2237, édité 1 foisVoici un commentaire d'une personne sur Youtube Je vous conseille de vous méfier de Maria Valtorta. Je l'ai pas mal lue ainsi que des commentaires en faveur de l'authenticité de ses visions.. Il semble qu'elle est en contradiction sur de nombreux points avec d'autres mystiques.. qui elles, sont reconnues par l'Eglise. Lisez plutôt Anne Catherine Emmerich, Marie d'Agreda, Sainte Brigitte de Suède.. etc.. Sans parler de certains passages assez douteux.. Je vous met des extraits d'un article au sujet de Marie Valtorta. "En 1949 l'ouvrage est examiné par la Congrégation pour la doctrine de la foi appelée alors Saint-Office en charge de ces questions. Loin de recevoir l'imprimatur, il est interdit de publication, comme l'indique l'article de L'Osservatore Romano en date du 6 janvier 1960 Il y a environ dix ans [donc environ 10 ans avant 1960] il circulait d'épaisses pages dactylographiées qui contenaient des prétendues visions et révélations. À ce moment-là l'Autorité Ecclésiastique compétente avait prohibé l'impression de ces pages dactylographiées et avait commandé qu'elles fussent retirées de la circulation[12]. » En 1966, l'Index est aboli. À l'époque, le cardinal Alfredo Ottaviani, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, précise que si la dissolution de l'Index lève la prohibition sur les ouvrages concernés, l'Index n'en garde pas moins sa force morale. ... En ce qui concerne les œuvres de Maria Valtorta, dans un courrier daté du 31 janvier 1985 adressé au cardinal Siri, archevêque de Gênes, le cardinal Joseph Ratzinger, successeur d'Alfredo Ottaviani à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, confirme que leur diffusion ne serait pas opportune »[19]. Il écrit à ce propos L'Index conserve toute sa valeur morale, par laquelle il n'est pas opportun de diffuser ou de recommander une œuvre dont la condamnation n'a pas été décidée à la légère mais pour des raisons mûrement réfléchies, afin de neutraliser les dommages qu'une telle publication peut causer aux fidèles les plus naïfs ». L'année suivante, en avril 1993, l'Église catholique se prononce de nouveau à propos de Maria Valtorta, après l'interdiction de publier dès 1949, la mise à l'Index en 1960 et la lettre du cardinal Ratzinger en 1985. De nouveau, la Congrégation pour la doctrine de la foi répète que les visions » et les dictées » qu'aurait reçues Maria Valtorta ne peuvent être considérées comme étant d'origine surnaturelle ». À l'initiative du cardinal Ratzinger et de la Congrégation, la Conférence des évêques italiens demande à l'éditeur de Maria Valtorta de publier un démenti à l'intérieur des volumes qui indique clairement, dès la toute première page, que les "visions" et les "dictées" auxquelles il est fait allusion sont simplement des formes littéraires utilisées par l'auteur pour raconter la vie de Jésus à sa manière. Elles ne peuvent être considérées comme étant d'origine surnaturelle ». .... Depuis lors, plusieurs théologiens catholiques, dont le prêtre jésuite Mitch Pacwa[14], ont réexpliqué pour quelles raisons l'Église catholique a clairement condamné, à plusieurs reprises, l'ouvrage de Maria Valtorta. Ils ont relevé de nombreuses et graves incohérences théologiques, incompatibles avec le dogme catholique par exemple, le péché originel » est décrit comme une scène d'attouchements sexuels ou encore Maria Valtorta désigne Jésus-Christ sous le nom de l'Homme-Dieu » alors que pour le catholicisme il est Dieu fait homme »[32]. Sur un plan plus anecdotique, l'ouvrage présente des anachronismes, par exemple l'usage de tournevis à l'époque christique. L'Église catholique n'est jamais revenue sur cette condamnation, prononcée au minimum sept fois en 1949, 1959, 1960, 1961, 1985 et deux fois en 1993. Selon l'éditeur En 1985, le fils de Michele Pisani, premier éditeur de Maria Valtorta, Emilio Pisani créé une société privée ad hoc, le Centro Editoriale Valtortiano CEV. Les statuts du CEV indiquent que la société a pour "vocation spécifique et prioritaire de développer, documenter et diffuser la connaissance de Maria Valtorta, de sa personne, de ses écrits, de ses idéaux, au moyen de l'impression et de la vente de ses œuvres littéraires". Le CEV parle du soutien de plusieurs ecclésiastiques de haut rang qu'aurait reçus L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, avant et après sa mise à l'Index. Ces témoignages ont été exclusivement publiés par le CEV et n'ont été confirmés par aucune autre source. " En espérant que cela vous aide à discerner. Je suis confiante en ce témoignage, car elle a lu les livres, et, franchement, l'histoire du tournevis, de la sexuelle pour la chute d'Adam et Eve..... moi aussi en lisant parfois je ressemblais un trouble... J'ai confiance en l'Esprit Saint qui me parle. C'est Lui aussi qui m'a fait sentir que Luz de Maria est un faux prophète....Maintenant vous êtes libre. Vous êtes responsable et adulte,Je vous salueBonjour Evelyne,Il est trop tard pour que je réponde ce soir, je vous lirai attentivement demain dans l'après-midi et je vous répondrai à ce moment-là Je retire juste la balise Code [mod] dans votre message qui est réservé à la modération, et je la remplace par la balise [quote].Eventuellement, je diviserai le sujet pour ne pas faire trop de hors sujet lié au fil je poste ma réponse complète ce vendredi Bonjour Evelyne,Avant de commencer, je tiens à vous dire que je respecte votre point de vue et votre opinion sur Maria Valtorta. C’est tout à fait votre droit de ne pas croire en ses ce qui me concerne, je n’arrêterai pas de publier les Cahiers ni de défendre ses écrits. Tout simplement parce que cette Oeuvre m’a vraiment permis d’avoir une spiritualité saine, équilibrée, totalement abandonnée à l’Eglise ne saurai expliquer à quel point ses écrits m’ont plongée en Jésus et Marie. Je ne saurai expliquer également à quel point ils m’ont donné des racines profondes dans la foi savez, j’ai découvert Maria Valtorta vers l’âge de mes 18 ans et, sans vouloir critiquer le catéchisme d’aujourd’hui, je ne savais rien. Je savais que Jésus était mon Seigneur et mon Dieu, que Marie était sa Mère, que Dieu était trinitaire, et je savais les grandes vérités de foi. Mais c’était tout. J’étais une catholique de bonne foi, qui avançait main dans la main avec Jésus et Marie, mais je n’avais aucune connaissance religieuse, j’étais juste une petite » du troupeau de Jésus. Ma seule qualité, c’était peut-être de cultiver ma foi en mon cœur et de profondément aimer le Seigneur, comme les simples peuvent le faire. Mais je n’avais rien d’autre et je n’avais pas même d’affection pour l’Eglise. Saint Jean-Paul II aurait pu parler à mon cœur mais il est mort bien trop tôt pour que je le comprenne, et Benoît XVI me paraissait vieux ». Ce n’est qu’à partir de François que ma vision a changé, peut-être parce que j’étais plus mâture pour me pencher sur l’ l’aube de mes 18 ans, je ne connaissais que l’Evangile et quelques apparitions mariales. J’étais vierge de toute culture religieuse. C’est l’œuvre de Maria Valtorta qui m’a fait comprendre ce qu’était vraiment les sacrements, c’est l’œuvre de Maria qui m’a fait mieux percevoir l’amour immense que Jésus avait pour moi, c’est l’œuvre de Maria enfin qui m’a permis d’entrer plus profondément dans l’Evangile. Cette Œuvre n’écarte pas les âmes de l’Ecriture Sainte, mais elle nous fait au contraire comprendre à quel point un seul petit verset peut être source de grâces et de âmes qui me lisent régulièrement savent peut-être que je peux parler avec assurance de certains sujets spirituels, qui ne sont pas toujours évidents. Mais mes connaissances, ma vision des choses, mes réponses, elles ne viennent pas de moi et de ma petite science, elles viennent de deux sources l’Evangile, que je rabâche depuis ma naissance, et l’Oeuvre de Maria Valtorta. L’Esprit m’aide également bien sûr en tout cas j’espère, et j’ose espérer que, si je faisais fausse route, Emmanuel et d’autres amis du forum me reprendraient avec douceur et fermeté. Je ne peux m’écarter de cette Œuvre et encore moins la renier car j’ai tout reçu d’elle une meilleure compréhension de la foi, une meilleure compréhension des Evangiles, une meilleure compréhension de mon Seigneur et Maître. Bon, bien sûr, il n’y a pas eu que Maria Valtorta, il y a eu une gradation dans mon évolution spirituelle, mais elle est clairement la pierre angulaire qui m’a permis de devenir celle que je suis aujourd’hui. Ou plutôt Jésus est la pierre angulaire qui m’a permis de grandir et il m’a littéralement mis L’Evangile tel qu’il m’a été révélé dans les mains pour que je me nourrisse d’une façon spéciale à cette Œuvre. Il savait que j’étais assoiffée parce qu’on ne m’apprenait rien de concret sur la foi, et il savait que je boirais à l’eau de son Cœur, comme un bébé boit au sein de sa mère. Et de fait, j’étais une page blanche quand j’ai ouvert le premier tome. C’est Lui qui a écrit tout le spiritualité d’aujourd’hui est valtortienne, tant cette Œuvre m’a marquée. Mais je ne suis pas non plus fermée que sur Maria Valtorta, il y a énormément de mystiques et de saints que je veux découvrir Gabrielle Bossis, saint Padre Pio, sainte Faustine, et bien d’autres encore. L’Eglise regorge de trésors, et moi qui suis une fervente lectrice, j’ai hâte de découvrir tous ces beaux écrits qu’elle nous recommande de poste la seconde partie de mon message dans un second temps, je m'attarderai plus sur le commentaire de Youtube Fraternellement,AnayelEvelyn,Concernant le commentaire de Youtube que vous avez tiré, j’ai l’impression qu’il s’attarde plutôt sur les faits qui entourent la publication de l’œuvre. Or, il faut resituer ces Maria Valtorta, Marie d’Agreda et Anne-Catherine Emmerich Il semble qu'elle est en contradiction sur de nombreux points avec d'autres mystiques.. qui elles, sont reconnues par l'Eglise. Lisez plutôt Anne Catherine Emmerich, Marie d'Agreda, Sainte Brigitte de Suède.. etc.. Les écrits d’Anne-Catherine Emmerich et Marie d’Agreda ne sont pas aussi fiables que ceux de Maria m’ la première, Clemens Brentano, qui recueillait ses visions, a cru bon d’enrichir les visions par ses propres déductions. Des faits, des discours, des attitudes semblent avoir été ajoutés à l’écrit cardinal José Saraiva Martins déclare La bienheureuse Anne-Catherine Emmerick, ne nous a laissé que trois lettres dont l’authenticité soit sûre. Les autres écrits, qui lui sont attribués par erreur, ont des origines diverses les “visions” de la Passion du Christ ont été annotées, réélaborées très librement et sans contrôle par l’écrivain allemand Clemens Brentano et ont été publiées en 1833 sous le titre ''La douloureuse passion de Notre Seigneur Jésus-Christ''. […] Les œuvres en discussion ne peuvent donc pas être considérées comme des œuvres écrites ou dictées par Anne-Catherine Emmerick ni comme des transcriptions fidèles de ses déclarations et de ses récits, mais comme une œuvre littéraire de Brentano qui a procédé à de telles amplifications et manipulations qu’il est impossible d’établir quel est le véritable noyau attribuable à la bienheureuse. Maria Valtorta n’a jamais retravaillé ses écrits elle annotait les copies dactylographiées ou ajoutait des réflexions dans la marge. Il n’y a donc pas eu de “pollution extérieure” par un tiers, si tant est qu’on accepte l’idée qu’il s’agisse d’une révélation Marie d’Agreda, ses écrits ne sont pas non plus aussi fiables que ceux de Valtorta parce qu’elle écrit ses visions dix ans plus tard, et elle en vient à brûler son manuscrit à la demande d’un de ses confesseurs. Elle réécrit ensuite son oeuvre. Elle a certainement fait de son mieux, mais nous qui ne sommes que des créatures, je n’ose imaginer l’ampleur de la tâche pour se rappeler tout ce qu’elle a vu. Les vicissitudes de la narration des visions, notamment la distance entre leur rédaction et les visions initiales, ainsi que les pressions psychologiques auxquelles Marie d'Agréda fut soumise, ont introduit des éléments de l'époque comme le confirmera Jésus à Maria Valtorta, une autre voyante "S’il faut répéter toute une série de visions en ne les ayant plus sous les yeux, après un long intervalle de temps, il retombe sans cesse dans sa propre personnalité et dans les habitudes de son époque". De là trois défauts - un langage artificiellement recomposé, - une abondance en superstructures, - avec une superfétation du merveilleux. Pour ce qui concerne Maria Valtorta, elle écrit instantanément ce qu’elle voit, et si elle contemple une seconde fois la vision, elle l’écrit une nouvelle fois sans retoucher à la vision ne veut pas dire que Anne-Catherine Emmerich et Marie d’Agreda ne doivent pas être lues, au contraire, elles sont une sources d’édification, mais en termes de fidélité » et véracité » des faits, c’est Maria Valtorta qui témoigne le plus fidèlement ce qu’elle a ne me prononce pas sur Brigitte de Suède que je ne connais pas du tout mais j’ai déjà lu quelques extraits de son oeuvre et je les avais bien tout cela pour dire que certes, on peut tout à fait lire Anne-Catherine Emmercih et Marie d’Agreda, mais leurs oeuvres n’ont pas leur perfection qu’elles avaient au tout début quand elles voyaient les visions. On ne retrouve pas ce défaut chez Maria Valtorta, puisqu’elle écrit sur-le-champ ce qu’elle voit, sans retoucher à ses visions. Puisque ces trois mystiques ont eu des conditions d’écriture différentes, il ne faut pas s’étonner qu’on retrouve des contradictions entre informations, voilà les deux sources que j’ai été consultées pour répondre à ce sujet je recommande ce fil La mise à l’Index En 1949 l'ouvrage est examiné par la Congrégation pour la doctrine de la foi appelée alors Saint-Office en charge de ces questions. Loin de recevoir l'imprimatur, il est interdit de publication, comme l'indique l'article de L'Osservatore Romano en date du 6 janvier 1960 Il y a environ dix ans [donc environ 10 ans avant 1960] il circulait d'épaisses pages dactylographiées qui contenaient des prétendues visions et révélations. À ce moment-là l'Autorité Ecclésiastique compétente avait prohibé l'impression de ces pages dactylographiées et avait commandé qu'elles fussent retirées de la circulation[12]. » J’aurais bien aimé savoir de quel article était tiré cet extrait, mais ce n’est pas grave. Si jamais ça a été repris de Wikipédia, j’attire quand même l’attention sur le fait qu’il y a quelques personnes qui censurent cette page, sans accepter quoi que ce soit qui appuie l’œuvre. Pour ce qui concerne l’interdiction de 1960, il faut bien savoir que - L’œuvre de Maria Valtorta ne fut condamnée que pour une raison disciplinaire, le défaut d’imprimatur, et non dogmatique. Cet imprimatur n’est plus formellement requis pour de telles œuvres. - L’œuvre a été examinée et certifiée par des autorités compétentes sur les plans dogmatique, théologique, biblique et exégétique. - Ses soutiens se recrutent dans la sphère des Pontifes et des saints. L’ouvrage de Maria Valtorta fut censurée au titre de l’article 1385, paragraphe 1, § 2 du Code de droit canonique de 1917, en vigueur au temps de Maria Valtorta. Il stipulait qu’aucun livre touchant à un sujet religieux ne peut être édité sans imprimatur. Hors c’était le cas de la vie de Jésus de Maria Valtorta qui ne pouvait fournir une attestation écrite dans ce sens. Il s’agit d’une condamnation disciplinaire et non doctrinale. Les condamnations doctrinales sont régies par un autre article du code le § 1399. On imagine mal d’ailleurs que des souverains Pontifes, des cardinaux, des théologiens et des biblistes aient pu soutenir une œuvre contraire à la foi, voire même futile ou nocive. Cela est du simple bon sens. La censure intervient en décembre 1959 plus de trois ans après la publication du premier tome juin 1956. Il faut dire qu’entre-temps le Pape Pie XII, qui avait encouragé la publication, était mort ceci explique cela. Benoit XVI et Maria Valtorta En ce qui concerne les œuvres de Maria Valtorta, dans un courrier daté du 31 janvier 1985 adressé au cardinal Siri, archevêque de Gênes, le cardinal Joseph Ratzinger, successeur d'Alfredo Ottaviani à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, confirme que leur diffusion ne serait pas opportune »[19]. Il écrit à ce propos L'Index conserve toute sa valeur morale, par laquelle il n'est pas opportun de diffuser ou de recommander une œuvre dont la condamnation n'a pas été décidée à la légère mais pour des raisons mûrement réfléchies, afin de neutraliser les dommages qu'une telle publication peut causer aux fidèles les plus naïfs ». Dans ce cas-là, vous ne savez pas la réaction de Benoît XVI dans les années 90. Je mets un extrait ici Il [Benoît XVI] lisait volontiers l’Homme Nouveau, un magazine dirigé alors par Marcel Clément. L’abbé André Richard y publiait régulièrement des articles très favorables à la mystique italienne. Ce qui donna l’occasion au cardinal Ratzinger d’intervenir. Mais le mieux est d’écouter Geneviève Esquier, journaliste à Marie de Nazareth raconter les faits dont elle fut témoin directe Quand j'étais journaliste à L'Homme Nouveau, dans les années 90, nous publiions des articles très positifs sur Maria Valtorta, jusqu'au jour où le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a écrit à Marcel Clément, directeur du journal qu'il connaissait bien, pour lui demander de suspendre les articles sur Valtorta, au motif qu'il y avait quelques doutes sur l'orthodoxie de ses propos, notamment en matière de théologie du mariage. Il se demandait s'il n'y avait pas quelques relents de jansénisme chez elle et voulait prendre le temps d'étudier ses écrits. Marcel Clément a réuni la rédaction du journal pour nous annoncer que non seulement pendant un temps indéfini, on ne publierait plus rien sur Maria Valtorta, mais qu'on suspendait aussi la vente de ses livres à la librairie de l'Homme Nouveau, où on en vendait beaucoup ! À peu près un an plus tard, le cardinal Ratzinger a à nouveau écrit à Marcel Clément pour le remercier de son obéissance et pour lui dire qu'il pouvait reprendre la publication et la vente des ouvrages de Valtorta, car ils ne contenaient rien qui aille contre la doctrine de l'Église. Pour info, le cardinal Ratzinger était un lecteur très assidu de l'Homme Nouveau. Hélas, je ne possède pas copie de cette lettre qui doit se trouver dans les papiers de Clément, ou même encore dans les dossiers de l'Homme Nouveau. Mais j'en ai été le témoin oculaire et auditif ! La rédaction de Marie de Nazareth rajoute nous recherchons cette lettre actuellement dans les archives de l’Homme Nouveau, mais le témoignage est très fiable ». Effectivement, il est corroboré par une autre personne qui souhaite cependant rester Nihil obstat du Préfet de la Congrégation pour la foi a été confirmée par Mgr Roman Danylak administrateur apostolique de l’Église gréco-catholique pour l’est-canadien le cardinal Ratzinger, écrit-il, en lettres privées, a reconnu que cette œuvre est exempte d'erreurs de doctrine ou de morale » [5]. Pour lire la position de Benoit XVI, il faut aller ici Emilio Pisani, le péché originel et l’expression de l’Homme-Dieu » À l'initiative du cardinal Ratzinger et de la Congrégation, la Conférence des évêques italiens demande à l'éditeur de Maria Valtorta de publier un démenti à l'intérieur des volumes qui indique clairement, dès la toute première page, que les "visions" et les "dictées" auxquelles il est fait allusion sont simplement des formes littéraires utilisées par l'auteur pour raconter la vie de Jésus à sa manière. Elles ne peuvent être considérées comme étant d'origine surnaturelle ». .... Depuis lors, plusieurs théologiens catholiques, dont le prêtre jésuite Mitch Pacwa[14], ont réexpliqué pour quelles raisons l'Église catholique a clairement condamné, à plusieurs reprises, l'ouvrage de Maria Valtorta. Ils ont relevé de nombreuses et graves incohérences théologiques, incompatibles avec le dogme catholique par exemple, le péché originel » est décrit comme une scène d'attouchements sexuels ou encore Maria Valtorta désigne Jésus-Christ sous le nom de l'Homme-Dieu » alors que pour le catholicisme il est Dieu fait homme »[32]. Pour la première partie de la citation, je réponds ceci Les auteurs de la note rappellent que Mgr Tettamanzi adressa le 6 mai 1992 une lettre à Emilio Pisani, l’éditeur de Maria Valtorta, dans laquelle il lui demandait pour le bien des lecteurs et dans l’esprit d’un authentique service de la foi de l’Église, de déclarer clairement dès les premières pages que les “visions” et les “dictées” reproduites ne peuvent pas être considérées d’origine surnaturelle, mais comme de simples formes littéraires que l’auteur a utilisé pour raconter, à sa façon, la vie de Jésus ».Cependant, ils ne disent pas que M. Pisani répondit à Mgr Tettamanzi par écrit ne pas avoir l’autorité de déclarer de lui-même que les “visions” et les “dictées” pouvaient être d’origine surnaturelle ou non, mais être prêt à imprimer sur tous les volumes une telle déclaration si elle était établie de manière officielle par l’autorité ecclésiastique compétente. Il n’obtint jamais de réponse.Donc, M. Pisani n’a pas manqué à son devoir. Qu’on me cite explicitement où le péché originel est décrite comme une scène d’attouchements sexuels. Moi qui ai lu toute l’œuvre, je n’ai jamais lu ce l’expression de l’Homme-Dieu, il n’y a rien de contradictoire en cela, puisque Jésus est vrai Homme et vrai Dieu. En tout cas, je ne vois pas où est le problème... V. Le tournevis Sur un plan plus anecdotique, l'ouvrage présente des anachronismes, par exemple l'usage de tournevis à l'époque christique. Je ne connais pas cette histoire de tournevis. J’ai retrouvé ceci sur le site On trouve, sous la plume de Maria Valtorta, des mots anachroniques certains sont dus à la traduction française interprétative, par exemple "jockey" à la place du mot original "aurige". Le traducteur a voulu, de bonne foi, "acculturer" dans le monde contemporain les visions du passé. Sur ce principe, il emploie aussi des mots comme "usine" à la place "d'atelier". Chaque fois que nous l'avons pu, nous avons restitué le mot original après l'avoir vérifié dans la version italienne de référence. D'autres sont impropres comme "tournevis". Maria Valtorta décrit les scènes qu'elle voit. Manquant du terme technique exact, il lui arrive d'utiliser l'analogie "qui ressemble à...", avec les mots de sa qui ressemble à un tournevis est probablement un ciseau à bois, une gouge ou un bédane à cette époque les outils du charpentier ressemblaient beaucoup à ceux de notre époque. Comme il s'agit des mots mêmes de Maria Valtorta, nous les avons laissé tel quel. Au lecteur de se faire sa propre La traduction française n’est pas parfaite sur le forum Maria Valtorta, un membre a relevé que le mot “animo” et “anima” qui ont deux sens différents en italien étaient traduits par “âme”, alors qu’on devrait probablement distinguer “âme” et “esprit”VII. Sept condamnations ? L'Église catholique n'est jamais revenue sur cette condamnation, prononcée au minimum sept fois en 1949, 1959, 1960, 1961, 1985 et deux fois en 1993. Je me permets de taguer Valtortiste91 car cette affirmation me semble erronée. S’il y avait eu sept condamnations, officieuses ou officielles, je crois que les plus grands défenseurs de l’œuvre le erreur de ma part, il n’y a pas eu de condamnation officielle de l’Eglise d’un point de vue doctrinal et théologique. Comme je l’énonçais plus haut, l’Index portait sur un défaut d’imprimatur c’est-à-dire une autorisation d’imprimer. Le reste concerne surtout des avertissements de l’Eglise qui se remet à la conscience mâture des fidèle ». Même le récent avertissement de la CEF ne condamne pas le contenu spirituel de l’ aux observations de l’Osservatore Romano, il y vraiment moyen de remettre leurs contestations dans le contexte de l’ Le CEV et les prêtres qui soutiennent l’Oeuvre Selon l'éditeur En 1985, le fils de Michele Pisani, premier éditeur de Maria Valtorta, Emilio Pisani créé une société privée ad hoc, le Centro Editoriale Valtortiano CEV. Les statuts du CEV indiquent que la société a pour "vocation spécifique et prioritaire de développer, documenter et diffuser la connaissance de Maria Valtorta, de sa personne, de ses écrits, de ses idéaux, au moyen de l'impression et de la vente de ses œuvres littéraires". Le CEV parle du soutien de plusieurs ecclésiastiques de haut rang qu'aurait reçus L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, avant et après sa mise à l'Index. Ces témoignages ont été exclusivement publiés par le CEV et n'ont été confirmés par aucune autre source. " En espérant que cela vous aide à discerner. Je peux citer trois prêtres qui défendaient l’oeuvre - Mgr René Laurentin- Le Père Yannick Bonnet ;- Le frère Benjamin de Don Bosco, d’ailleurs, vous retrouvez son témoignage sur n'est pas facile de devoir, souvent, répéter et rétablir les faits face à tant d'affirmations issues de rumeurs ou de faits déformés et partagés sans pourtant une nécessité afin que la Vérité soit Anayel, d'abord pour ton témoignage personnel, si fort et si important, et ensuite pour ce travail pour rétablir les lutte des anges et des démons dans les évènements du est le modèle de la vie 19 juin Je fais précéder la transcription de deux mots d’explication. J’étais en train de prier; il était midi et je priais encore parce que, au cours des six heures de la matinée, j’avais été interrompue si souvent que je n’avais pas pu terminer mes oraisons matinales. La dernière interruption la visite d’une jeune maman angoissée. Bref, il était midi et je n’avais pas pu me concentrer en paix pendant dix minutes d’ que je pratiquais abondamment la patience je pensais, pour me consoler, aux paroles entendues très tard hier soir, et je me promettais de les copier [1] pour apporter un peu de douceur à mon cœur. Car ce sont des paroles d’une très haute suavité. J’en ai encore l’âme toute parfumée. Au lieu de cela, voilà que je dois interrompre ma prière pour écrire ce que je vais copier maintenant et qui me semble être la réponse à une de vos questions, formulée dans une lettre, question à laquelle je ne pensais plus. Et maintenant que j’ai commencé par ce prologue, je continue, copiant d’abord les paroles d’aujourd’hui et puis celles d’hier soir. Jésus dit "Il y a quelques jours, le Père Migliorini a écrit qu’il était perplexe face à la véritable source de l’actuel fléau "parce qu’un règne divisé en lui-même n’est plus un règne [2]". Je montrerai au Père que cela est possible, la division étant purement apparente. Lucifer, dans ses manifestations, a toujours essayé d’imiter Dieu. Tout comme Dieu a donné à chaque nation son ange tutélaire, ainsi Lucifer lui a donné son démon. Mais comme les différents anges des nations obéissent à un seul Dieu, ainsi les différents démons des nations obéissent à un seul donné par Lucifer dans l’évènement présent aux divers démons ne change pas selon les états. C’est un seul et même ordre pour tous. D’où on peut comprendre que le règne de Satan n’est pas divisé et donc ordre peut être énoncé de la façon suivante "Semez l’horreur, le désespoir, les erreurs pour que les peuples se détachent de Dieu en le maudissant". Les démons obéissent et sèment horreur et désespoir, éteignent la foi, étranglent l’espoir, détruisent la charité. Sur les ruines, ils sèment la haine, la luxure, l’athéisme. Ils sèment l’enfer Et ils réussissent car ils trouvent le terrain déjà propice. Mes anges aussi luttent pour défendre le pays que je leur ai assigné. Mais mes anges ne trouvent pas un terrain propice. Ils sont donc perdants face à leurs ennemis infernaux. Pour vaincre, ils devraient être aidés par des esprits vivant dans et pour le bien. Vivant en moi. Ils en trouvent. Mais ils sont trop peu nombreux par rapport à ceux qui ne croient pas, qui n’aiment pas, qui ne pardonnent pas, qui ne savent pas souffrir. Il convient de le répéter "Satan a demandé de vous passer au crible [3]". Et le crible révèle que la corruption existe comme au temps du déluge, corruption aggravée par le fait que vous avez eu le Christ et son Église, tandis qu’au temps de Noé ce n’était pas le cas. Je l’ai déjà dit [4] et je le répète "C’est une lutte entre le Ciel et l’Enfer". Vous n’êtes qu’un paravent mensonger. Derrière vos troupes se battent les anges et les démons. Derrière vos prétextes se cache la vraie raison la lutte de Satan contre le Christ. C’est une des premières sélections de l’humanité, dont la dernière heure approche, pour séparer la moisson des élus de la moisson des réprouvés. Malheureusement, la moisson des élus est maigre comparée à l’autre. Quand le Christ viendra pour vaincre l’éternel adversaire dans son Prophète, il en trouvera peu qui soient marqués par la Croix dans leur esprit." Et voici les paroles d’hier soir. Jésus dit "Pour obtenir les véritables fruits de l’Eucharistie, il ne faut pas la considérer comme un épisode qui se répète à des moments plus ou moins éloignés, mais en faire la pensée de base de sa en pensant à Moi-Eucharistie qui m’apprête à venir ou qui suis venu en vous, faisant de cette rencontre un présent continu qui dure aussi longtemps que dure votre vie. Ne pas vous séparer de moi dans votre esprit, œuvrer dans le rayon qui jaillit de l’Eucharistie, ne jamais sortir de son orbite comme des planètes qui tournent autour du soleil et vivent grâce à lui. En cela aussi je te propose Marie comme modèle. Son union avec moi doit être le modèle de ton union avec moi. La vie de Marie, ma Mère, fut entièrement eucharistique. La vie de Maria, la petite victime, doit être entièrement eucharistique. Si Eucharistie signifie communion, Marie vécut eucharistiquement pendant presque toute sa vie [5]. Car j’étais en ma Mère avant d’être au monde comme homme. Et je ne cessai point d’être en elle lorsque je ne fus plus de ce monde comme homme. Nous ne nous sommes plus séparés du moment où l’obéissance fut sanctifiée jusqu'à la hauteur de Dieu et où je devins chair dans son sein si pur que les anges, en comparaison, le sont moins, si saint qu’aucun ciboire pour m’accueillir n’est tel. Seulement dans le sein de Dieu y a-t-il une sainteté plus parfaite que celle de Marie. Elle est, après le Dieu Unique en Trois Personnes, la Sainte des vous était accordé, à vous mortels, de voir la beauté de Marie telle qu’elle est, vous en seriez ravis et sanctifiés. Il n’y a pas de comparaison dans l’Univers qui serve à vous dire ce qu’est ma Mère. Soyez saints et vous la verrez. Et si voir Dieu est la joie des bienheureux, voir Marie est la joie de tout le Paradis. Car en elle, non seulement se délectent les chœurs des anges et la foule des saints, mais le Père, le Fils et l’Esprit Saint la contemplent comme l’œuvre la plus belle de leur Trinité d’amour. Nous ne nous sommes jamais séparés. Elle aspirait à moi, avec toute la force de son cœur virginal et immaculé, en attendant le Messie qui avait été promis. Communion très pure de désir qui m’attirait les profondeurs du Ciel. Communion encore plus vive du moment de la bienheureuse annonciation jusqu’à l’heure de ma mort sur la croix. Nos esprits étaient toujours unis par l’amour. Communion d’amour très intense et d’immense douleur pendant mon martyre et aux jours de ma sépulture. Communion eucharistique après la glorieuse Résurrection et l’Ascension, jusqu’à l’Assomption qui fut l’éternelle union de la Mère très pure et du Fils divin. Marie fut l’âme eucharistique parfaite. Elle savait retenir son Dieu par un amour ardent, une pureté superangélique, une adoration continue. Comment aurais-je pu me séparer de ce cœur qui vivait de moi ? Je restais même après la consommation des espèces. Les paroles que je dis à ma Mère pendant les trente-trois ans où je fus son fils sur la terre ne sont rien comparées aux entretiens que je-Eucharistie eus avec Elle-Ciboire. Mais ces paroles-là sont trop divines et trop pures pour qu’esprit humain puisse les connaître et bouche humaine les répéter. Dans le temple de Jérusalem, seul le prêtre entrait dans le Saint des Saints où se trouvait l’Arche du Seigneur. Mais dans le temple de la Jérusalem céleste, moi seul, Dieu, j’entre et connais les secrets de l’Arche très sainte qu’est Marie, ma d’imiter Marie. Et puisque c’est une chose trop ardue, demande à Marie de t’aider. Ce qui est impossible à l’être humain est possible à Dieu, et très possible si on le demande en Marie, avec Marie, par Marie."[1] Voir la note de bas de page n° 4 dans la dictée du 7 juin 1943.[2] Cf. Luc 11, 17-18.[3] Cf. Luc 22, 31.[4] Dans la dictée du 4 juin 1943Source don du Coeur de Jésus Le 20 juinLa Sainte Trinité [1] Jésus dit "Maintenant que tu as vu [2], as-tu compris ce qu’est l’Eucharistie? C’est mon Cœur que je vous distribue. Je ne pouvais vous faire un don plus grand et plus aimant.[3] Quand vous recevez la Communion, si vous saviez me voir, moi qui vous donne mon cœur, n’en seriez-vous pas émus ? La foi devrait être très forte, et très forte la charité pour vous le faire voir. Cette vision mentale ne devrait pas constituer un don exceptionnel de ma part, mais devrait être la règle, la douce règle. Et ce serait la règle si vous étiez réellement mes disciples. Alors [4] vous me verriez et vous m’entendriez prononcer les paroles de la consécration sur le pain et sur le vin, rompre et distribuer le pain, vous l’offrant de mes propres mains [5]. Mon prêtre disparaîtrait parce que je me superposerais à lui pour vous dire "Voici le Corps du Seigneur Jésus Christ, mon Corps qui doit vous garder pour la vie éternelle". Et à la lumière de l’amour vous verriez que je vous offre mon propre cœur, la partie éminemment parfaite de mon corps très parfait, celle dont jaillit la charité même. J’ai fait cela par amour pour vous je me suis donné moi-même. Et j’ai fait cela pour toi aujourd’hui j’ai soulevé le voile du Mystère et je t’ai fait connaître comment je viens à vous, comment je me donne à vous, ce que je vous donne de moi, même si vous ne savez pas voir et comprendre. C’est assez pour aujourd’hui. Il n’y a pas d’autres mots à dire. Regarde et adore."[1] L’auteur note au crayon dans la marge Écrit avant la Communion et interrompu par sa venue se référant au père Migliorini.[2] Ceci est expliqué dans le texte du 23 juin.[3] CEC § 1374 - Le mode de présence du Christ sous les espèces eucharistiques est unique. Il élève l’Eucharistie au-dessus de tous les sacrements et en fait "comme la perfection de la vie spirituelle et la fin à laquelle tendent tous les sacrements" S. Thomas d’A., s. th. 3, 73, 3. Dans le très saint sacrement de l’Eucharistie sont "contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier" Cc Trente DS 1651. " Cette présence, on la nomme réelle’, non à titre exclusif, comme si les autres présences n’étaient pas réelles’, mais par excellence parce qu’elle est substantielle, et que par elle le Christ, Dieu et homme, se rend présent tout entier " MF 39.L’âme, citerne de grâce dans le désert. Le péché de l’avarice 21 juin Jésus dit "Dans les pays d’Orient, il n’est pas inusité de trouver de grandes citernes d’eau situées justement à des endroits si arides qu’on s’étonne d’y trouver autant d’eau. Elles sont alimentées par des veines secrètes, enfouies sous le sable ou les roches calcaires qui distillent depuis des siècles cette richesse bénie dans d’énormes réservoirs séculaires. Tout autour il y a des palmiers et d’autres plantes, bien vertes car elles bénéficient de l’humidité que dégage le sol. Cette végétation garde l’eau fraîche et la protège du soleil brûlant qui dessèche tout dans les environs. Les citernes sont la bénédiction des déserts. La bonté du Créateur a mis ces veines d’eau dans les profondeurs du sol par pitié des humains et il continue de les alimenter depuis le premier jour de la Terre. Les caravanes affluent à ces citernes, les animaux du désert y accourent, et il n’est pas rare qu'un petit village s’élève tout près dans la fraîcheur de l’oasis, village dont on peut dire qu’il vit grâce à l’eau qui y coule. Je vais maintenant tirer une comparaison pour l’âme. La citerne qui recueille les eaux pour son bien et le bien d’autrui est l’âme qui sait accueillir la grâce qui coule en elle, intarissable, par la bonté de Dieu. Sa propre vie et celle des autres, qui sont en contact avec elle, en profitent et deviennent luxuriantes de fruits éternels, tandis que les plus déshérités, les malheureux qui ne savent pas faire bon usage de la grâce, les prodigues qui la gaspillent, les coupables qui la perdent peuvent, au contact de cette âme, s’en nourrir, s’en abreuver et réfléchir à combien douce est l’eau du Seigneur; ils sont portés à répéter le cri de la Samaritaine Seigneur, donne-moi de cette eau’ [1]. Crois qu’en vérité, si quelqu’un me demandait à boire, je lui donnerais tout de suite, fût-il le plus grand des pécheurs, l’eau vive de la grâce. Mais une réflexion s’impose. Qu’arriverait-il si l’eau que distillent les profondeurs de la terre trouvait une citerne aux bords endommagés ? L’eau déborderait et se perdrait dans le sol, formant de la boue dont ne jouiraient que les animaux visqueux et les insectes nuisibles. Les gens de ces contrées arides prennent grand soin de leurs citernes et ils en réparent les érosions pour que pas même une goutte du précieux élément ne se perde. Pour que la grâce remplisse ton âme, fais bien attention à ce que rien n’endommage ton esprit. Les défaillances de la fidélité à la grâce sont autant d’attentats à l’intégrité de la citerne mystique dans laquelle je verse sans cesse l’eau qui jaillit d’une source de vie et qui donne la vie. Donc, grande attention et grande fidélité. De plus, grande humilité. Les plantes vertes qui poussent avec luxuriance grâce à l’humidité du sol et qui servent à garder l’eau fraîche, empêchant le soleil de la faire évaporer, sont l’humilité elle se fait luxuriante dans l’âme qui sait cultiver la grâce et sa luxuriance empêche le soleil de l’orgueil de consumer l’eau si précieuse. Et puis, grande charité. La citerne ne vit pas pour elle-même. Elle vit pour les autres, elle a été créée pour les autres. Autrement son existence serait inutile. L’âme que je comble de mes dons de grâce doit se réjouir que tous viennent puiser en elle. Ne commets pas le vilain péché de l’avarice spirituelle en voulant thésauriser pour toi seule les richesses que je te donne. Je te les donne gratuitement, mais tu dois les partager généreusement avec les autres. Pour ce qui est des prières et des souffrances, tu le fais, mais pour ce qui est de mes paroles, tu es d’une avarice honteuse Débarrasse-toi de ce défaut. J'ai parlé aux foules; je n’ai pas chuchoté seulement à l’oreille des amis. J’ai parlé aux amis et aux ennemis, aux Juifs et aux Gentils, à quiconque venait dans le rayon de ma voix. J’entends bien que ce que je dis à mes amis maintenant ne reste pas trésor enfoui par l’avare. Ce serait un manque à la charité, lequel pourrait bien m’inciter à punir l’avare et le méfiant — avare, car il garde tout pour lui, méfiant, parce qu’il croit que je n’ai pas d’autres monnaies à donner. Mes richesses sont telles que les firmaments ne suffiraient pas à les contenir. Elles se renouvellent à chaque instant, à chaque battement, en termes humains, de ce grand cœur qui est le pivot de notre Trinité. Vie intarissable, création continue, renouvellement donc avec libéralité ce que je te donne. Avec charité, avec générosité, avec humilité. Ces paroles divines qui coulent en toi sont une lame à deux tranchants. Sur l’un se trouve l’humilité, sur l’autre, l’orgueil. Un tranchant donne la vie, l’autre donne la mort. Car chaque don de Dieu oblige celui qui le reçoit à une plus grande perfection; il risque, dans le cas contraire, d’appesantir le jugement de Dieu sur sa tête. À celui à qui il a été beaucoup donné, beaucoup sera demandé [2]. Grande humilité, donc. Donne anonymement comme je donne gratuitement. Par justice pense que rien n’est à toi, mais tout est à moi. Par respect souviens-toi que ce sont les paroles de Dieu et il serait indécent de les faire passer pour tiennes. Par vérité dire qu’elles sont de toi serait un mensonge. Et maintenant, va prier. Je te donne ma paix." Maintenant, c’est moi qui parle il est 8h45 du matin. J’étais en train de prier; je venais à peine de commencer lorsque ceci est arrivé. Pour m’épargner un peu de peine, parce que j’ai très mal au dos, j’ai écrit directement dans le cahier [3] . De toute façon, vous [4] m’avez promis d’en faire une copie. Comme vous voyez, n’ayant pas été dérangée par des bavardages inutiles, j’ai pu écrire sous dictée et, hormis un mot mal écrit en première page, et que j’ai refait, il n’y a pas de ratures. Cette parabole des eaux me plaît beaucoup. Elle me rafraîchit l’âme et la chair, brûlante de fièvre tout comme l’âme qui a toujours peur de se tromper. J’ai effectivement un peu d’avarice spirituelle et je me dépouille à contrecœur des dons que me fait le bon Jésus. J’ai l’impression de m’arracher un morceau de cœur et de le jeter sous les pieds d’autrui [5]. Mais je m’en corrigerai. Comme vous voyez, de mon lit, la main dans celle de Jésus, j’ai fait un beau voyage dans les pays du sud. Jamais je n’aurais pu me l’imaginer quand je me suis réveillée ce matin d’un sommeil court et interrompu... Jésus sait que j’aime voyager et il m’a transportée parmi les palmiers et les gazelles.[1] Cf. Jean 4, 15.[2] Cf. Luc 12, 48.[3] Voir la note n° 4 du 7 juin.[4] Le père Migliorini.[5] Dans les notes du 13 mai Maria explique au père Migliorini les raisons de sa difficulté à partager ses expériences jamais perdre Dieu de vueLe 22 juin 23h30. Jésus dit "Un des secrets pour atteindre à la sainteté est le suivant ne jamais détourner l’esprit d’une pensée qu’il doit soutenir toute la vie, celle de Dieu. La pensée de Dieu est comme la note sur laquelle on entonne le chant de l’âme. As-tu remarqué les artistes ? Ils bougent, vont et viennent, et ils ne semblent jamais regarder en bas de la scène. Mais en fait, ils ne quittent jamais des yeux le maître de musique qui leur donne la mesure. L’âme aussi, pour ne pas se tromper ou être distraite — ce qui la ferait se tromper — doit tenir le regard fixé sur Dieu. Parler, travailler, marcher, mais sans que l’œil mental perde jamais Dieu de vue. Un deuxième point pour atteindre à la sainteté ne jamais perdre sa foi dans le Seigneur. Quoi qu’il arrive, croire que cela arrive par la bonté de Dieu. S’il s’agit d’une chose pénible, même mauvaise, et donc voulue par des forces étrangères à Dieu, penser que Dieu la permet par âmes qui savent voir Dieu n’importe où savent aussi changer toute chose en devises éternelles. Les choses mauvaises sont des devises qui n’ont pas cours. Mais si vous savez les prendre comme il faut, elles acquièrent cours légal et elles vous procurent le Royaume éternel [1]. C’est à vous de rendre bon ce qui ne l’est pas, de transformer les épreuves, les tentations, les malheurs — qui ruinent complètement les âmes déjà croulantes — en autant d’étais et de fondations pour ériger le temple qui ne meurt pas le temple de Dieu en vous dans le présent, le temple de la béatitude dans l’avenir, dans mon Royaume."[1] Dans l'Épître aux Romains 8, 28, Saint-Paul écrit "… Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu…"Source ciboire de l’Eucharistie et co-Rédemptrice par sa 23 juin 9h – 10h Jésus dit “Dans l’autre rencontre eucharistique, je t’ai fait voir ce qu’est l’Eucharistie. Aujourd’hui je vais te montrer une autre vérité eucharistique. Si l’Eucharistie est le cœur de Dieu [1], Marie est le ciboire de ce cœur. Regarde ma Mère, l’éternel ciboire vivant dans lequel descendit le Pain qui vient du Ciel. Quiconque veut me trouver, mais me trouver dans la plénitude de mes qualités, doit chercher ma Majesté, ma Puissance, ma Divinité dans la douceur, dans la pureté, dans la charité de Marie. C’est elle qui fait de son cœur le ciboire pour le cœur de son Dieu et du vôtre. Le Corps du Seigneur s’est fait chair dans le sein de Marie, et c’est ma Mère qui vous l’offre avec le sourire, comme si Elle vous offrait son petit Enfant bien-aimé déposé dans le berceau de son cœur maternel très pur. C’est une joie pour Marie dans le Ciel que de vous donner son petit, son Seigneur. Avec le Fils, elle vous donne son cœur sans tache, ce cœur qui a aimé et souffert à un degré infini. L’on croit généralement que ma Mère n’a souffert que moralement. C’est faux. La Mère des mortels a connu tout genre de souffrance. Non parce qu’elle l’avait mérité — elle était immaculée et elle ne portait pas en elle l’hérédité douloureuse d’Adam — mais parce que, étant co-Rédemptrice et Mère de tout le genre humain [2], elle devait consommer le sacrifice jusqu’au fond et sous toutes ses formes. C’est pourquoi elle subit, en tant que femme, les inévitables souffrances de la femme qui conçoit un enfant elle souffrit les fatigues de la chair alourdie par mon poids, elle souffrit en me donnant le jour [3], elle souffrit pendant la fuite hâtive, elle souffrit du manque de nourriture, du froid, de la chaleur, de la soif, de la faim, de la fatigue, de la pauvreté. Pourquoi n’aurait-elle pas souffert si moi, Fils de Dieu, fus soumis aux souffrances propres à l’humanité ? Être saints ne signifie pas être exempts des misères de la matière. De plus, être des rédempteurs signifie être particulièrement sujets aux misères de la chair qui est douloureusement sensible. On exerce et on atteint la sainteté et la rédemption de toutes sortes de façons, même avec des maux de dents, par exemple. Il suffit que la créature fasse des misères de la chair un instrument de mérite pour soi et non de péché. Marie et moi avons fait des misères de la nature humaine autant de poids de rédemption pour vous. Encore maintenant, ma Mère souffre quand elle vous voit rebelles à moi, si sourds à la grâce. La sainteté, je le répète, ne signifie pas exclusion de la douleur, mais au contraire, imposition de la douleur. Remercie donc Marie, qui me donne à toi avec un sourire de Mère, pour toute la douleur que lui a valu d’être ma Mère. Vous ne pensez jamais à dire merci à Marie dans le sein de laquelle je devins chair ! Cette chair que maintenant je vous donne pour vous nourrir à la vie assez contemple-moi et adore-moi, rayonnant dans l’Eucharistie, dans le trône vivant qu’est le sein de Marie, ma Mère très pure et la vôtre.” Maintenant c’est moi qui explique. Dimanche, non, le vendredi 18, il me semblait voir Jésus à côté de mon lit; je vous [4] en ai dit un mot. Mais il ne faisait rien. Le dimanche 20, avant que vous n’arriviez, pendant que vous étiez ici et après votre venue pour la Communion, il me semblait voir Jésus, non plus à côté de mon lit, mais au pied du lit, en train de me donner l’hostie. Mais il n’avait pas de pyxide [5] dans les mains il tenait son Cœur qu’il me donnait comme une hostie en se l’enlevant de la poitrine. Il était majestueux et infiniment doux. Puis, il m’expliqua le sens de cette vision. Vous l’avez sûrement trouvé dans le cahier [6] en date du 20 juin. Ce matin, je vois la Madone. Elle semble assise, elle sourit avec amour, mais tristement. Elle porte une mante [7] foncée qui lui descend de la tête, ouverte sur sa robe également foncée, on dirait brune. Au­tour de la taille, elle a une ceinture foncée. On dirait trois tons de brun. Sur la tête, sous la mante, elle doit avoir un voile blanc parce que j’en entrevois un filet blanc. Au milieu de sa poitrine rayonne une Hostie très grande et très belle. Et — ce qui constitue l’aspect le plus admirable de la vision — on dirait qu’un très bel enfant apparaît à travers les Espèces qui ressemblent à un magnifique quartz c’est du pain mais ça ressemble à un quartz brillant. L’Enfant-Dieu fait chair. La Madone, qui tient les bras ouverts pour ouvrir sa mante, me regarde, puis elle incline le visage et son regard en adoration vers l’Hostie qui scintille dans sa poitrine. Dans sa poitrine et non sur sa poitrine. C’est comme si, par des rayons X mystiques, je pouvais voir dans la poitrine de Marie, ou mieux encore, comme si des rayons X faisaient apparaître à l’extérieur ce qu’il y a à l’intérieur de Marie. Presque comme si celle-ci avait un corps sans opacité. Je ne peux pas expliquer. Bref, je vois cela et Jésus me l’explique [8]. La Vierge ne parle pas. Elle sourit seulement. Mais son sourire est aussi éloquent que mille mots et plus encore. Comme j’aimerais savoir peindre pour pouvoir reproduire ma vision et vous la montrer. Et surtout, je voudrais vous faire voir les différentes luminosités. Il y en a trois la première, d’une suavité paisible, est constituée par le corps de Marie; c’est l’enveloppe extérieure et protectrice de la deuxième luminosité, vive et rayonnante, constituée par la grande hostie. Je dirais, pour employer des termes humains, une lumière victorieuse, qui sert d’enveloppe intérieure au Bijou divin qui resplendit comme une flamme liquide d’une indescriptible beauté, et qui, dans sa beauté infinie, est infiniment doux c’est le petit Jésus souriant de toutes ses jeunes chairs tendres et innocentes, à la fois de par sa nature de Dieu et son âge de petit enfant. La troisième splendeur, sous les voiles des deux autres, ne peut être décrite par aucune comparaison. Il faut penser au soleil, à la lune, aux étoiles, prendre toutes les différentes lumières des astres et en faire un seul tourbillon de lumière qui est de l’or fondu, diamant fondu, et ceci donne une pâle image de ce que voit mon cœur en cette heure de béatitude. Que sera donc le Paradis enveloppé de cette lumière ?De même, il n’y a aucune comparaison apte à exprimer la douceur du sourire de Marie. Royal, saint, chaste, aimant, triste, invitant, compatissant... Ce sont des mots qui disent un et qui devraient dire mille pour s’approcher de ce qu’est ce sourire virginal, maternel, céleste. [1] Voir les dictées du 4 juin et du 21 juin.[2] Ève, Mère des vivants Genèse 3,20 et Marie Mère du Vivant. Il s’agit ici de l’Humanité régénérée dans le Christ.[3] Ceci doit être compris à la lumière des dictées du 7 septembre, du 15 septembre, du 27 septembre, du 8 décembre, du 18 décembre, du 25 décembre, du 29 décembre. De plus, dans l’œuvre monumentale sur la vie du Seigneur que Maria Valtorta écrira, on peut lire que la maternité divine de la Vierge ne comporta en elle aucune douleur physique, celle-ci étant le fruit du péché originel, de la tache duquel elle fut préservée; mais que la Vierge Marie étant Co-Rédemptrice, elle souffrit toutes sortes de douleurs, causées par les humains et les circonstances, même en ce qui a trait à la conception et l’accouchement virginaux.[4] Le père Migliorini, son confesseur.[5] Pixyde Vase avec couvercle où l'on conserve l'Eucharistie.[6] Dans le cahier n°3, en date du 20 juin.[7] Mante = manteau, ou plus exactement cape.[8] Dans la dictée du 20 "petit Horeb" de MariaJésus-Eucharistie et les âmes innocentes parmi les ruines de la guerreLe 24 juin Jésus dit "Maintenant tu comprends ce que je voulais dire par ces rappels bibliques et quel rapport ils ont avec toi [1]. Tu comprends pourquoi je dis que ceci est ton petit Horeb [2] d’avant et d’après’, phrase qui t’avait occupé l’esprit pendant plusieurs jours et que, dans ton ignorance de la Bible, tu n’arrivais pas à expliquer. Tu as aussi compris pourquoi, depuis hier matin, je te chuchote que tu as fait pendant longtemps ce que fit autrefois mon vieux serviteur et prophète [3]. Tu n’oublieras jamais l’épisode à cause de la peine que t’a coûtée de rechercher le passage qui s’y réfère. Quand le Père [4] obéit à mon inspiration — car tout ce qui est bien pour les âmes s’accomplit grâce à mon inspiration — et t’apporta la Bible [5] pour que tu en prennes connaissance, j’aurais pu te dire où trouver le passage auquel je me référais. Mais c’eût été trop facile. J’ai voulu que tu le trouves par toi-même pour te persuader toujours davantage que ce n’est pas une illusion, mais bien la vérité. Tu es si soupçonneuse ! J’ai dû t’amener lentement, très lentement, au point où tu en es maintenant parce que tu t’obstinais, par peur, comme une petite chèvre rétive. C’est pour cela qu’à ta prière d’hier j’ai répondu par ces paroles-là. Ne crois-tu peut-être pas que cela arriverait comme çà ? Oui. Les humains ont du courage pour me frapper. Mais non pour venir près de moi, attirés par mon amour. Ils croient aveuglément au Mal et dans le Prince du Mal. Lui, ils le suivent sans crainte, dès qu’il se manifeste sous une de ses infinies formes aux noms infinis. Mais ils ne croient pas, ou croient très mal, au Bien et dans le Dieu du Bien, et ils fuient devant ses manifestations. Ils sont couverts de fautes et ils imitent Adam lorsqu’il se cacha du Créateur après avoir péché dans l’Éden [6]. Pour ne pas avoir peur de ma voix et de mon visage, il faut une âme vide de fautes graves. Les imperfections n’empêchent pas qu’il subsiste encore en vous ce minimum de courage qui vous permet d’entendre ma Parole sans vous évanouir. Si pour la mériter vous aviez dû être sans imperfections, aucun mortel ne l’aurait entendue, hormis ma Mère. Vois-tu ? Tu as dû d’abord subir une véritable opération de reconstruction et de bonification spirituelle menée par moi, avec ton aide, pour pouvoir arriver à mériter et à supporter ma Parole et ma Vue. C’est logique. Le péché, même véniel, signifie parenté avec le démon. Dieu ne peut être là où est le démon. Je pourrais terroriser les pécheurs avec une vision terrible dans laquelle j’apparaîtrais comme le Dieu en colère qui juge et punit. Et quelquefois je l’ai fait pour conquérir des cœurs particuliers que je voulais vraiment pour moi et que je ne pouvais gagner que par ce moyen. Mais ce sont des cas rares. Je préfère attirer avec l’Amour. Et celui qui a une liaison coupable avec le démon ne peut ressentir l’Amour. Voilà pourquoi je ne montre pas aux foules mon visage tout amour. Je le garde pour ceux qui m’aiment et je leur donne la mission de parler aux plus sourds en répétant ma parole, et leur demande de devenir des petites copies de moi Charité et Rédemption, Amoureux et Victime. Un jour, je viendrai pour tous. Le dernier. Mais seuls ceux dont l’âme aura été purifiée par l’amour durant leur vie pourront soutenir sans tomber dans l’abîme, mon visage, mon regard, ma voix dont le tonnerre bouleversera les firmaments et fera trembler les abîmes.” Maintenant j’explique, sinon vous n’y comprendrez rien. Il y a une dizaine de jours, peut-être un peu plus, alors que, dans un état de demi-sommeil, je pensais au Seigneur, j’entendis ma chère, mon adorée Voix me dire ’Tu es sur ton petit Horeb. Ne l’oublie pas”. Depuis, j’avais entendu maintes fois répéter, pour moi seule, cette phrase “Ceci est ton petit Horeb d’avant et d’après”. J’avais beau me triturer l’esprit pour en tirer une lumière historique ou géographique, je ne trouvais rien. Je voulais vous en parler, parce que j’avais compris qu’il s’agissait de quelque chose de biblique comme l’affaire des dix justes [7]. Mais voilà qu’au moment même où je m’étais décidée à vous le demander, vous m’apportez la Bible. Très bien ! Je me dis. Je vais pouvoir trouver. Et j’ai commencé à la lire patiemment, décidée à la lire de la première parole à la dernière. Mais je n’avais encore rien trouvé. Hier matin, après avoir transcrit les paroles de Jésus et décrit la vision dans mes propres mots, je fis cette prière “Oh ! Jésus, pourquoi ne montres-tu pas à tout le monde combien tu es divinement beau et divinement bon ? Si les hommes te voyaient tel que je te vois, ils ne pourraient pas ne pas comprendre ta bonté infinie et t’aimer d’un amour qui les rendrait bons. Marta Diciotti voudrait que tu montres ton visage en colère pour faire peur [8]. Moi, au contraire, je te demande de montrer ton visage aimant pour conquérir les âmes comme tu m’as conquise”. Et Jésus a répondu “Ce serait inutile. L’amour n’est pas compris. Si j’apparaissais ainsi, certains se moqueraient de moi, d’autres me fuiraient. Ne l’as-tu pas fait toi-même ? Pendant des années et des années, tu m’as échappé. Et pourtant je t’apparaissais toujours revêtu de mon amour dans les rêves et les inspirations. Pendant des années encore, tu as eu peur de mes manifestations et, lorsque je m’approchais, tu faisais comme mon vieux serviteur et prophète tu te cachais le visage pour ne pas me voir. J’ai dû te préparer avec une patience infinie et même maintenant, au fond, tu crains un peu que ce ne soit une illusion. Et tu as ma paix ! Que feraient ceux qui n’ont pas ma paix mais la guerre démoniaque au cœur...” Lorsque j’entendis cela, je me suis dit qu’il fallait absolument chercher qui était ce serviteur et prophète et ce qu’était l’Horeb. Et hier soir, je me suis consacrée à une promenade biblique. J’ai cherché dans les prophètes. Rien. J’ai trouvé le nom d’Horeb et j’ai compris qu’il s’agissait d’une montagne. Mais c’était trop peu. Je lisais plus avant, je revenais en arrière; j’avais la tête qui éclatait et je ne trouvais rien. Les sirènes [9] ont retenti après avoir prié pour les victimes des bombardements, j’ai repris mon incursion biblique. Je ne trouvais toujours rien. Pas étonnant ! Dans mon énorme ignorance, j’étais convaincue que Moïse n’avait rien à voir avec ce qui m’occupait et ... je le négligeais. Étant donné que je ne trouvais vraiment rien, j’ai prié l’Esprit Saint de me le faire trouver. J’étais décidée à savoir cette nuit-là au risque de me retrouver le lendemain matin en train de feuilleter la Bible. Et l’Esprit Saint m’a dit “Lis l’Exode”. J’ai trouvé tout de suite. J’étais tout près, parce que je suis à la fin de la Genèse, et j’allais chercher loin ! Maintenant je sais et je suis contente. Qui aurait imaginé que l’Horeb était le Sinaï ? Dans ma bêtise, je savais que Moïse était allé sur le Sinaï et je me disais donc que Moïse n’avait rien à voir avec l’ pourquoi Jésus dit que ceci est mon petit Horeb d’avant et d’après et que je ressemble à son serviteur et prophète. En effet, j’ai trouvé ici la voix de Dieu; en effet, j’y suis montée sans penser à Dieu, en suivant la route commune, comme Moïse derrière son troupeau; en effet, lorsque je m’y attendais le moins, j’y ai reçu les paroles de Jésus et... j’ai couvert mon visage parce que je n’osais pas le regarder. Mais maintenant, j’ai appris à le regarder. Il m’y a habituée. Et je retourne volontiers sur l’Horeb. Voilà qui est plus clair. Merci, mon Père, de m’avoir donné le moyen de lire la Bible. Cela me rendra moins sotte et je comprendrai mieux. Aujourd’hui, 24 juin, Jésus dit encore "Aujourd’hui aussi [10], fête de mon Corps divin [11], Satan m’a frappé dans mes églises et dans mes enfants [12]. Je ne passe pas triomphalement, hostie de paix, à travers vos quartiers, sur des tapis de fleurs, parmi les hosannas. Je tombe au milieu des décombres, dans le fracas d’enfer de la haine contre la charité, déchaînée dans toute sa force. Les fleurs de ce jour, Corpus Domini du temps de la colère, sont mes enfants tués. Et bienheureux parmi eux ceux qui tombent innocents et dont la mort, dénuée de rancune, devient belle comme un martyre. On ne voit pas mon Sang parmi le sang des morts. Je garde ma blancheur éclatante d’Hostie. C’est le sang des autres qui m’éclabousse il est la cruauté de ceux qui sont asservis à l’Ennemi, laquelle me blesse et, avec moi, blesse ceux qui sont des hosties comme moi. Du plus grand parmi vous — droit comme sur une croix mystique entre le temple et le ciel, blessé, couvert de crachats, transpercé, flagellé, comme son Seigneur, par le mensonge vendu à l’Ennemi — au plus petit enfant égorgé tel un agneau innocent. Mais ces hosties ne sont pas immolées en vain. En elles, il n’y a pas de tache de haine. Ce sont les victimes, éternellement bienheureuses d’être victimes ! Mes enfants les plus chers, mes vrais enfants, portent mon signe. Je vous ai tous marqués, vous qui m’aimez et que j’aime. Encore plus que la tiare qui le couronne, ce signe est un indicateur divin sur le front de mon Pierre actuel [13], le Pontife de paix en qui ne vit aucun levain de haine. Plus que toute auréole, ce signe resplendit sur la tête des victimes qui tombent avec moi sous les armes de Satan et qui sont les précurseurs du deuxième avènement du Christ [14].Et que les mêmes anges des églises frappées, lesquels prient et adorent les Hosties renversées, recueillent les âmes innocentes qui seront consolées de leurs pleurs au Ciel.”[1] Cette allusion est expliquée à la fin de la catéchèse Jésus a laissé Maria Valtorta, ignorante de la Bible, y chercher l’épisode qu’évoquait l’Horeb.[2] Le Mont Horeb, dans le Sinaï, est le lieu où Moïse reçut de Dieu sa mission de libérer son peuple et recueillit son Nom de YHWH Exode, chapitre 3. C’est là qu’il reçut plus tard les dix commandements Exode, chapitre 20, et où le prophète Élie rencontra Dieu 1 Rois 19, 8-18.[3] Moïse qui se voile la face à l’approche du buisson ardent.[4] Le père Migliorini, confesseur de Maria Valtorta.[5] Maria Valtorta reçut sa première Bible à cette époque elle avait 47 ans. Elle ne connaissait auparavant que les quatre Évangiles.[6] Cf. Genèse 3, 8.[7] Déjà aperçu dans la catéchèse du 11 juin On n’a trouvé aucun passage où Maria Valtorta donne des précisions sur la lacune’ des dix justes, laquelle revient plusieurs fois dans le volume et qui est de toute évidence une référence biblique, probablement à Genèse 18, 32 Abraham obtient de Dieu qu’il ne détruise pas Sodome s’il s’y trouve dix justes, ce que Dieu lui accorde, mais il n’y en avait pas dix.[8] Voir la catéchèse du 3 juin.[9] Les sirènes qui annonçaient les attaques aériennes pendant la guerre.[10] Comme dans la dictée du 4 juin.[11] Fête du Corps divin autrement appelée Corpus Domini un peu plus loin dans le texte, est popularisée sous le nom de Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement. Elle est célébrée le jeudi qui suit la fête de la Trinité, soit soixante jours après Pâques. Actuellement, le nom officiel de la fête, dans l’Église catholique, est "Solennité du corps et du sang du Christ". Elle commémore la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. En 1943 cette fête tombait le 24 juin, fête de la saint Jean-Baptiste.[12] Le 24 juin les bombardiers Lancaster de la RAF bombardent la base navale italienne de La Spezia, à 60 km de Viareggio où demeure Maria Valtorta. À cette occasion, les bombardiers mettent en œuvre la technique du "shuttle" navette, consistant à partir d'Angleterre, bombarder l'Allemagne, se ravitailler en Afrique du nord, bombarder l'Italie et revenir en Angleterre. Il s’agit probablement de l’évènement commenté par Jésus. Le même jour, la RAF bombarde lourdement Elberfeld, dans la Ruhr.[13] Pie XII, qui fut pape de 1939 à 1958.[14] Le "deuxième avènement" peut désigner l’ultime Pentecôte qui verra le triomphe du Christ dans les cœurs, soit le retour du Christ en gloire pour le jugement dernier. Ce sont deux phase successives des temps ultimes de la Terre Cf. La Vierge des derniers temps, Mgr René Laurentin, Debroise, Salvator 2014.Source des choses de la 25 juin Jésus dit "Maria, n’imite jamais les hommes qui s’emportent pour des choses terrestres. Ils se font mutuellement du tort, s’entretuent, se nuisent de mille façons pour des choses sans véritable importance, mais qui sont grandes seulement dans leurs perceptions y a tant d’espace dans mon Royaume ! Infinies sont les demeures que j’y ai construites pour mes élus ! Vis, vis pour l’esprit et laisse tomber tout ce qui n’est pas esprit. Ce ne sont que des scories sans importance. Il faut t’en libérer, de toutes, même de la plus petite. Sois une âme déliée, libre, légère, agile. Imite les oiseaux que j’ai créés. Il suffit à une hirondelle, pour se reposer du grand vol, d’un brin de paille sur la crête de la vague. À un rossignol, il suffit pour chanter d’un frêle petit rameau au sommet d’un arbre. Même si la mer est agitée, l’hirondelle ne coule pas; le brin de paille suffit à la soutenir jusqu’au prochain vol. Même s’il y a peu de soleil dans le feuillage, le rameau suffit au rossignol pour trouver le soleil et chanter. Utilise toi aussi les choses de la terre comme le rossignol et l’hirondelle. Comme des appuis qui aident mais qui ne sont pas indispensables au vol et au chant et qu’on laisse sans regret quand ils ne servent plus. Car ce sont l’aile et la gorge qui donnent le vol et le chant, et non le brin de paille ou le rameau. Il en est de même pour les âmes. Ce n’est pas la terre qui donne le Ciel, mais le Ciel qui donne la terre, et vous devez vous servir de la terre pour prendre votre élan vers le Ciel, non pour y mettre les racines malsaines d’un attachement coupable aux choses qui ne sont pas éternelles. Seuls Dieu et les choses de Dieu sont éternels et méritent votre attachement. Quand j’ai inspiré le Père Migliorini à te demander ta petite autobiographie [1], je l’ai fait parce que je savais qu’il t’en serait venu un bien. Tu as expulsé, en l’écrivant, toute l’amertume, tout le poison, tout le ferment que la vie avait déposés en toi. Tu t’en es purifiée. Tu avais besoin de te redire à toi-même tout ce que tu avais souffert et de le dire à un cœur chrétien. C’est ce qui console le plus aussi longtemps qu’on est un être humain. Tu avais besoin de faire, pour ainsi dire, une comptabilité spirituelle pour voir combien tu avais donné à Dieu et reçu de lui, et combien tu avais donné aux humains et reçu d’eux. Considérées une par une, les choses de la vie sont ou trop noires, ou trop roses, et on est parfois induit en erreur dans leur évaluation. Mais alignées, encastrées comme les morceaux d’une mosaïque, elles nous permettent de voir que le noir est nécessaire pour que le rose ne paraisse pas trop effronté. On voit que tout entre harmonieusement dans le dessein voulu pour vous par la Bonté même, et que ce que vous avez reçu d’elle est infiniment supérieur à ce que vous avez donné, à Dieu aussi bien qu’au prochain. Alors l’égoïsme, l’orgueil, la rancœur tombent, l’âme devient reconnaissante, humble, charitable et elle arrive au pardon total. Oh ! Ceux qui pardonnent ! Ils sont ma copie la plus, ressemblante parce que moi, j’ai pardonné à tous et je continue de pardonner, Alors l’homme devient pourquoi j’ai voulu que tu subisses cette épreuve pénible aussi. Tu as souffert en te rappelant et en écrivant, mais ton âme s’est dépouillée de tant d’humanité qui entravait ton évolution de créature très humaine à créature spirituelle. Tu as fait comme une chrysalide qui sort de son cocon l’enveloppe qui t’emprisonnait est tombée telle une chose morte et ton âme a ouvert ses ailes. Maintenant sache les garder toujours déployées pour te maintenir très haut dans le rayon de Dieu. Quant au reste, entends-en l’écho, vois-en le reflet que ma Parole soit la seule voix dans ton cœur et ton Jésus, la seule chose que tu vois. Puis, je viendrai et il y aura la paix sans fin."[1] Son autobiographie a été écrite deux mois dépouiller de toute angoisse spirituelle pour se fixer sur puissances de l'âmeLe 26 juin Jésus dit "Dépouillez-vous, non seulement de ce qui constitue un poids d’humanité, mais aussi de ce qui est l’inquiétude spirituelle. Je vais t’expliquer ce que j’entends par cela pour que tu n’interprètes pas mal mon expression. L’inquiétude spirituelle n’est pas le fait de tendre à Dieu sainement, de toutes ses forces intellectuelles. L’inquiétude spirituelle, c’est cette anxiété qui envahit parfois même les âmes les plus avancées en sainteté et qui consiste en la peur de ne pas arriver à faire tout ce qu’on voudrait accomplir, spirituellement parlant, tout ce que Dieu semble vouloir de l’âme; peur de se détacher de l’oraison de crainte de ne pas pouvoir goûter le flot limpide de douceur que je vous envoie, peur de ne plus pouvoir le retrouver. Ces craintes sont un reste d’humanité qui continue de s’infiltrer dans la spiritualité et lui nuit. Il faut suivre la voie de l’esprit avec fermeté et calme. Sans aucune anxiété, aucune crainte. C’est moi qui crée le temps. N’en aurai-je donc pas autant qu’il en faut pour chaque âme qui se confie à moi ? C’est moi qui fais couler en vous les flots de la grâce; je sais donc en régler le flux et vous envoyer mes lumières aux moments les plus propices. Si quelque chose vous dérange pendant l’oraison, ce n’est pas une raison pour vous faire du souci. En autant que ce n’est pas vous qui vous en détachez volontairement, pour des motifs humains. Dans ce cas, il est certain que la source se tarit ou est détournée vers d’autres âmes ouvertes à l’oraison. Mais si vous devez vous en détacher pour la charité envers le prochain, cela ne tarit pas la source de lumière ni la détourne, mais au contraire l’augmente et l’attire, car qui a la charité a Dieu, et qui a Dieu a ses lumières. Ne sois donc jamais anxieuse. Prie, écoute, médite, souffre, travaille, repose-toi calmement, me faisant confiance. Je suis un Hôte parfait. Je sais faire la conversation et je sais me taire selon que je vois celui qui me reçoit en mesure de m’écouter ou non. Que dirais-tu d’un invité qui ne te quitterait pas d’une semelle, t’empêchant de penser aux nécessités de la maison, surtout un jour de réception ? Tu dirais qu’il ne connaît pas les premières règles de la bienséance et les obligations ordinaires d’une maîtresse de maison. Mais je suis Jésus; je sais donc tout. Quand ton prochain te détourne de l’oraison et de ta conversation avec moi, je ne m'en offusque pas et tu ne dois pas t’énerver. Sois patiente et charitable. Je serai patient et silencieux. Puis, une fois ton acte de charité terminé, je te parlerai de façon plus lumineuse qu’avant. Si au contraire tu t’inquiètes et t’énerves, la lumière s’assombrit comme si un nuage venait s’interposer entre ton Soleil et ton âme. Aie confiance, aie confiance, aie confiance en ton Jésus. Quelque grand que puisse être ton amour, il est infiniment petit comparé à mon amour pour toi. Aie donc confiance. Mon Pain, qui n’est pas seulement Eucharistie qui nourrit, mais aussi Parole qui instruit, ne te manquera jamais si tu restes bonne et confiante." "Il est d’une importance suprême pour qui veut avancer dans la voie du Ciel de savoir maintenir les pouvoirs de l’âme [1] fermement en Dieu. Quand cela se produit, l’âme est en sont les puissances de l’âme? Je vais faire une comparaison humaine. Comment est faite la roue ? D’un cercle, de nombreux rayons fixés au cercle, d’un anneau qui réunit les rayons et les fait tourner autour d’un moyeu [2]. De cette façon, la roue est fonctionnelle. Si une des parties est brisée, elle le sera moins, mais si l’anneau est brisé, elle ne le sera plus du tout. Et maintenant, fais bien attention, ma petite Maria qui écoutes ton Maître. Le cercle, c’est l’humanité qui rassemble tous les pouvoirs moraux, physiques et spirituels qui sont dans un être créé. C’est une bande qui réunit tout d’un être humain. Les rayons sont les sentiments qui se concentrent en un anneau mystique — l’esprit — lequel les recueille et les diffuse, puisqu’il s’agit d’une double opération. Le moyeu est Dieu. Si votre humanité est abîmée par des caries charnelles, les sentiments restent détachés et finissent par s’éparpiller dans la poussière. Mais si l’esprit est ruiné ou même tout simplement détaché de son moyeu, alors l’admirable mouvement de l’être créé par Dieu s’arrête et la mort s’ensuit. Il est donc absolument nécessaire, pour l’âme qui veut mériter le Ciel, de ne jamais se détacher du pivot divin. Ton humanité peut bien se prêter à aider le prochain, se donner de la peine pour le servir. Ça, c’est la charité. Mais que tes pensées ne cessent jamais de converger vers l’esprit et de rayonner de lui. Ainsi, elles se nourriront de Dieu et, même dans les humbles besognes, elles porteront son empreinte, car ton esprit est, et doit rester, axé sur Dieu, pivot divin de toute la création, pivot très suave de ton âme qui a trouvé sa Voie. Lorsque les pouvoirs de l’esprit sont rivés en Dieu, tu peux croire qu’aucune force ne peut les arracher. Le mouvement devient de plus en plus vertigineux, et tu sais qu’il y a une force, qu’on appelle justement centripète, qui attire les choses d’autant plus vers le centre que le mouvement est plus vertigineux. C’est l’amour qui imprime le mouvement. L’esprit rivé en Dieu aime Dieu, son pivot; Dieu aime l’esprit axé sur lui, et ce double amour augmente le mouvement vertigineux, la course ailée dont le terme est la rencontre dans mon Royaume de l’esprit aimant avec son Créateur."[1] Dieu le Père a expliqué à Sainte Catherine de Sienne ce que sont les puissances de l'âme et comment l'âme perd la grâce. Il dit " J'ai créé l'âme à mon image et ressemblance, en lui donnant la mémoire, l'intelligence et la volonté...La mémoire doit retenir ma bonté et mes bienfaits, l'intelligence doit contempler l'amour ineffable que je vous ai montré par le moyen de mon Fils unique je l'ai donné pour objet à votre intelligence, pour qu'elle y voie le foyer de ma charité. La volonté alors s'unit à la mémoire et à l'intelligence, en m'aimant et me désirant comme sa fin... Si l'affection est inclinée vers les choses sensibles, le regard de l'intelligence se tourne de ce côté, et n'offre plus pour objet que des choses transitoires, qui entretiennent l'amour-propre, le dégoût de la vertu et l'attrait du vice, ce qui fait naître l'orgueil et l'impatience. La mémoire ne se remplit que de ce que lui présente l'affection. Cet amour obscurcit la vue, qui ne distingue et ne voit qu'une fausse lumière. C'est cette lumière que l'intelligence voit en toute chose, et que l'affection aime à cause de son apparence de bien et de plaisir. Sans cette apparence l'homme ne pêcherait pas ; car, par sa nature, il ne peut désirer autre chose que le bien. Le vice est coloré d'une apparence de bien personnel qui fait pécher l'âme. Mais, parce que l'œil ne distingue plus rien dans son aveuglement, il méconnaît la vérité ; il s'égare en cherchant le bien et le plaisir où ils ne sont pas...Dès que l'intelligence se trompe dans ce qu'elle voit, la volonté se trompe dans son amour, puisqu'elle aime ce qu'elle ne devrait pas aimer. La mémoire s'abuse de ce qu'elle retient. L'intelligence fait comme un voleur qui dépouille les autres. La mémoire retient aussi continuellement des choses qui sont hors de moi, et l'âme est ainsi privée de la grâce…"Lire la suite dans Le dialogue de Sainte Catherine de Sienne Traité de la Discrétion, LIV. Quel moyen doit prendre toute créature raisonnable pour pouvoir sortir des flots du monde et passer par le pont divin.[2] Le moyeu est la partie centrale d'une pièce technique tournante discoïdale roue, poulie, engrenage, volant. Cette partie centrale peut transmettre les efforts moteurs ou non être simplement porteur.Source douce lumière de MarieLe 27 juin Jésus dit "L’œil humain ne peut fixer le soleil, tandis qu’il peut regarder la lune. L’œil de l’âme ne peut fixer la perfection de Dieu telle qu’elle est. Mais il peut regarder la perfection de Marie. Marie est comme la lune par rapport au soleil. Elle en est éclairée et elle réfléchit sur vous la lumière qui l’a éclairée, mais en l’adoucis­sant de ces vapeurs mystiques qui la rendent supportable à votre nature limitée [1]. C’est pour cela que, depuis des siècles, je la propose comme modèle à vous tous que j’ai voulus pour frères, justement en Marie. Elle est la Mère. Quelle douceur pour les enfants que de regarder la mère ! Je vous l’ai donnée pour cela, pour que vous puissiez avoir une douce Majesté dont la splendeur vous ravisse, mais sans vous éblouir. C’est seulement à des âmes spéciales, que j’ai choisies pour des raisons sans appel, que je me suis montré dans tout mon éclat de Dieu-Homme, d’intelligence et de perfection absolue. Mais avec ce don, j’ai dû leur en faire un autre qui les rende capables de supporter ma connaissance sans en être anéanties. Tandis que Marie, vous pouvez tous la regarder. Non pas parce qu’elle est semblable à vous. Oh ! Non ! Sa pureté est si haute que moi, son Fils, la traite avec vénération. Sa perfection est telle que le Paradis tout entier s’incline devant son trône sur lequel descendent l’éternel sourire et l’éternelle splendeur de Notre Trinité. Mais cette splendeur, qui l’imprègne et la divinise plus que toute autre créature, est tamisée par la blancheur éclatante des voiles de sa chair immaculée, de sorte qu’elle rayonne comme une étoile, recueillant toute la lumière de Dieu et la diffusant telle une douce luminosité sur tous les êtres. Et puis elle est éternellement votre Mère. Et de la mère, elle possède la pitié qui excuse, qui intercède, qui forme patiemment. Grande est la joie de Marie lorsqu’elle peut dire à celui qui l’aime ’Aime mon Fils’ [2]. Grande est ma joie lorsque je peux dire à celui qui m’aime ’Aime ma Mère’ [3]. Et très grande est notre joie lorsque nous voyons l’un d’entre vous qui, se détachant de mes pieds, va à Marie, ou un autre qui, se détachant du sein de Marie, vient à moi. Car la Mère se réjouit de donner au Fils d’autres personnes remplies d’amour pour lui, et le Fils se réjouit de voir sa Mère aimée par d’autres. Notre gloire ne cherche pas à écraser, mais se complète dans la gloire de l’autre. Je te dis donc ’Aime Marie. Je te donne à celle qui t’aime et qui t’illuminera par la seule suavité de son sourire’."[1] Marie Lataste 1822-1847 une religieuse mystique française bénéficia plusieurs fois de visions exceptionnelles dont celle de la Vierge Marie. Elle utilise ces mêmes termes pour la décrire. On peut lire ce qui suit, dans le chapitre 2 de son Livre 3"Aussitôt j'aperçus des yeux de l'âme Marie devant l'autel. Je me trouvais dans l'église c'était un dimanche matin avant la sainte messe. Je la considérai attentivement. Son visage était resplendissant comme le soleil; ses mains brillaient comme des rayons de soleil; sa robe était blanche et parsemée d'étoiles, un large manteau de couleur de feu enveloppait ses épaules, il était aussi parsemé d'étoiles; sa chevelure retombait en arrière, couverte d'un voile en dentelle magnifiquement travaillé; enfin une couronne de diamants, plus beaux et plus éclatants que tous les astres des cieux, ceignait son front. Cette lumière qui était en Marie n'est comparable à aucune autre lumière, celle du Sauveur Jésus exceptée. La lumière du soleil aurait pâli devant celle qui sortait de Marie; et cependant mes yeux ne peuvent regarder en face le soleil, et je regardais Marie dont l'éclat ne m'éblouissait pas à ce point de m'empêcher de la regarder. Je regardais Marie et je ne pouvais ne la point regarder. Sa vue donnait à mon âme la félicité. "Marie Lataste , Livre 3 - La Sainte Vierge Marie, Mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ . Chap. 2[2] Sœur Josefa Menendez a vécu cette expérience de la joie qu'à Marie de faire aimer son fils, et de la joie de Jésus de voir sa mère aimée. Dans le livre Un appel à l’Amour – Le Message du Cœur de Jésus au Monde on lit ce qui suit"Sœur Josefa qui voudrait savoir prier Notre-Seigneur de la manière la plus agréable à son Cœur fit la demande à la Vierge Marie qui lui répondit Je vais te l'apprendre. Monte à ta cellule et, là, tu écriras. À peine y est-elle arrivée, que la Très Sainte Vierge la rejoint Ce qui plaît le plus à mon Fils - dit-Elle d'abord - c'est l'amour et l'humilité. Écris doncO Très Doux et Très Aimé Jésus, si Vous n'étiez pas mon Sauveur, je n'oserais venir à Vous! Mais Vous êtes mon Sauveur et mon Époux, et votre Cœur m'aime de l'amour le plus tendre et le plus ardent, comme aucun autre cœur n'est capable d'aimer. Je voudrais correspondre à cet amour que Vous avez pour moi, Je voudrais avoir pour Vous qui êtes mon unique Amour, toute l'ardeur des séraphins, la pureté des anges et des vierges, la sainteté des bienheureux qui Vous possèdent et qui Vous glorifient dans le ciel. Si je pouvais Vous offrir tout cela, ce serait encore trop peu pour louer votre Bonté et votre Miséricorde. C'est pourquoi, je Vous présente mon pauvre cœur tel qu'il est, avec toutes ses misères, ses faiblesses et ses bons désirs. Daignez le purifier dans le sang de votre Cœur, le transformer et l'embraser Vous-même d'un amour pur et ardent. Ainsi cette pauvre créature que je suis, incapable de tout bien et capable de tout mal, Vous aimera et Vous glorifiera comme les séraphins les plus embrasés du ciel. Je Vous demande, enfin ô mon Très Doux Jésus, de donner à mon âme la sainteté même de votre Cœur qu'elle soit plongée dans votre Cœur divin, afin qu'en Lui je vous aime, je Vous serve, je Vous glorifie et qu'en Lui je me perde pendant toute l'éternité! Je Vous demande cette grâce pour toutes les personnes que j'aime. Puissent-elles Vous rendre pour moi la gloire et l'honneur dont mes offenses Vous ont privé..."Cf. Un appel à l’Amour – Le Message du Cœur de Jésus au Monde. Chap VIII Le carême de 1923 page 25.[3] Par la suite, Jésus répondra à la délicatesse de sa Mère."Josefa - lui dira-t-Il ce soir-là - est-ce vrai que tu désires quelques mots qui puissent plaire à ma Mère? Écris ce que Je vais te dire Alors, d'une voix ardente et enflammée, enthousiaste même - note-t-elle - Il prononça cette prière O Mère tendre et aimante, Vierge très prudente qui êtes la Mère de mon Rédempteur, je viens Vous saluer en ce jour avec l'amour le plus filial dont puisse Vous aimer le cœur d'un enfant. Oui, je suis votre enfant et, parce que mon impuissance est si grande, je prendrai les ardeurs du Cœur de votre divin Fils; avec Lui, je Vous saluerai comme la plus pure des créatures, car Vous avez été formée selon les désirs et les attraits du Dieu trois fois Saint! Conçue sans la tâche du péché originel, exempte de toute corruption, Vous avez été toujours fidèle aux mouvements de la grâce et votre âme accumulait ainsi de tels mérites, qu'elle s'est élevée au-dessus de toutes les créatures. Choisie pour être la Mère de Jésus-Christ, Vous L'avez gardé comme en un sanctuaire très pur et Celui qui venait donner la vie aux âmes, a pris Lui-même la vie en Vous et a reçu de Vous son Vierge incomparable! Vierge Immaculée! Délices de la Trinité bienheureuse! Admirée des anges et des saints, Vous êtes la joie des cieux ! Étoile du matin, Rosier fleuri du printemps, Lys très blanc, Iris svelte et gracieux, Violette parfumée, Jardin cultivé et réservé pour les délices du Roi des cieux!... Vous êtes ma Mère, Vierge très prudente, Arche précieuse où s'enferment toutes les vertus! Vous êtes ma Mère, Vierge très puissante, Vierge clémente, Vierge fidèle ! Vous êtes ma Mère, Refuge des pécheurs! Je Vous salue et je me réjouis à la vue de tels dons que Vous a faits le Tout-Puissant et de tant de prérogatives dont Il Vous a couronnée. Soyez bénie et louée, Mère de mon Rédempteur, Mère des pauvres pécheurs! Ayez pitié de nous et couvrez-nous de votre maternelle protection. Je Vous salue au nom de tous les hommes, de tous les saints et de tous les anges. Je voudrais Vous aimer avec l'amour et les ardeurs des séraphins les plus embrasés, et comme c'est encore trop peu pour rassasier mes désirs, je Vous aime avec votre divin Fils qui est mon Père, mon Rédempteur, mon Vierge incomparable! Bénissez-moi, puisque je suis votre enfant. Bénissez tous les hommes! Protégez-les, priez pour eux Celui qui est Tout-Puissant et qui ne peut rien Vous refuser. Adieu, Mère tendre et chérie! Je Vous salue jour et nuit, et dans le temps et dans l'éternité!Maintenant, Josefa, loue la Mère avec les paroles du Fils et le Fils avec les paroles de la Mère. Jamais - dira Josefa - je n'avais vu son Cœur si beau, ni entendu sa Voix dans un tel élan d'enthousiasme."Cf. Un appel à l’Amour – Le Message du Cœur de Jésus au Monde. Chap VIII Le carême de 1923, page parabole du banquet des nocesPrière au Précieux Sang de JésusLe 28 juin Jésus dit "Soyez parfaits, vous tous que j’aime d’un amour privilégié. Vivez en anges, vous qui constituez ma cour sur terre". Si l’invitation aimante à être parfaits comme mon Père[1] est faite à tous, elle devient un doux commandement pour ceux que j’ai choisis pour mes amis et intimes. Être de mes disciples — non au sens général qui s’applique à tous les chrétiens, mais au sens propre du nom dont j’appelais mes douze disciples et amis — est un grand honneur mais qui comporte un grand devoir. La petite perfection ne suffit plus, c’est-à-dire ne pas commettre de fautes graves et obéir à la Loi dans ses règles les plus spécifiques. Il faut atteindre aux raffinements de la perfection, observer la Loi dans ses plus délicates nuances, je dirais même l’anticiper avec quelque chose en plus. Comme les enfants qui ne se contentent pas d’aller vers la maison du père en marchant à côté de celui qui les y amène, mais qui passent devant en courant, tout joyeux, surmontant la fatigue et les obstacles d’un sentier plus ardu pour pouvoir arriver plus vite, car leur amour les éperonne. La maison de votre Père est au Ciel; l’amour est ce qui vous éperonne à surmonter, en volant, toute difficulté pour atteindre rapidement le Ciel où le Père vous attend, les bras déjà ouverts, prêts à vous étreindre. Donc, non seulement mon disciple doit obéir à la Loi dans les choses importantes que j’ai imposées à tous, mais il doit interpréter mon désir, même non exprimé, que vous fassiez le maximum de bien que vous pouvez, désir que l’amant comprend car l’a­mour est lumière et savoir. Je vais maintenant t’expliquer deux points de l’Évangile, l’un de Matthieu[2] et l’autre de Luc [3]. En réalité, il s’agit d’une seule parabole, mais exprimée avec quelques différences. Il ne faut pas s’étonner qu’on trouve de telles différences chez mes évangélistes. Lorsqu’ils écrivaient ces pages, c'étaient encore des hommes, déjà élus mais pas encore glorifiés. Ils pouvaient donc commettre des bévues, faire des erreurs, de forme et non de substance. Il n’y a que dans la gloire de Dieu qu’on ne se trompe plus. Mais pour l’atteindre, ils devaient encore beaucoup lutter et seul des évangélistes rapporte ce que je dis avec une exactitude phonographique. Mais c’était le pur et l’amoureux. Réfléchis à cela. La pureté et la charité sont si puissantes qu’elles permettent de comprendre, de se rappeler, de transmettre ma parole sans erreur, pas même d’une virgule ou d’une réflexion. Jean était une âme sur laquelle l’Amour écrivait ses paroles, et il pouvait le faire car l’Amour ne se pose que sur les cœurs purs et n’a de contact qu’avec eux, et Jean était une âme virginale, aussi pure que celle d’un petit enfant. J’ai n’ai pas confié ma Mère à Pierre, mais à Jean, car la Vierge devait rester avec le vierge. Souviens-toi de ceci Dieu ne communique pas les substances spirituelles qui rendent à l’âme cette fraîcheur candide, laquelle attire mon regard et obtient ma parole, à qui n’a pas la pureté du cœur, conservée depuis la naissance ou regagnée par un travail assidu de pénitence et d’amour. Donc, mes évangélistes racontent qu’un personnage — l’un nous dit que c’est un roi, l’autre laisse entendre qu’il s’agit d’un riche seigneur — donna un grand banquet, probablement de noces, et y invita un grand nombre d’amis. Mais ceux-ci alléguèrent des excuses, dit Luc, et s’en moquèrent, renchérit Matthieu. Malheureusement, avec votre Dieu vous n’alléguez même pas d’excuses et vous répondez souvent à ses invitations en vous en moquant. Alors le seigneur du banquet, après avoir puni les mal élevés, pour ne pas gaspiller les aliments déjà préparés, envoya ses serviteurs chercher tous les pauvres, les boiteux, les estropiés, les aveugles qui étaient autour de la maison, en attente des restes, ou qui accouraient de partout, partagés entre la crainte et le besoin. Il ordonna de leur ouvrir la salle et de les faire asseoir à table après les avoir lavés et vêtus comme il se doit. Mais la salle n’était pas encore pleine. Alors le riche seigneur ordonne aux serviteurs de sortir de nouveau et d’inviter n’importe qui, même en utilisant une douce violence. Entrent ainsi, non seulement les pauvres qui errent dans le voisinage des riches, mais aussi ceux qui n’y pensent pas, convaincus de ne pas être connus du seigneur et de n’avoir besoin de rien. Quand la salle fut comble, le riche seigneur entra et il remarqua un invité - on ne précise pas si c’était un pauvre ou un passant, mais c’est un détail sans importance — qui avait enlevé son habit de noces, ce qui fait penser que c’était un passant riche et orgueilleux et non un pauvre convaincu d’être un nécessiteux. Alors le seigneur indigné, voyant qu’on méprisait son don et qu’on piétinait le respect dû à la demeure de l’hôte, le fit chasser car aucune contamination ne doit entrer dans la salle de noces. Maintenant je vais t’expliquer la double parabole. Les invités sont ceux que j’appelle par une vocation spéciale, une grâce gratuite que j’accorde comme une invitation à l’intimité avec moi-même dans mon palais, comme élection à ma Cour. Les pauvres, les aveugles, les manchots, les difformes sont ceux qui n’ont pas reçu d’appel spécial ou d’aide particulière, qui, par leurs seuls moyens, n’ont pas pu conserver ou obtenir la santé et la richesse spirituelles, mais, au contraire, ont aggravé leur malheur par de naturelles imprudences. Ce sont, en d’autres termes, les pauvres pécheurs, les âmes faibles et difformes qui n’osent se présenter à la porte, mais rôdent aux alentours du palais en attendant une miséricorde qui leur redonne des forces. Les passants pressés, qui ne se soucient pas de ce qui se passe dans la demeure du Seigneur, sont ceux qui vivent dans les religions plus ou moins révélées ou dans leur religion personnelle qui s’appelle argent, affaires, richesses. Ceux-ci croient ne pas avoir besoin de me on constate que souvent ceux qui ont été appelés négligent mon appel, s’en désintéressent, préfèrent s’occuper de choses humaines au lieu de se consacrer aux choses surnaturelles. Alors je fais entrer les pauvres, les aveugles, les boiteux, les difformes; je les revêts de l’habit de noces, je les fais asseoir à ma table, je les déclare mes invités et je les traite en amis. Et j’appelle aussi ceux qui sont en dehors de mon Église, je les attire avec insistance et courtoisie, je les contrains même avec une douce violence. Dans mon Royaume, il y a de la place pour tout le monde, et ma joie consiste à vous faire entrer nombreux. Mais malheur à ceux que j’ai élus par vocation et qui me négligent, préférant se consacrer à des choses naturelles. Et malheur à ceux qui, accueillis avec bienveillance même s’ils ne le méritaient pas, et revêtus par ma magnanimité de la grâce qui recouvre et annule les laideurs, enlèvent leur habit de noces, manquant ainsi de respect envers moi et ma demeure où rien d’indigne ne doit circuler. Ils seront expulsés du Royaume car ils auront piétiné le don de Dieu. Des fois, parmi les pécheurs et les convertis, je vois des âmes si belles et si reconnaissantes que je les choisis pour épouses à la place des autres que j’avais appelées et qui m’ont repoussé. Toi, Maria, tu étais une pauvresse, une mendiante affamée, anxieuse, sans vêtements. Après avoir essayé par toi-même de rassasier ta faim, de calmer ton anxiété, de recouvrir tes misères, sans y réussir, tu t’es approchée de ma demeure ayant compris qu’en elle seule il y a paix et réconfort véritable. Et moi, je t’ai accueillie, te mettant à la place d’une autre qui, appelée par moi, a rejeté la grâce[4], et te voyant reconnaissante et pleine de bonne volonté, je t’ai choisie pour épouse. L’épouse ne reste pas dans la salle de banquet. Elle pénètre dans la chambre de l’époux et en découvre les secrets. Mais malheur à toi si la bonne volonté et la reconnaissance s’assoupissaient en toi. Tu dois continuer à travailler pour me plaire toujours davantage. Travailler pour toi, pour me remercier de t’avoir appelée; travailler pour l’autre âme, qui a repoussé les noces mystiques, pour qu’elle se convertisse et revienne à moi. Qui c’est, tu le sauras un jour. Maintenant, nourris-toi à ma table, habille-toi de mes vêtements, réchauffe-toi à mon feu, repose-toi sur mon cœur, console-moi des défections des élus, aime-moi par reconnaissance, aime-moi pour réparer, aime-moi pour obtenir, aime-moi pour augmenter tes mérites. Je donne la robe nuptiale à celle que j’aime d’un amour de prédilection. Mais la bien-aimée doit, par une vie d’une perfection angélique, l’orner toujours plus. Tu ne dois jamais dire ’C’est assez’. Ton Époux et Roi est un tel Seigneur que la robe nuptiale de la mariée doit être garnie de pierres précieuses afin d’être digne d’habiller l’élue appelée à s’asseoir dans le palais de son Seigneur". Jésus dit encore “Cette fois, je me montre à toi sous un autre aspect. L’Eucharistie est Chair, mais elle est Sang aussi. Me voici sous l’aspect du Sang. Regarde comme il exsude et ruisselle sur mon visage défiguré, comme il coule le long de mon cou, sur ma poitrine, sur ma tunique, dou­blement rouge car trempée de mon Sang. Regarde comme il mouille mes mains liées et descend jusqu’aux pieds, au sol. Je suis vraiment celui qui presse le raisin dont parle le prophète, mais c’est moi que mon amour a pressé. Bien peu nombreux sont ceux qui savent évaluer le prix infini de ce Sang, que j’ai prodigué jusqu’à la dernière goutte pour l’Humanité, et jouir de ses très puissants mérites. Je demande maintenant à celui qui sait le regarder et comprendre d’imiter Véronique et d’essuyer avec son amour le visage ensanglanté de son Dieu. Je demande maintenant à celui qui m’aime de panser avec son amour les blessures que les humains ne cessent de me faire. Je demande maintenant surtout de ne pas laisser ce Sang se perdre, de le recueillir avec une attention infinie, jusqu’à la plus petite gout­te, et de le répandre sur ceux qui ne se soucient pas de mon sang. Au cours du mois qui s’achève, je t’ai beaucoup parlé de mon Cœur et de mon Corps dans le Sacrement. Maintenant, pendant le mois de mon Sang, je te ferai prier à mon Sang. Dis donc ceci "Très Saint Sang qui jaillis pour nous des veines du Dieu fait homme, descends comme une rosée rédemptrice sur la Terre contaminée et sur les âmes que le péché rend semblables à des lépreux. Voilà je t’accueille, Sang de mon Jésus, et je te répands sur l’Église, sur le monde, sur les pécheurs, sur le Purgatoire. Aide, réconforte, purifie, allume, pénètre et féconde, Oh ! Très divin Suc de Vie. Et que l’indifférence et le péché ne t’empêchent pas de couler. Au contraire, pour le petit nombre de ceux qui t’aiment, pour le nombre infini de ceux qui meurent sans toi, accélère et répands sur tous cette très divine pluie afin qu’on vienne à toi confiant en la vie, que par toi on soit pardonné dans la mort, qu’avec toi on entre dans la gloire de ton Royaume. Ainsi soit-il". Ça suffit maintenant. À ta soif spirituelle je tends mes veines ouvertes. Bois à cette source. Tu connaîtras le Paradis et la saveur de ton Dieu, saveur qui ne te manquera jamais si tu sais toujours venir à moi les lèvres et l’âme purifiées par l’amour.” Mon Jésus avait commencé à parler à quatre heures du matin, dans les pauses de mon demi-sommeil. La parole descendait comme une goutte de lumière dans les réveils et s’abîmait dans les retours du sommeil parce que je suis si fatiguée, si épuisée... C’était comme si Jésus était penché sur mon lit et me disait un mot de temps en temps. Même quand vint l’heure de m’asseoir et de bouger, secouant le sommeil, ces mots qui avaient été répétés maintes fois, comme le refrain d’une berceuse spirituelle, brillèrent vivement dans mon esprit. Ce sont les deux premières phrases du premier passage du 28 “Soyez parfaits... Vivez en anges”. Derrière elles se déroulèrent les autres phrases. Il restait bien peu à dire quand vous[5] êtes arrivé avec la Sainte Communion. Et tout était fini peu après. L’autre passage, comme vous pouvez facilement comprendre, est une vue intérieure est-ce que ça se dit ? de mon Jésus blessé et ruisselant de sang. Ce n’est pas le beau Jésus des autres fois, vêtu de blanc, ordonné, majestueux, ni l’Enfant resplendissant de la dernière fois, qui souriait du sein de sa un Jésus triste, très triste, dont les larmes se mêlent au sang, un Jésus contusionné, dépeigné, sale, la tunique déchirée, les mains liées et la couronne bien enfoncée sur la tête. Je vois distinctement la couronne de grosses épines, pas longues mais serrées, qui pénètrent dans les chairs et les écorchent. Chaque cheveu a sa goutte de sang et le sang ruisselle du front sur les yeux, le long du nez, descend le long de la barbe et du cou, sur la tunique, tombe goutte à goutte sur les mains et semble plus rouge tant elles sont pâles, mouille la terre après avoir mouillé les pieds. Mais le plus triste à voir est le regard... Il demande pitié et amour, et trahit sous une mansuétude résignée, une douleur aussi [6], si j’en étais capable, je voudrais pouvoir le dessiner pour vous et pour moi. Parce que, à bien y penser, je ne connais aucun tableau de Jésus et de Marie qui ressemble à ce que je vois. Ni dans les traits, ni dans l’expression. Celle-ci en particulier fait défaut dans les tableaux des maîtres. Mais, devenir peintre, moi... Rien n’est impossible à Dieu, c’est vrai, mais c’est en demander un peu trop !... Et je crois que le bon Dieu n’en fera rien, aussi pour que je n’éprouve pas de complaisance...[1] Cf. Matthieu 5, 48.[2] Matthieu 22, 1-14 – Cf. EMV Luc 14, 16-24. Cf. EMV Voir aussi EMV On ignore de qui il s'agit, mais on peut supposer qu'il s'agit d'une contemporaine. Les mystiques voyantes, telles Anne-Catherine Emmerich XIXe siècle ou Marie d'Agréda XVIIe siècle ont eu, elles aussi, leur martyre accepté. C'est la malignité des hommes parfois partant d'une bonne intention comme pour Clemens Brentano qui a perverti la transcription de leurs visions partage de la Parole de DieuLe 29 juin Jésus dit "Aujourd’hui aussi, je vais te parler en me référant à l’Évangile. Je vais illustrer une phrase pour toi, une seule, mais qui a des significations très vastes. Vous la considérez toujours d’un seul point de vue; vos limitations humaines ne vous permettent pas davantage. Mais mon Évangile est une œuvre spirituelle et, par conséquent, sa signification ne reste pas circonscrite au point matériel dont il parle, mais se propage comme un son en cercles concentriques, toujours plus vastes, embrassant beaucoup de significations. J’ai dit au jeune homme riche "Va, vends ce que tu possèdes et Suis-moi.[1]" Vous avez cru que je vous donnais le conseil évangélique de la pauvreté. Oui, mais pas de la pauvreté comme vous l’entendez; pas uniquement celle-là. L’argent, les terres, les palais, les bijoux sont des choses que vous aimez et c’est pour vous un sacrifice que d’y renoncer et une souffrance que de les perdre. Mais par vocation d’amour, vous êtes quand même capables de vous en dépouiller. Combien de femmes n’ont-elles pas tout vendu pour garder leur mari ou leur amant — ce qui est pire — et poursuivre dans leur vocation d’amour humain ? D’autres jettent leur vie pour une idée. Des soldats, des scientifiques, des politiciens, des promoteurs de nouvelles doctrines sociales, plus ou moins justes, s’immolent tous les jours pour leur idéal, vendant leur vie, donnant leur vie pour la beauté, ou ce qu’ils jugent être la beauté, d’une idée. Ils s’appauvrissent de la richesse de leur vie pour leur idée. Parmi mes disciples aussi, beaucoup ont su et savent renoncer à la richesse de leur vie, me l’offrant par amour pour moi et pour leur prochain. Renonciation beaucoup plus grande que celle des richesses matérielles. Mais ma phrase a un autre sens encore, tout comme il y a une richesse plus grande que l’or et la vie et infiniment plus chère. La richesse intellectuelle. Sa propre pensée ! Comme on y tient ! Il existe, il est vrai, les écrivains qui la prodiguent aux foules. Mais ils le font pour un gain, et d’ailleurs ils ne révèlent jamais leur vraie pensée. Ils disent ce qui est utile à leur thèse, mais ils gardent leurs lumières intimes sous clé dans l’écrin de leur esprit. Car souvent ce sont des pensées douloureuses au sujet de peines personnelles ou des reproches de leur conscience éveillée par la voix de Dieu. Eh bien ! En vérité je te dis que cette richesse étant plus grande et plus pure — car c’est une richesse intellectuelle et donc immatérielle —, le fait d’y renoncer possède une valeur différente à mes yeux. Lorsqu’elle s’allume en vous, elle provient du centre du Ciel où je suis, moi, Un Dieu en Trois Personnes. Il est donc injuste que vous disiez Cette pensée est à moi’. Je suis le Père et le Dieu de tous. Par conséquent, les richesses d’un de mes enfants, que je confère à un de mes enfants, doivent apporter du plaisir à tous et non à l’un d’entre eux ex­clusivement. Il reste à celui qui les a reçues, qui a mérité d’en être, pour ainsi dire, le dépositaire, la joie de l’être. Mais le don doit circuler entre tous. Car je parle à un pour tous. Lorsque quelqu’un trouve un trésor, s’il est honnête, il se hâte de le remettre à qui de droit et ne le garde pas coupablement pour soi. Celui qui trouve le Trésor, ma Voix, doit la remettre à ses frères et sœurs. C’est le trésor de tous. Je n’aime pas les avares. Même les avares en piété. Il y en a beaucoup qui prient pour eux-mêmes, utilisent les indulgences pour eux-mêmes, se nourrissent de moi pour eux-mêmes. Jamais une pensée pour les autres. C’est leur âme qui leur tient à cœur. Je ne les aime pas. Ils ne seront pas damnés parce qu’ils restent dans ma grâce, mais ils auront seulement ce minimum de grâce qui les sauvera de l’Enfer. Quant au reste, qui leur obtiendra le Paradis, ils devront le gagner par des siècles de Purgatoire. L’avare, matériel et spirituel, est un gourmand, un glouton et un égoïste. Il se gave, mais il n’en tire aucun avantage. Au contraire, cela provoque en lui les maladies de l’esprit. Il devient incapable de cette agilité spirituelle qui vous permet de percevoir les inspirations divines, de vous régler sur elles et d’atteindre sûrement le Ciel. Tu vois combien de sens peut avoir une de mes paroles évangéliques ? Et elle en a d’autres encore. Et maintenant, ma petite qui es jalouse de mes secrets, règle ta conduite. Ne transforme pas les richesses que je te donne en richesses injustes. En ce qui concerne ce que je t’ai dit hier, ne pense pas que celle pour qui tu fais réparation soit une âme consacrée dont la vocation vacille. Non. C’est une créature faible que j’avais élue, mais qui écouta les voix des créatures plus que la mienne et qui, pour de mesquines considérations humaines, perdit le trône dans la maison de l’Époux. Maintenant, elle en souffre. Mais elle n’a pas la force de faire réparation. Je lui ouvrirais encore mes bras. Prie pour qu’elle vienne à la porte de la salle des noces mystique et qu’elle sache y entrer avec une âme nouvelle. Même une larme offerte à cette fin a son poids et sa valeur. Aide ton Jésus, Maria, et il t’aidera toujours plus."[1] Cf. Matthieu 19, 21Source et pardon, mains liées du des affections humainesLe 30 juin Jésus dit "Sais-tu ce que signifient mes mains liées, sais-tu qui me les lie ? Sais-tu pourquoi il y a tant de douleur dans mon regard, tant de fatigue sur mon visage ? Sais-tu ce que je demande à ceux qui savent me regarder ? Mes mains sont liées par Satan par l’entremise des pécheurs. Tu n’as pas mal compris. Je répète elles sont liées par Satan par l’entremise des pécheurs. Tu diras ’Mais, Seigneur, comment est-ce possible si tu es Dieu ?’ Je suis le Dieu de la miséricorde et du pardon, je suis le Dieu puissant, le Père des grâces. Mais le péché paralyse ma puissance de grâces, ma miséricorde, mon pardon. Car, si je suis Miséricorde, Grâce et Pardon, je suis aussi Justice. Je donne donc à chacun ce qu’il mérite. Et si tu réfléchis avec justice, tu dois avouer que je donne toujours plus de grâces que vous ne méritez. Si vous faisiez les offenses que vous me faites à une autorité terrestre, même à un simple huissier municipal, vous seriez punis par la prison. Si en plus il s’agissait d’une autorité plus grande, vous seriez punis même par la perte de votre vie. Et ces autorités ne sont que de pauvres humains comme vous, qui ne restent des autorités qu’aussi longtemps que je permets qu’ils le soient pour votre mérite, pour leur épreuve et presque toujours pour leur punition. Votre mérite obéir et patienter [1]. Leur épreuve ne pas abuser du pouvoir, ne pas s’en enorgueillir, se prenant pour des demi-dieux, ou des dieux, lorsqu’ils voient les foules réagir à leur signe et prêtes à crier Hosanna’. Il n’y a qu’un seul Dieu, et c’est Dieu. Leur punition car il est encore plus difficile qu’une autorité reste honnête, dans les mille formes de l’honnêteté, qu’un riche ne soit sauvé. Par conséquent, leur gloire humaine est la seule gloire qu’ils aient. Bien peu d’autorités atteignent la gloire éternelle. Les fautes incessantes, toujours plus perfides, que les hommes commettent, à l’instigation de mon Ennemi, lient ma miséricorde ma grâce, mon pardon. Voilà ce que signifient mes mains liées. Et qui sont ceux qui les lient avec la corde du mal ? Satan et ses enfants. Et mes mains voudraient être libres pour pardonner, panser, consoler, bénir. Oh ! Vous qui m’aimez, détachez avec votre amour les liens de mes mains ! Réparez, réparez, Oh ! mes bien-aimés, amis et enfants très chers, l’outrage fait aux mains de votre Dieu, Père et Rédempteur. L’amour est une flamme qui consume les chaînes et brûle les liens, rendant la liberté à mes mains attachées. Ayez pitié, vous qui m'aimez, de ma souffrance, et pitié de vos frères et sœurs lépreux que seules mes mains peuvent guérir. Mon regard est plein de douleur pour tous les outrages qui me sont faits dans le Sacrement et dans ma Loi. Loi piétinée, Sacrement profané. As-tu lu ? As-tu entendu ? As-tu remarqué ? L’autel du Sacrement est toujours frappé. N’y vois-tu pas le signe de Satan ? Et pense à ceci pour ta joie. Si dans les décombres on peut trouver intacte la Pyxide [2] qui me contient et la recueillir avec les honneurs qui lui sont dus, c’est qu’un cœur, ou plusieurs, loin du lieu frappé, mais en adoration de moi-Eucharistie, ont fait dévier par leurs prières [3] le coup dirigé par Satan. Ces Hosties que vous sauvez, âmes humbles et aimantes qui priez pour mon sacrement, vous apportent les mêmes fruits qu’une Communion d’amour. La fatigue se lit sur mon visage parce que je constate toujours plus à quel point je suis mort en vain pour tant d’humains, parce que je me rends compte toujours plus que rien — pas les mots, pas les miracles, pas les châtiments, pas les grâces — ne sert à faire penser que je suis Dieu et que le bien et la paix ne sont qu’en Dieu. Lorsque quelqu’un est las et affligé, ceux qui l’aiment lui donnent de l’affection pour le consoler, du repos pour le soulager. C’est ce que je te de­mande, à toi et à ceux qui m’aiment. Je suis banni des églises et des cœurs. Quand le Fils de l’Homme était pèlerin sur la terre, il n’avait pas une pierre à lui où poser la tête [4]. Et maintenant que les cœurs des humains sont de pierre, est-ce que j’ai où poser la tête ? Non. Seulement quelque rare, très rare cœur fidèle. Les autres sont hostiles à leur Ami et Rédempteur. Ouvrez-moi donc votre cœur, vous qui m’aimez. Donnez refuge à votre Dieu qui pleure de douleur sur l’humanité coupable, réconfortez celui qui se donne lui-même en éternel sacrifice [5] et qui n’est pas compris. Moi, Jésus, je viendrai avec toutes mes grâces et je ferai du cœur fidèle un petit paradis." Jésus dit encore "Parmi les richesses’ dont il faut se dépouiller pour me suivre et dont je t’ai fait la liste [6] il y en a une autre encore. C’est celle qui est le plus liée à l’esprit et qu’il fait plus mal d’arracher que de s’arracher la chair. Ce sont les affections, cette richesse vivante. Et pourtant, par amour pour moi, il faut savoir se dépouiller de cela aussi. Je ne condamne pas les affections. Au contraire, je les ai bénies et sanctifiées par la Loi et les Sacrements. Mais vous êtes sur terre pour conquérir le Ciel. Le Ciel est votre vraie demeure. Ce que j’ai créé pour vous ici-bas doit être regardé à travers la lentille de là-haut. Ce que je vous ai donné doit être accepté avec reconnaissance, mais promptement remis à ma demande. Je ne détruis pas votre richesse affective. Je la prends de la terre pour la transplanter au Ciel [7]. Là seront reconstruits pour l’éternité les saints liens de famille, les amitiés pures, toutes ces formes d’affection honnête et bénie que moi, Fils de Dieu fait homme, j’ai voulues pour moi-même et que je sais être très chères. Mais si elles sont chères, très chères, elles ne sont pas plus chères que Dieu et que la vie qui, devant une affection qui se brise, ne savent pas prononcer la plus belle parole des enfants de Dieu [8], mais se révoltent, ne font pas preuve de vraie foi dans le doux Père qui est aux Cieux. Et ils ne réfléchissent pas au fait que, si je leur donne cette douleur, c’est sûrement pour leur éviter des souffrances plus grandes et leur procurer un plus grand mérite ! Toi aussi, tu n’as pas su dire ’Qu’il en soit comme tu le veux !’. Il a fallu que des années passent avant que tu ne dises ’Merci, Père, pour cette douleur’. Crois-tu que ton Jésus te l’aurait donnée si ça n’avait pas été un bien ? Réfléchis maintenant et comprends. Mais combien de temps tu as pris pour le faire ! Je t’appelais, j’essayais de te faire entendre raison. Mais tu n’entendais pas ton Dieu. C’était l’heure des ténèbres pour l’esprit et pour l’âme. Ne me demande pas Pourquoi l’as-tu permise ?’. Si je l’ai permise, ce n’est pas sans raison. Je t’en parle ce soir où tu souffres davantage. Je suis avec toi justement parce que tu souffres. Je te tiens compagnie. Moi, j’ai dû surmonter ma douleur tout seul, alors que toi, tu m’as toujours eu à tes côtés, même quand tu ne me voyais pas parce que l’Esprit du mal te dérangeait au point de t’empêcher de voir et d’entendre ton Jésus. Or, si je te disais que l’adhésion d’un fils à la mort de son père abrège le Purgatoire pour lui, que le pardon d’un fils pour les fautes plus ou moins vraies du père est un soulagement pour son âme, tu y croirais. Mais dans ce temps-là, tu ne te résignais pas et tu gaspillais le bien que tu faisais. Renoncer à la richesse d’une affection afin de suivre ma volonté sans regrets humains constitue la perfection de la renonciation conseillée au jeune homme de l’Évangile [9]. Souviens-toi de cela pour le reste de ta vie. Un père tel que je suis ne donne jamais quelque chose de nocif à ses enfants. Même si l’apparence est celle d’une pierre pour celui qui demande un baiser, cette pierre est de l’or pur et éternel. Il revient à l’âme de le reconnaître et de le maintenir tel, en prononçant la parole qui m’attira des Cieux au sein de Marie [10] et qui me mit sur la croix [11] pour racheter le monde fiat. [12] "[1] À propos de l'obéissance et de la patience, Dieu le Père disait à Sainte Catherine de Sienne "Le signe qui prouve qu'on possède la vertu de l'obéissance, c'est la patience…Nul ne peut entrer dans la vie éternelle que par l'obéissance. C'est la clef de l'obéissance qui a ouvert la porte du paradis, fermée par la désobéissance d'Adam." Le dialogue de Sainte Catherine de Sienne Traité de l'obéissance, Où se trouve l’obéissance, ce qu’elle est, ce qui la fait perdre, et ce qui prouve qu’on la possède. Voir aussi la dictée du 29 août 1943 qui parle de la valeur méritoire de l’obéissance à Dieu.[2] Vase où l'on conserve l'Eucharistie.[3] Voir la prière de réparation pour les hosties profanées apprise par Jésus à Maria Valtorta dans la dictée du 4 juin.[4] "Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête." Cf. Matthieu 8, 20[5] Cette notion d'éternité du sacrifice du Christ fera l'objet de la dictée du 28 août 1943.[6] Dans la dictée du 29 juin.[7] Le 30 juin est le jour anniversaire de la mort de Giuseppe Valtorta, le père très-aimé de Maria, mort en 1935. Les paroles qui suivent sont aussi adressées pour la consolation de Maria Valtorta.[8] La plus belle parole des enfants de Dieu est celle que la Vierge Marie à prononcer lors de l'annonciation pour accepter l'incarnation du Verbe et que Jésus lui-même à prononcer au jardin de Gethsémani pour accepter sa passion et sauver le monde "FIAT". Plus de détails sur le mot Fiat dans la note[11][9] Cf. Matthieu 19, 21. Voir aussi Philippe de Canata.[10] Paroles prononcées par la Vierge Marie lors de l'annonciation pour accepter l'incarnation du Verbe. Luc 1, 38[11] Paroles prononcées par Jésus lors de son agonie au jardin des Oliviers. Matthieu 26, 39-44[12] À propos du mot Fiat, Jésus disait à Luisa Piccarreta "Tu dois savoir pourquoi, à la création, la Sagesse Divine voulut prononcer le Fiat. Elle aurait pu créer toutes choses sans prononcer un seul mot, mais, comme elle voulait que sa Volonté plane au-dessus de toutes choses, que toutes choses reçoivent sa vertu et ses biens, elle prononça le Fiat. En le prononçant, elle communiqua à la Création les prodiges de sa volonté afin que toutes choses puissent avoir sa volonté comme vie, comme régime, comme exemple et comme éducatrice. Grande, ma fille, fut la première parole de votre Dieu qui résonna dans la voûte des cieux ce fut le Fiat. Il n'a rien dit d'autre. Cela signifie que tout était dans ce Fiat. Par lui, j'ai créé toutes choses, j'ai tout constitué, j'ai tout ordonné, j'ai tout inclus, j'ai consigné tous mes biens pour le bénéfice de tous ceux qui n'iraient pas hors de mon éternel Fiat. Quand après avoir créé toutes choses, je voulus créer l'homme, je rien fait d'autre que de répéter mon Fiat. Et comme si je voulais le pétrir avec ma propre Volonté, j'ajoutai "Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance. Par la vertu de notre Volonté, il gardera notre ressemblance entière en son intérieur et il préservera notre image belle et intacte. Comme si elle était incapable de dire autre chose que le mot Fiat, la Sagesse Incréée répéta ce mot si nécessaire et sublime pour tous. Et ce mot Fiat plane encore au-dessus de toute la création comme le préservateur de mes œuvres et dans l'acte de descendre sur la terre pour investir l'homme, l'enclore de nouveau en lui, afin qu'il puisse retourne là d'où il vient issu de ma Volonté, qu'il puisse revenir dans ma Volonté. C'est ma Volonté que toutes les choses créées me reviennent par le même chemin que celui emprunté pour les créer, de telle sorte qu'elles me reviennent toutes belles et comme portées en triomphe par ma Volonté. Tout ce que je t'ai dit concernant ma Volonté avait pour but ceci que ma Volonté soit connue et en vienne à régner sur la terre. Je vais tout faire pour obtenir cela, mais tout doit me revenir par l'entremise de ce mot Fiat. Dieu a dit Fiat et l'homme doit dire fiat; dans toutes ces choses, il n'aura rien d'autre que l'écho de mon Fiat, la marque de mon Fiat, les effets de mon Fiat, ce qui me permettra de lui donner les biens que contient ma Volonté. C'est ainsi que j'atteindrai totalement les objectifs de la Création. Et c'est pourquoi j'ai entrepris de faire connaître les effets, la valeur, les biens et les choses sublimes de ma Volonté, et comment l'âme, empruntant le même chemin que mon Fiat, deviendra si sublime, divinisée, sanctifiée, enrichie, que le Ciel et la terre seront étonnés à la vue des prodiges accomplis en elle par mon Fiat. En fait, par la vertu de ma Volonté, de nouvelles grâces jamais données auparavant, une lumière plus brillante, des prodiges inouïs jamais vus auparavant sortiront de moi." Le Livre du Ciel, Tome 16, 24 mai 1924Source de la tentationLe mystère de la Trinité divineLe 1er juillet Jésus dit “Il ne faut pas s’étonner qu’une âme subisse des tentations. Même que la tentation est d’autant plus violente que l’âme est plus avancée dans ma voie. Satan est envieux et rusé. Il déploie donc son intelligence là où il faut plus d’effort pour arracher une âme au Ciel. Il n’est pas nécessaire de tenter un homme du monde qui vit pour la chair. Satan sait qu’il travaille déjà par lui-même à tuer son âme et il le laisse faire. Mais une âme qui veut appartenir à Dieu attire toute sa rancœur. Mais les âmes ne doivent point trembler, ni se laisser abattre. Etre tenté n’est pas un mal. C’est un mal que de céder à la tentation. Il y a les grandes tentations. Devant elles, les âmes droites se mettent tout de suite sur la défensive. Mais il y a les petites tentations qui peuvent vous faire tomber sans que vous vous en rendiez compte. Ce sont les armes raffinées de l’Ennemi. Il les utilise quand il voit que l’âme est circonspecte et sur ses gardes pour les grandes. Alors il met de côté les grands moyens et il a recours à ceux-ci, si subtils qu’ils entrent en vous de n’importe quel côté. Pourquoi est-ce que je le permets ? Où serait le mérite s’il n’y avait pas de lutte ? Pourriez-vous vous dire miens si vous ne buviez pas à mon calice ? Que croyez-vous ? Que mon calice n’ait été que celui de la douleur ? Non, créatures qui m’aimez. Le Christ — il vous le dit pour vous donner du courage — a subi la tentation avant vous. Pensez-vous qu’il n’y ait eu que celle dans le désert ? Non. Cette fois-là, Satan fut vaincu avec les grands moyens qui furent opposés à ses grandes tentatives. Mais je vous dis en vérité que moi, le Christ, je fus tenté d’autres fois. L’Évangile ne le dit pas. Mais comme écrit le bien-aimé ’S’il fallait raconter tous les miracles faits par Jésus, la Terre ne suffirait pas à contenir tous les livres qu’on écrirait’. Réfléchissez, mes chers disciples. Combien de fois Satan n’a-t-il pas tenté le Fils de l’homme pour le persuader de désister de son évangélisation ? Que savez-vous de l’épuisement de la chair, fatiguée d’errer, d’évangéliser sans cesse, et des lassitudes de l’âme qui se savait entourée d’ennemis et de gens qui le suivaient par curiosité ou dans l’espoir d’en tirer quelque avantage humain ? Combien de fois, dans les moments de solitude, le tentateur me circonvenait par l’accablement ! Et pendant la nuit de Gethsémani, n’avez-vous pas pensé avec quel raffinement il a cherché à remporter la dernière victoire dans le combat entre le sauveur du genre humain et l’enfer ? Il n’est pas donné à l’esprit humain de pénétrer et de connaître le secret de cette lutte entre le divin et le démoniaque. Moi qui l’ai vécue, je suis seul à la connaître et je vous dis donc que je suis là où quelqu’un souffre pour le bien. Je suis là où se trouve un de mes continuateurs. Je suis là où vit un petit Christ. Je suis là où se consomme le sacrifice. Et je vous dis, âmes qui expiez pour tous, je vous dis ne craignez point. Je suis avec vous jusqu’à la fin. Moi, le Christ, j’ai vaincu le monde, la mort et le démon au prix de mon Sang. Mais à vous, victimes, je donne mon Sang contre le poison de Lucifer.” Jésus dit “Il n’est pas accordé à vos capacités intellectuelles très limitées, à votre spiritualité embryonnaire, de connaître le mystère de la nature de Dieu. Mais ce mystère se fait plus connaissable aux âmes spirituelles, dans la masse des âmes soi-disant spirituelles. À ceux qui aiment le Fils, à ceux qui sont vraiment marqués par mon Sang, le mystère se révèle avec une plus grande clarté, car mon Sang est Savoir et ma prédilection est [1] est un grand jour de fête au Ciel car le Ciel tout entier chante aujourd’hui le sanctus à l’Agneau dont le Sang fut versé pour la Rédemption de l’humanité. Tu es parmi les quelques créatures, trop peu nombreuses, qui vénèrent mon Sang comme il mérite d’être vénéré. Mais à ceux qui le vénèrent depuis qu’il a été versé, ce Sang parle avec des mots de vie éternelle et de science suprasensible. Si mon Sang était plus aimé et vénéré, plus invoqué et cru, beaucoup du mal qui vous amène à l’abîme serait Sang parla lorsqu’il n’était pas encore représenté par l’agneau mosaïque, sous le voile des paroles prophétiques dans le signe du tau préservateur; il parla, après avoir été répandu, par la bouche des apôtres; son pouvoir crie dans l’Apocalypse; il invite par ses appels dans la bouche des mystiques. Mais il n’est pas aimé. On ne se souvient pas de lui. On ne l’invoque pas. On ne le vénère pas. Mon Église compte beaucoup de fêtes, mais il manque une fête très solennelle pour mon Sang. Et le salut est dans mon Sang ! Aujourd’hui, fête de mon Sang, je vais éclairer un mystère pour toi. Dis Gloire au Père, au Fils, à l’Esprit Saint’, car c’est de Nous que je veux te parler. Il a fallu à votre lourdeur humaine des images pour penser au Père et à l’Esprit, des êtres incorporels d’une infinie beauté, mais que vous ne pouvez concevoir avec vos sens humains. A un tel point que vous vous adressez difficilement à Eux, dans toute la plénitude de la pensée, pour les invoquer comme vous m’invoquez moi, que vous concevez comme l’Homme-Dieu. Vous n’avez donc pas la moindre idée de l’incomparable mystère de notre Trinité. Pour penser à Dieu, il ne faut pas faire de comparaisons avec des êtres créés. Dieu ne se compare pas. Il est. Dans l’être il y a tout. Mais l’être n’a pas de corps, et l’Être éternel n’a pas de corps. Regarde Dieu est lumière. Voilà la seule chose qui peut encore représenter Dieu sans être en opposition avec son Essence spirituelle. La lumière est, et pourtant elle est immatérielle. Tu la vois mais tu ne peux la toucher. Elle est. Notre Trinité est lumière. Une lumière illimitée. Source à elle-même, vivant d’elle-même, opérant en n’est pas aussi grand qu’Elle est infinie. Son essence remplit les Cieux, glisse sur la création, domine les antres infernaux. Elle n’y pénètre pas — ce serait la fin de l’Enfer — mais les écrase de son rutilement béatifique au Ciel, consolateur sur la Terre, terrifiant en Enfer. Tout est triple en Nous. Les formes, les effets, les pouvoirs. Dieu est lumière. Le Père donne une lumière immense, majestueuse et paisible. Un cercle infini qui embrasse toute la création, de l’instant où il fut dit ’Que la lumière soit’, jusqu’aux siècles des siècles, puisque Dieu, qui existait de toute éternité, embrasse la création, depuis qu’elle est, et il continuera à embrasser ce qui, dans sa forme ultime, l’éternelle, après le jugement, restera de la création. Il embrassera ceux qui sont éternels avec lui dans le Ciel. À l’intérieur du cercle éternel du Père, il y a un deuxième cercle, engendré par le Père, qui opère différemment, mais non de façon contraire, car l’Essence est une. C’est le Fils. Sa lumière, plus vibrante, ne donne pas seulement la vie aux corps, mais donne la vie aux âmes, vie qu’elles avaient perdue, à travers son Sacrifice. C’est une inondation de rayons puissants et suaves qui nourrissent votre humanité et instruisent votre l’intérieur du deuxième cercle, produit par les deux opérations des premiers cercles, il y a un troisième cercle à la lumière encore plus vive et plus vibrante. C’est l’Esprit Saint. C’est l’Amour que Produisent les rapports du Père avec le Fils, intermédiaire entre les Deux et conséquence des Deux, merveille des merveilles. La Pensée créa la Parole, et la Pensée et la Parole s’aiment. L’Amour est le Paraclet. Il opère sur votre esprit, sur votre âme, sur votre chair, puisqu’il consacre tout le temple, créé par le Père et racheté par le Fils, de votre personne, créée à l’image et à la ressemblance du Dieu Unique en Trois Personnes. L’Esprit Saint est le chrême sur la création, par le Père, de votre personne; il est la grâce pour bénéficier du sacrifice du Fils, savoir et lumière pour comprendre la parole de Dieu. Une lumière plus restreinte, non pas parce qu’elle est limitée par rapport aux autres, mais parce qu’elle est l’esprit de l’esprit de Dieu, et par conséquent, dans sa condensation, elle est très puissante comme elle est très puissante dans ses pourquoi je dis ’Quand viendra le Paraclet, il vous instruira’. Même moi, qui suis la pensée du Père devenue parole, je ne peux vous faire comprendre autant que peut le faire l’Esprit Saint en un seul éclair. Si chaque genou doit se plier devant le Fils, chaque esprit doit s'incliner devant le Paraclet, car l’Esprit donne vie à l’esprit. C’est l’Amour qui a créé l’Univers, qui a instruit les premiers serviteurs de Dieu, qui a poussé le Père à donner les commandements, qui a illuminé les prophètes, qui, avec Marie, a conçu le Rédempteur, qui m'a mis sur la croix, qui a soutenu les martyrs, qui a dirigé l’Église, qui opère les prodiges de la grâce. Feu blanc, insoutenable à la vue et à la nature humaine, il concentre en lui-même le Père et le Fils et il est le joyau incompréhensible, qu’on ne peut regarder, de notre éternelle beauté. Immobile dans l’abîme du Ciel, il attire à lui tous les esprits de mon Église triomphante et aspire à lui ceux qui savent vivre de l’esprit dans l’Église militante. Notre Trinité, notre triple et unique nature se fixe dans une unique splendeur en ce point d’où est engendré tout ce qui est, dans un être éternel. Dis Gloire au Père, au Fils, à l’Esprit Saint’.” Il dit encore “Lorsque j’ai parlé des dix justes’ [2], je n’ai pas voulu dire que le lieu où se trouveront dix justes sera sauvé. Mais on peut comprendre sans se tromper que si dix âmes justes et généreuses s’assemblent en prière, à une fin sainte, pour demander pitié pour un lieu, je ne repousserai pas leur prière. N’ai-je pas dit que j’écouterais les prières faites par plusieurs personnes en mon Nom ? Je ne manque pas à mes paroles et à mes promesses. Mais ces personnes qui se réuniraient maintenant pour prier à cette fin, seraient-elles constantes dans la foi, dans le sacrifice, dans la pureté spirituelle et dans la pureté d’intention ? S’il y en a, et si elles sont telles qu’elles devraient être — de vrais prêtres sont prêtres ceux qui prient et s’immolent pour leurs frères et sœurs — je les bénirai et j’accorderai ce qu’on demande en mon Nom.” J’écris ce matin en vous [3] attendant parce qu’hier j’étais trop épuisée pour faire des ajouts. Il est impossible de décrire la chose que j’ai vue. Les mots me manquent. Pendant que Jésus parlait, je voyais, mais je ne peux répéter ce que mon esprit a vu de façon à ce qu’un autre voie aussi. Je pourrais en tracer l’image, même si je suis nulle en dessin. Il suffirait de dessiner trois cercles concentriques avec un point au milieu. Mais ça ne dirait rien. Il manquerait la Lumière, et il manquerait aussi l’intuition des rapports entre les trois cercles et le point qui les concentre. Cela deviendrait un symbole sans vie, alors qu’il est si vivant, opérant, est certain que, même si je vivais encore pendant mille ans, je n’oublierais jamais la beauté de cette vision intellectuelle. Elle sera pour moi aide, réconfort, force, défense, tout, dans toutes les circonstances. C’est un aimant ultra-puissant qui m’attire et me donne une envie indescriptible de le rejoindre. J’ai l’impression de vivre sous le soleil. Le soleil, mais que dis-je ? Le soleil est un astre éteint et froid comparé au Feu divin enchâssé dans la profondeur de l’Empyrée, si lointain et si proche...Oui. J’éprouve la sensation de sa distance démesurée, à travers laquelle glisse tout l’Univers qui baigne et vit dans sa Lumière, et en même temps je sens que tout être, le mien en particulier, par la bonté de Dieu qui m’a permis d’avoir cette joie incomparable, est proche de ce point de vie qu’est Dieu et dans son rayon qui le tient bien recueilli, protégé et en forme, comme une cloche de verre sur une plante très délicate et avec cette comparaison banale, je gâche tout, mais je ne trouve rien de mieux. Bref, je me sens sous l’œil de Dieu. Et c’est une sensation de joie, de chaleur, de force, de paix infinie, indescriptible, réjouissante. C’est une telle béatitude que de vivre ainsi sous l’incompréhensible joyau que mon maître a bien dit ! de la beauté divine, joyau qui réunit en une seule et insoutenable splendeur les Trois Personnes divines pour en faire une Unité de Lumière divine, que toute la souffrance vécue s’annule ainsi que celle que j’aurai à subir...Maintenant je comprends véritablement ce que veut dire Paradis’. Cela veut dire vivre en voyant toujours ce Soleil, Un et Trin. [1] Le 1 juillet, fête du Précieux Sang.[2] Voir la catéchèse du 11 juin 1943, page 68 On a trouvé aucun passage où l'auteure donne des précisions sur la "lacune" des dix justes, laquelle revient plusieurs fois dans le volume et qui est, de toute évidence, une référence biblique, probablement Genèse 18,32 "Abraham reprit "Que mon Seigneur ne s’irrite pas si je parle une dernière fois peut-être là s’en trouvera-t-il dix !" -"Je ne détruirai pas Sodome à cause de ces dix".[3] Le père Migliorini. Source grande douleur de Marie, co-Rédemptrice. La femme courbée de l'EvangileLe 2 juillet10h15 Jésus dit "Écris tout de suite pendant que je suis encore en toi avec mon corps, mon Sang, mon Âme et ma Divinité, ce qui fait que tu as en toi la plénitude de la sagesse. [1] Marie vécut eucharistiquement pendant presque toute sa vie. La Mère n’est pas différente du Fils. Ni dans la nature humaine, ni dans la mission surhumaine de Rédemption. Le Fils, pour toucher au sommet de la douleur dut éprouver la séparation du Père à Gethsémani, sur la croix. Ce fut la douleur portée à des hauteurs et des rigueurs infinies. La Mère, pour toucher au sommet de la douleur dut éprouver la séparation du Fils pendant les trois jours de ma sépulture. Marie fut alors seule. Il ne lui resta que la foi, l’espérance, la charité. Mais moi j’étais absent. L’épée ne fit pas que s’enfoncer au fond de son cœur [2] ; elle le lui transperça, le lui fouilla. Marie n’en mourut point uniquement par la volonté de l’Éternel. Parce que, pour celle qui était Pleine de Grâce, rester privée de l’union avec son Fils et Dieu était une telle douleur que, sans une grâce spéciale, Elle en serait morte. Nombreuses sont les pages secrètes que vous ne connaissez pas sur la vie de la très pure Co-Rédemptrice. Je vous l’ai déjà dit [3] Les secrets de Marie [4] sont trop purs et divins pour que l’esprit humain puisse les connaître’. Je vous en dis juste assez pour augmenter en vous la vénération envers la plus Sainte du Ciel, après Dieu. Cette heure d’immense douleur, dans la mer de douleurs que fut la vie de ma Mère, consacrée à la souffrance suprême et à la joie suprême de sa conception, était nécessaire pour compléter ce qui manquait à ma passion [5]. Marie est Co-Rédemptrice [6]. Par conséquent, tout en elle étant inférieur seulement à Dieu, sa douleur aussi dut être telle qu’aucune douleur humaine ne pourra jamais l’égaler. Maintenant, va prier. En réalité, je te l’avais déjà fait comprendre [7], mais ton imperfection avait tout confondu. Je le répète afin que ce soit clair pour le père [8] et pour toi." Et nous voilà bien servis !... Je vois Jésus mon Maître, de blanc vêtu, à côté de mon lit, là où vous vous mettez pour me confesser. Le même jour, à 14h Jésus dit "Dans mon Évangile, il n’y a pas de passage qui ne contienne pas des références au surnaturel. Aujourd’hui, je te fais réfléchir à l’histoire de la femme courbée depuis dix-huit ans [9]. Les pseudo-surhommes de maintenant nient que le démon puisse être l’auteur d’infirmités physiques. Ils nient beaucoup de choses, les surhommes. Trop. Ils ne se rendent pas compte que les possédés’ d’aujourd’hui, ce sont eux. Ils nient qu’il y ait des infirmités causées par des forces extranaturelles. Mais ils ne savent pas comprendre et guérir certaines infirmités par des forces naturelles. Ils ne le peuvent pas justement parce que certaines infirmités ont leur racine en dehors de la chair et l’accablent sans en être nées. Elles naissent dans ces zones où s’agitent les règnes de l’esprit. Il y a deux règnes de l’esprit l’un, céleste, vient de Dieu; l’autre, malin, vient de Satan. Dieu donne parfois à ses prédestinés des infirmités qui sont un passeport pour le Royaume divin. Encore plus souvent, Satan donne des infirmités qui sont une vengeance contre le serviteur de Dieu ou un impôt sur les pauvres qui ont cédé à ses séductions. Pauvres d’une pauvreté horrible parce qu’elle est la perte de la vraie richesse celle de la grâce qui fait de vous les enfants et héritiers de Dieu. Les remèdes humains sont inutiles en tels cas. Seul le doigt de Dieu efface le décret de misère et souscrit au décret de délivrance. Celui qui est délivré guérit de la possession’ s’il est possédé. Celui qui est délivré entre au Ciel, si son infirmité est de Dieu. Mais outre les infirmités de la chair, il y a les infirmités de l’esprit. Elles sont l’œuvre du Malin. Elles vous courbent, vous font vous débattre et écumer de rage; elles émoussent les sens et la parole, vous portent à des aberrations morales pires que les maladies de la chair; parce qu’elles courbent et émoussent l’ peux les guérir, moi seul. L’âme délivrée de l’influence qui la tenait courbée se redresse et glorifie le Seigneur, comme la femme de l’Évangile. Toi, tu l’éprouves. Ta chair se meurt et tu le sens [10]. Mais comme tu te sens libre et forte puisque ton Maître t’a guérie ! Une maîtrise virile et paisible a envahi ton esprit. Tu as la sensation de chaînes brisées tombées à tes pieds. Maintenant je te dis Suis-moi. Suis-moi avec ton nouvel esprit et ne pèche plus pour que Satan ne puisse pas tendre son piège sur toi. Si tu me suis de près, il ne pourra pas te nuire car celui qui me suit ne pèche pas et, ne péchant pas, il ne s’asservit pas à celui qui veut, faire de vous mes ennemis".[1] Maria Valtorta venait sans doute de recevoir la communion Eucharistie.[2] Cf. la prophétie du vieillard Syméon en Luc 2,34-35 et en EMV Dans la dictée du 19 juin.[4] Saint Louis-Marie Grignon de Montfort a eu la grâce de recevoir la révélation sur un des secrets de la Sainte Vierge Marie qu'il a dévoilé dans son œuvre Le Secret de Marie. L’introduction de l’œuvre explique en quoi il consiste.[5] Saint-Paul apôtre aussi a parlé de ses souffrances dans les mêmes termes dans sa Lettre aux Colossiens. Cf. Colossiens 1, 24[6] Lire également à ce sujet dans la dictée du 15 septembre[7] Dans la dictée du 19 juin.[8] Le père Migliorini.[9] Cf. Luc 13, 11 et EMV 337.[10] Maria Valtorta souffrait de multiples maladies et est restée infirme jusqu'à la fin de sa vie. Voir le résumé de son Autobiographie Elle y écrit entre autres page 295 Pour une âme généreuse aimante, le sacrifice n'est plus un effort et la souffrance n'est plus un tourment… Et même une seule chose préoccupe une âme généreuse elle a peur de ne point souffrir. C'est là que réside le renversement des valeurs. … Une âme généreuse est tout à fait incapable de souffrir de la façon amère dont souffrent ceux qui ne sont pas généreux. La souffrance demeure, parce que cela est inévitable, mais elle ne se présente plus comme un ennemi elle est une amie qui nous aide à monter de plus en plus haut. La seule pensée que cette souffrance nous rend semblables au Christ et fait de nous des continuateurs de son œuvre, nous donne une soif insatiable de souffrances toujours nouvelles et plus profondes… Cela fait des années que je vis de la sorte et que j'ai trouvé la paix de l'âme». Elle écrit par ailleurs page 382 Bénie soit la souffrance qui me rend semblable à toi ! Bénie soit la croix qui m'élève jusqu'au ciel ! Béni soit l'amour qui donne des ailes à ma souffrance ! Béni soit le jour où ton regard m'a accrochée ! Et plus bienheureux encore soit le moment où à toi je me suis consacrée ! »Source deux genres d'infirmitéLa possession divineLe 3 juillet Jésus dit "Je t’ai dit hier qu’il existe des genres d’infirmités qui sortent du commun, c’est-à-dire qu’elles sont voulues par des forces spirituelles [1]. Dieu ou Satan, l’un agissant de l’abîme du Ciel, l’autre de l’abîme de l’Enfer, frappent certaines créatures pour des raisons différentes et à des fins différentes. Mais, étant donné l’origine différente et opposée, l’infirmité qui vient de Dieu porte en elle, les tirant à la source d’une incommensurable Lumière et d’un incommensurable Amour, lumière et amour pour la créature martyre [2] de son Dieu. L’autre, qui provient de l’abîme stagnant où règne Satan, enveloppe de ténèbres et de tourments. J’ai dit créature martyre de son Dieu. Oui. L’âme qui s’est abandonnée à son Dieu, totalement, devient son martyr. Dieu lui-même agit ici en sacrificateur, mais le martyre de la créature abandonnée à l’Amour n’en est pas pour autant moins sanglant, même si le sang n’est pas matériellement versé, que celui de la créature immolée par le bourreau [3]. Parce que, non seulement la chair et le sang, mais l’intellect, l’âme et l’esprit sont torturés dans un martyr heureux dont la fin, après la crucifixion spirituelle — qui stigmatise l’être dans chacune de ses puissances, dans la chair, dans le sang, dans l’intellect, dans l’âme, dans l’esprit, y apposant mon sceau glorieux — sera l’étreinte enflammée avec la Flamme elle-même, avec la Charité brûlante, l’engloutissement dans l’ardente Unité qu’est notre Trinité, la connaissance complète de ce qu’est Dieu, la possession de Dieu et par Dieu pour l’éternité. Oui. Il y a deux formes d’infirmités spirituelles et deux formes de possession spirituelle. En effet, si on dit possédé’ celui qui est saisi, déchiré, écrasé, dominé par Satan, pourquoi n’appellerait-on pas possédé’, à plus juste raison, celui qui est embrassé, soulevé, modelé, dominé par Dieu ? Béatifique, sublime, heureuse possession ! L’âme, en amour, n’a qu’à s’abandonner à l’Amour qui l’entoure, l’embrasse, la pénètre, la transporte, lui confère de nouveaux sens et des connaissances inconnues aux mortels. C’est le plongeon dans le gouffre de Dieu, gouffre de Lumière, de Savoir, de Charité, de toute vertu. C’est un plongeon dans le gouffre de la Paix. L’âme en sort, à ces rares instants où elle en sort — d’autant plus rares que l’âme est plus perdue en Dieu — parfumée de l’Essence de Dieu, et aucun miasme de la Terre et de l’Enfer ne peut agir sur son esprit imprégné de l’arôme divin. L’âme possédée’ de Dieu vient à lui ressembler à un tel point que même la forme extérieure et matérielle de son être subit des modifications. Dieu brille dans son regard, dans son sourire, à travers ses paroles et la nouvelle majesté de son expression, de sorte que celui qui l’effleure se dit il y là quelque chose qui n’est pas de cette terre’. L’âme possédée’ de Dieu est un précieux vase scellé, mais qui exhale l’arôme qui le remplit. Scellé, puisque l’amour consacre et la possession fait de l’esprit la propriété d’Un seul, et il n’y a que ce seul Être qui ouvre et ferme le sceau apposé sur l’esprit qui s’est donné à lui. Exhale, car l’arôme de Dieu est si puissant que, non seulement il remplit l’intérieur du vase, mais il en imbibe la matière ce qui fait que l’effluve spirituel s’en dégage et passe dans la foule, la purifiant de l’odeur de la chair et du sang. Si les êtres savaient ce qu’est la possession’ de Dieu, ils voudraient tous être possédés’.Mais pour le savoir, il faut faire le premier pas, le premier acte de générosité, de renonciation, et puis persévérer dans ce premier acte. Le reste vient, car, tout comme une onde émise par le pole A est attirée par le pole Z qui est plus fort, ainsi l’âme qui s’est placée dans l’orbite de Dieu sera attirée par lui de n’importe quel point de l’orbite où elle se trouve. Car je suis l’Alfa et l’Oméga [4] et j’embrasse tout ce qui est. Seule une volonté humaine contraire, qui se met sous le sceau de la Bête, détourne mon action, parce que je vous ai faits libres et je ne violente pas votre volonté. Si donc votre volonté est de chair et de sang, c’est-à-dire qu’elle est Satan, ma volonté ne peut agir puisque ma volonté est Esprit et elle agit sur votre esprit et l’esprit meurt là où règne la matière. Il faut renaître dans l’esprit pour pouvoir entrer dans l’orbite de Dieu et vaincre la chair [5] et son maître, Mammon. Alors se produit la possession’. Paradis anticipé sur terre, heureuse ascension de l’âme au Ciel dans la mort, plénitude du paradis dans mon Royaume où les miens seront avec moi pour l’éternité, lumière dans la Lumière, paix dans la Paix, joie dans la Joie, gloire dans la Gloire."[1] Voir la dictée du 2 juillet. [2] En grec, le mot martyr signifie témoin de Dieu, plus spécialement jusqu’au sang. Cf. par exemple Apocalypse 12,11 Eux-mêmes l’ont vaincu par le sang de l’Agneau, par la parole dont ils furent les témoins ; détachés de leur propre vie, ils sont allés jusqu’à mourir ».[3] Marie des vallées 1590-1656, dans une de ses visions désignant les âmes victimes des temps futurs, les appelle les martyrs de l’Amour divin "Ce seront de grands martyrs quoique les bourreaux ne les touchent point, mais ils seront martyrs de l’Amour divin. Ce sera le divin Amour qui les martyrisera. Ils seront brûlés dans la fournaise de l’Amour et ils seront plus grands martyrs que quantité d’autres des premiers martyrs qui souffrirent le martyre par l’espérance des couronnes et de la gloire, mais ceux-ci ne regardent point la récompense mais la seule gloire de Dieu" Propos recueillis par Gaston de Renty 1511-1649.[4] Cf. Apocalypse 1, 8.[5] Dans l'épître aux Galates, Saint Paul Apôtre donne une sublime explication sur la vie dans l'Esprit pour pouvoir vaincre les œuvres de la chair. Voir Galates 5, pont entre ciel et terre La pénitence des victimesLa tentation de la fatigue et de la crainteLe 4 juillet Jésus dit “L’Eucharistie est mon Sang et mon Corps. Mais avez-vous déjà songé que ce Sang et ce Corps ont été formés avec le sang et le lait de Marie ?Celle-ci, la très Pure qui accueillit le Ciel dans son sein, habillant de ses chairs de blancheur immaculée le Verbe du Père après les noces divines avec l’Esprit Saint, ne s’est pas limitée à engendrer le Sauveur. Elle l’a nourri de son lait. Il s’ensuit que vous, humains qui vous nourrissez de moi, sucez le lait de Marie qui est devenu sang en lait virginal. Comment donc pouvez-vous rester si souvent esclaves de la chair 51, avec mon Sang, descend en vous ce lait immaculé ? C’est comme si une fontaine de pureté céleste déversait en vous ses flots. N’en êtes-vous pas purifiés ? Comment pouvez-vous être comme cela alors que coule en vous le lait de la Vierge et le Sang du Rédempteur ? Quand vous vous approchez de ma table, c’est comme Si vous approchiez votre bouche du sein très chaste de la enfants qui nous aimez peu. Je suis content que vous suciez ce sein dont j’ai tiré ma nourriture. Mais je voudrais que, comme en des bébés nourris au sein, la vie augmente en vous ; je voudrais que vous grandissiez et vous vous fortifiiez. Le lait de la nourrice transmet, outre la vie matérielle, des tendances morales. Comment pouvez-vous, vous qui êtes nourris à ce sein très pur, ne pas acquérir une ressemblance spirituelle à Marie ? Elle vous serre sur sa poitrine, malades, émaciés, sales que vous êtes. Et elle vous lave, vous nourrit, vous amène à son Premier Né car elle veut que vous l’ ce n’étaient les soins de Marie et de ses prières, la race humaine ne serait plus. Je l’aurais effacée parce que votre façon de vivre a vraiment touché le fond du mal et la justice est blessée, et la patience est à son comble, et la punition est prête. Mais Marie est là qui vous protège de son manteau et si je peux, d’un seul regard, prosterner le Paradis et faire trembler les astres, je ne peux rien contre ma suis son Dieu, mais je reste toujours son Enfant. Sur ce cœur, je me suis reposé dans le premier sommeil du nouveau-né et dans le dernier sommeil de la mort, et de ce cœur je connais tous les secrets. Je sais donc que vous punir causerait une douleur transperçante à la Mère du genre humain, à sa vraie Mère, qui continue d’espérer qu’elle pourra vous conduire à son suis son Dieu, mais elle est ma Mère. Et moi, parfait en tout, je suis votre Maître en ceci aussi l’amour pour la Mère. À ceux qui en ce monde croient encore, je dis "Le salut du monde est en Marie".Si vous compreniez que Dieu se retire dans les profondeurs, face à la marée montante des crimes que vous commettez, vous les déicides, les fratricides, vous les violeurs de la loi, les fornicateurs, les adultères, les voleurs, sentine de vices, vous en trembleriez. Mais vous êtes devenus des c’était moi le pont entre le monde et le Ciel. Mais en vérité, devant votre obstination dans le mal, le Christ se retire comme autrefois de Jérusalem car l’heure n’est pas encore venue’ et en attendant l’heure, le Christ vous laisse à votre mal pour que vous l’ le seul pont qui reste, c’est Marie. Mais si vous la méprisez elle aussi, vous serez écrasés. Je ne permets pas que soit vilipendée Celle en qui descendit l’Esprit Saint pour m’engendrer, moi Fils de Dieu et Sauveur du monde.”Le soirDans l’état où je me trouve, j’ai eu la tentation d’adoucir un peu les mortifications habituelles, que j’ai reprises avec rigueur depuis quelques mois car j’ai senti que Jésus le mon Jésus me répond “Non. Persévère. Le monde est recouvert d’une mer de fautes et il faut des océans de pénitence pour les laver. Si vous étiez nombreux à les expier, je pourrais dire diminue. Mais vous êtes trop peu nombreux et la nécessité trop grande. Pour ce que vous pouvez faire, peu serait réparé. Il y a une énorme disproportion entre le péché et l’expiation. Mais je ne regarde pas combien vous pouvez faire; je regarde et je juge si vous faites tout ce que vous pouvez faire. Tout. Je veux le tout pour réparer l’infini. Le tout de mes imitateurs, âmes aimantes et victimes, pour réparer l’infini des Tu n’en mourras pas pour autant. Au contraire, la Paix et la Lumière entreront toujours plus en toi. Souviens-toi en outre que quand, par prudence humaine, tu as diminué la pénitence, la tentation s’est insinuée en toi et elle t’a fait fléchir. Alors, je l’ai permis; maintenant, non. Et tu peux en comprendre les moi à vaincre Satan dans les cœurs. Il y a certains démons qu’on vainc par la prière et la souffrance, souviens-toi de cela. Pitié, je te demande pitié pour les pécheurs et pour moi. Ce sont tes frères et tes sœurs et ils ne savent pas m’aimer. Ta pénitence doit allumer le feu dans les cœurs éteints. Je suis ton Frère et les pécheurs me flagellent. Si tu me voyais humainement flagellé, toi qui ne peux voir fouetter un animal, ne te lancerais-tu pas à la défense de ton Jésus ?Souviens-toi chaque péché, chaque blasphème, chaque malédiction contre Dieu, chaque perte de foi, chaque trahison est pour moi un coup de fouet. Doublement douloureux parce que je ne suis plus le Jésus inconnu d’il y a vingt siècles, mais bien le Jésus qu’on connaît. Le monde sait ce qu’il fait maintenant et il me frappe quand tu ne t’appartiens plus. Tu es la victime. Par amour et pour être fidèle à ton ministère, ne diminue donc pas ta pénitence. Chaque pénitence est une blessure en moins à ton Dieu, tu la subis pour moi. Chaque pénitence est une lumière qui s’allume en un cœur. Je t’enlèverai moi-même la pénitence quand je jugerai que tu auras assez souffert et je mettrai entre tes mains la palme. Moi seul. Je suis ton à toutes les fois où j’étais fatigué de souffrir et pourtant je souffris, pour toi... Car je t’aimais...”Jésus dit encore “Tu ne dois pas te laisser impressionner par certains moments de fatigue, de crainte; ils sont reliés à la nature humaine autour de laquelle l’Ennemi rôde sans est un dévorateur insatiable et sa faim s’accroît d’autant plus que sa proie est vaste. Et avec la faim s’accroît la rancœur contre le Christ et les chrétiens. Les vrais chrétiens. Il essaie donc tout. Et lorsqu’il ne peut attaquer de front comme un lion furieux, il s’insinue en rampant. C’est le serpent qui cherche à s’enrouler autour de l’âme sans qu’elle s’en rende compte, prêt à la broyer après l’avoir essaie donc de vaincre, à défaut de pouvoir faire autre chose, par la fatigue et la l’arme qu’il essayée avec moi. Il n’a pas réussi, mais sais-tu combien de fois il l’a utilisée ? L’embûche la plus subtile et la plus pressante me fut tendue à Gethsémani. Satan m’a accablé en m’exposant ce que j’avais à souffrir et le petit nombre qui en aurait souffert ce martyre de l’esprit en pensant aux victimes’ des siècles à venir qui l’aurait subi, par l’œuvre de Satan. J’ai souffert en pensant à toi. Mais ne crains rien. Mon martyre d’alors a racheté vos faiblesses, et si vous ne cédez pas à l’Ennemi, votre faiblesse, qui vient de la peur, seulement de la peur, n’a pas de conséquences. Satan peut vous donner un frisson de frayeur. Mais rien de plus, car je suis près de mes amis et imitateurs. La possession absolue survient lorsque l’âme se met sous le joug satanique par le péché. Autrement, ce n’est que vengeance, et elle trouble la surface sans agiter le profond où je une souffrance plus ou moins atroce. Celle que tu as éprouvée aujourd’hui n’a été qu’un léger sifflement et c’est tout. Tu es trop en moi pour que le démon puisse faire autre chose. Autrefois, pendant des années, il t’a beaucoup tourmentée et il ne t’a pas toujours trouvée forte au point de le faire trembler. Mais le passé ne compte pas. Je te dis persévère, le passé est mort. Cette épreuve-là aussi était utile. Tu l’as surmontée. Reste maintenant dans le sillage de Dieu où je t’ai placée et ne crains te le dis ne crains rien. Et je te dis surmonte les fatigues de la chair, les craintes de la chair assiégée par Satan, avec la hardiesse de l’esprit. Si tu souffrais seule, créature mortelle, tu ne pourrais durer. Mais je suis avec toi, mais tu souffres pour cela avec foi et toute hardiesse te sera facile, car l’esprit est plus fort que la matière et il est très fort quand il est uni à son Dieu par un nœud de charité."Je m’explique pour que vous ne pensiez pas qu’il y a eu quelque chose de grave. Non, rien de grave. Dans ma grande souffrance qui m’arrache des cris involontaires, j’avais seulement eu l’idée suscitée sûrement par l’Ennemi, comme dit Jésus, d’adoucir un peu mes mortifications. Peu de chose en réalité, mais je ne peux en faire davantage. Comme vous voyez, la réponse n’a pas tardé. J’irai donc de l’avant, tant que je le pourrai. D’ailleurs, si je considère la valeur que j’ai attachée à ces bagatelles, et qui est déjà ratifiée par le bon Dieu en maintes choses — et]’espère qu’elle le sera pour d’autres aussi—, je suis portée à conclure qu’il vaut vraiment la peine de résister tant que je le pourrai. C’est-à-dire jusqu’au bout...Et puis... Si la chair est lasse de souffrir et demande pitié, l’âme est dans une telle paix et une telle joie !... Je ne peux sortir de ce bonheur surnaturel qui m’est resté de ma vision mentale de la très Sainte Trinité. Je suis sous ce Soleil.., comme une fleur. Et je regarde mon soleil, qui resplendit au milieu des trois cercles sublimes, le Soleil de l’Unité de Dieu, dont la lumière de paix infinie et d’infinie beauté me communique de nouveaux sens. Pour mériter cela, qu’est- ce que la souffrance ? C’est une joie militante, jardin du palais vrais 5 juillet Jésus dit "Mon Église est semblable à un grand jardin qui entoure le palais d’un grand roi. Le roi, pour ses raisons à lui, ne sort pas du palais et il a donc, après avoir semé les fleurs et les plantes les plus belles, délégué un jardinier aux soins de son Église. Le jardinier, à son tour, a beaucoup d’aides qui l’assistent. Dans le jardin, il y a des fleurs et des plantes de toutes les espèces. Pour les rendre fertiles, le roi épandit sur les plates-bandes toutes sortes d’engrais, et autrefois seules les fleurs et les plantes belles et utiles fleurissaient. Au centre du jardin se dresse une fontai­ne à sept bouches qui envoient leurs eaux partout, nourrissant et for­tifiant les plantes et les fleurs. Mais en l’absence du roi, le Malin est entré et a éparpillé à son tour sa semence nocive, de sorte que maintenant le jardin présente un aspect désordonné, pour ne pas dire désolant. Les mauvaises herbes, malsaines, épineuses, vénéneuses se sont propagées là où avant étaient bordures, plates-bandes et magnifiques buissons, et elles les ont étouffés ou appauvris parce qu’elles ont absorbé les humeurs de la terre et empêché le soleil de descendre sur les petites plantes. Le jardiniers et ses aides se donnent beaucoup de peine à sarcler, à extirper, à redresser les petites plantes pliées sous le poids des mauvaises herbes. Mais s’ils travaillent ici, le Malin travaille là, et le jardin continue d’avoir l’air désolé. Des serpents, des crapauds, des limaces profitent du désordre pour nicher, pour ronger, pour baver. Ici et là, quelque plante robuste résiste à tout et pousse haut vers le ciel, quelques plates-bandes aussi, surtout de lys et de roses. Mais les belles bordures de marguerites et de violettes sont presque complètement effacées. Quand le roi viendra, il ne reconnaîtra plus son beau jardin à l’abandon; il arrachera avec colère les mauvaises herbes, écrasera les animaux visqueux, cueillera les fleurs qui seront restées et les apportera dans son palais, effaçant le jardin à jamais. Maintenant, écoute bien l’explication. Le roi est Jésus Christ. Le jardin est son Église militante. Le jardinier est mon Pierre, et ses aides sont les prêtres. Les fleurs et les plantes sont les fidèles consacrés, les baptisés. Les substances fertilisantes sont les vertus et en particulier mon Sang, répandu pour féconder le monde et rendre la terre fertile à la semence de vie éternelle. Les sept bouches de la fontaine sont les sept Sacrements. Les graines nocives sont les vices, les passions, les péchés semés par Satan dans sa haine pour moi. Le désordre vient du fait que les bonnes plantes n’ont pas réagi et se sont laissé étouffer par les mauvaises qui annulent les bienfaits de mon Sang, de mes sacrements, du soleil de la Grâce. Le Jardinier suprême et ses quelques vrais aides n’arrivent pas à mettre le jardin en ordre à cause de la mauvaise volonté des bonnes plantes, de leur paresse spirituelle, et à cause de la mauvaise volonté et de la paresse de nombreux faux jardiniers qui ne se fatiguent pas à leur saint devoir de cultiver, d’aider, de redresser les âmes. Les serpents, les crapauds et les limaces sont les tentations. Si tous les jardiniers étaient diligents et toutes les plantes vigilantes, ils seraient écrasés. Mais les âmes n’appellent pas l’Église à leur secours quand elles se rendent compte que la tentation est plus forte qu’elles, et les membres du clergé n’accourent pas, pas tous, lorsqu’une des pauvres âmes, que j’ai payées de ma douleur et affranchies d’avance, demande de l’aide. Les bonnes plantes qui résistent sont les vrais prêtres, de mon Vicaire, jardinier suprême et arbre suprême qui lève jusqu’au ciel sa cime droite et intrépide, aux simples prêtres qui restent le sel de la terre. Les plates-bandes, surtout celles de lys et de roses, sont les âmes virginales et aimantes. Mais les bordures de petites marguerites, l’innocence, et celles de violettes, la pénitence, présentent un aspect désolant. L’innocence naît et fleurit, mais bientôt, elle n’est plus car la malice, la luxure, le vice, l’imprudence la détruisent. La pénitence est littéralement asséchée par le chiendent de la tiédeur. Seuls quelques plants résistent. Et ils parfument, de leur odeur de purification, un large rayon du jardin, chassant les miasmes du mal. Quand je viendrai, à mon heure terrible, j’arracherai, je piétinerai, je détruirai les herbes maudites et les parasites maudits, j’effacerai le jardin de l’univers, emportant avec moi, à l’intérieur de mon palais royal, les plantes bénies, les fleurs bénies qui ont su résister et fleurir pour ma joie. Et malheur à ceux qui seront arrachés de moi et lancés dans le royaume de Mammon, le mauvais semeur qu’ils auront préféré au semeur divin; et malheur à ceux qui auront préféré la voix des serpents et des crapauds et le baiser des limaces à la voix de mes anges et au baiser de ma grâce. Il aurait mieux valu pour eux qu’ils ne fussent jamais nés ! Mais joie, joie éternelle à ceux qui seront restés mes bons serviteurs fidèles, chastes, pleins d’amour. Et joie encore plus grande à ceux qui auront voulu être doublement mes disciples en choisissant pour leur voie les voies du Calvaire, afin d’accomplir dans leur corps ce qui manque encore à la passion éternelle du Christ [1]. Leurs corps glorifiés resplendiront comme des soleils dans la vie éternelle, car ils se seront nourris du double pain de l’Eucharistie et de la Douleur, et ils auront ajouté leur sang à la grande œuvre de purification que Jésus, le chef, a initiée et que, eux les membres, ont poursuivie pour laver leurs frères et sœurs et rendre gloire à Dieu." Jean 2, 23-25Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme. Plus tard, je dis à Jésus "Je ne comprends pas ce passage de l’Evangile" Jean 2, 23-25, et il m’explique ainsi "L’être humain est l’éternel sauvage et l’éternel enfant. Pour être attiré et séduit, spécialement dans ce qui est bon — sa nature viciée le porte facilement à accepter le mal et difficilement le bien —, il a besoin d’une farandole de prodiges. Le prodige le secoue et l’exalte. C’est un choc qui le pousse aux bords du bien. Aux bords, j’ai bien dit. Je savais que ceux qui croyaient grâce à mes miracles étaient au bord de la voie. Être là ne veut pas dire être dans ma voie. Cela veut dire être des spectateurs curieux ou intéressés, prêts à s’éloigner quand l’utile cesse et un danger menace, et à devenir accusateurs ou ennemis comme avant ils s’étaient montrés admirateurs et amis. L’humain est ambigu tant qu’il n’est pas tout en Dieu. Je vois au fond des cœurs. C’est pourquoi je ne me suis pas fié aux admirateurs d’une heure, aux croyants d’un instant. Ils n’auraient pas été les vrais confesseurs, mes vrais témoins. Ni avais-je besoin de témoins. Mes œuvres témoignaient de moi, et le Père en témoignait, celui qui est perfection et vérité pour l’éternité. Voilà pourquoi Jean dit que je n’avais pas besoin que d’autres témoignent de moi. D’autres que le Père et moi-même. La vérité ne prend pas chez l’humain, et son témoignage n’est donc pas véridique et durable. Nombreux furent ceux qui crurent, mais peu ceux qui persévérèrent, très peu ceux qui témoignèrent pendant toute leur vie, et par leur mort, que je suis le Messie, le vrai Fils du vrai Dieu. Ceux-là sont bienheureux pour l’éternité !".[1] Comme le disait aussi Saint-Paul apôtre quand il parlait de ses souffrances. Cf. Colossiens 1, deuxième conception mystique de MarieLe 6 juillet En attendant que Jésus parle, je vais parler pour éclaircir certains points. Vous aurez remarqué [1] qu’en date du 28 juin, il y a une prière au Très Précieux Sang. Cependant, si Jésus se plaint qu’on ne vénère pas assez son Sang, il n’impose pas impérieusement qu’on fasse connaître cette prière. Alors qu’il ne m’a laissé aucun répit tant que je ne vous ai pas envoyé celle du 4 juin, en réparation à Jésus dans le Sacrement. Jésus me laisse entendre qu’il faut dire cette prière souvent, et personnellement, il me la fait dire avec la phrase qu’il a dictée “... par la main de Satan”. Je regrette de désobéir au censeur ecclésiastique. Mais entre lui et le Maître, je choisis le Maître. Même si je voulais en faire autrement, je ne le pourrais pas. Je regrette aussi d’avoir à dire que je ne connais pas celui qui a écrit cette prière. Oh !, si je le connais ! Mais il se cache derrière l’anonymat. Il nous donne une formule parfaite dans sa concision, complète, telle que lui seul pouvait la faire, il nous demande de la dire et c’est tout. Si bien que je dis à ceux qui sont loin d’ici qu’elle a été écrite par une infirme. Écrite ce mot a un sens très large. Je peux écrire La Divine Comédie [2], si je m’y mets avec patience. Mais ce n’est sûrement pas moi qui l’ai composée. C’est la même chose maintenant. C’est moi qui l’ai écrite et lui qui l’a composée. Mais aux voisins qui pourraient demander où se trouve cette infirme, je dis “Je ne sais pas qui a écrit cette prière”. Si je disais “C’est moi qui l’ai écrite”, j’en aurais injustement des louanges. Si je révélais qui me l’a dictée, les gens penseraient de deux façons différentes. Pour ce qui est de la première, patience, je la subirais en pensant à Jésus qu’on a appelé “fou”. Mais je ne veux pas qu’on dise la deuxième. Car si Jésus, véritable Samaritain compatissant, se penche sur mon âme qui n’est que déchirure, cela est preuve de son infinie miséricorde et non de mérite de ma part. Je sens, avec la même précision que si je l’avais déjà vécu, que si l’orgueil s’emparait de moi, tout serait fini. Je vous le disais ce matin. J’en suis persuadée personnellement, et le bon Jésus le confirme en me disant que “l’orgueil tue toutes les vertus, à commencer par la charité. Il apporte donc avec soi la perte de la lumière de Dieu. L’orgueilleux - m’explique Jésus - ne traite pas avec un saint respect le bon Père des cieux, n’a pas d’instinct viscéral de miséricorde pour ses frères et sœurs, se croit supérieur aux faiblesses de la chair et aux règles de la Loi. Il pèche donc sans cesse, et par le même péché qui causa la ruine de Lucifer d’abord, d’Adam et de sa progéniture ensuite. Mais par-dessus tout, il tue la charité. Il détruit donc l’union avec Dieu.” À propos de charité. Je vous prie d’insister chaleureusement sur cette question auprès des sœurs de l’Hôpital. Il est compréhensible et excusable qu’elles soient fatiguées, débordées, énervées, appelées de tous côtés comme elles le sont par les malades exigeants et souvent ingrats. Mais elles portent la livrée de la charité, de la charité active et de la plus sainte des activités. Elles ont entre les mains des âmes qui souffrent dans des corps souffrants, des âmes qui parfois rencontrent le visage de Dieu dans ses servantes, justement dans les couloirs de l’hôpital, des âmes qui sont peut-être sur le point de se retrouver face à face avec le Dieu éternel pour le jugement particulier. Oh ! Qu’elle est grande la responsabilité de celui qui soigne un malade ! Il peut, par sa façon d’agir, empêcher le contact, la rencontre entre deux êtres qui se cherchaient, du moins pour ce qui est de l’Un d’eux, sans se trouver. La douleur est souvent une chaîne, une étincelle, un aimant entre Dieu et sa créature. Mais quand et d’autant plus que la créature ne connaît pas son Dieu, il faut savoir exploiter le moyen — la maladie —avec une charité infinie pour obtenir que l’âme aille là où Jésus l’attire, sur son cœur aimable, au lieu de fuir, scandalisée, choquée, sceptique car elle voit qu’une servante de Dieu est... un bouquet d’orties au lieu d’être un bouquet velouté de violettes. D’autres malades peuvent être des catholiques tièdes... Mais comment pourront-ils s’embraser s’ils sont entourés de cœurs qui, sous l’insigne de la Croix enflammée, sont glacés comme la chair morte ? Remettre des âmes à Jésus, prendre ces pauvres âmes que la vie jette sur les douloureuses plages d’un hôpital comme autant de naufragés blessés et désespérés, et les recueillir avec amour, les soigner, les calmer, leur insuffler les trois sublimes vertus théologales [3] et les très douces vertus cardinales [4], les conduire à la lumière. Faire en sor­te que, dans la vie, si elles surmontent la maladie, ou dans la mort si l’heure du trépas est venue, elles quittent l’hôpital ou la vie avec dans l’âme, allumée par la compatissante sœur infirmière, la Lumière qui ne meurt pas. Si être marraine au Baptême est une grande responsabilité, quelle n’est pas la responsabilité des “marraines de la douleur et de la mort” ? J’ai été infirmière, je sais et je compatis. Mais tous ne l’ont pas été. Pourquoi scandaliser, susciter les cancans, blesser les âmes, les fermer à l’heure où elles devraient plus que jamais rester ouvertes, parce qu’on les frappe d’anticharité ? Pardonnez-moi et que les sœurs me pardonnent. Mais par pitié pour celles qui devront répondre au Juge éternel d’elles-mêmes et des âmes soignées, par pitié pour ceux qui souffrent dans leur corps et ont tant besoin de lumière dans l’âme, je vous en prie, insistez sur la charité qui “fait de nous des servantes empressées”, comme disait notre devise d’infirmières samaritaines. De la charité viennent à l’infirmière la patience, le calme, le sourire si utile auprès de ceux qui souffrent et si héroïque. Tout vient en cette vie et le baiser du Christ dans l’autre parfois même dans celle-ci, ce baiser qui est le passeport pour le Royaume de Dieu. En ce qui concerne votre malade, infirme depuis quatorze ans, je prierai pour elle en souffrant. Je serai heureuse si ma douleur lui obtient la vision de notre divin et doux Jésus. Elle est sourde et muette. Fût-elle aveugle aussi, Jésus pourrait toujours briller dans ses ténèbres et parler à ses tympans éteints. Il suffirait qu’il se révèle un instant... Après, on ne peut plus sortir de son sillage de lumière... Je prierai beaucoup pour cette paralysée dans les membres, comme je prie pour les autres âmes que vous dirigez et qui sont plus ou moins alourdies dans l’esprit. Oh ! Je voudrais souffrir beaucoup pour monter vers Dieu traînant derrière moi, comme un vol d’anges, une véritable tribu d’âmes [5]. Je n’ai pas peur de souffrir trop, parce que je souffre pour faire plaisir à Jésus. Merci de la surprise vraiment inattendue. Dimanche, j’avais fait un véritable sacrifice en repoussant la tentation d’acheter un livre, La vie de J. M. Vianney, qu’on m’avait donné à lire. Mais vous voyez comme le Seigneur est bon ? Lorsque je contemple sa divine bonté, j’en ai les larmes aux yeux. Car dans tout ce que je reçois, je vois Jésus. C’est la main de Jésus qui me donne ceci ou cela. C’est une sensation si vive que je dis d’abord “merci” à Jésus et ensuite à la personne compatissante qui, inspirée par Jésus, donne un réconfort à la pauvre Maria. Jésus se tient comme un écran entre moi et le monde, et je le vois se superposer à tout et à tous. Merci, donc, mon Père, d’avoir suivi l’inspiration de Jésus et de m’avoir... Jésus commence à parler et je me tais. Jésus dit "Ce fut un soulagement pour ma Mère de voir que j’avais cessé de souffrir dans la chair, mais ce ne fut pas l’allégresse’. Elle voyait que la chair du Fils ne souffrait plus, elle savait que l’horreur du déicide matériel était terminée. Mais la Femme Pleine de Grâce’ avait aussi la connaissance des siècles à venir où d’innombrables humains continueraient de blesser spirituellement son Fils, et elle était déicide ne s’est pas terminé sur le Golgotha à l’heure de ma mort. Il se répète chaque fois qu’un de ceux que j’ai rachetés tue son âme, profane le temple vivant de son esprit, soulève son esprit sacrilège à blasphémer contre moi, non seulement par ses propos obscènes, mais par ces mille modes de vie actuels, toujours plus contraires à ma Loi et qui neutralisent toujours plus les mérites incalculables de ma passion et de ma mort. Marie, la sublime Co-Rédemptrice, ne cesse de souffrir, comme je ne cesse moi-même de le faire. Dans la gloire intangible des Cieux, nous souffrons pour ceux qui nous renient et nous offensent. Marie est l’éternelle accouchée [6] qui vous donne le jour avec une douleur incomparable, car elle sait que cette douleur n’engendre pas des bienheureux pour le Ciel, mais, pour la majorité, des damnés pour l’Enfer. Elle sait qu’elle engendre des créatures mortes ou destinées à mourir sous peu. Mortes, car mon Sang ne réussit pas à pénétrer dans certaines âmes, comme si elles étaient faites d’un jaspe très dur elles se tuent dès leur plus jeune âge. Ou, destinées à mourir sous peu, c’est-à-dire celles qui, après une ombre de vitalité chrétienne, succombent à leur propre inertie que rien ne parvient à secouer. Marie peut-elle ne pas souffrir de voir périr ses créatures qui ont coûté le sang du Fils ? Le Sang versé pour tous et qui n’est utile qu’à un si petit nombre ! Quand le temps cessera d’exister, alors Marie cessera de souffrir, car le nombre des bienheureux sera complet. Elle aura engendré, avec d’inénarrables douleurs, le corps qui ne meurt pas, dont son Premier-né est la tête. Si vous considérez cela, vous comprendrez sans doute que la douleur de Marie fut la douleur suprême. Vous comprendrez que - grande dans sa Conception immaculée, grande dans sa glorieuse Assomption - Marie fut très grande dans le cycle de ma passion, c’est-à-dire du soir de la dernière Cène à l’aube de la Résurrection. Alors elle fut, en ordre et en puissance, le second Christ, et pendant que le ciel s’obscurcissait sur la tragédie accomplie et que le voile du Temple se déchirait [7], nos cœurs se déchiraient d’une égale blessure en voyant le nombre incommensurable de ceux pour qui la Passion fut était accompli, en cette heure, du sacrifice matériel ; tout restait à commencer par rapport au cheminement des peuples dans le sillage de l’Église, dans la matrice de la Vierge Mère, pour donner le jour aux habitants de la Jérusalem qui ne meurt pas. Et pour commencer avec l’empreinte de la Croix que doit porter tout ce qui est fait pour le Ciel, cela commença dans la douleur de la l’heure des ténèbres. Les Cieux fermés. L’Éternel absent. Le Fils dans la mort. Marie commençait seule sa deuxième conception mystique." Et maintenant, c’est moi qui termine. Je disais donc merci, mon Père, d’avoir suivi l’inspiration de Jésus et de m’avoir donné le moyen de relire La vie du curé d’Ars. Je l’aime beaucoup car il fut une victime. Quant à moi, je reste dans ma souffrance paisible comme un bébé dans son berceau et un petit oiseau sous l’aile maternelle. Mon soleil me tient lieu de vie, d’antidouleur, de tout. Je me tiens dans son rayonnement et je suis heureuse. Avez-vous jamais observé les pigeons ? Quand ils le peuvent, ils se blottissent au soleil, ils ouvrent leurs petites ailes et les soulèvent à tour de rôle pour recevoir le baiser du soleil sous les ailes, ils lèvent la tête et, avec une satisfaction manifeste, je dirais presque une béatitude animale, ils regardent le soleil d’or. Ils sont heureux de s’y réchauffer et on ignore comment ils puissent résister si longtemps sous ce rayon de feu qui descend sur eux perpendiculairement de l’astre. Moi je suis comme une petite colombe sous le soleil. Je reste là, immobile, et je ne bouge pas, heureuse de me sentir envahir, brûler par son feu, avec l’espoir d’être bientôt consumée, attirée à lui. Oh ! Mon Soleil ! Comme vous dites si bien, il faudrait qu’un autre éprouve ce que j’éprouve pour le comprendre... Je m’efforce en vain d’expliquer ce qu’est cette Lumière paix, majesté, savoir, beauté... Non. On ne peut vraiment pas dire ce qu’est pour l’âme cette inextinguible, inexprimable, réjouissante splendeur.[1] Elle s’adresse au père Migliorini.[2] Un poème de Dante Alighieri, poète italien du Moyen âge que Maria Valtorta aimait particulièrement. Lors de son séjour à Florence, dans sa jeunesse, elle suivait les lectures publiques qui se faisaient au Palagio della Lana. Elle aimait particulièrement cette phrase tirée de la Vie nouvelle du même auteur parlant de Béatrice son amour Dès qu’elle se montrait, une flamme instantanée de charité s’élevait en moi et me faisait pardonner les torts reçus et aimer mes ennemis». Elle avait conçu d’être la Béatrice de son entourage.[3] La foi, l'espérance et la charité.[4] Prudence, justice, force et tempérance.[5] Ces propos de Maria Valtorta rejoignent ceux de la petite Sainte Jacinthe de Fatima qui aussi aimait souffrir pour la conversion des pécheurs. Parlant de Jésus et de la Vierge Marie, elle disait "J’aime tellement souffrir pour leur amour et pour leur faire plaisir ! Ils aiment beaucoup ceux qui souffrent pour la conversion des pécheurs". C'est la Sainte Vierge Marie elle-même qui lui avait fait la demande de l'offrande de ses souffrances pour la conversions des pécheurs. Un jour, elle confia à sa cousine Lucie "Notre Dame est venue nous voir et Elle a dit qu’Elle viendrait chercher François bientôt pour l’emmener au Ciel. Elle m’a demandé si je voulais convertir encore des pécheurs. Je lui ai dit que oui. Elle m’a dit que j’irais à l’hôpital et que, là, je souffrirais beaucoup ; que je souffrirais pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour l’amour de Jésus …". Sa cousine Lucie, après une visite à Jacinthe confia "Je la revis avec la même joie de souffrir par amour pour le bon Dieu et pour le Cœur Immaculé de Marie, pour les pécheurs et pour le Saint Père ; ce fut son idéal, celui dont elle parlait." Mémoires de Sœur Lucie, pages 61 à 62[6] Dans le sens de "éternelle nouvelle mère"[7] Cf. Luc 23, du Notre PèreLe 7 juillet Jésus dit "La perfection de la prière se trouve dans le "Notre Père". Observe aucun acte ne manque dans cette brève formule. Foi, espérance, charité, obéissance, résignation, abandon, demande, contrition, miséricorde sont tous présents. En la disant, vous priez avec tout le Paradis pendant les quatre premières pétitions; puis, quittant le Ciel, la demeure qui vous attend, vous revenez sur terre, les bras levés vers le ciel pour l’implorer de vous accorder les nécessités d’ici-bas et pour demander de l’aide dans la bataille à gagner pour retourner là-haut. "Notre Père qui es aux Cieux". Oh ! Maria ! Seul mon amour pouvait vous inviter à dire "Notre Père". Par cette expression, je vous ai publiquement investis du titre sublime d’enfants du Très Haut et de mes frères et sœurs. Si quelqu’un, écrasé par la considération de sa nullité humaine, peut douter d’être le fils de Dieu, créé à son image et à sa ressemblance, il ne pourra plus douter en pensant à cette parole de moi. Le Verbe de Dieu ne se trompe pas et ne ment pas. Et le Verbe vous invite à dire "Notre Père". C’est une douce chose et un grand secours que d’avoir un père. Dans l’ordre matériel, j’ai voulu avoir un père sur terre pour protéger mon existence de bébé, d’enfant, de jeune homme. J’ai voulu par-là vous enseigner, aux fils autant qu’aux pères, combien grande est la figure morale du père. Mais d’avoir un Père d’une absolue perfection, tel qu’est le Père qui est aux Cieux, est la douceur des douceurs, le secours des secours. Regardez ce Père-Dieu avec une sainte crainte, mais que l’amour soit toujours plus fort que la crainte, un amour reconnaissant au donneur de la vie sur terre et au ciel. "Que ton Nom soit sanctifié". Répétez cette exultation, reconnaissante et juste louange au Saint des Saints avec le même mouvement que les séraphins et les chœurs des anges, auxquels vous vous joignez pour exalter le nom de l’Éternel. Répétez-la en pensant à moi, Dieu Fils de Dieu, qui le premier vous l’ai dite avec suprême vénération et suprême amour. Répétez-la dans la joie et dans la douleur, dans la lumière et dans les ténèbres, dans la paix et dans la guerre. Bienheureux ces enfants qui n’ont jamais douté du Père [1] et qui, à chaque heure, à chaque évènement, ont su lui dire "Que ton Nom soit sanctifié ! ". "Que ton Règne arrive". Cette invocation devrait être le battement du pendule de toute votre vie, et tout devrait graviter autour de cette invocation au bien. Car le Règne de Dieu dans les cœurs, et, à partir des cœurs, dans le monde, voudrait dire bien, paix et toute autre vertu. Scandez donc votre vie d’innombrables implorations pour l’avènement de ce Règne. Mais d’implorations vivantes, c’est-à-dire d’actions dans votre vie en appliquant votre sacrifice de chaque heure, car bien agir signifie sacrifier la nature à cette fin. "Que ta Volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel". Le Royaume du Ciel appartiendra à celui qui aura fait la volonté du Père, non à celui qui aura accumulé paroles sur paroles, pour ensuite se révolter contre le vouloir du Père, contredisant ainsi les paroles mentionnées plus haut. Ici aussi vous vous unissez au Paradis tout entier, lequel fait la volonté du Père. Et si les habitants du Royaume font cette volonté, ne la ferez-vous pas pour devenir, à votre tour, habitants de là-haut ? Oh ! Joie qui vous a été préparée par l’amour unique et trin de Dieu ! Comment pouvez-vous ne pas vous employer, avec une persévérante volonté, à la conquérir ?Celui qui fait la volonté du Père vit en Dieu. Vivant en Dieu, il ne peut se tromper, il ne peut pécher, il ne peut perdre sa demeure au Ciel, car le Père ne vous fait faire que ce qui est bien et qui, étant bien, sauve du péché et conduit au Ciel. Celui qui fait sienne la volonté du Père, annulant sa propre volonté, connaît et savoure sur terre la paix qui est dévolue aux bienheureux. Celui qui fait la volonté du Père, tuant sa propre volonté perverse et pervertie, n’est plus un homme il est déjà un esprit mû par l’amour et vivant dans l’amour. Vous devez, avec bonne volonté, arracher de votre cœur votre volonté et y mettre à sa place la Volonté du vous être occupés des pétitions pour l’esprit, puisque vous êtes de pauvres êtres, vivant dans les besoins de la chair, demandez le pain à celui qui fournit la nourriture aux oiseaux des airs et les vêtements aux lys des champs. "Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien". J’ai dit aujourd’hui et j’ai dit pain. Je ne dis jamais rien d’inutile. Aujourd’hui. Demandez les secours au Père un jour à la fois. C’est une mesure de prudence, de justice, d’ si vous aviez tout d’un seul coup, vous en gaspilleriez beaucoup. Vous êtes d’éternels enfants, et capricieux de surcroît. Il ne faut pas gaspiller les dons de Dieu. De plus, si vous aviez tout, vous en oublieriez Dieu. Justice pourquoi auriez-vous tout d’un seul coup, quand moi je reçus l’aide du Père un jour à la fois ? Et ne serait-il pas injuste de penser qu’il est bon que Dieu vous donne tout à la fois, ce qui sous-entendrait, avec une sollicitude tout humaine, qu’on ne sait jamais, et qu’il est bon d’avoir tout aujourd’hui de crainte que Dieu ne nous donne rien demain ? La méfiance, vous n’y réfléchissez pas, est un péché. Il ne faut se méfier de Dieu. Il vous aime à la perfection. Il est le Père très parfait. Le fait de tout demander à la fois froisse la confiance et offense le Père. Humilité d’avoir à demander, jour après jour, vous rafraîchit la mémoire de votre nullité, de votre condition de pauvres, et du Tout et de la Richesse de Dieu. Pain. J’ai dit "pain" parce que le pain est l’aliment noble, indispensable à la vie. Dans cette seule parole, j’ai inclus, pour que vous les demandiez tous, tous les besoins de votre passage sur terre. Mais tout comme la température de votre spiritualité varie, il en va de même pour l’étendue de ce mot."Pain-nourriture" pour ceux dont la spiritualité est embryonnaire au point que c’est déjà beaucoup s’ils savent demander à Dieu la nourriture pour rassasier leur ventre. Il y a ceux qui ne la demandent pas, mais la prennent avec violence, en pestant contre Dieu et leur prochain. Dieu les regarde avec colère car ils piétinent le précepte dont découlent les autres "Aime ton Dieu de tout ton cœur, aime ton prochain comme toi-même". "Pain-secours" dans les nécessités morales et matérielles pour ceux qui ne vivent pas seulement pour leur ventre, mais qui, ayant une spiritualité plus évoluée, savent vivre aussi pour la pensée. "Pain-religion" pour ceux, plus avancés encore, qui font passer Dieu avant les satisfactions des sens et des sentiments humains, et qui savent déjà mouvoir leurs ailes dans le surnaturel. "Pain-esprit, pain-sacrifice" pour ceux qui, ayant atteint la pleine maturité de l’esprit, savent vivre dans l’esprit et dans la vérité, ne s’occupant du sang et de la chair que pour le strict nécessaire à l’existence dans la vie mortelle, jusqu’à ce qu’arrive l’heure d’aller rejoindre Dieu. Ceux-ci se sont désormais ciselés sur mon modèle et ils sont des copies vivantes de moi, sur lesquelles le Père se penche avec une étreinte d’amour. "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés".Parmi les êtres créés, il n’y a personne, excepté ma Mère, qui n’ait eu à se faire pardonner par le Père des fautes plus ou moins graves selon sa propre capacité d’être enfant de Dieu. Priez le Père qu’il vous raie du nombre de ses débiteurs. Si vous le faites avec une âme sincère, humble, contrite, vous plierez l’Éternel en votre faveur. Mais la condition essentielle pour obtenir le pardon, c’est de pardonner. Si vous voulez la pitié sans la donner à votre prochain, vous ne connaîtrez pas le pardon de l’Éternel. Dieu n’aime pas les hypocrites et les cruels, et celui qui refuse le pardon à son frère refuse le pardon du Père à en outre que, quelles qu’aient été les blessures que vous a faites votre prochain, celles que vous avez faites à Dieu sont infiniment plus graves. Que cette pensée vous incite à tout pardonner comme je le fis par ma perfection et pour vous enseigner le pardon. "Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal". Dieu ne vous induit pas en tentation. Il vous tente avec des dons de bien seulement, et pour vous attirer à lui. Interprétant mal mes paroles, vous croyez qu’elles signifient que Dieu vous induit en tentation pour vous mettre à l’épreuve. Non. Le bon Père qui est aux Cieux permet le mal, mais il ne le crée pas. Il est le Bien dont jaillit chaque bien. Mais le mal existe. Il existe depuis que Lucifer se tourna contre Dieu. C’est à vous de faire du mal un bien, le vainquant et implorant du Père les forces pour le vaincre. Voilà ce que vous demandez par cette dernière pétition, que Dieu vous donne assez de force pour résister à la tentation. Sans son aide, la tentation vous plierait, car elle est forte et rusée, et vous êtes bornés et faibles. Mais la lumière du Père vous éclaire, mais la puissance du Père vous fortifie, mais l’amour du Père vous protège, grâce à quoi le mal meurt et vous en êtes délivrés. Voilà ce que vous demandez par le "Notre Père" que je vous ai enseigné. En cette prière, tout est compris, tout est offert, tout est demandé de ce qu’il est juste de demander et de donner. Si le monde savait vivre le "Notre Père", le Règne de Dieu viendrait dans le monde. Mais le monde ne sait pas prier. Il ne sait pas aimer. Il ne sait pas se sauver. Il sait seulement haïr, pécher, se damner. Mais je n’ai pas fait et donné cette prière pour un monde qui a préféré être le règne de Satan. J’ai fait et donné cette prière pour ceux que le Père m’a donnés parce qu’ils lui appartiennent, et je l’ai faite afin qu’ils soient unis avec le Père et avec moi dès cette vie, pour atteindre la plénitude de l’union dans l’autre".Maintenant je comprends véritablement ce que veut dire Paradis’. Cela veut dire vivre en voyant toujours ce Soleil, Un et Trin. [1] Sur le mot Père’, Maria Valtorta note, au crayon et entre parenthèses, spirituel’.Source à tous,En raison du réveillon de demain, je ne posterai sans doute de chapitre ce vendredi, mais je reprendrai la publication dès ce week-end Fraternellement,AnayelLe don sublime et total du Sang 8 juillet Jésus dit "Une association de bienfaisance des Donneurs de sang’ est apparue et s’est établie dans les villes et dans les pays les plus importants; elle se compose de bénévoles qui, à la demande des médecins, donnent du sang aux blessés civils ou militaires. Un grand nombre de vies ont ainsi été sauvées, et ces donneurs généreux sont loués et donnés en exemple à la Nation, aidés à surmonter la faiblesse qui résulte de leur don. Bref, on les entoure d’une atmosphère juste la leur est une grande charité, et si j’ai promis une récompense à qui donne un verre d’eau en mon Nom, j’aurai certainement une grande récompense pour celui qui donne son sang pour l’amour du prochain et n’épuise pas le mérite de sa charité par des fautes graves. Mais n’avez-vous pas réfléchi au fait que moi, je vous l’ai tout donné mon Sang, et non pour sauver une chair qui devra mourir plus tard, mais pour donner le salut de la vie éternelle à cette partie qui ne meurt pas ? Je vous l’ai donné, mon Sang, et c’était le Sang d’un Dieu, dans des souffrances inouïes et d’inouïes offenses. Je vous l’ai donné sans que vous ayez à le demander. Je vous l’ai donné par amour. Je me suis vêtu de chair pour pouvoir vous le donner. Je me suis exilé des Cieux pour vous le donner. Pendant trente-trois ans, j’ai souffert de la faim, du froid, de la fatigue, des abus, des moqueries, pour pouvoir vous le donner. J’ai fini ma vie en endurant la trahison, tourment plus fort qu’une blessure, le baiser infâme plus brûlant qu’un bûcher, les sévices de prêtres menteurs, de gouvernants insensés, d’une plèbe sans reconnaissance et sans honnêteté, endurant les railleries de soldatesques païennes, les tortures d’une loi humaine, une sentence ignominieuse, une mort horrible, tout cela pour vous donner mon Sang. Les dernières gouttes de mon sang, lequel avait mouillé les rues et les cours de Jérusalem et laissé son empreinte dans le palais [1] où siégeait un pouvoir mal compris et un cœur qui ne craignait que de perdre ce pouvoir, s’étaient accumulées entre le cœur et le poumon sans mouvement, et elles me furent enlevées violemment. Mais au moment de la séparation de mon Esprit de la chair désormais sans vie, j’ai exulté que même ces dernières gouttes fussent répandues. J’étais venu pour vous donner tout mon Sang et je vous l’ai donné, et je continue de vous le donner dans les mystères sacrés. Mais si je pensais que mon retour vous convertirait, Oh ! parfaits païens, vous qui reniez durement votre Dieu crucifié, je viendrais de nouveau pour vous donner mon Sang sous une forme humaine, laquelle vous est nécessaire, vous qui vivez seulement de chair et de sang et qui avez tué ou obscurci l’esprit, et avec l’esprit, l’amour et la foi. Mais cela ne servirait à rien. Vous augmenteriez le poids de vos fautes aux yeux du Père, et si jadis il y en eut un qui me vendit pour trente deniers, maintenant il y en aurait mille, cent mille qui me troqueraient pour le baiser d’une pécheresse, pour le bénéfice d’une promotion, pour encore moins. Vous dire que vous vivez de chair et de sang, c’est encore vous faire un éloge. Vous vivez de fange et dans la fange, nouveaux pharisiens qui vous frappez la poitrine et simulez une religion et une foi qui ne vous servent que de tremplin pour votre profit, qui ne sont pour vous qu’un terrain utile. Vous vivez, non seulement dans la fange, mais dans une matière encore plus vaseuse, vous qui n’avez même pas la fausse piété des pharisiens et êtes pires que les païens d’il y a vingt siècles, et qui mélangez le crime à la luxure, les larcins de tout genre aux vices de toute mesure. Mais, selon la loi ancienne, celui qui se sert d’une chose mauvaise mourra de cette même chose. Vous vivez dans la fange et dans la fange vous mourrez. Vous tomberez de la fange de la terre à la fange de l’enfer, puisque vous avez détruit ma Loi dans vos cœurs, ma nouvelle Loi de pitié, d’amour, de pureté, de bonté. Mais pour la millionième fois je vous dis, en vérité, que seuls ceux qui sont marqués par mon Sang et qui vivent, non en ennemis, mais en amis du Christ crucifié, verront à l’heure de la mort se lever l’aube du jour éternel, où finit chaque tribulation et survient la béatitude de posséder Dieu pour toujours, sans voiles et sans limitations."Prière donnée à Maria ValtortaTrès Saint Sang qui jaillis pour nous des veines du Dieu fait homme, descends comme une rosée rédemptrice sur la Terre contaminée et sur les âmes que le péché rend semblables à des je t’accueille, Sang de mon Jésus, et je te répands sur l’Église, sur le monde, sur les pécheurs, sur le réconforte, purifie, allume, pénètre et féconde, Oh ! Très divin Suc de Vie. Et que l’indifférence et le péché ne t’empêchent pas de contraire, pour le petit nombre de ceux qui t’aiment, pour le nombre infini de ceux qui meurent sans toi, accélère et répands sur tous cette très divine pluie afin qu’on vienne à toi confiant en la vie, que par toi on soit pardonné dans la mort, qu’avec toi on entre dans la gloire de ton Royaume. Ainsi soit-il.[1] Dans la dictée du 14 septembre Fête de la Sainte Croix, Jésus donne l'explication de son sang versé dans les différents lieux du péché originelMéditation des paroles données à 9 juillet Lévitique 11, 43-4543 Ne vous rendez pas immondes vous-mêmes avec tous ces petits animaux qui foisonnent, ne devenez pas impurs avec eux et ne soyez pas impurs à cause d’ Car moi, le Seigneur, je suis votre Dieu. Vous vous sanctifierez et vous serez saints car moi, je suis saint. Ne vous rendez donc pas impurs avec tous ces petits animaux qui rampent sur Car moi, le Seigneur, je vous ai fait monter du pays d’Égypte pour être votre Dieu vous serez donc saints car moi, je suis saint. Jésus dit "Parlant à Moïse, le Seigneur dit Ne contaminez vos âmes d’aucun reptile qui rampe sur la terre. Je suis le Seigneur qui vous a tirés d’Egypte pour être votre Dieu; et vous serez saints, car Je suis saint’ [1]. Ces paroles t’ont frappée. Veux-tu que nous les méditions ensemble ? Ton Maître parle. Le Seigneur ne pouvait donner au peuple juif d’alors la perfection de la Loi comme je l’ai donnée par la suite à un monde plus évolué et engagé sur la voie d’une civilisation toujours plus avancée. Civilisation ne signifie pas perfection. Cela signifie uniquement complication. Vous êtes devenus toujours plus compliqués dans vos habitudes, vos coutumes, vos interdictions. À cette époque-là, les masses vivaient selon l’instinct plus que toute autre chose, et même si elles commettaient des actes qui semblent répugnants à votre mentalité, elles n’étaient pas responsables comme vous l’êtes pour tant d’autres. Elles les commettaient sans malice, poussées par la nécessité et leur propre mentalité. Vous les commettez avec malice et la faute réside en cela. Tu remarques cependant que, bien qu’il y eût de nombreuses atténuantes à leur façon d’agir en raison du degré limité de leur civilisation, elles furent punies lorsqu’elles dépassèrent la mesure dans le mal commis par leur mentalité enfantine. Le Seigneur leur avait donné des lois détaillées, et en même temps plus extérieures qu’intérieures. Moi, j’ai parlé pour vos âmes. Le Père parlait à Moïse aussi pour l’enveloppe des âmes, une enveloppe si rude qu’elle rendait presque féroce dans les instincts et les coutumes. C’est pourquoi le Créateur dut continuer à vous créer en tant que personnes morales, limant, polissant, purifiant votre enveloppe. Ce qui explique les minuties matérielles excessives de la Loi d’alors. Mais une âme perdue dans le Christ-Lumière ne doit point voir les choses matérielles. Elle doit voir ce qui se cache sous la nature, c’est-à-dire l’esprit, et ce qui s’adresse à l’esprit. Ne contaminez vos âmes d’aucun reptile qui rampe sur la terre’. Il faut lire d’aucun reptile spirituel qui tend un piège à votre âme. Les passions sont les reptiles sataniques qui montent des profondeurs vaseuses pour s’enrouler autour de votre cœur et le contaminer. J’ai dit Ce ne sont pas les choses qui entrent par la bouche et sortent par les voies naturelles qui contaminent l’être humain ce qui le corrompt est ce qui sort de son cœur, [2] lorsque de son cœur sortent les mauvaises passions qui y étaient entrées pour y nicher comme des serpents dans le creux d’un rocher’. J’ai perfectionné la Loi et je vous ai montré quels sont les reptiles qui contaminent l’être humain, futur citoyen de la Jérusalem éternelle. Levez-vous, créatures à qui j’ai donné la vie de la vie. Ne rampez pas. N’ayez aucun contact avec ce qui rampe. J’ai donné l’impulsion à votre esprit pour qu’il s’élève. Ma grâce est une aile

Statistiquesdes visites : 1200 aujourd'hui 7238 hier 8000483 depuis le début . Danse voltige, « le voyage de l’hirondelle » lundi 28 décembre 2015 par Claire Barthélemy po
Epilogue C’est le moment des ruptures. Je quitte le Liban et mon amoureux en France s’éloigne. Impression douloureuse que tout me file entre les mains, comme un courant d’eau impossible à m’a confié qu’il visiterait un jour son rival », ce pays pour lequel je suis partie loin de lui. Comprendra-t-il ce que j’y ai trouvé, pourquoi je suis tombé en amour de ce petit bout de terre ballotté entre nostalgie d’un passé révolu et peur d’un destin tragique. Ai-je compris moi-même la mystérieuse alchimie du bonheur qui m’a habité au Liban ? On s’invente mille raisons pour justifier un coup de foudre le sourire quotidien de l’épicier du coin, le mélange étrange de précarité et de permanence de la société libanaise, le goût insensé de la vie qui renaît après chaque guerre, la lumière sur la corniche, les multiples transgressions des règles, les regards appuyés des hommes sur les femmes et la douce amitié de ces femmes. Le cadre de l’année sabbatique sans contraintes autres que celle que je m’étais fixées m’a également permis de découvrir à mon rythme un autre monde, d’en saisir la langue, les codes, les usages et d’apprivoiser ma liberté. Propulsée sans passé, sans futur précis dans ce pays, je me suis réinventée. Pourtant une question reste posée aurais-je aimé ce pays sans la présence là-bas en France d’un amoureux qui m’attendait ?Pour le meilleur et pour le pire, j’ai conjugué ces deux passions pendant onze mois, un pays et un homme. Tu veux tout », m’a-t-il dit. Peut-être. J’aime les facettes multiples de la devant le mauvais café servi à l’aéroport international de Beyrouth, je doute et me sens en apesanteur. Vais-je me fracasser les ailes sur le mur de mes désillusions ou au contraire m’envoler vers un destin nouveau ? Absence Au creux de ton absenceJ’invente ta présenceJe t’emmène vers le cielSur mes ailes d’hirondelleOn oubliera les guerresLes nôtres et puis les encore j’avais si peurRegarde la vague, mon cœurC’est la caresse du bonheurL’hiver est tristesseL'été est promesse La maison du bonheur ? Il a les yeux couleurs miel, les cheveux mi-longs et légèrement ondulés. Une vraie gueule d’ange. Un ange mélancolique. Chacune de ses paroles est voilée d’une lassitude douloureuse. D’ailleurs, il parle peu. Architecte Matthieu a construit avec ses parents ce qui devrait être la maison du bonheur. Cachée dans le village de Ghazir, elle est le résultat d’années d’effort, d’imagination, de compétence. Le feuillage des cyprès fait oublier les murs lépreux du voisin, les bassins emplis de nénuphars sont habités par des grenouilles espiègles. Le sol est doux et frais aux pieds nus. Dans les souks de Damas et d’Alep, la famille a déniché de vieux coffres en bois, des lampes en cuivre ouvragé, des kilims turcs. La salle de bain ressemble à un hammam avec ses larges vasques de pierre et une lumière opalescente. Les chambres, couleur framboise écrasée, ont été adossées à des rochers dont les infractuosités affleurent près des lits. La maison respire la poésie à l’opposé de ces villas coûteuses et cossues qui abîment trop de villages libanais. Après la visite, on boit une bouge peu, boude Beyrouth, transporte sa mélancolie de la demeure familiale de Jounieh à cette villa irréelle, parfois il s’évade sur une plage privée à Tarbaja. Matthieu est l’homme qui évite et lévite aussi un peu d’ailleurs le béton agressif, la bêtise de ses semblables, les excentricités et fautes de goût de ses clients, tout ce qui heurte sa sensibilité artistique exacerbée. Sa vie se recroqueville sur ces quelques territoires, bien à l’abri, constamment en quête d’un cocon protecteur. Sur le mode de la colère, mon amie journaliste Katia exprime cette même révolte contre la laideur du monde actuel. Je l’écoute renchérir aux propos de Matthieu. Tous les deux voyagent au Yémen, en Inde, en Asie du Sud Est à la recherche d’îlots vierges du bruit du monde. Je les écoute parler cette langue étrangère du regret, moi qui suis béate devant le spectacle d’une grue dans un paysage industrielle ou face à un enchevêtrement d’ l’impression que toute la beauté du monde ne suffirait pas à étancher la soif inextinguible de mes amis. Il s’agit donc de bien autre chose. Un paysage intérieur abîmé, en souffrance. Ils ont morflé ces deux là. La guerre, le décès d’un frère, la trahison d’un amant… Pour bâtir la vraie maison du bonheur, encore faut-il être soi-même heureux. C'est le jour du Seigneur Dans un pays où la religion majoritaire bannit l’image, le foisonnement des portraits au Liban m’intrigue le collier barbu de Nasrallah omniprésent dans la Dahye banlieue sud chiite, le visage juvénile de feu Pierre Gémayel à l’entrée du tunnel près du Nahr Ibrahim, le double menton des Hariri père et fils sur les murs de Qoreitem, et la casquette militaire du nouveau Président au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest. Le visiteur de passage au Liban, même dépourvu de télévision, devient vite un expert capable de reconnaître les principaux acteurs de la vie politique et religieuse libanaise. Dès la route de l’aéroport et jusqu’à Tyr, d’autres visages se succèdent, accrochés aux lampadaires. Ce sont les martyrs des guerres contre Israël, représentés sur fonds coucher de soleil, avec bouquets de roses d’un côté et mitrailleuse de l’autre. Jeunes, ou rajeunis par photoshop, ils ont un regard presque joyeux. Six pieds sous terre, leur image leur survit, transmettant aux vivants l’impression mensongère que ce funeste destin reste la meilleure chose qui leur soit un mois, à Beyrouth et dans les régions chrétiennes, une nouvelle affiche a fleuri. Un vieillard à la longue barbe grise, sorte de Karl Marx anorexique. Il s’agit du père Jacques Haddad de Ghazir 1875-1954, prêtre de l’ordre des Frères mineurs, capucin, béatifié dimanche dernier, place des Martyrs. Devenu bienheureux, il a fait un pas de plus vers la canonisation et sera fêté le 26 juin. La reconnaissance de la sainteté par le Vatican est un long chemin aux étapes obligées que la biographie officielle du Père Jacques vient opportunément confirmer Haddad fut, dès son plus jeune âge, intelligent, travailleur, consciencieux ». A force de prière et de jeûnes, il convainquit son père de sa vocation à la prêtrise. Véritable Bon Samaritain », il témoigna de sa foi par ses œuvres, créant des orphelinats, des écoles et l’ordre des Franciscaines de la Croix. Enfin, cerise sur le gâteau, ce presque saint est à l’origine d’une guérison miraculeuse. Le biographe Salim Rizkallah expose comme suit le long processus de vérification du miracle En 1998, la guérison de Mme Mariam Kattan de Maghdouché, atteinte d'un cancer malin et incurable ouvrit la voie à la béatification. La commission médicale a constaté la guérison, en termes techniques, d'une "néoplastie primaire occulte NPO avec métastase au dessus de la clavicule droite avec carcinome épidermoidal légèrement différentiel à activité mitotique". En 2005, Mgr Paul Dahdah, vicaire apostolique des latins au Liban, institua un tribunal accrédité pour recevoir les dépositions des témoins, médecins et autres pour s'assurer canoniquement du caractère miraculeux de cette guérison. Le dossier complet fut ensuite envoyé à la Congrégation pour les causes des saints qui désigna deux médecins experts. Leur rapport qui s'avéra positif fut soumis à une commission médicale consultative qui approuva à l'unanimité le rapport des deux experts. Le 1er janvier 2007, une autre commission, constituée, cette fois, de consulteurs théologiques confirma que la guérison avait été obtenue grâce à l'intercession du P. Jacques. Le 20 octobre 2007, une nouvelle Commission composée de cardinaux et d'évêques approuva le fait, et c'est Benoît XVI qui, le 17 décembre 2007 a signé le décret relatif. » Les multiples filtres du Vatican semblent ainsi exclure toute imposture. Anticipant les conclusions de tous les experts, le biographe conclut dans sa notice, de façon prophétique, que Jacques Haddad était mort en odeur de sainteté le 26 juin 1954. » Finalement, tout le travail de Rome consiste désormais à transformer cette odeur de sainteté du défunt Haddad, vraisemblablement trop évanescente en une date concrète et dûment labellisée sur le n’apprécie guère la plupart des formules sentencieuses et sulpiciennes de ce père Haddad qui me semblent profondément marquées par une époque célébrant à outrance le sens de la souffrance Le plaisir le plus grand est de dépasser le plaisir ; la croix la plus lourde est d'avoir peur de la croix. Au lieu de vous tordre le cœur, amarrez votre cœur à la croix. »Ou encore Souffre et prie. Nous souffrons en priant, et nous prions pour ceux qui ne savent pas comment souffrir. »Pourtant d’autres pensées me touchent Imitez la source elle ne dit pas à celui qui vient boire 'Dis-moi de quel pays tu viens et quelle est ta religion', mais plutôt 'Tu as soif… bois donc ! », La santé est une couronne sur les têtes des bien portants. Seuls les malades la voient », La perfection de la création est l'homme. La perfection de l'homme est la raison. La perfection de la raison est l'amour. La perfection de l'amour est Dieu ».Un homme d'Eglise me confiait Il y a davantage de religion que de spiritualité et de religieux que de croyants dans ce pays». Une chose est sûre, au Liban, les ordres sont multiples moines antonins, baladites, de Kaslik, kréymites, soeurs de la Sainte Famille maronite, de Sainte Thérèse, religieux chouarites, salvatorien. Sans compter les ordres internationaux présents au Liban jésuites , franciscains, dominicaines, capuccins, les soeurs de la Sainte Famille de Besançon, du Bon Pasteur, Petites soeurs . Les Libanais aiment que chaque ordre masculin possède son équivalent féminin, ajoute un ami jésuite. Alors comme il n’y avait pas de jésuitesses, ils ont fondé les sœurs du Saint-Cœur qui ont les mêmes fondamentaux que la Compagnie de Jésus» Au début j’entendais les sœurs de Cinq heures et cherchais désespérément à quel événement de la vie du Christ cette cinquième heure pouvait faire référence !Enfin, pour en terminer avec ces congrégations aux noms désuets, je ne peux manquer de citer cet évêque de Jaboulé qui, au XIXe siècle isolé avec sa communauté au Nord de la Beqaa, eut la lumineuse, et très certainement divine idée, de créer un ordre de femmes pour lui tenir compagnie. Très inspiré, l’homme d’Eglise baptisa cette nouvelle congrégation les sœurs de ND du Bon c’est dimanche, j’entends les cloches de l’église arménienne sonner, bientôt ce seront celles des Latins à moins que je ne confonde avec celles des Melkites. Qu’importe, c’est le jour du Seigneur. Verts de colère Univers chlorophylleExplosion végétaleJe dis bleuTu dis rougeJe dis blancTu dis noirNotre amour lacéré par les griffes des roncesNotre amour privé d’air étouffe sous le lierreLes roses ont leurs épinesLa haine comme un lichenLa mousse envahissanteJ’ai aimé jadis ton iris jadeJe le vois olivâtre et deviens transparenteL’amour anis et juvénile s’enlise dans la vaseGlauque, englué dans les alguesRegarde, mon cœur, notre jardin saccagéL’arbre à l’écorce gravée est mort hierJe bois jusqu’à la lie une absinthe amèreC’est l’hiver en été. A propos du hasard Eluard a écrit Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». Un proverbe arabe affirme Le hasard est mieux qu’un rendez-vous ». Je suis d’accord avec le premier et je confirme le second. La histoire avec le Liban est en partie liée à un article sur les prisons que j’ai écris en 2001 pour le magazine d’Amnesty International. J’avais notamment observé à quel point le travail des associations venait combler l’absence abyssale de l’Etat. Je me souviens d’une réunion surréaliste dans l’enceinte de la prison de Roumieh au cours de laquelle un responsable des Forces de sécurité intérieures les centres de détention relèvent du ministère de l’Intérieur au Liban faisait sans vergogne son marché auprès des ONG, demandant aux unes des couvertures, aux autres des denrées alimentaires…Cette année, je ne suis pas à Beyrouth pour les droits de l’homme, juste pour apprendre l’ pourtant, on n’échappe pas aux rendez-vous de la vie. Il y a un mois, au cours d’une conversation anodine avec la directrice de l’école de langue où je prends mes cours, j’apprends qu’elle vient de publier un livre sur ses cinq années passées à l’ombre entre 2001 et 2006. Je lis, je discute avec cette femme de cinquante ans, énergique, aux cheveux drus et aux yeux étranges, un peu exorbités, qui confèrent à son regard une intensité à laquelle il est difficile d’échapper. Je suis une survivante », confie-t-elle. Une rescapée à triple titre de la guerre civile au cours de laquelle elle fut brièvement kidnappée et battue, de la drogue dans laquelle elle a plongé à 23 ans entraînée par son amoureux qui finira par se mettre une balle dans la tête et enfin d’un tête-à-tête impitoyable avec elle-même, dernière fille d'un couple franco-libanais qui aurait tellement désiré un garçon !Vingt ans d’héroïne et vingt heures de travail par jour pour se la payer. C’est après sa troisième arrestation en trois ans que Joëlle, prof en fac à l’Université Saint-Joseph, se fait incarcérer pour consommation de drogue. Les deux premières fois, elle bénéficie de l’aide de sa famille et file en désintoxication avant de rechuter. La troisième fois, elle termine derrière les barreaux de Barbar Khazen. Elle qui n’a jamais eu de vraie copine vit désormais dans un univers exclusivement son livre, l’ex-prisonnière décrit ce microcosme pénitentiaire et ses règles, les rapports de force entre la directrice, les gardiennes, les prisonnières qui mouchardent, l’emprise que certaines détenues parviennent à avoir sur les autres grâce à l’argent, à quelques boites de conserve, à l’autorité naturelle, à la manipulation. Parler français c’est se rapprocher de l’une en excluant une autre, faire preuve de politesse c'est se distinguer mais il faut assumer, prendre des responsabilités c'est s'exposer aux détention ne se réduit pas à une longue période d’attente. Joëlle travaille en cuisine, fabrique et vend des colliers, fait du tutorat pour une co-détenue, prie, se sèvre toute seule de la drogue, sans utiliser aucun produit de substitution. Un défi personnel qu’elle se lance un jour, une victoire lui permettant de regagner son estime d’elle-même et surtout un cadeau offert à sa vite, elle prend conscience que Les murs ne font pas la prison, comme elle a joliment titré son ouvrage Ma liberté vient de l’intérieur, les murs de béton qui m’entourent ne l’empêchent pas. Je suis libre de ressentir l’émotion, libre d’aimer, libre de haïr, libre de réfléchir, d’imaginer… de croire, de choisir. Je n’ai jamais été si libre ».Barbar Khazen ressemble à un théâtre, riche de personnages hauts en couleur que la narratrice décrit avec une grande finesse psychologique. Toutes ont des noms d’emprunt sauf les sœurs qui font penser à celles de Cendrillon. Sans prénom, elles resteront tout au long du récit les sœurs », pas très tendres, pas très indulgentes, jalouses quand Joëlle tente avec brio la fameuse dictée de Pivot ! Les autres silhouettes nous deviennent vite familières Samar la compagne de cellule de Joëlle qui la fait tourner bourrique, l’attire dans ses filets, la rejette, l’aime, la promiscuité et le manque de tendresse suscitant en effet des amours plus ou moins durables en prison. Hind, la terroriste », rebelle et belliqueuse. Pierre, le fiancé de Samar à laquelle Joëlle prête sa plume et son inspiration amoureuse, telle un double féminin de Cyrano de Bergerac. Nadia Bejjani qui essaie d’aider les junkies à décrocher. Et toutes ces volontaires des ONG confessionnelles ou informations sur la vie de la narratrice hors de la prison sont parcimonieuses, égrennées de ci de là comme les cailloux du Petit Poucet un flash sur l’enfance à Achrafieh, un autre sur son boulot d'enseignante, une allusion à son ex-mari ou à sa fille. Et cela suffit. Avec lucidité, sans complaisance ni cynisme, Joëlle Giappesi a le don de la juste témoignage d’une ex-détenue, ex-junkie, qui assume son homosexualité me parle à moi qui n’ai connu ni la prison, ni la drogue. Elle me convie à accepter comme elle mes propres contradictions sans essayer de les maquiller pour leur offrir une quelconque cohérence littéraire ou édifiante. Chacun s’y retrouve, avec ses forces et ses failles, ses instants de bravoure et ses moments de faiblesse, ses rires et ses chagrins, ses peurs et ses rêves. Et surtout le besoin impérieux et vital d’être acheter le livre sur Internet je randonne, tu randonnes, nous randonnons... La porte a claqué. Un étrange silence envahit l’appartement. Ils sont tous partis. Les uns vers Paris, les autres vers Istanbul, certains vers New-York. Il est deux heures du matin. Je m’installe sur la terrasse pour repasser le film de ces dix derniers moisParcourir quelques tronçons du Lebanon Mountain Trail LMT avec un groupe d’amis. L’idée était née, en novembre dernier, au retour d’une randonnée en compagnie de mon professeur d’ LMT est un itinéraire de 400 km, reliant le Nord au Sud du Liban, en vingt-six étapes. Créé par Ecodit, une société américaine de conseil en environnement, et financé par Usaid 3,3 millions de dollars, ce circuit vient d’être achevé. Nous serions le premier groupe constitué à le parcourir. Un Américain a bien tenté de l’inaugurer en solo mais les combats de mai ont stoppé net son élan et il s’est carapaté à Chypre. Il ne s’agit pas simplement d’ouvrir un chemin de randonnée, nous avait expliqué un responsable, nous souhaitons redynamiser l’économie des 75 villages traversés ». Ainsi, à chaque étape, une liste de guides locaux à contacter est fournie [Est-ce pour inciter les marcheurs à faire appel à leur service que la signalisation du LMT est si discrète ?]Pour le logement, Ecodit a sélectionné des familles aux revenus plutôt modestes. Outre l'aide financière visant à aménager leur maison, une formation à l’accueil leur est proposée, ce qui sonne à mes oreilles comme un pléonasme tant le Liban conjugue naturellement la convivialité. On loge donc souvent chez l’habitant, parfois dans un couvent ou même sous la tente. Ce qui m’a plu dans le projet, me confie l’un des propriétaire de guesthouse, c’est l’idée que ce chemin relie le Nord au Sud au-delà des divisions communautaires et politiques de notre pays ».J-une semaineAprès les violences de mai, nous translatons en catastrophe les tronçons du LMT prévus dans l’Akkar où des heurts ont éclaté vers une région plus calme et proche de Beyrouth, entre les villages de Tannourine et de Baskinta. L’une des participantes qui avait annulé son billet, le rachète plus cher. Personne n’annule. jourJe n’ai plus envie de partir. J’ai peur du groupe. Ils ne se connaissent pas. Mon prof et moi avons pioché dans nos réseaux d’amis respectifs potes d’enfance, de boulot, de voyage. Notre équipe compte des Français, des Libanais, un Turc. Dans quelle galère me suis-je encore embarquée. J’aime les projets sur le papier mais confrontée à la réalité, je panique, c’est classique. Heureusement que mon prof assure. Pour étoffer la randonnée et donner un meilleur aperçu du Liban, nous avons également prévu des visites touristiques, une dégustation dans les caves du Clos St Thomas, une rencontre avec une coopérative de femmes druzes qui préparent le mouneh bocaux de confitures, condiments, douceurs, eau de rose, de mures…. La partie sportive ne me m’effraie pas contrairement à l’imprévu GeorgesNos guides s’appellent presque tous Georges. G1 connaît le chemin mais pas la dynamique de groupe. G2 est replet comme Hardy, bavard comme une pie, G3, plutôt sec comme Laurel, est l’un des topographes du LMT. Il a emporté son GPS et un relevé précis du chemin tracé de sa main, ce qui n’empêche pas le groupe de se perdre au milieu des genévriers. G2 en profite pour me sensibiliser à la difficulté de replanter cet arbre il faut que la graine soit avalée par un geai les Japonais ont tenté le coup avec les dindons mais sans succès qui ajoute une enzyme avant de la replanter par les voies naturelles. Sous les branches de genévrier ça sent le gin qui est effectivement fabriqué à partir de ces fameuses graines sorties du le trou de balles des geais. Tandis que j’écoute attentivement ces explications savantes, ça râle dans la troupe. La fatigue, la faim, le manque de repère, les de nuitL’un de nos guides s’appelle Rosny. Une allure de baroudeur, de fumeur de hashish, bref un noceur. Effectivement, Rosny fut fêtard, fréquentant la nuit les bars, le jour la faculté de Sciences-politiques. Tout au long des années 70, il voyagea, au sens propre et figuré. De son séjour à Paris, il conserve un argot désuet qu’il utilise souvent mal-à-propos. Et puis, en 1976, Rosny s’est posé à Aqoura, un village libanais - 150 habitants l’hiver, quelques milliers l'été - où vivait sa nourrice. Crise existentielle ? Il sourit pudique. Divorcé, père d’une fille de vingt ans, il protège aujourd’hui son indépendance, refusant de s’enliser dans les embrouilles de la politique locale Aqoura compte 70 % d’aounistes, 30 % de pro-Forces libanaises, 17 églises et deux grandes familles qui n’ont pas le même accent, s’amuse-t-il lucide. Moi, si je n’achète pas de terre, je vis pépère ! » Il nous emmène marcher sur des crêtes d’où l’on aperçois les champs de pommes Jusqu’en 1950, les paysans du coin ne cultivaient que des lentilles, du blé, et des pois. Ils étaient pauvres comme Job. Et puis un jour, un Libanais du village a ramené des pommiers d’Amérique. Ce fut la clé de la prospérité ! Aujourd'hui, les paysans enrichis exportent leurs pommes en Europe et leurs enfants aux Etat-Unis ». Une fois apprivoisé, Rosny distille ses histoires. Lors d’une pause, face à une grotte, il nous raconte celle d’un villageaois, qui, à l’époque ottomane, avait tué un soldat turc. Poursuivi par un officier, ce paysan d’Aqoura se réfugia, armé, avec toute sa famille dans une cavité de la montagne. Les Turcs tentèrent en vain un assaut et finirent par installer un siège en espérant affamer les fuyards. Les provisions épuisées, le paysan eut l’idée de fabriquer des fromages avec le lait de sa femme qui venait d’accoucher. Futé, il fit parvenir quatre frometons de lait maternelle à l’officier ottoman qui, amusé ou touché ou découragé, décida de lever le écoute l’ex-oiseau de nuit, en se gavant de cerises, tandis qu'un rapace tournoie au dessus de nos têtes. Rosny rigole en nous expliquant que c’est un "Nik al hawa" traduction littérale l’oiseau qui nique avec le ventLa masseuseElle enduit ses mains d’huile d’arnica ou de baume du tigre, invite le marcheur à se détendre et commence à masser. Ses longs doigts agiles tournent autour des malléoles, s’attardent sur le gros orteil, titille le talon d’Achille. Elle nous apprend à respirer par le ventre et lit dans les pieds comme notre Turc lit dans le marc de café. Tout le monde y passe ou presque. C'est intimidant de se faire masser en collectivité même par une kiné chanteuseC’est une fille du Nord de la France, grande, franche et fraîche, célibataire, certainement ex-jeannette ou guide, ancienne des Petits Frères des Pauvres et des Enfants du Liban. Mais derrière ce pédigree associatif impressionnant, on découvre un soir, après quelques araks bien tassés, une voix, une sensibilité. Son chant pur traverse la nuit et nous bouleverse. Son visage est concentré, marche dévoile. Impossible de tricher. Les caractères exposés à la fatigue se révèlent comme une pellicule photographique. Il y a la médiatrice, la psychologue, l’efficace, le généreux, le doux rêveur, le soupe-au-lait, la sereine qui pourrait passer pour une timide, la tenace et même un jésuite un peu loufoque… Parfois ça fusionne, parfois ça clash. En tant que co-organisatrice je ressors de cette expérience essorée au sens que le voyageur-écrivain Nicolas Bouvier donne à ce terme on ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu’on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels.» Interlude dans le Kesrouan Un gros rat se faufile entre les pierres massives des ruines de Fakra dans le Kesrouan. Une grande tour carrée datant de 355 de l’ère séleucide 43 ap. vouée au culte de l’empereur Claudius associé au dieu local Belgalassos. On s’attarde au sommet, quelques mèches de nuages s’accrochent au bleu violacé du ciel bientôt embrasé par le soleil couchant. Je suis dans un poème de Lamartine. Des nappes de brouillard remontent en spirale du fond de la vallée, enveloppent les rochers puis les pins parasoles et enfin les cimes. Je suis dans un tableau de Turner. Enrobée de brume rouge et or, le cœur saturé de nostalgie. Scoop Sarkozy débarque au Liban. Tout Beyrouth est au courant. A cette occasion, quelques privilégiés s’occupant de sa venue ont découvert une facette du nouveau président le la République libanaise. Sous ces airs de ptit père bonnard, le général Sleiman cache un intérêt certain pour la gente tiens en effet de source informée qu’au cours de son entrevue de préparation avec l’ambassadeur de France, en préambule à toute autre question sur l’avenir des relations franco-libanaises, le président Michel Sleiman a demandé si Carla serait du voyage. Ben, non pas de bol, la première Dame de France concocte son prochain album, elle n’a pas le temps d’accompagner Nicolas ! Il parait qu’il était très déçu le général. J’imagine l’ex-mannequin déambulant sur la corniche sous le crépitement des flashes, en tournée dans la Dahyeh QG du hezbollah, où elle ferait tourner la tête des barbus, en duo avec Feyrouz la diva libanaise au timbre chaud et la minette française aux chuchotements général, Nicolas a sagement préféré ne pas vous distraire de la lourde tâche qui vous incombe. Courage. Jours d'allegresse L’émir du Qatar a sifflé la fin de la récré et tout le monde est rentré dans le rang. Terminées les conneries ! Sur la route de l’aéroport, une affiche exprime la gratitude des Libanais envers le cheikh qatari Hamad ben Khalifa. La Banque Audi en profite aussi pour faire sa publicité et ressort les mêmes affiches représentant un soleil rayonnant qu’elle avait déjà utilisées pour célébrer la fin des 33 jours de guerre en 2006. Les institutions financières aiment d’échapper à l’image omniprésente du général Sleimane, roide dans son uniforme et sous sa casquette pinochesque mais au look de bon père de famille un peu terne en tenue de civil. Dès le samedi, des calicots aux couleurs du Liban fleurissent tout le long de la route côtière qui mène de Beyrouth à Amchit, le village du futur Président. Chaque banderole félicite le général qui ne sera pourtant élu que le dimanche par 118 voix sur 127 ! J'assiste à ma première leçon de démocratie consensuelle à la une semaine, il règne à Beyrouth et surtout dans le Centre ville, une atmosphère d'allégresse, doux mélange de légèreté et de liesse populaire. On lâche des ballons blancs, on suçote une glace Haagen-Das sur la place de l’Etoile, un trouffion m’offre une fleur de gardénia. La fiesta continue lundi. Je n’arrive pas à distinguer les tirs des feux d’artifices des tirs de joie ni des tirs tout court sur la Corniche Mazraa où des accrochages entre le Courant du Futur et le Hezbollah font seize blessés. Chaque fois, le cœur fait boum. Ma décision est prise, je vais boycotter les belles bleus et les belles rouges du 14 fête se poursuit encore mardi puisque je réussis l'examen d'arabe me permettant de passer dans la classe supérieure. Je gratte tous les points dans l’exercice sur les formules de politesse. Un sans faute en toute modestie. Il faut dire que je les répète tous les soir avant de m’endormir à la place de la prière Dieu y trouve son compte de toute façon ; que l’on mange, que l’on voyage, que l’on se couche, que l’on se réveille, que l'on b...., rares sont les occasions où l'on omet de convoquer le Très Haut Allah Issalmak, Alla marak, Katter kheir Allah, Allah iwasselak bikheir, Inshallah betruh u btji bessalame. Amoureux à distance La boite mail est pas tout à fait. J’ai reçu ce jour 25 messages, mais pas un signe de est 18h34. En France, avec le décalage, c’est vrai qu’il est plus tôt, 17h34. Il doit faire ses courses à Auchan, peser ses tomates, choisir ses yaourts, le temps qu’il rentre, se gare, ok, je lui laisse un toujours rien. Le cœur se serre. Je relis un ancien message. C’est bon, il dit qu’il m’aime. Ce serait dingue qu’il change d’avis en vingt-quatre même, 19h21, je me sens mal. Je me plonge dans L’Orient-le-Jour, relis trois fois cet article sur la baisse de popularité de Sarkozy mais je me fiche de Nicolas, je veux des nouvelles de P. Je pressens la nuit blanche, les heures qui s’égrènent, l’obscurité suis crevée. J’ai pas épisode de Desperate Housewives, une plaque de chocolat, la télépathie. Salaud, il m’oublie !6h du mat, épuisée, je m’endors sur l’ lendemain, j’ai la migraine et la bouche pâteuse. Un clic sur ma messagerie, un mail, c’est Lui à 6h05 ça va mon cœur ? Sans nouvelle de toi, je ne dors pas. Tu m’oublies l'hirondelle ? » Aujourd'hui le coeur est à la fête Eh ben voilà ! Enfournez dans un avion toutes les parties en conflit, faites les rôtir sous le soleil de Doha, ajoutez une bonne dose d’exaspération de la population libanaise, décortiquez les problèmes essentiels, ôtez les politiciens de leur environnement milicien, faites-les marner dans leur jus et vous obtiendrez une élection présidentielle prévue pour dimanche, la formation d’un gouvernement d’union nationale 16 ministres pour la majorité, 11 pour l’opposition et 3 nommés par le chef d’Etat libanais, l’adoption de la loi électorale de 1960, la levée de l’occupation du centre-ville qui durait depuis plus d’un an et l’engagement des uns et des autres à ne pas utiliser les armes pour résoudre leurs différends morts et deux cents blessés, selon le bilan officiel, pour parvenir à cet accord sans compter les traces laissées par les combats récents qui se superposent et réactivent une mémoire de la guerre civile jamais apaisée car non encore dégoupillée. Seuls certains mouvements de la société civile tentent de faire émerger cette mémoire conflitcuelle en établissant les faits, en constituant des archives, en suscitant les témoignages… Mais, blanchis par l'amnistie générale de 1991, les chefs de guerre de l’époque n'ont pas lâché le pouvoir. Erigeant l'oubli comme politique, ces zaïms font tout pour verrouiller la boite de Pandore qui risquerait de leur péter à la aujourd'hui, le cœur est à la fête, Beyrouth soupire de soulagement. Pourtant les cicatrices sont plus profondes que les quelques impacts de balles dessinant des étoiles dans certaines vitrines de Mona travaille dans un quotidien d’opposition. Coquette et chiite, elle est fidèle au même magasin de fringues dont la patronne est sunnite. Cette identité » communautaire n'a jamais empêché ni la première d’acheter ni la seconde de vendre ni les deux de papoter amicalement. Mais cette semaine, quand ma copine rentre dans le magasin, à son marhaba » répond un silence glacial. La patronne lui jette nous allons vous traquer jusque dans vos maisons, vous et vos amis du Hezbollah. Et nous vous tuerons ».Vocabulaire de la colère, mots exutoires certes, mais chargés d’une telle violence !Allez, aujourd’hui, le cœur est à la fête, Sirène nous annonce un bébé pour janvier. Si les tentes du centre-ville sont démontées, si les restaurants branchés qui ont fermé à cause de l'occupation de l'opposition depuis 2006 ouvrent leur porte, on ira place de l'Etoile porter un toast à la paix, à la reprise économique et au futur rejeton de Sirène et Bassem. De la vie, de la mort Mabrouk ! Ils se sont mis d’accord, vont rouvrir l’aéroport, peut-être élire un président et même débloquer le centre-ville ». Une rafale de bonnes nouvelles annoncées par la voix douce, grave et un peu traînante d’Iskandar. Allez, on va fêter ça ! » Mon ami arrose la paix comme il arrosait la guerre hier, avec dérision et une infinie la route de l’aéroport, des militants du mouvement Khalas arrétez brandissent des pancartes à l'intention des politiciens libanais partis régler leur compte à Qatar Si vous ne vous mettez pas d’accord, ne rentrez pas !»Les diplomates qataris ont réussi à réunir les freres ennemis en quelques jours, exploit que ni les efforts de l’émissaire de la Ligue arabe, ni notre Kouchner national n’était parvenu à relever. Ce nœud politique, apparemment si complexe, va-t-il se dénouer d'un coup comme celui du magicien qu'un souffle fait disparaitre ?Dehors dans la rue, un jeune Palestinien m’offre une bougie à allumer à l’occasion des soixante ans de la Nakbah la catastrophe. La naissance de l’Etat hébreux en 1948 commémorée dans la liesse chez les Israéliens est jour de tristesse pour les Palestiniens. Le vent éteint trop vite les fragiles flammèches qu’une poignée de militants tentent d’allumer au coin de la rue Jeanne d’Arc et de la rue paix, la guerre la vie et la mort en concentré pendant une grands et petits drames les enfants de mon prof d'arabe, Camille 8 ans et Cyril 12 ans, font aussi leur deuil. Ils ont perdu le poisson rouge offert à un anniversaire par un copain. L’animal a-t-il succombé au stress ambiant, au bruit des tirs d’armes automatiques ? Hum, je crois plutôt que c’est une indigestion qui l’a fait clamser », confie le père. Un moment, ému par les hurlements du cadet, il a pensé subtiliser le poisson pour l’échanger vite-fait contre un jumeau en invoquant une prétendue résurrection. Mais la mort fait partie de la vie et les enfants doivent un jour où l’autre y être confrontés, surtout ici ». Le paternel a donc juste proposé le rachat d’un cétacé. Avec son goût pour les démonstrations théâtrales et les paroles définitives, Camille proclame solennellement Jamais je n'aurai d’autre animal, celui-là est irrrrrremplaçable. » Cyril, davantage porté à l’intériorité, soupire C’est notre premier décès en direct. Grand-Mère, ca compte pas, c’était en France ».Dehors, des klaxons annoncent la reprise de la vie normale à Beyrouth. Comme les embouteillages, je les accueille avec reconnaissance et soulagement. Bach, Régina, Ali, Leïla et Chopin Depuis une semaine, j’écoute Bach tous les matins. Bach contre ce mail morbide de mon club de randonnée qui annonce le décès de marcheurs pendant les événements. Bach contre la mort de deux voisins de Nicolas à Ras el-Nabeh. Bach contre la tentation de se terrer pour mater des DVD. Bach contre la les tirs, c’était la panique, aujourd’hui, la ne pas se laisser envahir par la peur et l’ Sneifer vit dans la banlieue parisienne mais se trouve coincée par les événements à Beyrouth. Elle m’invite à déjeuner au Chase, place Sassine. Toujours élégante dans son corsage violet, avec ses lunettes de soleil légèrement fumées, cette femme a de la classe. Régina a publié un livre intitulé J’ai déposé les armes qu’il faut lire. Une brèche dans le mur du silence entourant la guerre civile de 1975-90. Elle y reconnaît avec courage sa part de responsabilité dans ce conflit qui déchira le pays du en 1962, à Hadath, un village au Sud de Beyrouth, elle évolue dans un environnement exclusivement maronite, jusqu’à 13 ans, je vis à l’école un ennui docile qui paralyse ma pensée sans que j’en ai conscience », écrit-elle. Elle ignore tout de l’autre Liban, celui des sunnites, des chiites, des druzes. Parfois, elle entend que les réfugiés palestiniens, au nombre de 400 000, ne rêvent que de jeter les maronites à la mer… Rumeurs, peurs, désinformations, méconnaissance bercent cette enfance malgré un climat familial chaleureux, un père surtout magnifique et généreux. Et puis, le 13 avril 1975, la guerre civile éclate. Les milices se forment. La famille Sneifer se réfugie en montagne, repliée dans des abris de fortune, grenier peuplé de souris effrayante pour la petite fille ou cave infestée de se rendre utile, rester vivante », elle propose ses services, ramasse les ordures, distribue le pain. En 1980, à 17 ans, elle franchit encore un pas en s’engageant dans la milice chrétienne de Béchir Gemayel. Elle pense ainsi défendre sa famille, sa patrie, sa foi et passe des transmissions à un réel entraînement militaire. A la mort de Béchir, elle suit un autre chef, Samir Geagea mais se sent vite mal à l’aise. Lorsque les factions chrétiennes se déchirent, la jeune milicienne commence à douter. Quel est le sens de son combat ? Vaut-il tous les carnages, la mort de ses amis proches ? Des camarades de combat sont victimes de purges internes liés aux combats fratricides entre Hobeika et Geagea. La jeune femme les visite en prison, les découvre torturés. Le doute se transforme en sentiment d'horreur. Un jour de 1986, elle apprend que des prisonniers, dont son ami Loubnane, ont été noyés, sur ordre de Samir Geagea. C’est la rupture. Régina quitte le Liban, tente de survivre puis de vivre en France, loin de la guerre et de ses ans plus tard, on lui apprend que la mère de Loubnane est décédée d’un cancer au village. Cette vieille femme est morte dans l’ignorance du sort de son fils disparu » alors que Régina, elle, savait qu’il avait été balancé avec un poids à la mer ». Elle détenait une information qui aurait pu permettre à cette femme de faire son deuil, de trouver une certaine paix. Cette prise de conscience la décide à sortir du silence. Régina Sneifer commence à écrire son témoignage. Et c'est picorant nos salades, nous évoquons la situation actuelle qui risque de faire replonger le Liban dans cette guerre dont elle vient de m’exposer toute l’absurdité. La donne est bien différente aujourd'hui les clivages ne sont plus entre chrétiens et musulmans et la réalité palestinienne n'est pas sur le devant de la scène, en revanche, la concentration des problèmatiques locales, régionales et internationales reste une le café, je retrouve Ali Atassi, un journaliste syrien rencontré au hasard de mes pérégrinations moyen-orientales. Fils d’un homme politique qui a croupi dans les geôles d’Hafez El Assad pendant des années, Ali a longtemps conservé une admiration mêlé de ressentiment à l’égard de son père qui, sitôt libéré est mort d’une leucémie.. C’est en tournant une vidéo avec, et sur, Riad al-Turk, le plus vieux prisonnier syrien, qu’il s’est guéri de ses fantômes. Face à l’ex-détenu, le journaliste a posé toutes les questions qui le travaillaient depuis tant d’années. Un militant politique peut-il sacrifier sa famille à sa Cause et priver la chair de sa chair d’une présence ? Le film de ce dialogue est presque insoutenable de sincérité. Ali ne fait jamais dans la dentelle il aime provoquer, dit ce qu’il pense et sort une vanne qui touche dans le mille. Désormais père d’un petit Nour, ce Syrien francophone vit dans Hamra et collabore à la rubrique littéraire d’Al me lance Alors, tu as déménagé de ton piège à rat ? » Ben non, j’habite toujours chez Zico, mais ne t’inquiète pas, il y a un blindé devant chez moi ! » Génial, autant te protéger avec une petite cuillère. »A l'heure du thé, j'ai rendez-vous avec Leïla qui a lancé une discussion sur les violences de ces derniers jours dans sa classe de terminale. Je veux qu’ils exorcisent cette expérience traumatisante.» Elle ne s’éloigne pas beaucoup du programme officiel qui demande d’évoquer les moyens de propagande des totalitarismes. Ici, pendant les combats, entre les nouvelles diffusées par la télévision du Hezbollah et celle du Courant du Futur, comment disposer d’informations fiables. Mercredi, la chaîne du parti chiite Al Manar a transmis une vidéo montrant des tortures horribles commises dans la ville de Halba Akkar par des pro-Hariri sur des militants du Parti Socialiste National Syrien. Huit seraient morts, deux se seraient réfugiés à l’hôpital. La vidéo aurait été tournée à l’aide d’un téléphone portable. Vrai ou faux ? Un journaliste de l’Associated Press me confirme les faits mais non la responsabilité du Courant du une semaine, tous les soirs, je m’endors avec Chopin. Tous ces fous mangent du vent La vie reprend, pose doctement son pronostique. Zico estime que le gouvernement a titillé le Hezbollah pour le faire sortir de son trou et le pousser à se compromettre en tirant sur des Libanais alors que ce parti avait promis de ne jamais retourner les armes contre son propre peuple, réservant son feu à l’ennemi israélien. Pour mon propriétaire, ex-milicien communiste pendant la guerre civile et souvent assez bon analyste, le Hezbollah a donc vaincu militairement mais perdu en légitimité. Ensuite, dimanche, en s’attaquant à la montagne druze et à Walid Joumblatt, le parti de Dieu a voulu élargir le glacis protecteur de la Dahye dans la banlieue sud », affirme Zico qui prophétise des négociations rapides puisque toutes les cartes sont sur la Michel, le silence étonnant des Etats-Unis, qui ne manquent jamais l’occasion de lancer des diatribes anti-Hezbollah, fait penser à un deal américano-iranien. Certains l’ont compris et en tirent les conséquences en rendant les armes comme Joumblatt, certains l’ont compris et hésitent comme Hariri et d’autres l’ont compris mais veulent résister à l’instar de Geagea. Si ce dernier s’entête, alors on aura un deuxième un homme en chaise roulante que l’on croise souvent à Hamra me confie, poète, tous ces fous mangent le vent ».Quant au chauffeur de taxi, il peste contre les sacs de sables et les barbelés qui font ressembler la conduite à un ou rester. L’aéroport est toujours fermé. Les motivés passent en Syrie par la route du Hermel. Mon amie Hala, engagée par l’Onu pour travailler au Kosovo, a tenté sa chance dès samedi. Elle doit être en France aujourd’hui. Mais les listes d’attente sont longues pour partir de Damas. Charles ira plus loin, en Australie où il compte monter un restaurant gastronomique...chinois. Moi je reste. Le Liban m’a tant donné depuis neuf mois que je ne veux pas quitter le navire en ce moment. Comment le faire comprendre à ceux que j’aime en soir, avec Leïla, nous faisons le point sur la journée au Baromètre, un bar ou l'on ecoute les chansons de Souad Massi, Marcel Khalifé, Ziad Rabbani et qui sert le meilleur Fattouche de Beyrouth. Je reçois un texto d’une amie journaliste. Attention, le quartier se tend. Ne rentre pas seule ». Un client du bar, milicien du Parti Socialiste National Syrien se propose de nous ramener. En face de la maison, un blindé tient la garde. Je devrais être rassurée mais vu passivité de l’Armée jeudi dernier je le suis à demi. La première communion Malgré les événements, la Première communion de Camille est maintenue, à l’Eglise St Antoine de Padoue, dans le quartier de Sin El Fil. Un taxi m’extorque le double d’une course normale pour traverser la ligne de démarcation entre l’Est et l’ ce Beyrouth chrétien et francophone flotte un air de France des années 60. On s’appelle Charles, Rosette, Jocelyne, Thérèse. On fait reprendre son tailleur chez le stoppeur ». Les communiants sont en aubes et les communiantes portent des couronnes de fleurs. Dans cette église moderne et claire, je me recueille, prenant soudain conscience qu’au cours de cette nuit terrible du 8 mai, pas un moment je n’ai pensé à Dieu. Il est si loin, ou plutôt, je suis encore si loin de lui…Depuis quelques temps, l’Eglise libanaise a confisqué » l’organisation des communions aux écoles afin qu’elles se fassent dans les paroisses. Les mauvaises langues diront qu’elle récupère ainsi un marché lucratif. A l’offertoire, après le pain et le vin, le prêtre présente une corbeille de fleurs et un drapeau libanais. Ce geste aurait heurté ma sensibilité laïque ailleurs. Mais dans ce Liban au bord de la guerre civile, où l’Etat se cherche, la réaffirmation par les croyants de leur attachement à la nation me semble un geste symbolique pertinent. D’autant qu’il s’accompagne de prières pour la allons déjeuner dans un restaurant immense et impersonnel. La moitié des convives invités sont présents, ceux de la Bekaa n’ont pu descendre car la route est bloquée. Assise face à un journaliste de la Voix du Liban - radio plutôt proche du gouvernement - j’en profite pour me faire préciser la composition de l’Armée dont l’attitude pendant les derniers événements fut pour le moins ambiguë. Parmi les officiers tu as 40% de chrétiens. Les 60% de musulmans se répartissent à égalité entre chiites et sunnites. Parmi les soldats, on compte 40% de chiites. C’est pourquoi, l’armée s’est montrée neutre voire complaisante face au coup d’Etat du principal parti chiite », m’explique F. Pour détendre l’atmosphère on évoque aussi ce DJ qui sévit l’après midi sur Radio Liban et dont les propos décousus me font souvent penser qu’il a du s’enfiler quelques joints avant de prendre le a reçu beaucoup médailles du christ et de la vierge. Je lui ai offert Le petit Nicolas de Goscinny. Je vois qu’il a délaissé la Bible illustrée et autres livres édifiants pour se plonger dans mon bouquin. Il se marre comme moi à son toutes les fêtes de ce genre, on mange beaucoup et on boit trop. Peut-être plus encore aujourd’hui, dans ce présent précaire. Chacun yeute discrètement l’écran de télévision au coin du restaurant pour suivre l’actualité combats dans le Nord à Tripoli, à Aley, dans le Chouf entre les partisans de Joumblatt et ceux de son rival Arslan associé à l’opposition… A Beyrouth on respire mais ailleurs on a peur. samedi precaire J’ai profité d’une accalmie vendredi pour filer chez Leïla. Un militaire me conseille de faire fissa. Je marche, je cours, je vole… Le gardien d’une banque qui me voit tous les matins demande si tout va bien. Oui, oui… ». Les rues sont tenues par le Hezbollah. Les bennes à ordures débordent, des bris de verre jonchent le 10 mai, L’Orient-le-Jour titre sur Une victoire à la Pyrrhus du Hezbollah. Pro-gouvernemental, le journal n’admet pas la défaite de son camp. Le parti de Nasrallah a démontré sa force et sa supériorité militaire. L’armée est restée passive, voire, complice à Beyrouth Ouest. Cependant le Hezbollah n’a-t-il pas commis une erreur en s’attaquant aux organes de presse ?Après un petit déjeuner gargantuesque, on se défoule au sport puis je vais visionner un DVD et boire du vin chez Iskandar. La tension actuelle fait remonter les souvenirs de la guerre civile. Sirène me raconte qu’elle et son mari ont dormi dans le corridor comme dans les années 80. Iskandar qui a des origines palestiniennes évoque son enlèvement par les Forces libanaises il y a vingt ans. Toute la journée, les informations maintiennent le suspense on a tiré sur le cortège funéraire de militants pro-Hariri, le Premier ministre Siniora prétend qu’il ne cèdera pas aux demandes du Hezbollah avant de faire volte-face. Les revendications de l’opposition sont acceptées. Les miliciens se retirent du quartier et les blindés de l’armée prennent leur soir, je vomis toutes mes tripes excès d’alcool et de stress. Dimanche, j’irai à la Première communion de Camille. cette nuit-la Je traverse l’ancienne ligne de démarcation entre l’Est et l’Ouest de Beyrouth à 16h. Le taxi ne peut pas passer. Près de la rue Monnot, une odeur de caoutchouc brûlé, des poubelles renversées qui brûlent, des militaires qui patrouillent avec des gilets pare-balles. Je voulais justement éviter de me retrouver là, à cette heure là. Celle de l’intervention radiodiffusée de Nasrallah, le leader du Hezbollah. Tout le monde l’attend. Va-t-il mettre de l’huile sur le feu ou calmer ses troupes. Peut-il appeler à l’apaisement sans perdre la face ?D’un côté, le gouvernement qui pousse le Hezbollah dans ses retranchements, l’accusant de contrôler les pistes de l’aéroport et d’installer un réseau de télécommunication illégal. De l’autre, ce parti de Dieu » qui considère le limogeage de l’un des siens », le chef de la sécurité de l’aéroport Wafic Choucair, comme une déclaration de guerre. Le Hezbollah exige l’annulation de cette mise à pied ainsi que le gel de l’enquête concernant le réseau de télécommunication. C'est le bras de fer, aggravé par l’envie d’en découdre qui couve depuis voiture finit par me prendre en stop et nous passons par la Corniche. Arrivée chez moi, j’entends les tirs d’armes automatiques. Leïla me dit de ne pas rester seule mais je n’ose plus sortir. Iskandar m’invite à boire avec ses amis poètes jusqu’au début de la guerre. Bérangère me donne des conseils de sécurité ne pas me mettre devant les fenêtres, préparer un paquet avec quelques affaires, surtout ne pas bouger. Je sursaute lorsqu’un chat se glisse dans l’appartement. C’est toujours celui qui y est qui est le moins bien informé. Sur RFI passe une émission culturelle, Pierre Arditi pérore sur le théâtre. Moi, je voudrais savoir si c’est la guerre ou je craque. Les tirs sont tout près. Mais je sors et j’appelle mon amoureux d’une cabine téléphonique. Sa voix est lointaine… Je rentre. J’ai peur. Je pleure. Chaque balle me terrorise. Tout mon corps se cabre, je n’arrive pas à maîtriser ce sentiment de panique comme une souris prise au piège. La nuit sera 3h heures, le bruit des roquettes se mêle à celui d’un orage. Si ça pouvait calmer les hommes d’armes. 5h je m’endors enfin. Le lendemain, j’essaie de comprendre la situation locale devant chez moi, c’est l’armée, juste derrière, les miliciens du Hezbollah. Ils sont une dizaine, entre 20 et 30 ans. Des foulards verts, les armes à l’épaule, deux ou trois sont cagoulés. Ils ressemblent à des rambos orientaux. Le chef » m’offre un café tu travailles à Future TV ? la télévision proche du Courant du Futur qu’ils ont prise dans le nuit. Je me recrie Non, non ! ». Ils blaguent en critiquant Sarkozy, et vérifient que j’aime bien » le Sayyed Nasrallah… Merci pour le café. Au pas de course, je pars en quête de pain et de cartes téléphoniques. Dans mon frigo il ne reste que du téléphone sonne sans cesse les parents qui s’inquiètent, un ami journaliste en France, des potes libanais solidaires et surtout mon amoureux avec son côté bourru et tendre. Toute la nuit je me suis accrochée à ses textos, je les ai relus jusqu’à les connaître par cœur, à l’instar de talismans protecteurs, une main agrippée à mon téléphone portable, seul lien avec l’extérieur. Cet homme que je ne connaissais pas il y a un an est devenue la personne la plus importante de ma vie, je m’en rends compte cette je n’ai attendu le matin avec autant d’impatience comme si le soleil allait dégager le conflit. Leïla a reçu un coup de téléphone de son ex. Le danger rapproche ceux qui s’aiment ou se sont aimés… Ville morte Beyrouth est déserte. Une ville morte comme dans ces westerns américains où les cow-boys, armes au poing attendent l’attaque imminente des bandits. Drôle de contraste avec l’atmosphère primesautière qui régnait ces derniers jours, la floraison des gardénias et les janacondas qui forment des charmilles bleutées au dessus de la chaussée. C’est la grève générale. Des manifestations contre l’envolée des prix étaient prévues à l’appel de la Confédération générale des travailleurs du Liban principale organisation syndicale du pays. Dès 7h30, elles ont été suspendues suite à l’explosion d’une grenade à Korniche el Mazraa. L’armée est déployée, la route vers l'aéroport bloquée, on entend des coups de feu près de l’Université libanaise, des affrontements seraient survenus entre Amal et le Courant du Futur…Au coin de ma rue, deux gros chars bleus ont pris place et les Forces de sécurités intérieurs viennent chercher des sandwiches chez mes voisins épiciers, l’un des rares magasins restés ouverts aujourd’hui. Dimanche soir à Beyrouth Le ciel est laiteux, légèrement rosé. Sur la corniche bondée, le MP3 vissé sur dans les oreilles, les joggeurs trottinent, profitant de la fraîcheur du soir. Certains superposent pulls et anorak pour suer davantage et perdre du poids. Ils font penser à des touristes s’extasient devant les flots méditerranéens tandis que les mateurs, adossés à la rambarde, fixent leurs regards sur d’autres ondulations. Elles font les pépettes à cette heure-là les Libanaise, hauts talons, jeans hyper serrés, lunettes de soleil grignote du maïs bouilli, on suçote une glace, on fume un narghilé. Le marchand de café ambulant fait tinter l’une contre l’autres ses petites tasses en porcelaine. C’est "nurses" sri-lankaises ou éthiopiennes courent après les gamins qui zigzaguent entre les contrebas, de vieux beaux se font bronzer et quatre papis jouent aux jeune homme et sa belle se racontent leurs rêves assis sur un rocher. D’autres amoureux plus âgés devisent en buvant un café. A l’abri des regards, planqués dans les voitures, les couples illégitimes se bécotent. C’est dimanche soir à Beyrouth. printemps culturel Depuis quelques semaines, malgré l’assassinat à Zahlé de deux membres du parti Kataëb, malgré la polémique autour d’un réseau téléphonique illégal entretenu par le Hezbollah de Tyr au Mont-Hermel, malgré l’approche d’une nouvelle session du Parlement, le 13 mai, pour élire le président de la République, mes amis ne me parle plus de politique ! Place à la culture. Or ce printemps est riche en événements artistiques. Les Libanais sortent à nouveau d’autant que les prix des places pour ces spectacles sont tout à fait raisonnables entre 5 et 10 Habache, le critique littéraire du quotidien Al Safir a qualifié ce concert d’historique dans son éditorial. Le chanteur azéri Alim Qasimov se produisait avec sa fille, un joueur de tar luth et un autre de Kamanche vièle. Le répertoire de Qasimov, d’origine paysanne, s’inspire de la tradition populaire et rurale. Il perpétue et renouvelle le mugham, cette poésie musicale qui mêle l’épique au spirituel en Asie Centrale et au Moyen sur de gros coussins colorés, les artistes s’accordent. Une courte introduction musicale, puis la main de Qasimov caresse son Daf tambour et la voix s’élève. Rauque, en spirale, elle semble sculpter le silence, occuper l’espace de la scène puis embrasser la salle toute entière. Un duo avec sa fille Fargana évoque les amours de Majnoun et Leila. Le chant est pathétique, désespéré, intense. Et pourtant, ma pensée s’évade. Je ne sais ce qui se passe dans la tête des autres spectateurs mais, en concert, chaque fois, mon esprit s’envole sur les volutes des notes vers des souvenirs, des ailleurs… Je suis loin, si loin... Et puis soudain, la lumière blafarde, le tonnerre des applaudissement, on se sens projeté, comme une boule de flipper, hors de cette magie musicale et Festival de danse contemporaine s’achève. Dans l’ensemble, je reste frappé par la violence des chorégraphies présentées. Gestes saccadés, musiques souvent hachées, corps qui se heurtent. Peu de sensualité, d’harmonie ou de douceur. Peut-être les spectacles sont-ils le reflet de notre monde actuel ?Au Théâtre Medina, le travail de la compagnie allemande Folkwang Tanzstudio, codirigée par Pina Bausch et Henrietta Horn, m’a éblouit. En particulier, Auftaucher qui met en scène cinq danseurs et cinq danseuses pour de multiples variations autour du couple, Attraction, répulsion, jalousie, impulsion, joie…Au Théâtre Tournesol, une Libanaise réinvente le flamenco. Sur une bande sonore répercutant un bombardement et des tirs d’armes automatiques, elle danse seule sur la scène, éclairée par une lumière tamisée. Son corps est plein de colère retenue. Ses bras parfois se tendent brutalement comme si elle plantait une épée dans le dos d’un ennemi invisible. Elle piétine le sol avec rage. Elle danse la guerre...Au Théâtre Monot, la musique pulse, sourde. Les danseurs de hip-hop évoluent à un centimètre au-dessus du sol. Parfois, ils dansent sur les silences et c’est encore plus beau. Le spectateur assis devant moi gêne ma vision. Il tourne la tête à droite, s’incline ensuite à gauche, puis à droite, à gauche. Le type devant lui gigote de façon asymétrique, à gauche, à droite, à gauche, à droite, comme les branches d’un essuie-glace. Moi-même, je me penche alternativement et inversement, à droite, à gauche. Et c’est toute la colonne des sièges situés dans le rang F du théâtre Monot qui oscillent en rythme, à droite, à gauche, droite, gauche. Maternités Quatre de mes amies sont enceintes. L’une d’elle vient d’accoucher d’un garçon qu’elle ne gardera pas elle est mère-porteuse pour sa cousine qui ne pouvait enfanter suite à un cancer de l’utérus. Avec les autres ventres ronds » et leurs compagnons, nous allons barboter près de Amchit. Une maison bleue, une table dressée au bord de l’eau, de la musique cubaine et du bar grillé. Les hommes et moi trinquons à l’arak, les femmes qui attendent » sont au partout dans le monde lorsqu’un heureux événement se prépare, la conversation roule sur les prénoms Ma première je l’ai appelée Aya ce qui signifie à la fois le verset et lapureté. On dit par exemple une vie pure, une beauté pure… » [ ou du canabis pur ! Surtout si tu es de la Beqaa », glisse un impertinent]. Imperturbable la maman poursuit Bon, le problème c’est que Aya est un prénom surtout adopté par les musulmans alors que mon mari est maronite ». Moi j’ai appelé mon fils Noureddine comme mon père mais les gens raccourcissent et disent Nour la lumière qui est un prénom féminin. » Dans ce foutu pays, je veux être utopique et mon second s’appelera Salam la paix », affirme rebelle ces prénoms arabe qui arborent explicitement leur sens Karim le généreux, Darine qui a deux maisons la terre et le paradis, Rim la gazelle, Ali noble, Chaker celui qui remercie, Rafik le compagnon de route, Tarek le voyageur, Farrah la joie, Feyrouz la Turquoise, Amal l’espoir, Bachir l’annonce de bonnes nouvelles, Chirine la douce…Joumana joyau, Amin le constant, Dounia la terre entière…Une petite brune écoute ces propos, l’air un peu triste. Comme moi, elle n’appartient pas au club des futures maman et me chuchote c’est dur pour moi d’entendre ça, j’ai avorté l’an dernier. » Au Liban l’IVG est prohibé sauf si la grossesse présente un risque médical pour la mère. Mais comme dans tous les pays, on s’arrange toujours moyennant finances. La petite brune sort de sa torpeur mélancolique. A présent elle est en pétard contre le Liban. Je vais quitter mon pays et en trouver un autre sans chrétiens ni musulmans, avec que des…boudhiste ! », lance-t-elle. Elle ne comprend pas pourquoi une Libanaise ne peut transmettre sa nationalité parce qu’elle est femme. Elle ne comprend pas pourquoi on s’étonne qu’elle soit sexy tout en étant de Nabathiye et qui plus est chiite. Elle ne comprend pas pourquoi on s’intéresse d’abord à sa confession plutôt qu’à sa personne. Elle comprend trop bien pourquoi les responsables religieux ont refusé l’instauration du mariage civil qui les aurait privé de substantiels revenus tant il est vrai que, pour n’importe quelle démarche auprès d’un évêque ou d’un cheikh baptême, mariage, annulation de mariage, changement de religion…, il faut d’abord verser son colère a jeté un froid. On pique tous une tête dans la mer turquoise. Les ventres ronds flottent. Moi je reste pensive. Désir recomposé Désir qui, sauf les prêtres voudrait appeler ça manque ? », Nous parlons de quelque chose à la fois réel et imaginaire », Le paradoxe du désir, c’est qu’il y a une extrême jouissance à ne pas encore en jouir », Le désir ne doit jamais être interprété ».Ces citations et quelques autres, en anglais, en arabe et en français, tapissent un mur en plâtre dans le lobby du Théâtre Medinat. Un mur, percé d’une ouverture, qui porte en son milieu une étagère sur laquelle sont posés des livres de Spinoza, Guettari et Cortázar ainsi qu’un cactus. Cette installation, excitante et piquante, est le fruit du travail de deux critiques d’art, l’une Nataza Ilic basée à Zagreb et l’autre Stephen Wright, chercheur à l’Institut national de l’histoire de l’art à cloison pour évoquer une attraction ? Le paradoxe veut inciter le visiteur à déconstruire la définition générale du désir pour échapper à une vision normative. Echappez-vous, semble signifier la porte ouverte, fuyez les notions abstraites, figées qui enferment. Notre époque n’est pas érotique », confirme Stephen se ballade à travers les extraits d’œuvres de Hölderlin, Joyce, Marx, Deleuze, Foucault, Rousseau, Char…J’aime particulièrement un vers de ce poète qui figure à gauche du mur Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir ».Cette installation clôt le Home Works IV, un forum des pratiques culturelles qui se tient tous les deux ans à Beyrouth autour d’expositions, de conférences, de spectacles. Aujourd’hui commence un festival de danse. Un oiseau m'a dit Il est parfois difficile d’aborder frontalement sa progéniture. Les parents libanais utilisent alors une ruse que je trouve empreinte d’une ironique poésie. Ils disent Un oiseau m’a dit ….que tu n’avais pas fini tes devoirs, que tu t’étais gavé de fistiks cacahouettes avant le repas, que tu avais séché les cours, etc. ». L’oiseau sert ainsi le subterfuge idéal pour préserver l’honneur de petiot et l’autorité de l’ père de mon amie Julia n’a pas encore réalisé que sa fille avait la trentaine bien sonnée. Pour lui glisser un reproche ou une question, il feinte lui aussi, remplaçant l’oiseau de service par le marc de la fin du déjeuner, observant d’un air pénétré le fond de la tasse de sa fille préférée, il assène avec assurance Je vois dans le marc de café que tu n’es toujours pas payé de ton salaire de prof à l’université libanaise, que tu as pris sept kilos et ne te nourris pas convenablement, que tu ne viens pas nous voir assez souvent, que tu sors avec cet enfoiré de Jamil alors que Fadi t’attend depuis si longtemps, etc. »Un procédé tout à fait adaptée à ce pays où l'essentiel est de ne jamais perdre la face. Pâquerettes et vinaigrette à Baskinta Le paysage évoque la toile d’un peintre impressionniste. Des cerisiers en fleurs, un tapis de pâquerettes, quelques boutons d’or… Quand un timide rayon de soleil perce les nuages lourds de pluie, on dit ici que les souris se marient ». Alors les enfants turbulents partent à la recherche de ces improbables épousailles et les adultes, enfin tranquilles, peuvent boire le café sur la terrasse face aux neiges pascales du Mont m’a invitée dans sa maison de famille à Baskinta, village situé à 1200 mètres d’altitude dans le Metn. C’est son grand-père qui a bâti cette demeure en pierre ocre en 1901. Baskinta signifie en syriaque la maison de la sagesse ». Appellation prémonitoire, puisque ce lieu de villégiature est aussi pays de littérature les écrivains Georges Ghanem et Michaël Nouaymi, y sont enterrés. On voit le buste du second, ami intime du poète Khalil Gibran, taillé dans le roc. La main sous le menton, le romancier, semble contempler la vallée boisée qui plonge à l’Ouest. Sa maisonnette est encore debout, percée en son centre par le tronc d’un la guerre civile, les chrétiens de la ville de Zahlé, assiégée par les Syriens de l’autre côté du col, venaient s’approvisionner en munitions à Baskinta. La famille de Roxane qui habitait à Beyrouth s’est elle aussi réfugiée dans le village du grand-père pendant les bombardements de la capitale, offrant ainsi aux enfants un an de vacances ». Aujourd’hui, ce sont les grosses chaleurs estivales de la ville que les citadins fuient à Baskinta tandis que ses habitants eux, montent encore plus haut dans des hameaux abandonnés l’ année, le 8 septembre, la population de la région monte en cortège jusqu’à la chapelle Sadet el Khallé sachant que Khall signifie vinaigre, je traduis le nom de cet édifice religieux par Notre Dame de la Vinaigrette sans toutefois saisir exactement la nature du lien existant entre la Vierge et le condiment. Nous suivons le sentier fleuri jusqu’à cette susdite chapelle de Notre-Dame-de -la-Vinaigrette, découvrant au passage, des brins de thyms sauvages que nous cueillerons pour la salade du déjeuner. Est-ce la présence de cette plante aromatique sur le chemin qui serait à l’origine de cette fameuse histoire vinaigrette. Je me plait à l’ est la plus jeune d’une famille de quatre. Le choix des prénoms de enfants m’intrigue il y a d’abord Rodrigue et Chimène comme les héros du Cid de Corneille, Roxane comme l’héroïne du Cyrano de Rostand et… Chantal. Pourquoi ce prénom si plat après avoir opté pour d’autres si connotés. Parce que le prénom commençait par les mêmes lettres que Chimène », me répond la famille. Certes !Sur les murs de la vieille maison familiale sont accrochés les paysages immortalisés par Rodrigue qui est à la fois photographe professionnel et randonneur amateur. Malheureusement une maladie dégénérative de l’œil le rend progressivement aveugle. Cruel destin pour un homme de l’ cerisiers frissonnent, le crépuscule rend les gens plus tendres. Il faut quitter moment du départ, je cueille une pâquerette pour l’effeuiller lentement dans la voiture et m’assurer que mon amoureux m’aime toujours. J'arrache le dernier pétale blanc sur passionnément ». Sans tricher ! week-end pascal Pour les chrétiens d’Orient, Pâques est la grande fête de l’année liturgique, plus significative que Noël puisque c’est la résurrection du Christ qui fonde leur foi. Le monastère syrien de Mar Moussa d’ordinaire isolé dans un silence recueilli, bourdonne comme une ruche. Familles chrétiennes de Damas ou d'Alep, expatriés, routards, tout le monde participe dès le samedi à la cérémonie de la réconciliation au terme de laquelle le fidèle prie successivement face aux quatre points cardinaux. Paulo, le prêtre officiant, nous donne rendez-vous le lendemain à … 4 heures du matin pour la messe pascale. Pendant un instant, je pense qu’il blague. Que neni ! Avant l’aube, chacun descend de la montagne vers le monastère, à la lumière de bougies, de lampes torche ou de la pleine lune, pour se retrouver à l’intérieur de la chapelle plongée dans l’obscurité totale et un silence religieux portent une cagoule noire et une étole rouge vif. Les textes sont lus en arabe classique alors je pique du nez par intermittence. La cérémonie dure trois heures, lente montée en puissance qui se termine par des youyous et un dabkeh danse traditionnelle arabe sur la terrasse du couvent. On se lance les uns aux autres du Messih raqam » Christ est ressuscité dont la réponse attendue est raqam qan » vraiment il est ressuscité ; on heurte par jeux l’œuf dur du voisin pour tenter d’en briser la coquille ; on croque des sablés à l’anis et du chocolat noir. A midi, exceptionnellement, il y aura de la viande et le soir, un bon petit vin rouge tiré de vignes proches de festin terminé, une discussion s’improvise autour de Paulo sur l’avenir de la région. Pessimiste, le religieux affirme qu’il s’agit désormais de gérer le désastre consécutif à la guerre en Irak. Puisque personne ne veut plus vivre ensemble, il faut donner à chaque communauté religieuse ou ethnique le droit de se gérer elle-même. On ne peut forcer personne à devenir citoyen d’un Etat qui n’est pas désiré. Arrêtons d’absolutiser la nation ! vitupère le jésuite. Pour éviter les risques de guerre civile au Liban, la seule solution c’est un Maronistan, un Hezbollahistan, un Druzistan etc. En Irak, il faut que les chiites et les sunnites obtiennent leur territoire comme les Kurdes ont le leur. » Je reste perplexe devant cette perspective de cantonisation qui me semble un renoncement insupportable au pluralisme. Pas sur en plus que ce soit le réel désir des rentrer à Damas, je suis prise en stop par des chargés de mission d’une ONG française qui œuvre dans le développement. Serrés dans leur voiture cahotante – les devises du pétrole syrien ne sont visiblement pas investies dans les infrastructures routières du pays – nous traversons une plaine jaune et sèche. Un homme paumé dans ce désert hostile agite un drapeau. C’est un gardien qui signale le passage du train reliant une fois par semaine Téhéran à Damas et qui aurait transbahuté des armes interceptée par les Turcs. J’imagine le stress de ce pauvre type dont la préoccupation essentielle consiste probablement à se maintenir coûte que coûte éveillé pour ne pas louper les cinq minutes critiques du passage hebdomadaire de ce partenaire local de cet ONG est un prêtre de village qui gère un vaste domaine agricole. Avant de dépeindre la triste situation hydraulique et politique de la région, il nous propose ses produits mélasse, raisins secs, huile d’olive. Pas question de d’exploiter la vigne autrement que pour le raisin à cause du caractère très sunnite » de la terre a soif. Jadis, le village disposait de 23 sources. Toutes sont épuisées. Cette année, il a fait très froid -17°C, neigé deux fois mais pas une goutte de pluie n’est tombée. On parle de commerce équitable des produits locaux, mais s’il n’y a plus d’eau, ça ne sert à rien », relève lucide un des chargés de mission. Il suggère de privilégier l’arboriculture moins gourmande et notamment les amandiers qui, après trois ans d’arrosage, ont l’avantage de la sobriété. Dans la région, l’Etat syrien a tout bonnement interdit aux paysans de planter du blé, de l’orge ou des légumes, cultures trop consommatrice en souci du pauvre curé, son huile d’olive est d’excellente qualité mais impossible à exporter à cause des problèmes politiques de la Syrie. L’ONG propose de faire jouer ses réseaux de solidarité et de mettre en contact le partenaire syrien avec ses alter ego tunisien pour comparer les systèmes d’irrigation. La visite se termine par un tour dans l’église Saint Julien un ermite originaire d’Edesse, dont le tombeau est vénéré – phénomène courant au Moyen-Orient – à la fois par les chrétiens et les musulmans. Le prêtre a voulu faire analyser les os du saint et étudier la calligraphie syriaque du sarcophage mais s’est heurté à un refus de la part des autorités ecclésiales locales. Le sacré doit rester veille nous étions dans hautes sphères de la spiritualité pascale et devisions de géopolitique. Aujourd’hui, j’écoute ce curé parler de problèmes concrets, de nappes phréatiques et de sol calcaire. Mais je sens que tout cela est relié, pour le pire et pour le meilleur aussi. les "tirs de joie" Lorsqu’un leader politique libanais passe à la télévision, il pleut des balles de Kalachnikov à Beyrouth. Hier, pour fêter le discours de leur chef, Hassan Nasrallah, ses partisans ont tiré en l’air. Résultat trois personnes blessées dont une 17h30, avenue de l’Indépendance dans le quartier d’Achrafieh, une passante a ressenti une vive douleur dans la poitrine avant de effondrer, touchée par une balle perdue qui lui a transpercé le poumon, le péricarde, le diaphragme et le foie. Elle s’en est sortie de justesse. Parfois, pendant la retransmission télévisée une bande passante rappelle qu’il est interdit de tirer en l’air. Mais tant qu’il n’y aura pas de sanctions et que les Zaïm les leaders communautaires ne séviront pas contre ces pratiques, il est peu probable que cessent les "tirs de joie". le sobhieeh Chaque mois, les femmes de la famille F. se réunissent toutes générations confondues. Ce jeudi-là, c’est au tour de la mère de Leïla de recevoir les tantes, cousines, nièces pour un sobheeh petit déjeuner gargantuesque. Les hommes sont exclus de ces retrouvailles mensuelles et chaleureuses. A 10h, elles sont toute là, une vingtaine de femmes, voilées ou non, en robe ou en jean. La plus âgée a 82 ans, la plus jeune vient de naître et la moitié des convives a vécu en Côte-d’Ivoire. Sur la table, des manaïches, du labneh, des oignons sauvages, des radis et du foul parfumé à l’ail. La maîtresse de maison s’est levée à 5 heures du matin pour préparer ce festin. En dessert, elle offre des oranges amers, un kenifé gâteau au miel et au fromage à 1000 calories la portion et une espèce de génoise crémeuse et colorée dont on trouve la réplique dans les boulangeries chinoises de mains piochent dans les plats. Ma voisine infirmière, née à Abidjan a vécu en France, en Suisse, aux Etats-Unis et au Liban, s’est mariée avec un lointain cousin, a divorcé au bout de six mois et désormais s’occupe d’une entreprise d’import-export de fleurs entre l’Afrique et la France. Jamais je ne reviendrai vivre ici, m’explique-t-elle. Le pays est trop instable et communautaire. J’ai passé mon enfance en Côte-d’Ivoire en me déclarant libanaise. Point. C’est au Liban que j’ai découvert ma confession non seulement musulmane mais chiite !!! »L’hôtesse a hésité à maintenir ce repas traditionnel. Son frère se meurt d’un cancer dans une clinique à Bordeaux. Il souhaiterait finir ses jours là où il les a commencé, en Côte-d’Ivoire tout en étant enterré au Liban, son pays. Compliqué comment concilier des identités en millefeuilles ?Sitôt le sohbiye terminé, tout le monde se lève et disparaît. Avant de quitter, une amie de la famille qui porte le doux nom de Sirène prend ma tasse de café, la renverse puis traduit » les dessins laissés par le marc. Tu vas recevoir une belle somme d’argent Alhamdullilha, tu hésites entre deux voies, l’une te donnera la joie laquelle mystère ! et tu rencontreras une femme aux long cheveux et enceinte ». Jeune mariée, Sirène a une belle chevelure brun roux. C’est elle la femme enceinte que je dois rencontrer, j’en suis sûre ! A mon tour, je joue les madames Soleil et lui prédit l'arrivée prochaine d'un bébé. Elle sourit et reprend du Kénifé pour le futur enfant » A propos, aujourd'hui, jour de printemps, c’est aussi la fête des mamans au Liban. Laure et Joseph Accepterais-tu de relirrrrre mon manuscrrrrrit ? »Ça me pompe ! Je suis d’une humeur de chien et n’ai aucune envie de parcourir la centaine de pages écrites par la Doyenne de la faculté des sciences de l’ comment dire non à cette voix qui chante au téléphone ? Oui, bien sûr je lirai votre document avec plaisir »Je avons rendez-vous au Café des Lettres pour la remise du texte à corriger. Nada est une Libanaise d’une quarantaine d’années. Un visage long, étrangement rectangulaire posé sur un corps immense et mince. Silhouette d’échassier, toute vêtue de noir. Quand elle marche on dirait une danseuseJe tente d’être aimable sans vraiment me convaincre moi-même et rentre au studio avec le manuscrit sous le bras. Me voici à ma table de travail, le crayon rouge affûté, prête à dézinguer, griffonner, gribouiller. Véritable sniper de la correction, je ne laisserai rien puis dès les premières phrases, le charme agit. Des phrases simples et limpides se succèdent pour raconter l’histoire de Joseph et Laure, les parents de la Doyenne de la faculté des sciences de l’Education. Un récit d’engagement humaniste au sein d'un couple soudé par un amour mère de Nadia, née en 1929, décédée en 1997, fut une grande figure de la lutte pour les droits des femmes au Liban et dans le monde arabe membre du Comité des droits de l’homme de l’Onu, vice-présidente du Conseil International des Femmes, vice-présidente de la Fédération Arabe des Femmes et présidente du Conseil National Libanais pour les femmes. Je la vois à travers les mots de sa fille élégante, attentive au détail, férue d'arts et de lettres, recevant peintres et romanciers à sa table, belle certainement et surtout amoureuse jusqu’à la fin d’un grand enfant idéaliste… Elle l'a rencontré sur un lit d'hopital, il avait pris un mauvais coup lors d'une le père, fut un avocat réputé, activiste des droits humains, fondateur en 1969 du Parti Démocratique Libanais et président de l’Association Libanaise des Droits de l’Homme. Il mourut en 1995, au lendemain de sa nomination comme ministre de l’Environnement dans le gouvernement de Rafic Hariri Leur fille les présente par petites touches, à travers des anecdotes qui dévoilent une maison du bonheur, malgré la guerre civile et le suicide d’une de leur fille. Le texte dégage tant d’amour…Je me la joue plus modeste lors de notre deuxième rendez-vous avec Nada, dans un bar cosy installé à l’étage d’une ancienne demeure beyrouthine. Nada répond avec douceur à toutes mes questions sur Laure et Joseph, le secret de leur couple, le moteur de leur engagement… Toujours cette voix chantante. C’est magnifique de parvenir à travers les mots à faire aimer aux lecteurs, en l’occurrence à une lectrice mal lunée, ces inconnus célèbres, ses parents Laure et Joseph Moghaizel. Souk à Saïda Je traîne ma tristesse dans le souk de Saïda. L’odeur de pain chaud se mêle à celle du café moulu. Des poulets décapités pendent à des crochets de fer. Les rougets, gueule ouverte, me fixent de leur yeux vitreux. Plus loin, les alignements sages de chaussettes succèdent aux piles de soutiens gorges couleurs pastels, taille femmes négocient leurs foulards mordoré avec de fines dentelles pour la mère, en nylon rouge vif pour la la route asphaltée, au milieu des voitures surgit soudain un cavalier au galop, créant un joyeux bordel dans la circulation déjà Saïda, l'ex-Premier ministre Rafic Hariri veille du haut d'immenses affiches. Photos en pieds, portrait en solo ou avec son fils, le miliardaire sunnite est partout. L'arôme vanillé des patisseries m'écoeurent. Je quitte le centre pour la mer. La digue est longue, le vent glacé et le soleil agressif. Un bataillon de mouettes au garde-à-vous tournent le dos aux flots émeraudes. Les oiseaux attendent je ne sais quoi. Moi aussi j’ que le vent apaise mes remous intérieurs. Je t'attends... J’ai rencontré Arafat » Ahmad évoque la rencontre sans forfanterie. Fin des années 70, le Liban se trouve plongé dans la tourmente de la guerre civile. L’OLP a encore son siège à Beyrouth. Les Syriens sont arrivés en 1976 et les Israéliens en 1978. Il y a aussi des marines américains, des soldats français, des Italiens... Bientôt, les Iraniens pousseront leurs pions. Le Pays du Cèdre est alors un terrain de jeu pour tous les acteurs régionaux et internationaux de la Guerre froide. Ahmad, à peine sorti de l’adolescence, joue encore au foot. Un après-midi, sur le stade où il dribble, apparaît un homme barbu coiffé d’un keffieh noir et blanc. C’est Yasser Arafat. Poignée de mains, échanges de propos autour du foot, de la politique, de la guerre… Quelques semaines plus tard, Ahmad rejoint les partisans libanais des fedayins palestiniens. On l’entraîne au maniement de l’AK47, il coiffe lui aussi le keffieh et professe des idées famille d’Ahmad est sunnite et d’origine modeste. Son père a deux épouses et huit enfants. C’est une espèce de Rhett Butler libanais, qui a fait sa pelote pendant le conflit grâce à la contrebande de cigarettes. Il apprécie peu l’engagement de son fils. Pour calmer ses ardeurs de combattants gauchistes, il l’envoie au paradis de la consommation, aux Etats-Unis. Ahmad débarque seul en Californie, y rencontre une Américaine, se marie et fait un enfant. Un mariage pour les papiers se transforment en une forte histoire d'amour. Sa belle-mère est danoise et son beau-père mexicain, ils ont vu le film polémique Jamais sans ma fille, tiré du best-seller de Betty Mahmoody et vivent dans la crainte qu’Ahmad n’enlève un jour leur petite-fille pour l’emmener dans ce Moyen-Orient si effrayant vu de Los seize ans d’Amérique et un divorce, Ahmad décide de rentrer au pays. Il arrive à Beyrouth les poches vides, sans plan de carrière. T’as donc rien fait là-bas », râle son père inflexible. Le Liban qu’il retrouve a bien changé. Marx n’est plus à la mode, le Mur de Berlin est tombé, il faut faire de l’argent, profiter de la reconstruction. Il se sent un peu étranger dans son propre pays, sympathise surtout avec les autres histoire, il me l’a racontée lors d’une interview en 1998 devant une glace à la fraise. Je le retrouve dix ans plus tard devant un verre de kefraya, râblé, coiffé en brosse, toujours très beau, juste un peu vieilli. Il a refusé de rentrer dans l’entreprise familiale de cigarettes, préférant mettre ses talents au service d’une boite internationale. D’après ce que j’ai compris, il joue les pompiers quand des problèmes se posent au sein des filiales d'un groupe qui vend des programmes éducatifs...américains. Souvent entre deux avions, il voyage partout dans le monde, surtout dans le Golfe. Etrange mélange de grande douceur et de fermeté, Ahmad fait merveille du Caire à me perds dans son appartement qui contient six fois mon deux-pièces parisiens. Au quatrième étage du même immeuble habitent ses parents, au second il y a son frère aîné et tout en haut, une soeur. Le matin, la maman bas le rappel pour partager le labneh et les olives du petit-déjeuner. Parfois les neveux et nièces débarquent le soir chez ram tonton Ahmad. Cette cohabitation familiale intergénérationnelle n’est pas rare au s’est remarié avec une Libanaise. Ça a duré six mois. Américain au Liban, Libanais aux Etats-Unis, c’est une identité pas très facile à gérer. Garantir l'avenir Dans l’édition du 7 mars de L’Orient-le-Jour, l’Association du Foyer de l’Enfant Libanais AFEL publie un appel à la générosité des lecteurs 30 ans ont passé d’amour, de don, de partage et de difficultés, d’espoir pour un meilleur avenir des enfants ». Et juste au dessus, je tombe sur un autre insert publicitaire Protéger votre voiture, bureau, magasin, appartement, du risque de terrorisme/guerre/guerre civile, par un plan d’assurance exclusif, couvrant valeur entière. Prix étudiés. North Assurance. Appelez le 01/511 995. »Je me demande parfois si la rédaction de ce journal ne fait pas exprès de juxtaposer ainsi les encarts de pub afin de susciter une réaction et d’illustrer la schizophrénie du pays ?Pour sauver le Liban, faut-il investir sur les enfants ou sur une bonne assurance ? Chaud-froid dans le Chouf Notre convoi a enfin quitté Beyrouth. Nous devions partir très tôt mais le temps de trouver les moufles des uns, les bonnets de autres et d’engouffrer les croissants aux amandes de chez Ali Baba, le soleil est déjà haut. La météo s’est plantée, elle annonçait un grand soleil et c'est la purée de pois. On s'entasse dans les 4X4, mon prof d’arabe et sa famille, son beau-frère et ses gamins, une cousine esseulée et une amie enceinte sur le point d’accoucher. Après une pause manouché pour les petits sorte de pizza mais en bien meilleur, une pause café pour les grands, une pause pipi pour tout le monde, nous voici dans le massif du Chouf, en pays Druze. Quelques vieux en habits traditionnels observent moqueurs notre débarquement. Après une heure de marche, le groupe redescend manger, sauf mon prof d’arabe et moi. On chausse les raquettes et à nous les grands écharpes de brumes s’accrochent aux branches de cèdres centenaires. On ne parle pas, ou si peu. Rompre la paix de cet espace immaculé serait indécent. Seul le chouik chouik de nos raquettes résonne dans la montagne. Notre démarche ressemble à celle de pingouins malhabiles. Je me marre en silence. La neige enivre. A travers le frimas, j’aperçois mon prof, légèrement voûtée, esquisser quelques saut de carpes comme un personnage de dessins animés. Il est heureux et chantonne. Sur le bas côté, une étrange fleur émerge du givre. Sa corolle violette tachetée de jaunes est un miracle de couleur dans cet univers la pente augmente, la pensée s’épaissit, devient lourde, colle aux pas. Le poids de la fatigue pèse. Puis, au fur et à mesure de la progression, l’esprit s’épure, s’accroche à la nature, s’égard en rêveries au rythme de la marche. Droite, gauche. Droite, gauche. Je pourrai aller au bout du croisons un club de randonneurs. Leur guide échange quelques mots avec mon compagnon de marche. En l’espace de cinq minutes, je les vois troquer leur numéro de portable l’un informe l’autre qu’il lance un label de commerce équitable et l’autre rétorque que justement » lui-même est producteur d’huile d’olives. Je reste stupéfaite par la capacité des Libanais à mêler loisirs et business n’importe où, même sur les pentes enneigées du Chouf. J’ai vu des cartes de visites s’échanger entre inconnus dans la salle d’attente d’un cabinet médical, dans l'ascenseur entre le rez-de-chaussée et le troisième étage, dans la file d’attente d'un cinéma… Pas de temps mort pour le commerce chez les descendants des Phéniciens !Au sommet, le vent souffle. La crête est chauve, sans neige. Nous grignotons pommes et des manaïches avant de regagner la plaine et puis la épuisée et gelée, je me suis effondrée sur le canapé de mon studio, toute lumière allumée, bercée par le ronron du chauffage électrique. Je m’enfonce dans un songe un paysage tout blanc, le brouillard si dense qu’il dégage une odeur âcre, des flocons géants qui tombent drus avec un bruit de tonnerre. Oui, c’est ça, ils tambourinent. Merde ! je ne rêve pas ! Il est à peine 22 heures, les Sri Lankaises du dessus frappent à la porte, hurlent pour que je me réveille. Le studio est envahi par une épaisse fumée qui pue le plastique. Quelques flammes lèchent déjà le mur de la mezzanine, on se précipite, on éteint le feu naissant. C’est un court-circuit. Le voisin du dessous, beaucoup plus anxieux que moi-même qui suis encore à moitié dans mon rêve, m’invite à passer la nuit chez lui. Je remercie tout le monde. C’est un jeu de mot un peu facile mais je leur dois une fière chandelle ! Rahet khatife elle a été enlevée ! Pour convoler en juste noce au Liban, il faut que les familles des futurs époux soient d’accord. Dans le cas contraire, il arrive, encore aujourd’hui, que le garçon enlève la jeune fille. Il s’agit d’un khatife. Mais parfois, ce kidnapping romantique n’est qu’un subterfuge pour éviter de payer la noce au prix forts. En cas de gêne financière, on simule le rapt, avec la complaisance des parents, et le mariage se célèbre en catimini, à moindre coût. A lire ! La Coquille, Moustafa Khalifé, Actes Sud, 2007J’ai lu nombre de témoignages sur l’univers carcéral. Jamais pourtant un récit comme celui de La Coquille, qui raconte la détention d’un prisonnier politique syrien, ne m’avait bouleversé à ce point. J’en suis sortie groggy. Est-ce parce que la Syrie fut un temps ma seconde patrie ? Je ne crois Coquille n’est pas seulement un témoignage, c’est une œuvre littéraire très tenue, au bout duquel on constate avec effroi que le régime dictatorial parvient, malgré l’incroyable résistance de l’être humain, à l’abîmer de façon définitive. L’humiliation, la torture physique et moral, le sevrage de respect, de sympathie, d’amour rendent fou, au mieux laissent une trace indelebile. Et je crois que je refuse, du fond de mes tripes, la notion du plus jamais ou du trop tard, plus rien a faire. Or ce livre montre qu’existe quelque chose de très précieux chez les hommes - je ne sais lui donner un nom - que d’autres hommes s’acharnent à faire disparaître. Pourquoi ? Je l’ignore. … l’homme ne meurt pas en une seule fois, écrit l’auteur, Chaque fois qu’un proche, un ami, une connaissance à lui meurt, la place que ce proche ou cet ami occupait meurt dans l’âme de cet homme. Avec le temps, avec les morts qui se succèdent, il meurt en nous de plus en plus d’endroits. Moi je porte en moi un grand cimetière. » Tel est l’amer constat de Moustafa Khalifé après treize ans, trois mois et trois jours de détention en cauchemar de Moustfa Khalife commence à l’aéroport de Damas, à son retour de France où il a achevé des études de cinéma. Dès son arrivée, il est cueilli par la police politique syrienne et accusé, de façon absurde car il est chrétien melkite, de faire parti du mouvement des Frères musulmans. On est en 1982, le président Hafez Al Assad au pouvoir a lancé dans tout le pays un terrible mouvement de répression. Moustafa Khalifé va payer très cher le mauvais timing du retour dans son pays natal. Après de terribles tortures dans les sinistres locaux de la Sûreté générale, il est envoyé en plein désert dans un lieu dont le nom fait encore trembler en Syrie la prison de Tadmor. Cet immense centre de détention - aujourd’hui fermé - fut le théâtre de toutes les abjections. Les noms des tortures sonnent comme des rites initiatiques sadiques la chaise allemande qui étire la colonne vertébrale, les mouvements de sécurité imposé au détenus pour vérifier qu’il n’a rien caché dans son anus, le shabeh qui suspend des heures le corps du prisonnier… Les geôliers déploient une inventivité incroyable pour humilier leur proie, leur faisant manger de la morve, des souris, boire l’eau des égouts, les obligeant à imiter toutes sortes d’animaux, les soumettant sans cesse au fouet. Quand je sortirai de prison, je boirai des quantités astronomiques d’eau, d’arak, de whisky, toutes sortes de boissons froides et chaudes, pourtant je n’arriverai pas à me défaire de la sensation que la morve de ce policier est collée à mon estomac, mon gosier, et qu’elle refuse de sortir. » Même la promenade est souffrance, le prisonnier doit se tenir tête courbée, yeux fermés tenant l’élastique du pyjama de son compagnon d’infortune qui marche devant lui sous peine d’être pointé », c'est-à-dire fouetté. Je marche dans cette colonne qui tourne autour de la cour … Je me demande quelquefois qu’est-ce que je suis ? Un homme ? Un animal ? Une chose ? »Pour combler les plages immenses d’une immobilité imposée, Khalifé pratique le rêve éveillé pensées érotiques au début, puis pendant l’année de la faim » où le déjeuner se limite à trois olives et le dîner a une cuillère de confiture ou un œuf, le prisonnier rêve de festin de viandes grasses Mais si je pouvais en quelque sorte assouvir les besoins suscités par mes rêveries érotiques, il m’était impossible de satisfaire ceux que déclanchaient mes rêves culinaires ! »L’auteur va souffrir doublement de cet enfermement accusé d’être espion et athée, il se retrouve ostracisé par les quelque 300 codétenus de sa cellule. Il est l’impur, à qui l’on ne peut parler, qu’il est défendu de toucher, que l’on menace de mort. L’homme se crée alors une coquille et commence à épier, en silence. Chaque détail, il va le mémoriser et se réciter quotidiennement le texte de ce qui deviendra ce journal aujourd’hui publié. La mémorisation – du Coran, du nom et de l’origine des exécutés… - devient repère essentiel, moyen de survie dans cet espace hors du temps où les prisonniers se précipitent sur la page d’un journal que le vent, un jour de tempete, a fait pénétrer dans la cellule et qui nourrira leurs conversations deux années de récit témoigne de la lâcheté collective mais aussi de moments de solidarité lorsqu’ un prisonnier doit être opéré au sein de la cellule et que les détenus fabriquent le scalpel à partir de boîte de sardines et l’alcool avec la confiture du petit-déjeuner. Le patient sauvé sera finalement pendu, un an plus recrée dans cet espace confiné une société avec ses codes et ses postes » il y a les tasseurs, de gros balaises qui, dans une petite cellule où l’on peine à se mettre chacun tête bêche pour dormir, vont pousser les rangs, il y a le chef des prisonniers coopté qui distribue la nourriture et gère les problème logistiques, il y a les jeunes pousses qui reçoivent double portion de nourriture parce qu’ils s’occupent d’arracher les dents cariées…Après une décennie de silence, un compagnon de cellule vient enfin rompre le silence de Khalifé qui semble presque effrayé par l’intensité du sentiment d’amitié. Avec cet ami, poète et artiste, il retrouve de menus plaisirs dans la prison de Tadmor ensemble ils pratiquent…la conversation, jouent aux échecs avec des pions fabriqués à partir de la mie de pain, peignent en grattant des morceaux de pain brûlé pour obtenir de la poudre noir, de la sauce tomate pour la rouge… La Coquille craque alors comme lorsque Khalifé pleure devant les premiers concombres arrivant dans la cellule leur odeur, la couleur verte réveillent tout d’un coup trop de vie dans cette prison du bout de ce tunnel, il n’y a pas de happy end. Certes, Khalifé est libéré il refuse pourtant obstinément de signer un remerciement au président pour ce geste de clémence et c’est son frère qui posera son paraphe. Pourtant je n’arrivais pas à être gai, et pas une fois je ne pus rire de bon cœur. Est-ce que la joie était morte en moi au milieu de toute cette mort ? Allais-je rester comme ça ? Pourquoi ? Allais-je continuer à porter en moi des monceaux de supplice et de mort qui étoufferaient tout ce que la vie peut avoir de beau ? » L’homme revient de si loin qu’il semble errer sans attache. Depuis que je suis sorti de prison, je sens entre moi et les autres, même les plus proches, mes frères, ou Lina, un fossé impossible à combler ». Sa vie semble gelée. A nouveau, Khalifé se réfugie dans sa coquille. Le printemps pointe son nez Une lumière plus jaune. Un soleil caressant. Une brise légère et douce. Le matin, un oiseau pépie sous ma fenêtre. Le soir, les chats miaulent à fendre l’âme. L’épicier arbore un sourire nouveau. Lassée par les oranges, les mandarines et les pommes rouges, je guette l’arrivée des fraises sur l’étal du marchand des quatre-saisons. Je veux croire au printemps et délaisse le manteau. Sur la terrasse du Café Costa, j’ai remarqué un petit carré ensoleillé à partir de 10h du matin où il fait bon lire la phraséologie pompeuse du quotidien francophone l’Orient-le-Jour. On précipite la saison en échafaudant mille projets de randonnées le sommet culminant du pays, Qornet el saoda 3083 m ou alors plus modestement le Mont-Hermon 2814. Les Libanais ne boudent plus la corniche. Ils s’y retrouvent en bandes, l’unité de base au Liban où l’on ne peut envisager se rendre seul ni au cinéma, ni au théâtre, ni au restaurant. On sort en duo ou à quinze !L’arrivée de la nouvelle saison chasse les sombres prédictions de guerre, les relègue vers l’hiver. Je veux y croire. Mais le chauffeur de taxi n’est pas d’ Tu verras, habbibi, il va y avoir la guerre en Ah, tu crois. Et pourquoi dans un mois ?- Parce que maintenant, il fait encore trop froid !Beyrouth est un microcosme qui tangue au gré de vagues rumeurs. Elles enflent et se propagent pas seulement dans l’habitacle des taxis mais aussi dans les milieux avertis », comme au sein de cette très sérieuse ONG libanaises où se dit volontiers qu’Israël va lancer la bombe atomique sur les bases du Hezbollah…. Des bêtises, rétorque mon voisin Ali-le-sage. Le printemps, c’est la vie, ça se respecte ».Dans un pays au bord du gouffre, où j’éprouve parfois un certain malaise à me sentir si heureuse, si amoureuse, ce printemps qui s’offre à tous avec sa connotation de renouveau même illusoire, apaise mon sentiment de culpabilité, la revêt d’un fragile vernis de légitimité. Le keffieh Mon père m'a offert un keffieh noir et blanc, déniché dans un souk en Syrie. Ce foulard, devenu avec Yasser Arafat l'emblème de la cause palestinienne, me vaut souvent des sourires ou des clins d'oeil complices à Beyrouth. Il faut dire que j'habite Hamra, un quartier mixte et plutôt ouvert. Ce week-end, je suis invitée à Saïda, dans le sud, fief sunnite du défunt Premier ministre Rafic Hariri. Mon hôtesse me demande gentiment de troquer mon keffieh contre un foulard en mousseline bleu. Dans la société libanaise hyperpolarisée, vêtements et couleurs traduisent, qu'on le veuille ou non, une appartenance partisane. Vert et jaune c'est le Hezbollah, orange le Courant Patriotique Libre d'Aoun, bleu le Courant du Futur de Hariri..."Même mon porte-clé orange, je préfère le cacher", explique cette femme chiite qui voue aux gémonies tous ces partis responsables selon elle de l'impasse actuelle.
Hirondellede rivage. Notre plus petite hirondelle ne niche pas près des habitations, mais dans les cavités qu'elle creuse elle-même au sein de parois sableuses et escarpées. Son dos et ses ailes sont gris-brun alors que son ventre et son menton sont blancs. La principale caractéristique de l' hirondelle de rivage est la bande brune qui s
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Étymologie CHEVAL, AUX, subst. masc. Étymol. et Hist. A. Début xiie s. désigne l'animal Lois G. le Conquérant, éd. J. E. Matzke, § 5 ; ca 1100 Roland, éd. J. Bédier, 890 ; spéc. ca 1195 cheval désigne le mâle Ambroise, Guerre sainte, 8296 ds ive ; 1873 désigne la viande Dumas ; 1. ca 1100 as chevals  montés sur des chevaux » Roland, 1095 ; d'où ca 1100 interj. as chevals ! ordre de monter à cheval Roland, 2986 ; av. 1661 à cheval  à califourchon » St Amand ds Fur. à cheval sur des coquesigruÃs ; 1835 fig. être à cheval sur  être très strict, ferme sur » Ac. ; a 1160-70 gent a cheval  soldat à cheval » Wace, Rou, III, 2651 ds Keller, p. 262a − 1668, Molière, Amphitryon, I, 1 ; av. 1511 hommes de cheval  cavaliers » Comm., IV, 1 ds Littré ; chevaux  soldats à cheval », v. chevau-légers ; b 1690  équitation » Fur. ; av. 1866 monde du cheval L. Reybaud ds Lar. 19e ; 2. a fin xiiie s. être a cheval  être insolent » Deuxième coll. anglo-norm. des Mir. de la Ste Vierge, éd. H. Kjellman, 48, 179 ; p. ext. av. 1622 mettre son opinion a cheval  la faire prévaloir » F. de Sal., Aut. de ms. Chigi, fo96a ds Gdf. Compl. ; b 1579 estre mal a cheval  être mal à l'aise » Lariv., les Ecol., V, 3, ibid. ; c av. 1592 monter sur ses grands chevaulx  s'emporter » Mont., iv, 193 ds Littré ; 3. 1539 medecine pour les chevaulx Est. ; d'où fig. 1690 médecine de cheval Fur. ; 1690 travail de cheval ibid. ; 1798 fièvre de cheval Ac. ; 4. 1690 fig. cheval de bataille Fur. ; 5. emplois fig. s'appliquant à une pers. 1670 cheval de carosse  homme grossier ou brutal » Molière, Le Bourgeois gentilhomme, II, 2 ; 1828 arg. cheval de retour  récidiviste » Vidocq, Mém. ds Esn. ; 1829 Hugo, Le Dernier jour d'un condamné, 667 − Ollendorff − ds Quem.. B. jeux au chevau fondu Gringore, Sottie contre Jules II, 109 ds Recueil de Sotties, Paris, éd. E. Picot, 1904, t. 2, p. 139 ; 1556 cheval de bois Argenterie de la reine, fos1 et 13 ds Gay ; 1680 fortif. cheval de frise Rich. ; 1768 technol. cheval  support » Encyclop. t. 27, ardoiserie d'Anjou, p. 12a ; 1891 petits chevaux désigne un jeu de hasard H. Bauer, au Soleil, Echo de Paris ds Guérin2 ; 1946 cheval d'arçon Ambrière, Les Grandes vacances, p. 310 ; 2. 1611 cheval marin  hippocampe » Cotgr.. Du lat. caballus d'abord  mauvais cheval » Lucilius ds TLL 3, 67, puis  cheval hongre » et  cheval de travail » terme pop., dès Varron est le substitut du lat. class. equus qu'il supplante ulté également la définition.*Expressions populaires Claude Duneton, dans son best-seller La Puce à l'oreille Éditions Balland, 2001 nous éclaire sur le sens d'expressions populaires bien connues Mettre le pied à l'étrier Zoologie Selon Matt Pagett, auteur de Le petit livre de merde titre original What shat that ?, Quick Publishing, 2007 ; édition française Chiflet & Cie, 2008 "Le cheval est un ongulé rassurez-vous, ce n'est pas une insulte !. On sait que cet animal a toujours été l'un des meilleurs auxiliaires de l'homme transports, agriculture, etc.. Il faut aussi de nos jours partie du paysage sportif pas de tiercé ou de polo sans lui. C'est donc un animal polyvalent, et il est normal que ses excréments le soient aussi. Description Des crottes assez grosses, brunes et arrondies. L'animal les dépose en tas. Quand elles sont fraÃches, leur odeur est vraiment forte. On peut y déceler le foin et l'herbe qui n'ont pas été digérés. un cheval produit en moyenne une quinzaine de crottes par jour. Crottin chaud Lorsqu'il y avait ni gaz ni électricité, on utilisait le crottin de cheval pour se chauffer, en le brûlant. Cette coutume est encore en vigueur dans certains pas. La seule fermentation du crottin produit de la chaleur. Au Moyen Âge, les alchimistes se livraient à des manipulations ésotériques, parmi lesquelles la "digestion", consistant à chauffer une substance pendant plusieurs semaines pour la décomposer en la plongeant dans une masse de crottin qui se consumait à chaleur constante. Autre usage plus utile le crottin de cheval mêlé à la terre permet à certaines plantes de pays froids de pousser. C'est ce qu'on appelle le compost, formé de plusieurs couches de crottin, de feuilles, d'épluchures de légumes, d'herbe coupée et d'autres végétaux. On bâche le tout, et on le maintient humide. Comme le crottin en léger et fibreux, la chaleur générée circule, et l'air aussi. Cigarettes Depuis toujours on trouve au Mexique des cigarettes à la merde de cheval qui, d'après les fumeurs, pourraient rappeler le goût des fameuses Lucky Strike. On ne sait pas ce qu'en pensait le cow-boy Malboro..."**Croyances populaires Paul Sébillot, auteur de Additions aux Coutumes, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne Éditeur Lafolye, janv. 1892 relève des croyances liées aux cycles de la vie et de la nature La Mi-Carême passe à cheval par les routes, et elle a une hotte toute remplie de rubans. Si l'on veut avoir de ceux qu'elle distribue, il faut mettre une botte de foin près d'une croix ; lorsque le cheval a goûté du foin, elle laisse des rubans. Cette coutume s'appelle  chercher les rubans de la Mi-Carême. » Selon Grażyna Mosio et Beata SkoczeÅ„-Marchewka, auteurs de l'article "La symbolique des animaux dans la culture populaire polonaise, De l’étable à la forêt" 17 Mars 2009 Les chevaux, qui ont remplacé dans les villages les “saints” bÅ“ufs en tant qu’animaux de trait, n’ont pas réussi à recueillir la symbolique décidément positive qui permettait de les situer à la limite du monde terrestre et céleste, et de remplir la fonction de médiateur entre l’homme et Dieu. Dans de nombreuses cultures le cheval était un animal ambivalent lié au royaume des morts et des divinités lunaires, il apparaÃt aussi comme un attribut des divinités solaires Kowalski 1998 236-237. Dans les croyances populaires son rôle était tout au moins aussi ambigu. Il était souvent estimé être un animal impur, ayant de proches rapports avec les forces du mal MoszyÅ„ski 1967 559. On croyait qu’il était dirigé par Satan lui-même Tomicki 1981 34. Il pouvait prêter son apparence à des démons divers et même au diable PeÅ‚ka 1987 50. Ce dernier, figurant dans de nombreuses légendes populaires sous l’aspect d’un homme, pouvait cacher le sabot du cheval à la place du pied humain. Du fait des rapports du cheval avec les êtres démoniaques, tout contact avec lui pouvait s’avérer dangereux. Dans la région de Lublin on croyait que “là où se vautre le cheval, on ne peut passer par cet endroit ..., parce que cet homme pourrait attraper des douleurs d’estomac affreuses, ou bien des verrues sur les pieds et les mains” Kolberg 1962b 129. Tout à la fois le cheval lui-même était exposé à la forte activité des démons. Il pouvait en être protégé par divers moyens apotropaïques, tels que les plaquettes de laiton et les janissaires, les rubans rouges ou les chiffons suspendus à son harnais, qui par les sons émis ou leur couleur effarouchaient les puissances nocives. Les relations du cheval avec l’au-delà avaient pour conséquence qu’il pouvait lui-même effrayer les forces du mal et être de grande aide dans les pratiques médicales. C’est pourquoi encore dans les années quarante du XIXe siècle dans la région de Cracovie il était d’usage de placer des crânes de cheval sur les barrières ou dans l’étable au-dessus de la mangeoire Kolberg 1962a 106. Situés à la limite de la clôture, ils devaient protéger tous les habitants des mauvaises forces et des épidémies. On croyait aussi qu’ils avaient la puissance secrète de protéger contre les voleurs Biegieleisen 1929a 531. Les chevaux pouvaient servir à faire des présages. On observait leur comportement pendant les rites de passage, surtout pendant les noces et les funérailles. Les ébrouements des chevaux pouvaient présager la prospérité des jeunes époux, tout comme la rencontre d’un poulain. Le trébuchement du cheval ou le renversement de la charrette qui menait le jeune couple à son mariage pouvait par contre présager la mort de l’un des époux Kowalski 1998 240. Le fait que les chevaux transportant un défunt s’arrêtaient devant une maison présageait la mort proche de l’un des habitants. Le cheval pouvait voir ce qui était invisible pour les autres mortels. Le piaffement du cheval attelé à un chariot funéraire signifiait qu’à cet endroit la mort s’était arrêtée et que quelqu’un mourrait sous peu dans le village ZadrożyÅ„ska 1988 123-125. Le cheval apparaÃt aussi dans la culture populaire en tant que symbole de la fécondité et de l’abondance. D’où sa présence pendant les rites qui ont pour but de stimuler la nature à la vie et de libérer les forces de prolifération. Ce rôle était rempli par les groupes de chanteurs de noÃls déambulant dans les villages dans la période des fêtes hivernales et par les personnages déguisés rendant visite aux habitants pendant le carnaval. Parmi les nombreuses figures animales souvent il y avait aussi celle du cheval. Ils chantaient ”Là où le cheval passe, Là le seigle pousse” Dworakowski 1964 55. Dans le sud de la Pologne on faisait même entrer un animal vivant dans la maison Klimaszewska 1981 135. De même pendant les noces, jusqu’à la 1ère guerre mondiale sur le territoire de DobrzyÅ„ le garçon d’honneur entrait dans la maison à cheval, ou bien l’y conduisait pour assurer la fécondité et la prospérité Karwicka 1979 169. Le cheval personnifiait la sensualité et la volupté érotique. De nombreuses chansons et refrains populaires en font foi, où il trouve place dans le contexte des démarches des prétendants et de l’amour physique. Ils parlent de l’amant qui vient chez la jeune fille sur un cheval blanc, “d’abreuver le cheval” ou “de faire paÃtre le cheval”. Ce motif figurait souvent dans les refrains chantés pendant les noces."**Symbolisme Dans le Dictionnaire des symboles 1969, édition revue et corrigée 1982 de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on peut lire que "Une croyance, qui paraÃt ancrée dans la mémoire de tous les peuples, associe originellement le cheval aux ténèbres du monde chtonien, qu'il surgisse, galopant comme le sang dans les veines, des entrailles de la terre ou des abysses de la mer. Fils de la nuit et du mystère, ce cheval archétypal est porteur à la fois de mort et de vie, liée au feu, destructeur et triomphateur, et à l'eau, nourricière et asphyxiante. La multiplicité de ses acceptions symboliques découle de cette signification complexe des grandes figures lunaires, où l'imagination associe par analogie la terre dans son rôle de Mère, son luminaire la lune, les eaux et la sexualité, le rêve et la divination, la végétation et son renouvellement périodique. Aussi les psychanalystes ont-ils fait du cheval le symbole du psychisme inconscient ou de la psyché non-humaine., archétype voisin de celui de la Mère, mémoire du monde, ou bien de celui du temps, puisqu'il est relié aux grandes horloges naturelles ou encore de celui de l'impétuosité du désir. Mais la nuit conduit au jour et il arrive que le cheval, suivant ce processus, quitte ses sombres origines pour s'élever jusqu'aux cieux, en pleine lumière. Vêtu d'une blanche robe de majesté, il cesse alors d'être lunaire et chtonien et devient ouranien ou solaire, au pays des dieux bons et des héros ce qui élargit encore l'éventail de ses acceptions symboliques. Ce blanc cheval céleste représente l'instinct contrôlé, maÃtrisé, sublimé, il est, selon l'éthique nouvelle, la plus noble conquête de l'homme. Mais il n'y a pas de conquête éternelle, et en dépit de cette claire image, le cheval ténébreux poursuit toujours au fond de nous sa course infernale il est tantôt bénéfique, tantôt maléfique. Car le cheval n'est pas un animal comme les autres. Il est la monture, le véhicule, le vaisseau, et son destin est donc inséparable de celui de l'homme. Entre eux deux intervient une dialectique particulière, source de paix ou de conflit, qui est celle du psychique et du mental. En plein midi, entraÃné par la puissance de sa course, le cheval galope à l'aveugle, et le cavalier, les yeux grands ouverts, prévient ses paniques, et le dirige vers le but qu'il s'est assigné ; mais la nuit, quand le cavalier à son tour devient aveugle, le cheval peut se faire voyant et guide ; c'est lui alors qui commande, car lui seul peut franchir impunément les portes du mystère inaccessible à la raison. Qu'il y ait entre eux conflit et la course entreprise peut mener à la folie et à la mort ; qu'il y ait accord, et elle se fait triomphale. Les traditions, les rites, le mythes, contes et poèmes qui évoquent le cheval ne font qu'exprimer les mille et une possibilités de ce jeu des ténèbres et des pouvoirs magiques La steppe d'Asie centrale, pays de cavaliers et de chamans, a conservé dans ses traditions et sa littérature l'image du cheval chtonien, dont les pouvoirs mystérieux sont un supplément à ceux de l'homme, là où s’arrêtent ceux-ci, au seuil de la mort. Clairvoyant, familier des ténèbres, il exerce des fonctions de guide et d'intercesseur, en un mot de psychopompe. L'épopée Kirghiz d'Er-Töshtük est à cet égard significative. Pour retrouver son âme ravie par un magicien, Töshtük, tout héros qu'il soit, doit en quelque sorte abdiquer sa propre personnalité pour se fier aux pouvoirs supranormaux du cheval magique Tchal-Kouirouk, qui lui permettra d'accéder au monde du dessous et d'en déjouer les embûches. Tchal-Kouirouk, ce Bayard asiatique, entend et parle, lui aussi, comme un homme ; dès le début de cette chevauchée fantastique, il avertit son maÃtre du renversement de pouvoirs qui doit s'opérer. Ta poitrine est large, mais ton esprit est étroit ; tu ne réfléchis à rien. Tu ne vois pas ce que je vois, tu ne sais pas ce que je sais... Tu as le courage, mais tu n'as pas l'intelligence. Et d'ajouter enfin, ce qui résume admirablement ses pouvoirs Je puis marcher dans les eaux profondes. Mais Tchal-Kouirouk, qui participe à la fois des deux mondes, ne peut passer de l'un à l’autre qu'au prix des plus cruels supplices, et lui-même, chaque fois que la situation l'exige, demande à son cavalier de lui arracher à coups de fouet des morceaux de chair gros comme des moutons pour rendre ses vertus efficaces ; l'image est significative à chaque fois s'opère un processus initiatique. Il n'est que de lire cette épopée pour pénétrer le sens profond de certaines traditions chamaniques. Ainsi, chez la plupart des Altaïques, la selle et le cheval du mort sont-ils déposés près du cadavre, afin d'assurer au défunt son dernier voyage. Chez les Bouriates, le cheval d'un malade - censé avoir momentanément perdu son âme - est attaché près de la couche de son maÃtre pour qu'il signale le retour de l'âme, qu'il manifeste en se mettant à trembler. Si un chaman vient à mourir, on le dépose sur son tapis de selle, la selle elle-même servant d'oreiller, on lui met en mains les rênes, un arc et des flèches. Chez les Beltir, le cheval du mort est sacrifié, afin que son âme guide celle de l'homme, et il est significatif que sa chair soit ensuite partagée entre les chiens et les oiseaux, eux aussi psychopompes, habitués des deux mondes transcendants du dessous et du dessus. Ce sacrifice du cheval au maÃtre défunt est si courant qu'on l'a même considéré comme un des éléments constitutifs auxquels on reconnaÃt les civilisations primitives de l'Asie. Il est attesté chez de nombreux peuples indo-européens et jusque chez les Anciens méditerranéens dans l'Iliade, Achille sacrifie quatre cavales sur le bûcher funéraire de Patrocle, son ami sans reproches elles conduiront le défunt au royaume d'Hadès. Le cheval, de par son pouvoir de clairvoyance, et sa connaissance de l'autre monde, joue également un très grand rôle dans les cérémonies chamaniques. L'esprit bénéfique du chaman altaïque qui accompagne celui-ci dans ses voyages divinatoires, possède des yeux de cheval qui lui permettent de voir à trente jours de voyage ; il veille sur la vie des hommes et en informe le Dieu suprême. La plupart des accessoires de la transe chamanique sont en rapport avec le cheval. Ainsi le tambour rituel, dont le battement rythmique provoque et entretient la crise, est-il tendu le plus souvent de peau de cheval ou de cerf ; les Yakoutes et d'autres peuples le nomment expressément le cheval du chaman. Enfin, pour se rendre dans l’autre monde, les chamans utilisent souvent une canne coudée en tête de cheval, dite canne-chevaline dont ils usent comme d'un cheval vivant ce qui n'est pas sans rappeler le manche à balai de nos sorciè métamorphosé en cheval le possédé et l'initié La place éminente occupée par le cheval dans les rites extatiques des chamans nous amène à considérer le rôle de cet animal dans les pratiques dionysiaques et, plus généralement, dans les rites de possession et d’initiation. Et d'emblée, une constatation s'impose dans le Vaudou haïtien et africain, dans le Zar abyssin comme dans les anciens mystères d'Asie Mineure, le renversement des rôles entre cheval et cavalier, ci-dessus esquissé, se poursuit pour atteindre ses plus extrêmes conséquences. Dans toutes ces traditions, l'homme, c'est-à -dire le possédé, devient lui-même cheval, pour être monté par un esprit. Les possédés du Vaudou sont nommés expressément, en Haïti comme au Brésil et en Afrique, les chevaux de leurs Loa ; même chose en Abyssinie où, au moment de la Wadaja danse collective des possédés, le possédé s'identifie à son Zar, n'étant plus que son cheval, qui obéit comme un cadavre aux caprices que l'esprit lui commande. Le même rituel, avec les mêmes termes, était encore pratiqué en Égypte au début de ce siècle, selon Jeanmaire. Les pratiques dionysiaques d'Asie Mineure ne font pas exception à ce qui apparaÃt là comme une règle. On disait des adeptes des mystères qu'ils étaient chevauchés par les dieux. Les figures hippomorphes abondent dans l'entourage de Dionysos, le Grand-MaÃtre des pratiques extatiques ainsi les Silènes et les Satyres, compagnons des Ménades dans le cortège dionysiaque, sont des hommes-chevaux, tout comme les Centaures, que ce dieu enivra, provoquant ainsi leur lutte avec Héraclès. Les héroïnes des traditions légendaires relatives à l'orgiasme bacchique, précise Jeanmaire, portent des noms dans la composition desquels entre avec une fréquence remarquable le composant hippé.. ou des épithètes qui éveillent également l'idée de qualités chevalines. Sans doute peut-on comprendre par là pourquoi, dans les anciennes traditions chinoises, les néophytes étaient appelés jeunes chevaux, lors de leur initiation. Les initiateurs, eux, ou les propagateurs de nouvelles doctrines, étaient appelés marchands de chevaux. Tenir une réunion initiatique, plus ou moins secrète, se traduisait par lâcher les chevaux. Si le cheval symbolise les composantes animales de l'homme, il doit surtout à la qualité de son instinct qui le fait apparaÃtre comme doué de clairvoyance. Coursier et cavalier sont intimement unis. Le cheval instruit l'homme, c'est-à -dire que l'intuition éclaire la raison. Le cheval enseigne les secrets, il se dirige d'une façon juste. Dans la mesure où la main du cavalier le conduit dans une fausse voie, il découvre les ombres, les fantômes ; mais il risque de devenir un allié du démon L'initiation chevaleresque de l'Occident médiéval n'est pas sans analogie avec la symbolique du cheval, monture privilégiée de la quête spirituelle. Son prototype est en quelque sorte le combat contre la chimère mené par Bellérophon chevauchant Pé donc, après avoir été considéré comme psychopompe et voyant, le cheval devient le Possédé, adepte des divins mystères, qui abdique sa propre personnalité pour que celle d'un Esprit supérieur se manifeste à travers lui, fonction passive qui est indiquée dans le double sens du mot chevaucher et être chevauché. Il est alors à remarquer que les habitants du panthéon vaudou - les Loa - qui viennent chevaucher leurs possédés ne sont pas tous des esprits infernaux ; nombre de Loa, parmi les plus importants, sont des Loas blancs, des esprits célestes, ouraniens. Le cheval, symbole chtonien, accède donc ainsi à sa plus extrême valorisation positive, où les deux plans du dessus et du dessous se manifestent indifféremment par son truchement, c'est-à -dire que sa signification devient cosmique. On rejoint par là le symbolisme du sacrifice védique du cheval, l'Açvamedha, rituel d'un caractère essentiellement cosmogonique, comme le souligne Mircea Eliade Le cheval est alors identifié au Cosmos et son sacrifice symbolise - c'est-à -dire reproduit - l'acte de la création. Certaines figures de la mythologie grecque, dont celle de Pégase, représentent, elles, non la fusion des deux plans du dessus et du dessous, mais le passage, la sublimation de l'un à l'autre Pégase porte sa foudre à Zeus ; il est un cheval céleste ; son origine est pourtant chtonienne puisqu'il est né, soit des amours de Poséidon et de la Gorgone, soit de la Terre fécondée par le sang de la Gorgone. On peut donc dire qu'il représente la sublimation de l'instinct, et non plus le magicien ou le possédé, mais le Sage initié.Les chevaux de la mort La valorisation négative du symbole chtonien fait, elle, du cheval, une cratophanie infernale, une manifestation de la mort, analogue à la faucheuse de notre folklore. En Irlande, le héros Conal I Cernach possède un cheval à tête de chien, le Rouge de Rosée, qui déchire le flanc de ses ennemis. Les chevaux de Cùchulainn, le Gris de Macha c'est le roi des chevaux d'Irlande et le Sabot Noir, ont une intelligence humaine le Gris refuse de se laisser atteler au char du héros qui se prépare pour son dernier combat, et il verse des larmes de sang ; un peu plus tard, il guidera le vengeur Conal I Cernach, vers les corps de son maÃtre ; le Noir, lui, va se noyer de désespoir. Les chevaux de la mort, ou présages de mort, abondent, de l'Antiquité grecque au Moyen Âge, et s'étendent à tout le folklore européen. Chez les Héllènes déjà , dans l'antique version de la clef des songes qu'est l'ouvrage d'Artémidore, rêver d'un cheval est signe de mort pour un malade. Déméter d'Arcadie, souvent représentée avec une tête de cheval, est identifiée à l'une des Érinyes, ces terribles exécutrices de la justice infernale. Elle enfante, également de Poséidon, un autre cheval, Aréion, monture d'Héraclès. Les Harpies, démons de la tempête, de la dévastation et de la mort, sont représentées comme des figures ambiguÃs, à la fois femmes-oiseaux et juments ; l'une d'elle est la mère des chevaux d'Achille, une autre celle des coursiers qu'offre Hermès aux Dioscures. Ahriman, le diable du Zoroastrisme, se présente souvent sous la forme d'un cheval, pour tuer ou enlever ses victimes. La plupart des chevaux de la mort sont noirs, tel Charos, dieu de la mort des Grecs modernes. Noirs sont aussi le plus souvent ces coursiers de la mort, dont la chevauchée infernale poursuivit longtemps les voyageurs égarés, en France comme dans toute la Chrétienté Un soir vers la minuit ...Tout seul oultre le Loir et passant un détourJoignant une Grande Croix, dedans un carrefourJ’ouïs, ce me semble, une aboyante chasseDe chiens qui me suivaient pas à pas à la vis auprès de moi sure un grand cheval noirUn homme qui n'avait que les os, à le voir,Me tendant une main pour me monter en croupe...Une tremblante peur me courut par les os...Ronsard, Hymne aux démons Mais il en est aussi de pâles, de blêmes, que l'on confond souvent avec le cheval blanc ouranien, dont la signification est exactement contraire. Si ces chevaux blêmes sont parfois dits blancs, il faut entendre par là la blancheur nocturne, lunaire, froide, faite de vide, d'absence de couleurs, tandis que la blancheur diurne, solaire, chaude, est, elle, pleine, faite de la somme des couleurs. Le cheval blême est blanc comme un suaire ou un fantôme. Sa blancheur est voisine de l'acception la plus courante du noir c'est la blancheur du deuil, telle que l'entend le langage commun, lorsqu'on parle de nuits blanches ou de blancheur cadavérique. C'est le cheval pâle de l'Apocalypse, le cheval blanc, présage de mort dans les croyances allemandes et anglaises. Ce sont tous les chevaux néfastes, complices des eaux tourbillonnantes, que l'on rencontre dans le folklore franco-allemand, depuis le Schimmel Reiter qui détruit les digues pendant la tempête, la Blanque Jument du Pas-de-Calais et le Bian Cheval de Celles-sur-Plaine, jusqu'au Drac, beau cheval blanc qui saisit les voyageurs pour les noyer dans le Doubs. Au Moyen Âge, la civière s'appelait cheval de Saint-Michel ; le cheval symbolisait l'arbre de mort. Ces derniers exemples illustrent la valorisation négative du cheval lunaire, associé à l'élément eau ; nous examinerons plus loin sa valorisation positive. C'est, pour finir, le lourd et inquiétant cheval au regard fixe, qui hante l'imagination d'Albrecht Dürer. Sémantiquement, Krappe voit ce cheval sinistre, qu'il soit noir ou blême, à l'origine même du français cauchemar ou de l'anglais nightmare la mahrt allemande jument est un démon chtonien, comme le mot l'indique comparer vieux slavon mora sorcière ; russe mora spectre ; polonais mora, tchèque mura cauchemar ; latin mors, mortis, vieil irlandais marah mort épidémie ; lituanien maras mort, peste ; lettonien meris peste et la sinistre Morrigain irlandaise. Les chevaux de mort ou de cauchemar hantent le folklore celtique le March-Malaen Malaen, latin Malignus est un des trois fléaux de l'Ãle de Bretagne ; les Kelpies d'Ecosse sont des chevaux-démons et le folklore breton est rempli d'anecdotes ou de contes relatifs à des chevaux diaboliques, qui égarent les voyageurs ou les précipitent dans des fondrières ou des marais. Les chevaux noirs, dans ce folklore, sont le plus souvent soit le diable, soit un démon, soit un damné, ou une âme en peine ; ou bien ils sont la monture d'un héros de ces chasses maudites, tout à l’heure évoquées par Ronsard, et dont le plus célèbre est sans doute le roi Arthur, condamné à poursuivre dans une course sans fin un gibier inaccessible. Il est significatif, au passage, de remarquer que dans ses plus anciennes versions, la chasse Arthur est accompagnée d'une meute de chiens blancs et poursuit un lièvre, animal typiquement lunaire. Dontenville voit dans ce roi Arthur un homologue celtique du Wotan germanique. Une légende voisine, celle de la Dame Blanche est à examiner, car elle renverse la polarisation du symbole en lui donnant une signification sexuelle, en même temps que le coursier de cette nouvelle chevauchée fantastique devient d'une blancheur éclatante dans le Jura comme dans le Périgord, la Dame à la robe blanche passe par-dessus les bois agités et l'on entend ses chevaux, ses lévriers, les piqueurs et sa trompe aux sons harmonieux. Cette musique, d'abord guerrière, puis apaisée, doit ouvrir les portes embrasées de la volupté. Coursier d'une blancheur éclatante, musique guerrière puis voluptueuse, voilà que s'amorce l'ascension du symbole cheval, du domaine chtonien à l' sacrifice du cheval L'enchaÃnement symbolique Terre-Mère, Lune-Eau, Sexualité-Fertilité, Végétation-Renouveau périodique permet de découvrir d'autres aspects de ce symbole. Bien des auteurs ont expliqué le processus par lequel les divinités chtoniennes deviennent, dans les civilisations de cultivateurs, des divinités agraires. Le cheval, dans ses métamorphoses symboliques, ne fait point exception à cette règle. Frazer en donne de multiples exemples. A Rome, les chevaux destinés à la cavalerie sont consacrés à Mars du 27 février au 14 mars, les Equinies c'est le début des expéditions militaires. Quand elles prennent fin, six mois plus tard, on sacrifie, une fois l'an, le 15 octobre, au lendemain des récoltes, un cheval dédié à Mars. Sa tête est garnie de grains en remerciement de la moisson engrangée ; car Mars défend la collectivité, aussi bien contre les fléaux des cultures que contre les ennemis des hommes. La queue de l'animal était portée à la maison du roi avec une grande célérité, afin que le sang coulât sur le foyer de sa maison... Il semble en outre que l'on recueillait le sang du cheval et qu'on le gardait jusqu'au vingt et un avril ; les vestales le mêlaient alors au sang des veaux non encore nés que l'on avait sacrifiés six jours auparavant ; on distribuait le mélange aux bergers, qui, avec d'autres ingrédients, le brûlaient et s'en servaient pour fumiger leurs troupeaux. Ce sacrifice du cheval constituerait, suivant une expression de Dumézil, une sorte de capitalisation royale de la victoire. L'usage de couper la queue, remarque Frazer, ressemble à la coutume africaine Guinée, Grand Bassam qui consiste à couper la queue des bÅ“ufs et à l'offrir en sacrifice pour avoir une bonne récolte. Dans la coutume romaine comme dans l'africaine, l'animal représente apparemment l'esprit du blé, et son pouvoir fertilisant passe pour résider en particulier dans sa queue. Par la rapidité de sa course, qui l'associe au temps et donc à la continuité de celui-ci, le cheval, qui, d'autre part, traverse indemne les pays de la mort, et du froid, donc l'hiver, le cheval, porteur de l'esprit du blé, de l'automne au printemps, comble la faille hivernale et assure l'indispensable renouveau. Ce même rôle d'esprit du blé - ou de toute autre céréale - lui est attesté dans de nombreuses autres traditions. Ainsi était-il coutumier, en France et en Allemagne, qu'à l'époque des moissons le plus jeune cheval du village fût fêté et entouré de soins particuliers, car c'était à travers lui que devait être assurée la nouvelle germination ; jusqu'aux prochaines semailles, on disait qu'il portait en lui l'esprit du blé. En Irlande, selon le récit d'un témoin oculaire, également rapporté par Frazer, au cours d'une cérémonie des feux de la Saint-Jean, après que tous les paysans eurent sauté par-dessus les braises, on vit apparaÃtre une grande construction en bois d'environ huit pieds de longueur, munie à l'une de ses extrémités d'une tête de cheval, et recouverte d'un drap blanc qui cachait l'homme qui la portait. On l'accueillit par des grands cris Le Cheval Blanc ! Le Cheval Blanc ! Le masque sauta par-dessus le feu, puis se lança à la poursuite des spectateurs. Quand je demandai ce que représentait le cheval, conclut le narrateur, on me répondit tout le bétail. D'esprit du blé, le cheval est donc devenu le symbole de toute abondance, ce qu'expliquent son dynamisme et sa force impulsive et généreuse. Le détail d'autres cérémonies agraires souligne cette interprétation. Ainsi, en Assam, chez les Garo, pour célébrer la fin des moissons, un cheval en effigie, de couleur blanche, et assez semblable à celui de la Saint-Jean d'Irlande, est jeté à la rivière après une danse au cours de laquelle on le bombarde avec des Å“ufs. On sait que les esprits des eaux font partie du cycle lunaire et qu'ils régissent la germination et la croissance des plantes. L'association cheval-Å“ufs renforce les pouvoirs de cet esprit du riz. La tête du masque, noter Frazer, est conservée jusqu'à l'année suivante, de même qu'à Rome la tête du cheval sacrifié était conservée, clouée sur la porte d'une citadelle. L'affinité du cheval et des eaux courantes est clairement soulignée par cette ancienne tradition des pêcheurs du fleuve Oka affluent de la Volga qui voulait qu'au début du printemps, le 15 avril, date à laquelle fondaient les dernières glaces, les pêcheurs volent un cheval pour l'offrir en le noyant au Grand-Père des eaux, qui s'éveillait ce jour-là - Tiens, Grand-Père, disaient les pêcheurs, accepte ce cadeau et protège notre famille c'est-à -dire notre tribu. Ce sacrifice du cheval par immersion dans les eaux d'un fleuve semble avoir été pratiqué par d'autres peuples indo-européens, dont les premiers Grecs, soi l'on en croit cette imprécation d'Achille aux meurtriers de Patrocle Iliade, 21 Le beau fleuve aux tourbillons d'argent ne vous défendra pas. Vous aurez beau lui immoler force taureau et jeter tout vivants dans ses tourbillons des chevaux aux sabots massifs ; vous n'en périrez pas moins d'une mort divinité des eaux. Participant du secret des eaux fertilisantes, le cheval connaÃt leur cheminement souterrain ; c'est ce qui explique que, depuis l'Europe jusqu'en Extrême-Orient, il passe pour avoir le don de faire jaillir des sources du choc de son sabot. Ce sont, en France, les sources ou fontaines Bayard, qui jalonnent, dans le Massif central, le périple des quatre fils Aymon, portés par le célèbre cheval magique. Pégase lui-même inaugure cette tradition en créant la source Hippocrène - Source du cheval - non loin du bois sacré des Muses ; les Muses s'y réunissaient pour chanter et danser, son eau passait pour favoriser l'inspiration poétique. Le cheval, ici, éveille l'imaginaire, comme il éveillait précédemment la nature, au moment du renouveau. On comprendra dès lors que le cheval puisse également être considéré comme un avatar, ou un auxiliaire, des divinités de la pluie. En Afrique, chez les Ewe, le dieu de la pluie sillonne le ciel sur une étoile filante, qui est son cheval. Chez les Bambara du Mali, les initiés de la société Kwore, dans leurs rites pour appeler la pluie, enfourchent des chevaux de bois, qui représentent les chevaux ailés, sur lesquels les génies qu'ils évoquent mènent leurs batailles célestes contre ceux qui veulent empêcher la chute des eaux fécondantes. Plus généralement parlant, le symbole du cheval chez les Bambara, selon Zahan, englobe les notions de vitesse, d'imagination, d'immortalité il est donc très voisin de Pégase. Analogiquement, ce cheval des Bambara correspond à l'enfant et à la parole, ce qui explique que la même plante le koro qui évoque l'énergie du discours et l'abondance des paroles soit utilisée indifféremment pour fortifier les enfants débiles et pour rendre fécondables les juments sté exemple ajoute aux images déjà mentionnées celle de l'enfant qui, comme la source, manifeste l'éveil des forces impulsives et du désir. Mais, que l'on passe le seuil de la puberté et c'est alors que le cheval devient pleinement, selon le mot de Paul Diel, le symbole de l'impétuosité du désir, de la Jeunesse de l'homme, avec tout ce qu'elle contient d'ardeur, de fécondité, de générosité. Le Rig-Véda l'évoque en ces termes, dans L'Hymne à Agni Comme une abondance agréable, comme une riche demeure,Comme une montagne avec ses puissances, comme un flot salutaire,Comme un cheval qui se précipite d'un élan sur la route, Comme une rivière avec ses flots, qui pourrait t'arrêter ! Il est significatif que dans ces vers les notions d'eau courante et de feu Agni soient associés. Symbole de force, de puissance créatrice, de jeunesse, prenant une valorisation sexuelle autant que spirituelle, le cheval participe dès lors symboliquement des deux plans chtonien et ouranien. Cela nous conduit à évoquer le cheval blanc, dans son acception solaire, lumineuse. Il est intéressant, au passage, de noter qu'il y a aussi deux acceptions symboliques du cheval noir ; dans la poésie populaire russe, en effet, celui que nous avions jusqu'alors exclusivement considéré comme le coursier de la mort devient le symbole de la jeunesse et de la vitalité triomphante. Le cheval noir court, la terre tremble, et de ses naseaux, la flamme sort, de ses oreilles la fumée, sous ses sabots jaillissent des étincelles. Ce sont ces chevaux noirs que l'on attelle, dans les contes de fées, au carrosse du mariage ; ce sont donc bien les chevaux du désir libéré ; ce sont eux encore qu'évoque avec nostalgie une chanson populaire toute récente Ohé mes jeunes années !Ohé mes chevaux noirs ! Et la même image est reprise en 1964, dans la Desna enchantée par le cinéaste soviétique Alexandre Dovjenko Mes années ont passé, mon jour décline, je ne vole plus ; je regrette le passé et j'ai tant envie de seller mes chevaux noirs... Où êtes vous, où êtes-vous ! A l'extrême, les mots de cheval et de poulain, ou de jument et de pouliche, prennent une signification érotique revêtant la même ambiguïté que le mot chevaucher. Plus d'un poète s'en est inspiré ; Lorca, par exemple, dans la célèbre Romance à la femme infidèle Cette nuit-là j'ai courula plus belle de mes routesmonté sur une pouliche de nacresans bride et sans étriers.trad. F. Gattegno, in Romancero Gitan, Charlot, Alger, 1942. Cette métaphore d'un poète moderne puise aux sources du symbolisme indo-européen. De même que le cheval a représenté la force fécondante, l'instinct et par sublimation l'esprit, il est arrivé que la jument incarne le rôle de la Terre-Mère dans la hiérogamie fondamentale Terre-Ciel, qui préside aux croyances des peuples d'agriculteurs. Nous avons cité la Démeter à tête de cheval, déesse de la fertilité. Il est dit qu'elle s'unit à un mortel - le plus beau Jason - dans les sillons d'un champ fraÃchement labouré. Ce théâtre dionysiaque ne faut pas seulement mythique. Dans les rites d'intronisation des rois d'Irlande, au XIIè siècle, tels qu'ils sont rapportés par Schröder, le futur roi, au cours d'une cérémonie solennelle, devait s'unir à une jument blanche. Celle-ci était ensuite sacrifiée et sa chair, bouillie, partagée dans un festin rituel, auquel le roi seul ne prenait point part. Mais il lui fallait ensuite se baigner dans le chaudron contenant le bouillon de l'animal. L'analyse de ce rite est éloquente. Il apparaÃt en effet que, par leur accouplement, l'homme et la jument reproduisent le mariage ourano-chtonien ; le futur roi se substitue à la divinité céleste pour féconder la Terre représentée par la bête. Mais, dans la dernière épreuve de ce rituel, celle du bain de bouillon, il opère un véritable regressus ad uterum le chaudron représente le ventre de la Terre-Mère et le bouillon les eaux placentaires. De ce bain, au caractère typiquement initiatique, le futur roi renaÃt, ayant reçu, comme au cours d'une seconde gestation, communication des pouvoirs les plus subtils, les plus secrets, de la Terre-Mère qu'il avait éveillée sous la forme de la jument. Il quitte par cette double opération la condition humaine pour se hisser au niveau du sacré, inséparable de la condition royale. Le coursier solaire. Chtonien à l'origine le cheval devient peu à peu solaire et ouranien. Il est frappant, après l'exemple précédent, de constater que les Ouralo-Altaïques représentent, eux, la hiérogamie Terre-Ciel par le couple Cheval Blanc-BÅ“uf Cendré. Le cheval, - mâle bien entendu - est ici une épiphanie céleste. Les chevaux tirent le char du soleil et lui sont consacrés. Le cheval est l'attribut d'Apollon, en sa qualité de conducteur du char solaire. N'oublions pas que, dans le folklore, les chevaux voient et entendent. Dans une miniature de l'Hortus deliciarum d'Herrade de Landsberg, le char du soleil est tiré par deux ou quatre chevaux, et celui de la lune par des bÅ“ufs. Il s'agit de la reprise d'un thème antique. Dès les temps préhistoriques, le soleil est représenté sur un char pour signifier son déplacement. Ce char deviendra celui d'Apollon. Elie, tel Mithra remontant au ciel dans le char du soleil, s'élève sur un char de feu traÃné par des chevaux. Dans la Bible II, Rois, 23, 11, il est fait allusion au char du soleil. On voit aussi le char du Pharaon englouti par la mer Rouge, sur une fresque de Saint-Savin. Tel est aussi le cheval indien asha, qui signifie littéralement le pénétrant ; sa pénétration est celle de la lumière. Les Ashvins à tête de cheval, qui sont en rapport avec le cycle quotidien du jour et de la nuit, sont fils d'un cheval et d'une jument - tous deux symboles solaires - qui incarnent le Dharma la loi et la Connaissance. L'isomorphisme des Ashvins et des Dioscures a été souligné par Mircea Eliade. Emblème tantrique du Boddhisattva Avalokiteshvara, le cheval symbolise la puissance de sa grâce, diffusée aux quatre orients. Dans le Bardo Thôdol, Ratnassambhava, Bouddha du Sud et symbole solaire, est assis sur un trône fait de chevaux. C'est aussi, assure-t-on, un symbole de sagacité et de beauté formelle. Paul Valéry l'a décrit sous les traits d'une aérienne danseuse Le réalisme et le style, l'élégance et la rigueur s’accordent dans l'être luxueusement pur de la bête de race. Le cheval marche sur les pointes. Quatre ongles le portent. Nul animal ne tient de la première danseuse, de l'étoile du corps de ballet comme un pur-sang en parfait équilibre, que la main de celui qui le monte semble tenir suspendu et qui s'avance au petit pas en plein soleil. Dans les textes bouddhiques aussi bien que dans ceux de l'Inde et même de la Grèce platonisante, les chevaux sont surtout les symboles des sens attelés au char de l'esprit, l'entraÃnant ici et là , s'ils ne sont guidés par le Soi, qui est le maÃtre du char. D'une manière analogue, l'enseignement du Bardo est dit être semblable au contrôle de la bouche du cheval par les brides. Tout cela n'est pas sans rappeler le symbolisme de Pégase. Ici apparaissent, non seulement tous les chevaux ailés, mais aussi les associations cheval-oiseau, dont mythologies et traditions nous offrent d'innombrables exemples, toujours associés à un contexte ourano-solaire ainsi dans le Rig-Veda, le soleil est-il étalon ou oiseau. Poussant plus loin cet enchaÃnement d'analogies, la vivacité du cheval en fait souvent, dans son acception ouranienne, une épiphanie du vent quatre chevaux, dans les contes arabes, représentent les quatre vents, et, en Chine, il est la monture de Vâyu, divinité du vent. Borée, son homologue de la mythologie grecque, se fait cheval pour séduire les cavales d'Erichtonios, qui engendreront ainsi douze poulains si légers que, lorsqu'ils couraient sur un champ de blé, ils ne courbaient pas les épis sous leur poids, et quand ils couraient sur la surface de la mer, ils ne la ridaient pas. Mais le même Borée engendre également des chevaux d'une Érinye, puis d'une Harpie cette fois le cheval naÃt donc d'un mariage chtono-ouranien, porteur de violence. Dans ce mécanisme ascensionnel qui - comme on le voit par cet exemple - ne le coupe pas de ses origines, le cheval devient peu à peu un symbole guerrier, et même l'animal de guerre, par excellence. On a vu que le cheval sacrifié annuellement à Rome était consacré à Mars. Le Guerrier, en effet, participe des deux plans ouranien et chtonien ; semeur de mort, infernal dans sa lutte, il s'élève aux cieux, par son triomphe ou pas son sacrifice. Ce cheval-guerrier est omniprésent dans les épopées celtiques. Il est souvent caractérisé par sa robe alezane, couleur de feu. On a retrouvé dans un trésor celtique, à Neuvy-en-Sullias Loiret un cheval votif accompagné d'une inscription à Rudiobus Le Rouge c'est le cheval roux de l'Apocalypse, annonciateur de guerre et d'effusion de sang. Dans la tradition védique, le cheval sacrifié symbolise le Cosmos. Le char du Soleil, dans le Rig-Veda, est tiré par un ou par sept chevaux. Le cheval participe du double symbolisme solaire et de sa double valence force féconde quand il brille, force meurtrière quand il sombre dans la nuit. Les chevaux sont attelés aussi aux chars funé cheval de majesté. Solaire, attelé au char de l'astre, le cheval blanc devient l'image de la beauté accomplie, par le règne de l'esprit le MaÃtre du Char sur les sens. Blanc, mais d'une blancheur éclatante, le cheval est le symbole de la majesté. Il est le plus souvent monté par celui qui est nommé Fidèle et Véritable Apocalypse, 19, 11, c'est-à -dire par le Christ. Suivant le texte de l'Apocalypse, les armées célestes qui l'accompagnent chevauchent des coursiers blancs. C'est pourquoi l'on verra dans les miniatures des anges sur des chevaux. Dans la cathédrale d'Auxerre, une fresque partagée par une croix grecque présente dans son centre le Christ sur un cheval blanc. De la main droite, il tient un bâton noir qui figure le sceptre royal signifiant son pouvoir sur les nations. Dans les quatre anges, des anges, les ailes déployées et montés à cheval, lui font escorte. Un cheval blanc porte un nimbe croisé et remplace l'agneau à l'autel souterrain de Notre Dame de Montmorillon. Au terme de cette ascension, domine la figure symbolique du blanc cheval de majesté, monture des Héros, des Saints et des conquérants spirituels. Toutes les grandes figures messianiques montent de tels coursiers. Ainsi en Inde Kalki, l'avatar futur, cheval lui-même, reviendra cheval blanc. C'est encore sur un cheval blanc qu'est attendu le prophète Mohammed, à son nouvel avènement. Monture du Bouddha pour le Grand Départ, le cheval blanc est enfin, sans cavalier, la représentation du Bouddha lui-même. En conclusion, il apparaÃt que le Cheval constitue un des archétypes fondamentaux que l'humanité ait inscrits dans sa mémoire. Son symbolisme s'étend aux deux pôles - haut et bas - du Cosmos, et par là est réellement universel. Dans le monde du dessous, le Chtonien, nous avons vu en effet que le cheval apparaÃt comme un avatar ou un ami des trois éléments constituants, feu, terre, eau, et de son luminaire, la lune. Mais nous l'avons vu aussi dans le monde du dessus, l'Ouranien, associé à ses trois éléments constituants, air, feu et eau - ces deux derniers entendus cette fois dans leur acception céleste - et à son luminaire, le Soleil. Des chevaux mènent le char du Soleil, des chevaux mènent le char de la Lune, au fronton du Parthénon. Le cheval passe avec une égale aisance de la nuit au jour, de la mort à la vie, de la passion à l'action. Il relie donc les opposés dans une manifestation continue. Il est essentiellement manifestation il est Vie et Continuité, par-dessus la discontinuité de notre vie et de notre mort. Ses pouvoirs dépassent l'entendement il est donc Merveille et il ne faut pas s'étonner que l'homme l'ait si souvent sacralisé, de la préhistoire à l'histoire. Un seul animal le dépasse peut-être en subtilité dans le bestiaire symbolique de tous les peuples le serpent, plus également réparti sur tous les continents, et qui, comme lui, à l'image du temps, coule incessamment, de bas en haut et de haut en bas, entre les enfers et les cieux. Dans ce perpétuel va-et-vient, les chemins secrets du cheval et du serpent sont ceux de l'eau tous deux hantent les sources et les fleuves. Aussi chevaux et serpents sont-ils souvent les héros interchangeables de maintes histoires merveilleuses ; ou bien ils s'unissent, donnant naissance à un monstre étrange, hippo-ophidien. C'est le cheval-dragon Long-Ma qui, en Chine, apporte le Ho t'ou -diagramme du fleuve, appelé aussi Ma t-ou, diagramme du cheval - à Yu-le-grand évidente relation avec le symbolisme du Verbe, qui appelle à nouveau le parallèle avec Garuda. Le cheval se substitue au dragon dans d'innombrables légendes chinoises, du Li-sao de Kiu-yuan au Si-yeou ki. Dans l'un et l'autre de ces deux cas, ils contribuent à la quête de la Connaissance ou de l'Immortalité. Ce n'est sans doute pas un hasard non plus si les ancêtres des sociétés secrètes, les colporteurs de la science taoïste, les propagateurs de l'Amidisme au Japon, prirent l'aspect de marchands de chevaux. Ni si le propagateur du Zen en Chine, Matso, par suite d'un jeu de mots sur son nom, est dit être un jeune poulain s'élançant et foulant tous les peuples du monture des dieux. Force, rapidité ce sont les qualités que le Yi-king attribue au cheval. Le cheval est parfois la monture de Vâyu, divinité du vent, de l'élément air. Les huit chevaux du roi Mou correspondent-ils aux huit vents comme le suggère Granet ? Ce n'est pas impossible. Le cheval est en tout cas, en Chine, un animal typiquement Yang. On sacrifiait anciennement au Premier Cheval, qui était une constellation, mais qui évoquait une tradition d'éleveurs. La fréquente présence de chevaux vivants ou figurés dans les temples shintoïstes du Japon n'est plus guère expliquée de façon satisfaisante. Il semble qu'ils soient la monture des kami. Le cheval est aussi lié, au Japon, aux notions de protection et de longévité c'est aussi le cas du cheval-dragon chinois. C'est encore, sur un chapiteau de l'église de Tavant XIIè siècle le même monstre, chevauché par un cavalier nu, à la poursuite d'une sorcière, également nue, qui s'enfuit à quatre pattes. Dans sa valorisation, négative, c'est la monture infernale du Sieur de Gallery, Chasseur maudit, dont la geste est comparable à celle du roi Arthur Entendez-vous la sarabande ?O l'é la Chasse-GalleryIci, au long, va passer pre bandeEt la garache garou ? et l'alouby vampire ?Gallery va-t-en-tête,Monté sur un cheveauQu'a le cou d'ine bêtela queue d'un serpentEt la péa d'un crapaud. Au lieu de s'unifier en une seule figure mythique, le binôme cheval-dragon peut aussi se scinder en ses deux composants qui, prenant alors une valeur contraire, s'affrontent en une lutte à mort, qui devient celle du bien et du mal. C'est évidemment le cheval qui est alors valorisé positivement, car il représente la face humanisée du symbole, le dragon figurant, lui, la Bête-en-nous, qu'il faut tuer, c'est-à -dire rejeter. Le mythe de Saint Georges en est un exemple."** Selon Les Cartes médecine, Découvrir son animal-totem édition revue 1999 ; traduction française 2010 de Jamie Sams et David Carson, "Les Amérindiens disaient souvent  Voler un cheval, c’est voler la puissance » ; cela indique bien l’estime dont jouissaient les Chevaux dans les cultures amérindiennes. Le Cheval jouit à la fois de puissance physique et de puissance surnaturelle. Dans les pratiques chamaniques à travers le monde entier, le Cheval permet aux chamans de voler dans les airs et de rejoindre le ciel. Quand l’humanité a domestiqué le Cheval, ce fut une aussi grande découverte que celle du feu. Avant la venue du Cheval, les humains étaient attachés à la Terre et chargés de fardeaux, ce qui ralentissait leur marche. Aussitôt qu’ils purent monter le Cheval, ils furent libres et légers comme le vent ; ils pouvaient porter tout à leur aise de lourds fardeaux pendant de longues distances. À travers le lien spécial qui les rattachait au Cheval, les humains ont grandement modifié l’image qu’ils avaient d’eux-mêmes. Le Cheval fut la première médecine animale ; l’humanité a contracté une dette inestimable envers cet animal qui a ainsi facilité leurs déplacements. En effet, la marche à la rencontre de nos frères aurait été longue et dure si le Cheval ne nous avait pas servi de monture. Aujourd’hui, nous mesurons la capacité des moteurs en  chevaux vapeur», ce qui nous rappelle le temps où le Cheval était un partenaire hautement respecté chez les humains. Marcheur de rêve, un homme-médecine traversait les grandes plaines pour aller visiter la nation Arapaho. Il apportait sa pipe. La plume piquée dans ses longs cheveux noirs pointait vers le bas, indiquant qu’il était un homme de paix. Sur la pente d’une colline, Marcheur de rêve vit un troupeau de mustangs sauvages qui venait vers lui en courant. Étalon noir s’approcha de lui et lui demanda s’il cherchait une réponse au cours de son voyage. Étalon noir lui dit  Je viens du Vide où les réponses se trouvent. Chevauche sur mon dos et tu connaÃtras la puissance qui surgit quand on pénètre dans la Noirceur et qu’on y trouve la Lumière. » Marcheur de rêve remercia Étalon noir et consentit à le visiter quand il aurait besoin de sa médecine au cours de l’espace du rêve. Étalon jaune s’approcha lui aussi de Marcheur de rêve et lui offrit de l’amener vers l’Est, où se trouve l’illumination. Marcheur de rêve pourrait partager avec les autres les réponses qu’il y trouverait et les amener vers l’éveil. Une fois de plus, Marcheur de rêve remercia Étalon jaune et affirma qu’il utiliserait ces dons de puissance au cours de son voyage. Étalon rouge s’approcha, se cabrant, enjoué. Il renseigna Marcheur de rêve sur la joie qui résulte d’un bon équilibre entre le travail, les médecines importantes et les joyeuses expériences du jeu. Il rappela à Marcheur de rêve les bénéfices de l’humour par lequel on peut retenir l’attention de ceux à qui on enseigne. Marcheur de rêve le remercia et promit de se rappeler du don de la joie. Marcheur de rêve était maintenant presque rendu à destination. La nation Arapaho était toute proche. Étalon blanc s’avança. Marcheur de rêve monta sur le dos de ce cheval fougueux, messager de tous les autres chevaux, celui qui représentait la sagesse du pouvoir. Ce magnifique coursier incarnait l’équilibre du bouclier.  Aucun abus de pouvoir ne peut mener à la sagesse », dit Étalon blanc.  Toi, Marcheur de rêve, tuas fait ce voyage pour guérir un frère dans le besoin, pour partager la pipe sacrée et pour guérir la Terre-Mère. En toute humilité, tu sais que tu es un instrument du Grand Esprit. Comme je te porte sur mon dos, ainsi tu portes ton peuple sur le tien. Avec sagesse, tu comprends que le pouvoir va de pair avec l’engagement ; le pouvoir n’est accordé qu’à ceux et celles qui acceptent sereinement de prendre des responsabilités. » Marcheur de rêve, le chaman, avait été guéri par la visite des chevaux sauvages. Il savait que sa visite chez les Arapahos avait pour but de partager ses dons avec eux. En intégrant la médecine du Cheval, vous verrez plus clairement comment travailler à obtenir un meilleur équilibre de votre bouclier. Le véritable pouvoir réside dans cette sagesse saisir l’ensemble de votre cheminement et vous souvenir des sentiers où vous avez voyagé dans les mocassins des autres. Compassion, tendresse, enseignement, amour, partage des dons, talents et habiletés vous ouvriront le chemin du pouvoir. A l’envers Si votre ego se met de la partie, vous ne savez peut-être pas reconnaÃtre quand les autres vous manquent de respect. D’un autre côté, il se peut que vous vous battiez contre d’autres qui abusent de leur pouvoir.  Devrais-je dire quelque chose ? Devrais-je lutter contre mon désir de les remettre à leur place ? » vous demandez-vous. Rappelez-vous les moments de votre vie où vous vous êtes éloigné de la grâce du Grand Esprit, et éprouvez de la compassion pour les frères qui font actuellement la même chose. Si vous dominez quelqu’un d’autre ou si vous sentez que quelqu’un vous accable, la médecine du Cheval, tant à l’endroit qu’à l’envers, vous rappelle simplement comment il vous faut équilibrer vos boucliers. En permettant à toutes les voies d’avoir une valeur égale, vous constaterez la puissance et la gloire de la famille humaine unifiée. Voilà le cadeau du guerrier de l’Arc-en-ciel. Le  moi » n’a aucune place dans cet Arc-en-ciel qui tournoie, venu du Grand Mystère ; on l’y a remplacé par le  nous ». Toutes les couleurs et toutes les pistes de l’Arc-en-ciel ne forment qu’un seul tableau et méritent donc d’être considérées comme égales les unes aux ce savoir et appliquez-le ; reprenez ainsi ce pouvoir auquel vous avez renoncé en oubliant d’aller avec compassion au-devant de tout être et de toute situation. Éclaircissez la situation actuelle et comprenez que chaque être humain doit suivre ce sentier vers le pouvoir avant de galoper enfin sous les vents de la destiné puissance." *A lire Canalisation de Caroline Leroux qui communique avec les devas des animaux.* Selon Nicki Scully, auteure de Méditations de l'animal pouvoir, Voyages chamaniques avec les alliés esprits éditions originales 1991, 2001 ; traduction française Guy Trédaniel Éditeur 2002, "Les chevaux ont été révérés dans toute l'historie par de nombreuses cultures, dont les anciens Chinois, les Peaux-Rouges, de nombreuses traditions européennes... Ils incarnent l'esprit de liberté. Et rien n'incarne aussi bien cet esprit que les quelques mustangs qui restent, qui gardent une farouche indépendance. Les Chevaux sont considérés comme des véhicules sûrs pour le voyage dans les mondes physiques ou spirituels ? Les chamans chevauchent sur leurs mustangs dans le monde supérieur et le monde inférieur, avec une égale facilité. Le don du mustang est la capacité de vivre pleinement sur le moment. Le voyage du Mustang a pour dessein la chevauchée même, non un but quelconque. Avec son esprit aventureux, le Mustang vous invite à vous rendre pleinement à l'expérience de la vie. chaque fois que vous vous sentez enfermé, vous pouvez grimpé sur le dois du Mustang, ne faire plus qu'un avec votre cheval, connaÃtre la joie du souffle du vent dans les cheveux, et voler. Le Mustang vous apprend à avoir foi dans le moment, et vous rappelle la nécessité de reconnaÃtre votre propre magnificence. Vous pouvez faire ce voyage n'importe quand, mais je choisis le Mustang pour le dernier voyage, dans cette nouvelle édition, pour que le point culminant de ces voyages soit la puissance et l'exultation de cette expérience de liberté. [Le Voyage du Mustang fait partie, au même titre que celui du Chameau, de la Girafe, du Lézard cornu, du Loup, de l'Araignée et du Pélican des] Voyages de Libération. Cette section est consacrée à débarrasser la voie de la libération des contraintes des pensées et croyances limitées. Les vieux modèles sont abandonnés, laissant la place à des visions nouvelles, élargies, qui génèrent une connexion plus grande avec l'Ensemble de la du Mustang [Faites l'Alchimie du Chaudron et connectez-vous à Thoth ...] Thoth montre le ciel, où vous voyez de beaux nuages blancs défilant. Tandis que vous admirez les motifs changeants des nuages, la forme d'un cheval émerge... Vous vous demandez quelle impression cela peut faire, de sauter sur le dos de ce grand cheval et de chevaucher. Dès que cette pensée se forme dans votre esprit, le Cheval nuage atterrit et devient un étalon pinto [cheval indien tacheté] galopant à la tête d'un troupeau de Mustangs sauvages. Vous vous retrouvez dans un vaste pré entouré de collines ondulantes. La harde de Mustangs passe dans un bruit de tonnerre, rivalisant avec le vent dans un joyeux abandon. Tandis que le Mustang des nuages conduit les Mustangs à travers la prairie, permettez-vous de sentir le désir de courir avec le troupeau. Vous appelez "Aidez-moi à me libérer, aidez-moi à connaÃtre la liberté". Le Cheval de tête entend votre appel et s'arrête - il se retourne pour être face à vous, mais il garde ses distances... Immobilisez-vous complètement... Sans bouger, vous et le cheval, vous vous observez l'un l'autre. Pour monter ce cheval, vous devez gagner sa confiance ; il doit gagner la vôtre en retour. Pour lui donner du temps, restez parfaitement immobile, le cÅ“ur ouvert. Maintenez cet espace neutre tandis que lentement, lentement, le Cheval va vers vous. Enfin, ce magnifique Mustang se tient juste devant vous. restez tranquille et concentrez-vous sur le Cheval. Il fait le tour de votre corps avant de revenir face à vous. Puis il fait un signe de tête de reconnaissance - vous êtes devenu assez présent pour recevoir son don. Avec sa permission, vous montez, oscillant avec aise sur son dos nu. Quand vous saisissez sa crinière, il commence à bouger lentement, puis il allonge le pas, pour rattraper le troupeau... Penchez-vous sur son cou et sentez son corps onduler sans vous. Vous êtes conscient de sa force, de son sens sûr de la direction, et de sa joie de courir. Unissez-vous au Cheval, pour faire pleinement l'expérience du moment, comme il le fait... [Pause] Dès que le Mustang sent que vous ne faites qu'un avec lui, il se met au galop, bondissant à travers prés, franchissant les collines, puis bondissant dans l'air et volant de plus en plus haut, dans les nuages et au-delà . Sentez le vent et jouissez de cette merveilleuse sensation de liberté. Jouissez de votre chevauchée... [Longue pause] Quand vous sentez que votre voyage est achevé, vous redescendez, traversant l'atmosphère, les nuages, jusqu'à ce ce que vous et le Mustang touchiez terre. Vous retournez à l'endroit où le Mustang vous a trouvé, et vous descendez de votre monture. Vous levez les yeux, et vous voyez un aigle qui décrit de grands cercles au-dessus. Il fait tomber une belle plume tachetée, que vous prenez avec gratitude, et que vous attachez à la crinière de votre Mustang magnifique, magique, comme cadeau de remerciement... Thoth est là qui vous attend. Prenez un moment pour partagez votre expérience avec lui... [Thoth vous aidera à rentrer dans votre corps physique et votre conscience ordinaire. Pensez à vous enraciner et à vous centrer... ]Mot-clef Esprit de liberté."* * Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes Hachette Livre, 2000 C'est encore et toujours en Mésopotamie et en Élam "la Terre du Dieu", l'ancien royaume d'Iran, que l'on trouve les premières preuves de la domestication de l' "âne des montagnes" c'est ainsi qu'il était nommé alors, inscrites sur des tablettes d'argile datant de la seconde moitié du IIIe millénaire. Toutefois, le cheval n'existait pas dans ces lointaines régions qui sont devenues l'Irak et l'Iran d'aujourd'hui. Il fut donc sûrement importé des steppes de l'Asie centrale, et notamment du Caucase septentrional, les relations commerciales entre Sumer et Maïkop - une ville située dans l'actuelle région du Kouban, un fleuve qui draine la Russie - ayant été clairement établies. Car tout laisse à penser que c'est bien dans les plaines du Caucase que le cheval devint pour la toute première fois "la plus noble conquête de l'homme", selon Buffon, au milieu du IIIe millénaire avant notre ère environ. Avant cela, il était inconnu en Mésopotamie et en Égypte. Partout ailleurs, en Europe notamment, c'était un animal sauvage que les hommes chassaient et mangeaient. Le cheval étant plutôt un animal de souche européenne, il est assez logique d'apprendre que les Celtes se révélèrent de très talentueux cavaliers, et qu'ils lui accordèrent une place importante dans leur panthéon de divinités, puisqu'ils en firent l'attribut essentiel de leur déesse Epona, surnommée la déesse des chevaux. Représentée par une superbe jument ou par une femme assise entre deux chevaux, elle apparut finalement - à Rome, notamment, devenant ainsi une divinité gallo-romaine -, sous l'aspect d'une cavalière portant une corne d'abondance, symbole de fécondité et des richesses inépuisables de la Terre-Mère. Hélas, il semble bien que la motivation essentielle qui poussa l'homme à domestiquer cet âne des montagnes fut guerrière ! C'est sans doute ce qui explique les images symboliques sombres et destructrices qui s'attachent à cet animal dont la beauté plastique est indéniable, la puissance surprenante, et qui devint un animal mythique, la monture des dieux et, pour cette raison même, prit un caractère quelque peu diabolique. Figure des ténèbres à laquelle on attribue de mystérieux et dangereux pouvoirs, recelant une puissance apparemment indomptable, sauvage, primaire, le cheval est associé à la mort et aux instincts destructeurs. A ce point que la mort elle-même et les forces de destruction furent parfois représentées sous l'aspect de cavaliers, comme par exemple les quatre cavaliers de l'Apocalypse dont Ézéchiel et Zacharie eurent les premières visions, d'après la Bible. Toutefois, comme c'est souvent le cas avec les symboles forts, les mythes récurrents et présents dans différentes parties du monde antique, sous des formes diverses mais dans le fond identiques quant à leurs significations, le cheval est un animal ambivalent, tantôt figurant la mort sous son aspect le plus violent, tantôt représentant l'élévation et la grandeur de l'âme, la course du soleil à travers le ciel, la puissance régénératrice de l'eau et purificatrice du feu, les instincts maÃtrisés, le désir dominé, le corps, véhicule de l'âme ou, plus exactement, la monture que l'âme doit apprivoiser et emprunter pour accéder au divin. Dans certains contes et légendes, le cheval ailé possède le pouvoir de faire passer celui qui sait le monter de la nuit au jour, du monde visible au monde invisible, de la mort à la vie. Aucune porte ne reste fermée pour lui. Toutes les frontières sont abolies, dès lors qu'il fait corps avec le cheval. C'est ainsi que l'apparition d'un cheval dans un de vos rêves est souvent associée aux forces psychiques, instinctives et pulsionnelles inconscientes, destructrices, certes, mais par là même créatrices et régénératrices aussi. N'oublions pas en effet que le cheval, à cause de sa nature fougueuse et généreuse, fut associé aux déesses de la Terre, symboles de fécondité. Les interprétations révélées par la présence du cheval dans nos rêves sont si nombreuses, si variées, que l'on pourrait presque y consacrer un ouvrage entier, tant les symboles et les mythes se rattachant à cet animal sont multiples. C'est ainsi que le cheval peut être rapproché des quatre éléments le Feu, la Terre, l'Air et l'Eau. Il peut être une représentation de la foudre, de l'éclair, de l'embrasement, de l'incendie, et donc d'un événement soudain, inattendu, brutal, imprévu, inévitable, bouleversant, qui se produit ou va se produire dans la vie ou dans l'esprit du rêveur. Il peut figurer le roulement de la terre qui tremble, les ondes de choc telluriques et, là encore, annoncer un bouleversement dans la situation ou la vie du sujet. Il peut symboliser la tempête qui balaie tout sur son passage, la tornade ou le cyclone, et laisser sous-entendre que beaucoup de choses devront être ou seront éliminées dans la vie du sujet. Enfin, il peut incarner le raz de marée qui déferle, révélant ainsi une crise émotionnelle."** D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs Octopus Publishing Groupe, 2006 ; traduction française Éditions Véga, 2006 Guide d'interprétation En tant que symbole oniriqueLiberté ; Sexualité ; Pouvoir ; Ambition ; Spiritualité ; Transition ; Force en tant que gardien ou protecteurProtège pendant le voyage ; Transporte en toute sécurité vers les domaines tant que guérisseurTransforme les blessures en sagesse ; Soigne les traumatismes émotionnels ou la tant qu'oracle ou augureNouvelle aventure ; Gain et contes Dans le mythe grec, Pégase, le cheval ailé, est né du sang de Méduse à la chevelure en serpents. Le centaure Chiron, mi-homme, mi-cheval, rejeté par sa mère à la naissance, était devenu un grand guérisseur compatissant. Dans le mythe celte, les chevaux blancs sont associées aux déesses Rhiannon et le cheval est votre animal de pouvoir Vous êtes très sensible et réagissez fortement à votre environnement. Vous appréciez les relations sociales harmonieuses et si on ne fait pas appel à vous pour diriger, vous e^tes content de suivre. Quand les membres de votre famille élargie ne s'entendent pas, ils se tournent vers vous pour la médiation. Le rejet vous fait très peur. Vous êtes très résistant et appréciez votre liberté de voyager. Quelques difficultés à faire confiance, mais quand vous vous décidez, c'est au cheval de vous aider à satisfaire votre désir de voyage et d'aventure ;à être un dirigeant compatissant et efficace de votre communauté.Accéder au pouvoir du cheval en visitant une écurie et en montant ;participant à un marathon. On connaÃt plus de 150 races de chevaux et de poneys. Votre cheval de pouvoir est-il un pur race, un cheval de trait, un étalon, un hongre ou une jument ? Quelle est sa couleur ? Imaginez que vous êtes votre cheval. Quelles sensations laisse le fait d'être si beau, si puissant, si libre ?Élément Terre.** Pour Jacques Voisenet, auteur de "L’animal et la pensée médicale dans les textes du Haut Moyen Age." paru dans la revue Rursus. Poiétique, réception et réécriture des textes antiques, 2006, n°1 La chair du cheval est aussi jugée  dure, difficile à manger, mauvaise pour l’homme, tant et si bien qu’il a beaucoup de peine à la digérer ». Elle est donc peu recommandable d’un point de vue diététique - elle échauffe trop – mais surtout parce qu’elle est liée à des pratiques païennes en vigueur dans les populations germaniques. Elles attribuaient à la viande des chevaux sacrifiés souvent en l’honneur des défunts une vertu phylactérique. Cette manducation permettait de participer à la nature magique de l’animal et d’établir un lien entre le monde des vivants et celui des morts. L’hippophagie et l’absorption de sang étaient une pratique largement répandue chez les barbares. Pline avait déjà évoqué la coutume des Sarmates qui prélevaient du sang à leurs chevaux pour se nourrir. Pour les auteurs chrétiens, il ne s’agit pas d’une habitude alimentaire innocente mais d’un mode de vie païen qu’il faut éradiquer. Saint Boniface mort en 755, apôtre de la Germanie, reçoit des recommandations très strictes de la part du pape Grégoire III 731-741 pour qui il faut interdire aux nouveaux convertis la consommation de viande de cheval, sauvage ou domestique, et imposer une sanction sévère aux contrevenants car c’est un usage  immonde et exécrable ». Vingt ans plus tard, le pape Zacharie 741-752 lui renouvelle l’interdiction à partir d’une liste d’animaux que Boniface lui avait fait parvenir. Cela montre la difficulté que l’évangélisateur devait rencontrer à faire accepter cette interdiction par les populations germaniques habituées à manger de la viande de cheval. Les besoins d’éclaircissements de Boniface étaient d’autant plus forts qu’il savait que dans la chrétienté cette sévérité ne faisait pas l’unanimité. Certains pénitentiels se montrent intransigeants trois à quatre ans de pénitence pour les mangeurs de chevaux, d’autres sont plus mesurés  La consommation du cheval n’est pas interdite, pourtant elle n’est pas habituelle » ;  La viande chevaline n’est pas interdite même si beaucoup de peuples refusent d’en manger ». C’est le cas en particulier des orientaux ou des irlandais mais l’interdiction stricte des papes Grégoire et Zacharie est imposée dans un contexte d’évangélisation sur un front du christianisme et à cause de la place du cheval dans la religion germanique. Manger n’est pas un geste anodin, cela peut vous maintenir dans l’erreur du péché, maladie spirituelle qui a toujours une incidence sur le corps et provoque les maladies physiques .** Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal édition originale 2007 ; traduction française Éditions Contre-dires, 2018 nous délivre un Message des animaux du royaume des équidés Nos cÅ“urs sont énormes et rayonnants, de sorte que nous répandons l'amour sur tout ce qui nous entoure. Ainsi, nous guérissons les gens, les autres animaux et la Terre. Vous pouvez le faire, vous aussi. Il nous suffit d'ouvrir votre cÅ“ur et de le laisser resplendir d'amour. De beaux chevaux d'un grand raffinement se sont incarnés en venant de Lakumay, l'aspect ascensionné de Sirius, durant l'age d'or de l'Atlantide, pour servir et soutenir les humains. A cette époque, ceux qui se sont portés volontaires pour semer les grains de la grande expérience de l'Atlantide vibraient tous au niveau supérieur de la cinquième dimension. Ils utilisaient les chevaux avec beaucoup de gratitude comme moyen de transport et les montaient sans selle en les dirigeant télépathiquement. En échange, les humains en prenaient soin et les abritaient en s'assurant qu'ils étaient bien nourris. Un lien d'amour très fort existait entre les chevaux et leurs amis humains. Ce n'est que lorsque l'Atlantide est tombée que les chevaux ont été montés avec des selles et des brides ou ont été élevés et utilisés pour des travaux difficiles. La mission de l'âme de ces créatures excellentes et dignes est de rendre service à l'humanité, et en retour, notre contrat est de les honorer et de prendre soin d'eux. Les chevaux étaient, et sont encore, des guérisseurs au grand cÅ“ur. Beaucoup d'entre eux démontrent toujours des qualités de dignité, d'honneur, d'amour, d'empathie, de liberté et de joie. Ils diffusent également l'énergie féminine divine et sont reliés à l'ange Marie, qui se connecte avec eux par l'intermédiaire de Vénus, le cÅ“ur cosmique. En tant que guérisseurs, les chevaux ont une grande affinité avec les enfants, en particulier ceux qui ont un besoin physique ou émotionnel. Ils peuvent contribuer à les soulager et à les apaiser. Comme la plupart des animaux à quatre pattes, les chevaux sont très présents dans leur corps et ils aident les enfants à se détendre et à prendre, eux aussi, pleinement conscience de leur corps. Cela peut être d'une grande utilité pour les enfants sensibles et avec une fréquence vibratoire élevée qui se déconnectent énergétiquement de la Terre et ont tendance à s'isoler parce que la vie est difficile ou que les énergies qui les entourent sont trop faibles, mais qui ont vraiment besoin d'expérimenter pleinement la Terre. Et l'ange Marie travaille avec les enfants par l'intermédiaire des chevaux. Quand les gens ont commencé à introduire leurs 12 chakras de la cinquième dimension, l'archange Christiel est entré dans cet univers en passant par la porte des étoiles en forme de croix de la constellation de la Lyre. Il a commencé à déverser la lumière divine féminine à travers la Lune dans le chakra causal de ceux qui étaient prêts à la recevoir. Le centre causal est un chakra transcendant brillant comme la Lune au-dessus de la couronne. C'est grâce à ce centre que les gens peuvent se connecter pleinement avec les anges, les licornes, les maÃtres éclairés et le monde spirituel de la septième dimension. Quand les gens ont élevé leur fréquence aux niveaux supérieurs de la cinquième dimension, leur chakra causal est devenu un portail par lequel les licornes pouvaient pénétrer dans la longueur d'onde de la Terre. En 2012, un plus grand nombre d'individus ont ouvert leur chakra causal. Puis, en 2015, sous l'influence des super lunes et de l'ascension de la Terre-Mère, une vague de l'énergie féminine divine et magnifique de l'archange Christiel a déferlé aussi bien sur les êtres humains que sur les animaux. Ce phénomène a affecté plus particulièrement les chevaux qui portaient déjà l'énergie divine féminine, car il a réactivé leur mission supérieure qui était destinée à procurer à la planète un équilibre divin masculin-féminin. Durant l'âge d'or de l'Atlantide, quand le temps était venu de mourir pour un cheval bien-aimé, ses amis humains le regardaient se transformer en licorne et entamer son ascension. Je suis heureuse de dire que quelques personnes m'ont fait partager leurs merveilleuses expériences durant lesquelles elles ont vu l'esprit de leur cheval sortir de son corps et se transformer en une licorne d'un blanc immaculé tandis qu'il s'élevait vers la lumière. Quel privilège incroyable de pouvoir assister à une telle scène ! L'événement est similaire à la cérémonie des niveaux intérieurs que vit un être humain quand il entame son ascension. Les anges et les archanges les attendent pour les accueillir. Les trompettes se font entendre dans tout l’univers, et tout n'est que jubilation et joie à travers les cieux. Une des nombreuses tâches de l'archange Gabriel est d'aider les êtres de tous les univers à exprimer la liberté et la joie ; et il n'est donc pas surprenant qu'ils veillent sur les chevaux et qu'ils les aident à remplir leur potentiel. Une des visions les plus inspirantes sur le plan énergétique est celle d'un cheval heureux qui galope dans le sable avec sa crinière qui vole au vent. Les chevaux sauvages Les chevaux sauvages sont des descendants de ceux qui ont été domestiqués et se sont échappés. Ils vivent en groupes, avec un mâle, qui protège son harem de femelles. Les jeunes poulains quittent la famille à l'âge de deux ans et errent avec d'autres mâles jusqu'à ce qu'ils fondent leur propre famille. Ces chevaux expérimentent la vie de famille et la liberté. Leur chemin n'est pas destiné à croiser celui des humains. VISUALISATION POUR COMPRENDRE LES CHEVAUX Trouvez un endroit où vous pourrez vous détendre sans être dérangé. Dessinez le diamant de pureté et de protection de l'archange Gabriel sur vous et respirez que vous êtes assis sur une longue plage de sable fin pendant une chaude journée de printemps. Les vagues roulent sur le rivage et vous vous sentez très bien. Un cheval gracieux trotte le long de la plage et vient vous vous. Il rayonne de calme, d'amour et de paix. Il s'arrête à côté de vous et vous invite télépathiquement à monter sur son dos. Votre ange gardien est proche de vous, afin de vous faire savoir que vous serez en sécurité. Vous caressez le nez de votre ange vous aide à vous asseoir sur le cheval et s'installe derrière vous en passant les bras autour de votre taille. Prenez un moment pour vous lier avec votre étalon. Puis, vous galopez le long de la plage sur votre cheval, vos cheveux volant dans le vent. La mer est peu profonde sur le rivage, et les sabots du cheval soulèvent des éclaboussures d'eau. Enveloppé dans un cocon blanc pur d'amour et de confiance, vous ressentez l'exaltation, la joie et la liberté, le plaisir et la sensation merveilleuse de ne faire qu'un avec cet animal. Profitez de ce ressenti aussi longtemps que vous le souhaitez. Pendant votre promenade à dos de cheval, vous recevez un téléchargement d'énergie divine fé le cheval s'arrête, caressez-le et remerciez-le. Laissez votre ange gardien vous aider à descendre. Et maintenant, prenez soin du cheval en le brossant, en peinant sa crinière et sa queue, en l'emmenant avec douceur vers un pâturage spécial et en lui donnant une carotte. Parlez-lui gentiment pendant tout ce temps, en lui rappelant qu'il est vraiment magnifique. Puis, ouvrez les yeux en vous sentant revigoré et plein d'amour. ** Selon Annie Pazzogna, auteure de Totem, Animaux, arbres et pierres, mes frères, Enseignement des Indiens des Plaines, Le Mercure Dauphinois, 2008, 2012, 2015, dans le cercle des animaux, le Cheval Sunkawakan fait partie, au même titre que l'Hirondelle, la Libellule, l'Araignée, le Corbeau, le Serpent et le Chien, des Animaux Tonnerre qui se situent à l'Ouest de l' en négatif Entêtement.en positif Force fécondante ; Guide ; Élévation. Tous les chevaux actuellement sauvages ont été domestiqués puis sont retournés à la nature. Ils vivent par groupes sous la conduite d'un vieux mâle. Cheval est comme la foudre, porteur de vie et de mort. Si ses sabots ronds et lisses font naÃtre l'éclair, ils ne lui permettent pas d'adhérer à la terre ; Cheval vole, il est la liberté, la puissance, l'endurance. Ses naseaux exhalent la fumée... Sunkawakan, force fécondante est l'élévation de la puissance de l'âme. Il est le véhicule de l"homme tout au long de sa vie. Il faut le monter afin d'entrer en communion avec le divin. Il permet de s'envoler dans les airs et atteindre le Ciel. Guide par excellence, Cheval pouvait être sacrifié lors du décès de son maÃtre pour que son âme clairvoyante l'aide à trouver le chemin dans l'autre monde. Il est lié à la planète Vénus. Avant que Cheval ne vÃnt dans les Plaines, les Indiens ne se déplaçaient pas plus de dix kilomètres / jour. Les charges se limitaient aux possibilités des femmes et des chiens. Les hommes ne portaient rien ; ils devaient être prêts à parer aux attaques. Les Indiens étaient attachés à leurs chevaux. ils chantaient leurs qualités et sculptaient ceux tombés au combat. Kola mitasunke kinyan yan in yanke lo "mon ami, mon cheval, quand tu galopes, tu voles comme un oiseau" Chant de guerre de Brave Buffalo. Sunk'ska akan yanka était une confrérie de vieux guerriers qui chevauchaient des chevaux blancs et leur parade faisait l'admiration de tous. Cheval fut l'objet de nombreux raids pour le voler à ses possesseurs et suscita de ce fait quelques guerres tribales. Les Sioux eurent une grande nation grâce à lui. La tête de Sunkawakan orne les bâtons de voyage des hommes médecine. La chevauchée symbolique traduit l'abandon du corps. C'est la mort mystique, la lutte de la lumière contre les ténèbres.** Dans Rencontre avec votre animal totem édition originale 2010, traduction française 2015, Phillip Kansa et Elke Kirchner nous proposent la fiche suivante sur le cheval "Caractéristiques positives Atteindre ses objectifs par la mobilité et la volonté ; Trouver sa place dans la communauté.En quoi cet animal m'aideLe cheval, en tant qu'animal totem te donne la persévérance et la volonté de donner le meilleur de toi-même. Avec force et grâce, il sert celui qui comprend son langage. Le cheval a besoin de compagnie pour se sentir bien. Il t'aide à vivre en collectivité et à accepter que chacun ait sa le cheval me protègeLe cheval te protège de la solitude et te rappelle que chacun peut trouver sa place dans la société. Sa persévérance et sa volonté l'empêchent de renoncer trop vite. Son agilité t'apprend à surmonter les obstacles ou à les contourner et à prendre une nouvelle pour me relier à cet animalImagine que tu te trouves devant un enclos et que tu observes un troupeau de chevaux. L'un d'eux attire fortement ton attention. Relie-toi par le cÅ“ur à cet animal. Il se détache lentement du troupeau et, au pas, s'approche de toi. Tu ressens sa puissance et sa beauté. Ses forces gagnent ton champ énergétique et emplissent tout ton corps. Le cheval tend sa tête, que tu caresses doucement. Tous deux appréciez ce moment de proximité partagée. Demande au cheval de te prêter sa force et dis-lui, si tu le souhaites, dans quelle situation tu as besoin de ses qualités. Tu peux aussi lui demander comment il s'appelle, pour pouvoir l'invoquer à tout moment. Si la rencontre touche à sa fin, remercie l'animal, respire dans ton cÅ“ur, et reviens dans l'ici et maintenant." ** Pour David Carson, auteur de Communiquer avec les animaux totems, puisez dans les qualités animales une aide et une inspiration au quotidien Watkins Publishing, 2011 ; traduction française Éditions Véga, 2011, le cheval appartient à la famille de la Sagesse intérieure, au même titre que l'hippopotame, le chien, l'aigle, l'ours polaire, le coyote, la salamandre, le papillon, la chouette, le saumon, le phoque, le paon, la grue, le lièvre, le tigre, le bÅ“uf et la pieuvre. Sagesse intérieure Invoquer un esprit animal, c'est éveiller de nouvelles perceptions. Tout phénomène naturel, y compris l'animal, est intrinsèquement mystérieux. L'indicible que recèle toute forme de vie nous ramène aux questions fondamentales sur l'existence. Comment et pourquoi s'est formé le cosmos ? Pourquoi les choses existent-elles plutôt que le néant comme s'interrogent souvent les philosophes ? La méditation peut nous apporter une conscience silencieuse des vérités qui se cachent derrière ces énigmes. Lorsque nous plongeons nos yeux dans ceux d'une autre créature, nous sommes confrontés à de profonds mystères, dont l'animal est l"incarnation vivante. Ce chapitre présente les animaux susceptibles de nous guider vers de nouveaux indices et une acuité nouvelle. Si nous sommes prêts à nous ouvrir et à écouter, nous pouvons gagner en maturité spirituelle et avancer dans notre voyage intérieur. [...] Depuis des milliers d'années, les chevaux sont honorés comme créatures majestueuses et puissantes. En France et en Espagne, on a découvert des peintures rupestres de chevaux remontant à 5 000 ans, parfois plus. Ces animaux tiennent compagnie aux chamans et sont unis à eux par un lien étroit. On prétend même que le tambour du chaman peut, par magie, se changer en cheval ; d'autres affirment encore que leurs calebasses renferment des chevaux magiques. Ces créatures spirituelles de génie ont le pouvoir de voir le futur, et protègent les chamanes du danger. Il n'est rien de plus fin ou noble qu'un cheval beau et fougueux. D'après les anciens habitants des monts Altaï d'Asie centrale, l'univers lui-même était un cheval - le grand cheval de la compassion. Sa tête était l’aube du ciel ; son Å“il gauche, l'étoile du matin ; et son Å“il droit, l'étoile du berger. Sa robe portait lune, étoiles et planètes, son estomac contenait l'espace et son corps était le temps. Son souffle abritait les quatre vents et sous lui se trouvait la Terre. Nous autres humains étions les intermédiaires recherchant la compréhension de ce grand cheval. Dans de nombreuses cultures du monde entier, le cheval blanc a une signification spirituelle particulière. Les anciens textes sacrés de l'Inde, les Vedas, disent que dans l'incarnation finale, Vishnu, sauveur du monde, apparaÃtra soit chevauchant un cheval blanc, soit sous la forme même de ce cheval. Dans l'ancien rite védique de l'ashvamedha, on sacrifiait des chevaux blancs, tout comme chez les Magyars hongrois. Deux des plus importants saints chrétiens, Jean et Georges, chevauchaient traditionnellement de purs chevaux blancs ; parallèlement, d'autres cultures décrivent que dans le ciel, le char du soleil était tiré par des chevaux blancs. Les Amérindiens étaient les plus expérimentés des peuples-chevaux. Les Comanches, tribu remarquée pour ses compétences cavalières, étaient capables de parcourir le Mexique entier à cheval. Sur les grandes plaines, l'animal offrit la possibilité d'une expansion culturelle. Grâce aux chevaux, les Indiens d'Amérique pouvaient chasser plus efficacement et déplacer davantage de marchandises et plus vite qu'auparavant. En outre, les chevaux offrirent au peuple la possibilité de déplacer des villages tribaux de plusieurs centaines de mètres. Enfin, pendant deux siècles, les chevaux empêchèrent l’expansionnisme espagnol et blanc dans le Sud-Est de l'Amérique. Avec le cheval blanc pour totem, vous possédez l'énergie de la vitesse, de la noblesse et de la grâce. Force intérieure, dignité et beauté vous caracté Noblesse sur le cheval Debout ou allongé, commencez par vous centrer. Imaginez l'énergie d'un cheval. Laissez monter cette énergie, ressentant l'esprit et l'âme même de l'animal. Faites tomber les moindres barrières et fusionnez avec l'animal. Dans votre Å“il mental, lâchez toute restriction ou hésitation et devenez libre - libre de marcher lentement dans un pré verdoyant. Sentez le vent agiter votre crinière. A présent, vous avancez un peu plus vite, joyeux et fier. Éprouvez les battements des sabots sur le sol. Ébrouez-vous, ruez et trottez. Levez-vous sur vos pattes arrière et piaffez l'air de vos sabots. Osez maintenant galoper comme le vent, rapide et libre. Votre souffle s'imprègne du parfum de la plaine, vos naseaux frémissent. Vous êtes un cheval sauvage en communion avec la nature." ** Karsten Massei nous explique dans son essai intitulé Les Offrandes des Abeilles Édition originale, 2015 ; traduction française Éditions de l’Émeraude, 2017 que les animaux et les hommes sont unis par des liens spirituels étroits Le cheval est un ami de l’homme. Depuis des temps très reculés, il l’accompagne à sa façon et participe au développement des diverses cultures. Sa dignité rayonne et se transmet à l’homme. Il exerce une influence permanente sur les humains, même s’il en est éloigné géographiquement. L’influence réciproque, le flux vital et spirituel qui courent entre le cheval et l’homme sont intenses, du fait que tous deux cheminent ensemble depuis très longtemps. L’énergie vitale que l’homme absorbe et concrétise grâce à l’entité des chevaux est de nature très élevée. Les offrandes des chevaux à l’homme concernent sa capacité à se connecter verticalement avec les conditions de vie terrestres. Elles enveloppent en quelque sorte sa colonne vertébrale, construisent autour une aura en forme d’œuf, qui de fait enlace chaque vertèbre. L’homme vit son maintien, sa verticalité, comme s’ils émanaient de ses propres forces alors qu’il les doit au cheval. Cette offrande, qui lui permet de marcher droit sur terre, est la condition pour qu’il puisse penser, utiliser sa capacité de discernement. Il émane des chevaux, de leurs entités supérieures, un flux de développement qui génère un maintien vertical et nourrit ainsi la pensée, la compréhension. Dans les chevaux réside la source de toute intelligence humaine. Les chevaux la possèdent mais ne la vivent pas. C’est en l’homme qu’elle s’exprime, grâce à eux.** Dans son jeu de carte L'Oracle du peuple animal Guy Trédaniel Éditeur, 2016, Arnaud Riou regroupe les animaux par famille. Le cheval appartient selon lui à la famille de l'action, avec le bélier, l'éléphant, l'ours, le colibri, le renard, le bison, le requin, le castor et le dragon. L'action "Au-delà de nos concepts, de nos belles théories, de nos idées et de nos valeurs, le passage à l'acte est une dimension fondamentale de notre humanité. Nous avons beau avoir le plus bel idéal, nous ne serons pas heureux tant que nous ne l'aurons pas réalisé. De la même façon, si nous passons à l'action en permanence sans prendre le temps de ressentir à quels besoins fondamentaux correspondent les actions que nous entreprenons, nous ne resterons que dans la dimension superficielle de notre être et notre vie manquera de sens. Notre santé s'appuie sur notre inspiration et notre expiration. Plus nous respirons profondément, plus nos perspectives s'élargissent. L'inspiration correspond à l'intuition, la méditation, l'introspection, la sagesse. L'expiration correspond au passage à l'acte, à la décision, à l'action compatissante. C'est alors tout un art de passer à l'action en s'appuyant sur une intention claire, sans pour autant y mettre trop de volonté. C'est tout un art de n'être ni dans la procrastination, l'art de remettre à demain ce qu'il serait juste d'entreprendre aujourd'hui. C'est tout un art aussi de travailler quotidiennement sans tomber dans la surchauffe, la dépression ou le découragement. [ La syntaxe fautive de cette fin de paragraphe n'est pas de mon fait ni... ni ? je recopie scrupuleusement l'article afin que chacun puisse se faire sa propre opinion.] La volonté égotique est dure et empêche la fluidité de nos actions. Lorsqu'il tire à l'arc, le samouraï est précis sur le centre de la cible qu'il vise. Toute sa concentration est posée sur la qualité de sa posture. Puis, il détend le pouce et l'index, et libère la flèche. Il ne met aucun volonté dans ce dernier mouvement. Poser une intention claire et passer à l'acte avec douceur et précision est tout un art. C'est à cet art que nous invite cette famille d' tu veux me monter, si tu veux seulement m'approcher ou caresser ma crinière,il faudra que tu apprennes à te connaà à découvrir ta puissance,à maÃtriser tes instincts et à affiner tes directions,alors tu pourras voyager en liberté.......................................................................................................................................................La carte représente une harde de Chevaux sauvages. Ils paissent dans un environnement naturel de grands espaces, de collines et de plaines. Un lac leur permet de s'abreuver. Nous sommes dans un paysage de printemps, les arbres fruitiers sont en fleurs. Au premier plan, un pommier exulte ses fleurs blanches. Un cheval est face à nous. Il est jeune, fougueux, joyeux, la crinière libre. Il est dans un mouvement d'entre-deux, à l'arrêt, mais prêt à repartir au galop. Il s'agit d'une jeune jument à la robe claire..................................................................................................................................................... Le Cheval incarne la liberté, la fougue et la puissance maÃtrisée. Du Cheval, on admire la vitesse, la précision, la virtuosité. Depuis qu'ils se sont rencontrés, les hommes et les chevaux vivent une relation complexe dans l'art de vivre ensemble. Autrefois, l'homme était lent et prisonnier d'un territoire. La rencontre avec le prince des plaines lui a permis de découvrir des espaces insoupçonnés. Le Cheval porte l'homme, ses bagages, tire sa caravane et lui permet de développer sa connaissance du monde. De tout temps, l'homme est fasciné par la liberté qu'incarne le Cheval. Avec lui, il découvre de nouvelles contrées. Sur les cinq continents, l'homme et le Cheval ont toujours eu cette relation riche et complexe. Chez les Romains, le Cheval avait droit à une sépulture. Il figurait sur de nombreux temples et l'homme lui dressait un véritable culte. C'est le Cheval qui tirait le char dans les tournois, potait les cavaliers dans les combats, tirait la charrue dans les champs. Les Indiens entretenaient avec lui une relation de respect infini. Car respecter le Cheval, c'est respecter la liberté. Les chamans ont compris que le Cheval est capable de porter les hommes jusqu'au ciel. Ainsi, l'équidé est un animal totem puissant pour faire voyager les hommes dans le monde réel comme dans le monde des esprits. Cette relation entre l'homme et le Cheval a, au travers des siècles, pris les formes des plus nobles aux plus viles. Le Cheval accompagne les paradoxes de l'homme. Il est placé comme icone des grandes écoles de dressage tout en étant consommé dans les boucheries. Dans la nature, le Cheval vit en harde, un petit groupe d'une dizaine d'individus, habituellement constitué d'un étalon, de trois ou quatre juments et de leurs poulains. Ces poulains accompagnent le clan jusqu'à leurs deux ou trois ans. Ensuite, ils sont chassés par l'étalon et vont créer leur propre harde. Se joue alors un jeu d'autorité, de défiance, de limites. Dans la harde, c'est souvent la jument la plus âgée qui est la dominante. Elle assure l'éducation des poulains et oriente le clan. Si le Cheval est considéré comme le meilleur ami de l'homme, il n'a pas besoin de l'homme. Il est libre de nature et beaucoup de races vivent encore aujourd'hui sans l'intervention humaine. Le Cheval est l'un des rares animaux à incarner une telle puissance dans la nature et à être prêt à une telle tendresse envers les humains qui savent l'approcher. Lorsque le Cheval vous apparaÃt dans le tirage, c'est pour vous interroger sur votre propre liberté. Si vous cherchez le pouvoir, recherchez-vous ce pouvoir en prenant le contrôle sur vous ou sur les autres ? Pour dresser l'animal, apprenez à le montrer, et donc à trouver votre propre équilibre, votre assiette, à tenir en selle, à savoir guider. Il y a dans cet apprentissage une initiation sur l'art de devenir son propre maÃtre. La hiérarchie et le respect de l'autorité naturelle sont importants chez le Cheval. Le Cheval peut reconnaÃtre à l'homme son autorité. Cela demande à celui-ci d'incarner lui-même son propre leadership, de savoir où il va, d'être congruent. C'est pourquoi le cavalier doit devenir son propre maÃtre, et explorer les ressorts et les obstacles à sa propre puissance. Le Cheval vient vous interroger sur votre propre assise. Peut-être est-il nécessaire que vous passiez plus de temps à dompter vos propres pulsions sauvages, à vous stabiliser. Le Cheval dans le tirage vient également vous interroger sur la façon dont nous cohabitons avec les pulsions liées à notre sexualité. Mots-clés La liberté - La puissance - La vitesse - L'élégance - Le respect - La maÃtrise - Le contrôle - Le voyage - Le clan - L'inclusion, l'exclusion - La sexualité. Signification renversée Lorsque le Cheval vous apparaÃt dans sa position inversée, c'est pour vous interroger sur les parties de vous qui sont enfermées. Avez-vous gardé votre bride trop serrée ? Qui est le maÃtre chez vous ? Votre ego ? Votre intelligence intellectuelle, vos concepts et vos idées ? Vos pulsions animales ? Qui domine qui ? Lorsque l'esprit du Cheval se montre dans sa position inversée, c'est l'occasion de vous recentrer, de clarifier votre direction et la direction que prennent vos projets. Peut-être y a-t-il trop de dispersion ? Peut-être allez-vous trop vite ou au contraire, peut-être avez-vous peur de prendre toute votre vitesse. Le Cheval inversé vient vous interroger sur la façon dont vous maÃtrisez les forces motrices de votre vie. Le message du Cheval Je suis le Cheval. J'incarne la liberté. Depuis que nous nous sommes rencontrés, je t'ai appris que l'univers n'a pas de limites. Je te permets de te dépasser. Je t'invite à monter sur mon dos. Laisse-toi porter par mon mouvement naturel. Écoute le rythme de mes sabots, pose ta main sur mon flanc, sens battre mon cÅ“ur, sens la chaleur de mon corps, et le souffle de mes naseaux, suis ma cadence. Je connais les secrets de la vitesse, de l'endurance. Je sais franchir les obstacles, traverser les rivières, monter les sentiers escarpés, passer à travers bois. Je sais galoper même dans les endroits les plus complexes. Je sais toujours que le rythme doit s'adapter à mon pas. Je suis le fils de la Terre, et mon esprit flotte dans le ciel. Viens avec moi, je t'accompagnerai à passer la porte des nuages. Le rituel du Cheval Je rends hommage au peuple des Chevaux. Je m'installe quelques minutes en méditation. Je visualise mon corps dans son plein éclat. Je visualise un Cheval venir vers moi. Quelle est sa posture, quel est son rythme ? Je me sens stable. Je ne cherche pas à attraper le Cheval ou à le brusquer. Je suis en lien avec ma respiration et ma propre stabilité. Au bout de quelques instants, le Cheval semble avoir repéré ma présence. Il se sent en confiance. Je m'approche alors de lui. Lentement, mais en étant totalement présent à ma marche, totalement présent à chacun de mes pas. Je suis plein de moi. Je me dompte moi-même et ne cherche pas à attraper, à dresser ou apprivoiser un autre que moi-même. Alors, le Cheval me laisse l'approcher. Je monte sur son dos, sans selle et sans rênes. Je me sens serein et confiant. Le Cheval part au galop. Je respire profondément. Je me sens confiant. Je regarde au lointain. Je me tiens à sa crinière tout en maintenant mon corps détendu, souple et en rythme avec son mouvement."** Dans l'édition revue et augmentée de Les Animaux totems dans la tradition amérindienne Éditions Le Dauphin blanc, 2019 Aigle bleu nous transmet la médecine du Cheval Le cheval est un symbole de pouvoir et de liberté dans les communautés amérindiennes. Les jeunes guerriers et les jeunes braves des plaines** Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017, le Cheval est défini par les caractéristiques suivantes Traits Le Cheval symbolise la loyauté, l'amitié, la confiance et le travail ensemble. Une fois que le cheval vous considère comme faisant partie de sa horde, il va vous faire confiance à vous aussi. Il va travailler avec vous pour atteindre ses objectifs et vous accorder sa fidélité éternelle. Le cheval signifie la valeur des amis dans votre vie, être fidèle et avoir confiance en ceux qui l'ont mérité, et travailler ensemble pour parvenir à des buts communs. Talents Alerte ; Athlétisme ; Conscience ; Beauté ; Liens ; Communication ; Confiance en soi ; Coopération ; Empathie ; Endurance ; Fidélité ; Fertilité ; Avancée ; Liberté ; Amitié ; Généreux ; Grâce ; Gardien ; Indépendance ; Loyal ; Relation corps / esprit et âme ; Noblesse ; Triomphe des obstacles ; Persuasif ; Pouvoir ; Majestueux ; Serviable ; Vitesse ; Force ; Voyage ; Confiance ; Vitalité ; Précurseur ; Nature sauvage ; Bonne volonté ; Travail d'équipe. Défis Peureux ; Têtu ; Incohérent ; Trop attaché ; Rebelle ; Agité ; Effrayant ; Trop indépendant. Élément Terre. Couleurs primaires Noir ; Brun ; Gris ; Rouge ; Blanc ; et beaucoup d'autres couleurs en différents motifs. Apparitions Le Cheval apparaÃt lorsque vous vous sentez enfermé, inquiet ou sur les nerfs. Il vient vous dire que vous avez besoin de courir librement, de réguler votre agitation par l'exercice, et de ressentir le vent sur votre visage. Cela va vous ramener à l'équilibre, vous calmer et vous aider à trouver des solutions aux problèmes auxquels vous êtes confronté. L'indépendance et la liberté sont des choses importantes pour vous, mais vous êtes aussi quelqu'un de volontaire, généreux et capable de liens étroits avec eux qui vous traitent avec amour et respect. La présence du cheval signifie que vous êtes sur le point de vous embarquer dans une nouvelle aventure. Il peut s'agir d'un voyage ou bien d'une exploration spirituelle où vous allez ouvrir et faire grandir plus encore la conscience de votre esprit, de votre corps, et votre âme. Le cheval vient dire que vous avez en vous un grand pouvoir. Vous possédez une incroyable endurance et ne lâchez pas avant que le travail soit terminé, même si vous êtes fatigué. Vous n'abandonnez jamais ceux qui vous aiment ni la poursuite de vos rêves. Le cheval signifie que, parfois, il vous faut faire une pause et poser les charges que vous portez pour revenir au contact de vos propres besoins intérieurs. Lorsque vous êtes enthousiaste, vous avancez vers votre but avec passion et vous pouvez lever facilement les obstacles. Le cheval vous met en garde il vaut mieux accueillir les choses dans la foulée que laisser la peur vous gagner, ou vous révolter. Aide Vous devez accomplir une tâche avec rapidité et précision, ou communiquer des informations en étant pleinement assuré. Les gens sont attirés par votre noblesse et votre grâce, par la beauté de votre esprit et par votre nature empathique parce que vous les faÃtes se sentir confiance en eux et capables d'accomplir ce qu'ils veulent. Le cheval peut vous aider à éveiller votre pouvoir intérieur et vous faire prendre conscience des besoins des autres. Intuitivement, il sait quand son maÃtre ne va pas bien, et il va le toucher du museau jusqu'à ce qu'il se sente mieux. Le cheval signifie que vous devez prendre conscience des sentiments de vos proches et il vous avertit de veiller à ne pas prendre la tangente parce que vous avez peur ou que vous êtes bouleversé ou contrarié. Il vous met en garde aussi contre le fait de vous attacher trop à une personne au point de perdre le sentiment de vous-même. Il vous aide lorsque vous traversez des périodes de croissance spirituelle, en vous montrant que toutes les vies sont interdépendantes. Fréquence L'énergie du cheval ressemble au vent qui souffle sur votre visage alors que vous galopez librement. c'est chaud et doux, apaisant et pur. Elle est semblable au doux martèlement de ses sabots sur le pavé. Son odeur évoque la terre, le foin et une pluie fraÃche au aussi Âne ; Hippogriffe ; Kelpie ; Mule ; Pégase ; Sleipnir ; Licorne ; Zè Vous êtes dans l'écurie. Il y a quelque chose d'unique dans le mélange des odeurs les chevaux, la sciure et le foin. Vous vous dirigez vers le box et saluez votre jument, flattant son nez à travers la balustrade. Vous entrez dans le box et l'enserrez avec amour, vos bras entourant son échine. Votre respiration est profonde, vous respirez son odeur et sentez votre cÅ“ur qui se connecte au sien alors qu'elle pose sa tête sur votre dos et vous attire plus près d'elle pour un câlin encore plus chaleureux. Vous souriez contre son cou, vous vous sentez content et heureux. Vous pensez à l'être magnifique qu'elle est ; la grâce de son mouvement est à couper le souffle, mais... Il s'agit bien de cela du lien profond et indissoluble entre des esprits de la même famille.** Aigle Bleu dans Les Animaux totems dans la tradition amérindienne Édition revue et augmentée Le Dauphin blanc, 2019 nous transmet la sagesse de ces ancêtres Le cheval est un symbole de pouvoir et de liberté dans les communautés amérindiennes. Les jeunes guerriers et les jeunes braves des plaines avaient coutume d'essayer de voler des chevaux aux tribus voisines afin de prouver qu'ils étaient de bons partis pour la femme qu'ils voulaient épouser, démontrant ainsi qu'ils avaient du courage et du pouvoir. En particulier chez les grandes tribus de chasseurs des plaines du centre de l'Amérique, dont la vie était centrée sur le bison, le cheval était un atout extraordinaire pour se déplacer et pour chasser. Avant la découverte du cheval domestiqué, les Premières Nations des plaines étaient très proches de la terre ; leurs déplacements étaient alourdis par leurs possessions, et donc très lents. Dès lors qu'ils montèrent sur le dos des chevaux, ils furent libres comme le vent. Cette découverte fut aussi importante pour eux que celle du feu. Le cheval a eu un tel impact sut toutes les nations du monde que la société actuellement mesure toujours la puissance des véhicules moteurs en chevaux-vapeur. C'est un souvenir de ce époque où le cheval était un partenaire honoré et de grande valeur parmi les hommes. Voici une histoire sur l'homme-médecine Dream Walker qui nous parle du pouvoir du cheval. Dream Walker était en chemin sur les plaines pour aller rendre visite à la nation Arapaho. Il portait avec lui sa pipe. Il avait dans sa tresse une plume qui pointait vers la terre, le désignant comme un homme de paix. Du haut d'une colline, il vit une harde de mustangs sauvages qui venait à lui. UN étalon noir s'approcha et il lui demanda ce qu'il cherchait. Le cheval lui dit  Je suis le vide d'où les réponses arrivent. Grimpe sur mon dos et apprends à entrer dans le vide dans la noirceur totale qui donne naissance à la forme. » Dream Walker le remercia et lui dit qu'il viendrait lui rendre visite dans le temps du rêve lorsqu'il aurait besoin de cette médecine. Puis s'approcha un étalon doré venant de l'est où réside l'illumination.  Tu pourras venir me voir pour trouver les enseignements qui permettront d'illuminer ta sagesse et ta connaissance des autres », lui dit-il. Dream Walker  remercia » et répondit qu'il utiliserait ces dons durant son voyage. S'en vint alors l'étalon ocre venant du Sud. Se cabrant joyeusement et fougueusement, il lui parla des joies d'équilibrer le travail et la médecine pesante avec le jeu.  Tu pourras retenir davantage l'attention des autres si tu utilises l'humour », lui expliqua-t-il. Dream Walker le remercia, disant qu'il emploierait cette médecine au cours de son voyage. Dream Walker se rapprochait de sa destination, la nation Arapaho. Alors vint à lui l'étalon blanc du Nord. Dream Walker monta sur son dos. Il était le porte-parole des autres chevaux et représentait la sagesse. Il était l'incarnation d'un bouclier de médecine équilibrée  Aucun abus de pouvoir ne mène à la sagesse. Tu as fait ce voyage pour la connaissance du Grand Esprit. Je te porte sur mon dos. La sagesse n'est pas accordée aisément, mais elle l'est à ceux qui sont prêtes à la porter de manière utile. » Dream Walker fut guéri par les chevaux sauvages, et il savait que son but en rendant visite aux Arapahos était de partager cette sagesse avec eux. Cette histoire nous rappelle qu'il faut équilibrer notre médecine. Elle enseigne l'importance d'intégrer tous les aspects de notre sentier sur terre. Il y a de nombreuses dimensions dans notre existence, représentées dans cette petite histoire par les corps physique Sud, émotionnel Ouest, mental Est et spirituel Nord. Chaque direction et les points cardinaux, aussi appelés les  grands-pères des quatre vents », représentent des aspects de notre sagesse innée. Notre potentiel tient aux quatre dimensions de notre manifestation le physique, l'émotionnel, le mental et le spirituel. Ces aspects de notre être doivent être en équilibre pour que notre pouvoir puisse être juste et vrai, puissant et bénéfique. Par exemple, trop de spirituel et pas suffisamment de physique conduit aux illusions et à l'orgueil. La compassion, l'ouverture aux enseignements, l'attitude aimante, la vie équilibrée, le fait de rester centré et le partage de nos dons et de nos capacités avec la communauté sont les portes du véritable pouvoir. Cette histoire nous illustre bien l'importance du pouvoir dans notre vie personnelle. Le pouvoir ne sait pas grandir en nous ce manière équilibrée si ne viennent pas conjointement l'humilité et le sens des responsabilités. Avec chaque pouvoir vient une responsabilité. C'est pourquoi la recherche de pouvoir spirituel dans les Premières Nations est toujours tempérée par une réflexion profonde et une mise à l'épreuve par les aÃnés avant d'être autorisée et célébrée. Il est bon et il est bien d'acquérir du pouvoir, mais il est nécessaire de comprendre qu'il doit être utilisé avec sagesse, discernement et compassion, pour le bien de tous et de toutes, sans quoi les pièges du pouvoir nous conduiront dans un e spirale descendante qui mène à la ruine et à la solitude. De tous les animaux, le cheval tient une place toute spéciale dans l'histoire de l'Homme. Il est constamment célébré dans toutes les nations pour sa beauté, sa force, sa noblesse, sa douceur et sa volonté d'aider. Il a été domestiqué et il est pourtant un symbole de liberté. C'est pourquoi bien des anciens ont trouvé tellement triste la journée où l'automobile a supplanté le cheval comme mode de locomotion. Pour eux, il s'agissait d'une grande perte pour l'homme. Dans un pays scandinave une vile a choisi de revenir au cheval pour collecter les ordures recyclables. en quelques mois, sa collecte a doublé. Tous les citoyens voulaient sortir porter leurs matières récupérables pour pouvoir dire bonjour au grand cheval de trait qui tirait la benne. Les dépenses de cette municipalité ont diminué, car l'entretien du cheval coûte beaucoup moins cher que le camion et ne produit pas de pollution. Le cheval se répare tout seul au contraire du camion. Tout ce dont il a besoin, ce sont de bons soins ; de plus, il produit de l'engrais pour les jardins. Il est beaucoup moins dangereux qu'un véhicule, car il s'arrêterait automatiquement si un enfant se mettait dans son chemin. Je m'arrête là , vous voyez aisément tous les avantages qu'il y a entre la vie et la machine. Un homme riche, qui travaillait beaucoup et vite, rencontre son frère qui conduisait sa carriole tirée par son fidèle cheval de trait. Il s'arête et l'interroge  Regarde ma belle voiture, j'arrive beaucoup plus vite à destination avec elle. Pourquoi tu t'entêtes à utiliser un transport si archaïque ? » Son frère répondit  Ton moteur fait un bruit infernal qui empêche une pensée juste. Il sent mauvais et ses vapeurs sont toxiques et elles empoisonnent l'air. Ta voiture est dangereuse et produit du stress, puisqu'il te fait constamment surveiller la route pour ne pas blesser les autres, et encore par mégarde, tu tues parfois de petits animaux qui traversent le chemin. Il te faut des routes asphaltées et dures qui sont comme une plaie sur la Terre mère. Parfois, il se brise et tu dois dépenser de l'argent et du temps pour le faire réparer. Il te coûte très cher, ce qui t'oblige à travailler de longues heures pour le payer. Ta voiture ainsi raccourcit la durée de ta vie... Mon cheval, c'est un ami. Lors de mes trajets, je peux lui raconter mes problèmes et il m'écoute. J'arrive à destination avec davantage de sagesse qu'à mon départ. Mon cheval se répare tout seul et il sait se reproduire, donc il dure beaucoup plus longtemps et me coûte beaucoup moins cher que ta voiture. Ses déjections me servent d'engrais. Son pas lent et régulier me relaxe et me permet d'apprécier mon environnement. Et il sait où il va. Si je suis fatigué, je peux m'endormir sur ma carriole. Lorsque je me réveille, je suis rendu à destination ! Ainsi, le cheval prolonge mes jours, me donne de la joie, favorise la beauté et la santé de mon environnement et celle d ma famille et de ma communauté !»**Lire la suite de l'article ici.

Lessolutions pour la définition PETIT OISEAU SOUVENT CONFONDU AVEC L'HIRONDELLE pour des mots croisés ou mots fléchés, ainsi que des synonymes existants. Accueil •Ajouter une définition •Dictionnaire •CODYCROSS •Contact •Anagramme Petit oiseau souvent confondu avec l'hirondelle — Solutions pour Mots fléchés et mots croisés. Recherche - Solution. Recherche -

Une Hirondelle en ses voyages Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu Peut avoir beaucoup retenu. Celle-ci prévoyait jusqu’aux moindres orages, Et devant qu’ils fussent éclos, Les annonçait aux Matelots. Il arriva qu’au temps que le chanvre se sème, Elle vit un manant en couvrir maints sillons. Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux Oisillons Je vous plains ; car pour moi, dans ce péril extrême, Je saurai m’éloigner, ou vivre en quelque coin. Voyez-vous cette main qui par les airs chemine ? Un jour viendra, qui n’est pas loin, Que ce qu’elle répand sera votre ruine. De là naîtront engins à vous envelopper, Et lacets pour vous attraper, Enfin mainte et mainte machine Qui causera dans la saison Votre mort ou votre prison Gare la cage ou le chaudron ! C’est pourquoi, leur dit l’Hirondelle, Mangez ce grain; et croyez-moi. » Les Oiseaux se moquèrent d’elle Ils trouvaient aux champs trop de quoi. Quand la chènevière fut verte, L’Hirondelle leur dit Arrachez brin à brin Ce qu’a produit ce maudit grain, Ou soyez sûrs de votre perte. - Prophète de malheur, babillarde, dit-on, Le bel emploi que tu nous donnes ! Il nous faudrait mille personnes Pour éplucher tout ce canton. » La chanvre étant tout à fait crue, L’Hirondelle ajouta Ceci ne va pas bien; Mauvaise graine est tôt venue. Mais puisque jusqu’ici l’on ne m’a crue en rien, Dès que vous verrez que la terre Sera couverte, et qu’à leurs blés Les gens n’étant plus occupés Feront aux oisillons la guerre ; Quand reginglettes et réseaux Attraperont petits Oiseaux, Ne volez plus de place en place, Demeurez au logis, ou changez de climat Imitez le Canard, la Grue, et la Bécasse. Mais vous n’êtes pas en état De passer, comme nous, les déserts et les ondes, Ni d’aller chercher d’autres mondes ; C’est pourquoi vous n’avez qu’un parti qui soit sûr C’est de vous renfermer aux trous de quelque mur. » Les Oisillons, las de l’entendre, Se mirent à jaser aussi confusément Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre Ouvrait la bouche seulement. Il en prit aux uns comme aux autres Maint oisillon se vit esclave retenu. Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres, Et ne croyons le mal que quand il est venu.
Pendanttout l’hiver, à l’insu de la souris et de la taupe, la petite Poucette soigna ainsi l’hirondelle avec la plus grande affection. À l’arrivée du printemps, lorsque le soleil commença à réchauffer la terre, l’oiseau fit ses adieux à la petite fille, qui rouvrit le trou pratiqué autrefois par la taupe. L’hirondelle pria sa bienfaitrice de l’accompagner dans la forêt
Cet article est à usage presque privé. Tiens donc, sur un blog...Je reprends ici un texte déjà évoqué au début de ce des fins pratiques, en manière d'illustration de mon article la relecture, je l'ai trouvé suffisamment divertissant pour en remettre une mouture en voici pour vous, la description d'une petite personnalité croisée il y a plusieurs années, dans le cadre dont les remontées m'ont inspirée. Honneur aux dames et privilège de l’âge, je vais ramener à moi Florence. Florencina », comme je l’appelais, je ne sais d’ailleurs pas au juste en référence à quoi. Un petit quelque chose d’italien, peut-être. De la gouaille de poissonnière des halles, la gestuelle des latines exubérantes. Ou tout bêtement l’ italisation » outrée de son prénom. Une belle pomme mûrie au soleil, à chair ferme et pleine. Une peau veloutée, des cheveux clairs frisotés, un regard azur et de petites dents blanches acérées. Le sourire vite crispé, tôt grimacé et grinçant coincé. Un très joli ton de voix, tonique et gai. J’ai connu Florence à mon arrivée à Saint-Vincent de Tyrosse. Elle travaillait déjà dans la société depuis plusieurs années. Je l’avais croisée à une ou autre réunion, mais sans jamais lui avoir parlé. Elle est petite, ronde, ambrée comme un petit pain cuit à point. Joli visage, port de tête fier et droit. Elle marche un peu raide à petits pas ouverts, sans balancer les bras. Elle attache souvent ses cheveux en une petite couette dansante et follette. Florence rit souvent. Elle montre beaucoup ses jolies dents très blanches. Mais juste au dessus, la plupart du temps, son regard reste dur. Je l’ai quand même vue prendre de vrais fous rires souvent, et nous les avons partagés. Elle a les yeux mobiles et regarde volontiers en coin, tête penchée sur une réflexion mal rentrée. Il y avait de la complicité entre nous, des plaisanteries, des allusions. Je me suis confiée à elle parfois, et l’ai trouvée de bon conseil. De la justesse et une vraie finesse de perception. Une délicatesse que j’appréciais. Elle se souvenait longtemps après de choses que je lui disais, et qui ne la concernaient pourtant pas spécialement. Des histoires de parcours de vache, de travaux dans la ferme, qu’elle écoutait d’un air distrait et que pourtant elle enregistrait, puisqu’elle me les rappelait après des mois. J’en étais touchée. Je le lui ai dit. C’était étonnant. Je la voyais occupée de sa petite vie, un peu égoïste. Et pourtant, elle avait cette capacité d’écoute. Une ambivalence sympathique. Elle se racontait aussi très sainement et sans pudeur. Des histoires de femmes ou autres, où elle ne cherchait pas à se mettre forcément en valeur. A côté de ça, je lui sentais une rigidité de vieille fille. Elle s’accrochait à des principes surannés. Florence est bien plus jeune que moi. Elle paraît ouverte, liante, très à son aise. Et dans le même temps, elle s’enferme dans des carcans étroits et rébarbatifs. Quand elle pince ses lèvres minces sous ses lunettes d’institutrice, il n’y a plus rien à en tirer. Elle se braque comme une mule rétive et rien ne la fait avancer. C’est comme ça, on a toujours fait comme ça » scande-t-elle alors. Surprenant et très énervant surtout. Quand on veut faire bouger et qu’elle résiste de toute sa masse de vierge encarapaçonnée ». Une vraie catastrophe quand il serait pourtant si simple d’évoluer sans s’accrocher au passé. Avec elle, on ne glisse pas d’une méthode de travail vers une autre sans histoire. On lui soumet une idée nouvelle, elle flaire, de loin, tout de suite méfiante. Elle ne veut pas passer pour une rétrograde. Elle accepte d’examiner, d’étudier, mais, très vite, elle expose mille arguments contraires à l’idée avancée. Pourquoi pas, mais quand même… » Et c’est parti pour des discussions à n’en plus finir, des points de détails rameutés en renfort, des objections, des interrogations, et puis quelques lamentations, plaintes, récriminations. Pour finir invariablement par un Et pourquoi on change ? » C’est sûr, à la vue du plat présenté par elle, on se le demande ! Tout était mieux avant. La seule chose, c’est qu’avant ne dure qu’un temps. Mais là, elle bloque, et si possible, elle bloque tout le monde. Une vraie vieille fille. Mariée maintenant et mère de famille, mais dans l’âme, par essence, une vraie vieille fille. Rien n’y fera, jamais, j’en mettrais ma main à couper. Notre principale pierre d’achoppement venait de l’appréciation que je portais sur son travail. Ou plus précisément sur son absence de travail. Mieux dit, sur sa fainéantise intrinsèque. Nous eûmes de vives discussions. Et chacune resta sur sa position. Le travail en équipe suppose un partage des tâches. Une organisation bien entendue mobilise tout le monde. Chacun contribue selon ses compétences et capacités. On ne demande pas à tous la même chose. Mais un petit fond commun de bonne volonté est appréciable. Nous étions quatre, dans ce magasin. Et nous étions censés avoir tous à nous occuper, chacun dans son domaine. Florence connaissait le métier aussi bien que moi, depuis le temps. Elle savait parfaitement ce qu’il y avait à faire, et comment il fallait le faire. Je ne lui ai jamais contesté cette science. Par contre, j’ai toujours déploré les limites qu’elle invoquait pour expliquer l’impossibilité où elle se trouvait chroniquement de mener sa tâche à bien. Elle s’occupait des végétaux, et de la décoration. S’occuper de la décoration signifiait passer deux à trois commandes dans l’année, une paire d’heures d’intense concertation avec un représentant quelconque. Quelques semaines plus tard, nous débarquions deux ou trois palettes. D’un empilement incertain de cartons de toutes tailles, nous extirpions tout un tas de breloques que nous disséminions avec plus ou moins de bonheur dans un coin de magasin. Ce joli matériel s’empoussiérait là jusqu’aux soldes. A moitié prix, quelques bricoles finissaient par trouver le chemin du comptoir de caisse. Une partie non négligeable filait en douce dans les grands sacs ou sous les jupes d’indélicates, que nous suivions d’yeux suspicieux sans jamais arriver à les décourager, ni surtout les prendre en flagrant délit. C’est un métier, ça aussi. L’inventaire annuel nous laissait dégoûtés. Cycliquement, nous parlions de liquider ce rayon controversé, mais comme notre Florencina s’y accrochait, on continuait de se faire plumer sans rien y gagner. Cette corde à son arc ne la mobilisait pas à plein temps. Elle passait entre ses brocantes de temps en temps, nonchalante et rêveuse. Et revenait songeuse comme de retour d’un monde lointain. Ca lui faisait un but de promenade, par les fins de journées désœuvrées. L’essentiel de l’activité de notre jolie blonde était dehors. Nous n’avions pas de marché couvert. Les tablettes sur lesquelles nous présentions les barquettes ou pots de plants à repiquer étaient à ciel ouvert, au grand soleil ou sous la pluie. La partie pépinière avec les arbustes en conteneurs était assez réduite. Quand on sortait du magasin pour y aller, les grandes silhouettes des chênes du parc voisin se dressaient majestueusement en fond. C’était une surface de vente très agréable, de bonne proportion, et très commode à travailler. J’aimais bien y aller. J’ai le goût de l’extérieur et des plantes. J’y faisais de fréquentes incursions. Et mes observations me portaient à intervenir souvent. Avant d’arriver sur ce magasin, j’avais un long passé dans l’entretien et la maintenance de plantes à vendre. Et une certaine compétence reconnue sur ce rayon. J’avais en partie été mutée à Tyrosse pour y mettre aussi mon grain de sel. Je ne m’en privais pas, et, légitimement, Florence, seule maîtresse à bord avant moi, n’appréciait pas. J’admettais sa réaction. Mais j’étais sûre d’avoir raison et je voulais imposer mes méthodes. Je l’ai dit plus haut, Florence est très sympathique, mais pas spécialement malléable. Sous la pression, elle résiste. Je lui reprochais en particulier son manque de suivi sur un produit vivant à toujours présenter impeccable. Je demandais des plantes belles, saines, fraîches. Des présentations marchandes, rigoureuses, souvent renouvelées. Les bases du métier. Florence approuvait chaudement mes recommandations. Elle partageait tout à fait mon point de vue. Mes théories lui parlaient, elle adhérait. Aux théories. Le souci naissait dès qu’il était question de mettre en pratique. Un bon vendeur de végétaux dans nos magasins ne se contente pas de conseiller le client par les après-midi de beau temps, confortablement appuyé sur le bord d’une tablette bien rangée par un autre. Il ne se retire pas religieusement dans le bureau chauffé pour passer trois lignes de commande pendant toute une journée, parce-que dehors il fait un peu mauvais. Non, un bon vendeur de végétaux dans une jardinerie doit aimer toucher la plante. Il doit aimer gratter le terreau, racler la tablette et remuer les pots. Il doit avoir le réflexe de regarder ses produits, et ne pas se contenter de les regarder, non, les arroser, les nettoyer, les retailler si besoin. Un bon vendeur n’erre pas dans sa pépinière le nez en l’air. Il se penche, il redresse, il désherbe. Le bon vendeur n’ignore pas la triste crevure desséchée dans son pot renversé. Il intervient, tout de suite. Il ne laisse pas croupir dans un fond de jauge des invendus oubliés là par flemme de les porter jusqu’à la benne à déchets. Le vendeur, même le vendeur moyen, ne présente pas sur ses tablettes des plants fondus de pourriture, des fleurs fanées au bout de tiges desséchées. Il ne laisse pas le temps aux racines de s’installer dans les nappes feutrées. Il retire l’adventice avant qu’elle n’étouffe son hôte, en principe. Et j’en passe et des meilleures. Je revenais de chacune de mes tournées dehors assez remontée. J’aurais cent fois préféré faire les choses moi-même. Mais je devais respecter l’organisation en place et tâcher d’y apporter ma contribution sans imposer unilatéralement. Une vraie fatigue, beaucoup de temps perdu, de nerfs vrillés et de discussions inutiles. Il fallait tenir compte de l’existant, d’accord. Mais là, on m’opposait des arguments qui me laissaient perplexe. Florence admettait sans peine le bien-fondé de mes observations. Elle reconnaissait ses négligences et me promettait très régulièrement de s’amender. Nous avions des prises de becs de mégères hystériques. Par réaction, elle se mettait à l’ouvrage. Quelques temps. Et puis, l’énergie la quittait, elle reprenait ses usages. D’un côté, j’aurais eu du mal à le lui reprocher. Elle me démontrait qu’elle ne pouvait pas y arriver, dans le temps demandé. Florence est de constitution solide. Petite, râblée, on lui attèlerait une belle charrue à tirer. Des épaules larges, un centre de gravité bas. Une conformation idéale pour du travail physique au sol. Une fabrication en force, à défaut d’être en grâce. On ne décèle aucune fragilité dans cette belle masse dense. Le tout est lisse, bien rempli, condensé. Pas la souplesse d’un long délié, mais l’agilité suffisante pour se remuer. Et bien, dans les faits, notre petite Florence est une mécanique à petit rendement. Elle ne supporte que des conditions si particulières qu’on peut difficilement espérer les voir réunies une seule journée. Par exemple, ce beau fruit à peau doré ne supporte pas la trop longue exposition au soleil. Trop longue s’entendant par une période excédant la paire d’heures en début d’après-midi estivale normale, hors canicule. C’est ennuyeux pour quelqu’un censé travailler dehors. On peut difficilement lui prévoir de l’ombrage à disposition. A l’autre bout de l’échelle des températures, elle souffre d’engelures chroniques du bout du nez. Le petit matin frais hivernal nous la ramène très vite violette de cette extrémité. En gros elle peut travailler à son rayon un peu en milieu de matinée, s’il fait entre dix-huit et vingt-trois degrés. La pluie, même légère, lui est prohibée. Ses cheveux frisottent vite à l’humidité, elle ne peut plus rien en faire après. La fin d’après-midi, des après-midis tièdes et secs, s’entend, elle pourrait aussi tenter, oui, mais bon, quand la journée a basculé dans sa seconde moitié, le cœur n’y est plus, il vaut mieux laisser tomber. Tout ça limite assez son spectre d’activité. Et on ne s’en tient là qu’aux restrictions climatiques. S’il faut aborder les problèmes de santé, c’est encore une autre histoire ! Notre si vigoureuse Florence n’a vraiment pas été par les fées penchées sur son berceau avantagée. Elle paraît saine et solide. Saine, elle l’est. Du moins je le lui souhaite, en dehors de mes moments mauvais… Mais solide, du tout, du tout ! Florence est jeune encore, je l’ai déjà dit. Elle a une bonne douzaine d’années de moins que moi. Et tout autant de kilos de plus. Sans être grosse, elle est un peu enveloppée. De bons bras, des jambes bien plantées. Et bien cette avantageuse tournure ne la sert pas autant qu’on le penserait. Dans notre magasin, nous vendions plusieurs tonnes d’aliment par semaine, toutes bêtes à nourrir confondues. Ca supposait quelques sacs à remuer. A charger dans quelques coffres ouverts bien hauts. Nous étions en parité totale dans la boutique. Deux femmes, deux hommes. Il arrivait que nous soyons toutes les deux pour la journée. Des clients demandeurs de sacs se présentaient forcément. Et bien, notre bonne Florence, à ces moments, n’avait aucun scrupule à venir me chercher pour me demander de servir le client à sa place. Trop lourd, trop dur, pour elle, bien-sûr ! Pour moi, il fallait bien que ça fasse. Ma foi, sur ce point particulier, je ne récriminais pas. J’empoignais le brout et enfilais l’allée. Je lui en ai touché mot, une ou autre fois. Ca ne l’a pas inquiétée. Entre une sciatique douloureuse, un poignet handicapé et que sais-je encore, on ne pouvait décemment pas lui en demander tant ! Bon, d’accord. La cerise sur le gâteau pour quelqu’un officiant dans les fleurs, quelqu’un amené tout au long de l’année à tripoter, remuer, renifler, s’imprégner, du végétal, quelqu’un du matin au soir destiné à travailler dans la plante, c’était son allergie. Et oui, une allergie ! Florence développait une allergie à certaines espèces végétales, et pas des raretés qu’on ne croise que de fortune, non, non, des variétés très ordinaires, communément présentes partout. Et comme ailleurs aussi chez nous. Que faire ? On ne pouvait pas lui demander de risquer de mourir étouffée par un œdème, par pure conscience professionnelle tout de même ! Son allergie était bien réelle, je l’ai vérifié à l’occasion d’une Toussaint où elle avait déballé quelques chrysanthèmes. Le lendemain matin, elle avait les yeux bouffis, les mains gonflées. Ca n’était pas un prétexte, elle portait les stigmates de la souffrance bien en apparence. Imparable. Mais là encore, bien embêtant pour les collègues qui devaient assurer sans elle. A aucun moment, elle n’a remis ses choix professionnels en question, pourtant. Je n’ai jamais compris pourquoi, étant à ce point invalidée, elle s’entêtait dans ce métier. Elle aurait très bien pu faire autre chose, même dans le magasin. Mais non, elle avait toujours fait ça et voulait continuer. Etonnant. Je ne me privais pas de lui dire ma façon de penser. Et aussi de lui expliquer en quoi j’y étais autorisée, puisque ce qu’elle ne pouvait pas faire, pour les milles bonnes raisons qu’elle savait si bien m’exposer, il fallait bien que quelqu’un d’autre le fasse. Et ce quelqu’un, généralement, c’était moi. J’étais pour le coup en droit de lui demander quelques comptes. Et bien, c’est là que la belle s’offusquait. En gros, j’aurais du faire à sa place, et m’en cacher, presque m’en excuser. Puisqu’elle ne pouvait pas supporter de se voir en face, il fallait lui laisser l’illusion intacte de l’employée diligente. Elle devait être persuadée d’être vaillante et courageuse dans le travail. Et d’être suspectée de fainéantise la blessait, sans doute. Elle tenait ferme à son personnage exemplaire de petite mémère méritante. Je la bousculais sans jamais réussir à le lui faire lâcher. Il est trop tard maintenant pour que l’occasion m’en soit encore donnée. Mais je pense que j’y aurais gâché mes meilleurs nerfs sans être sûre de jamais y arriver. Un échec, un de plus, à avaler. C'est un exercice que j'affectionne modeste, dans mes références...A une autre fois.

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Je suis plein du silence assourdissant d’aimer ». — Le fou d’Elsa, 1963 Le paysan de Paris La réalité est l’absence apparente de contradictions. Le merveilleux, c’est la contradiction qui apparaît dans le réel. L’amour est un état de confusion du réel et du merveilleux. Dans cet état, les contradictions de l’être apparaissent comme réellement essentielles à l’être. — Le Paysan de Paris, t. 1, livre III, p. 911 Prose du bonheur et d’Elsa Louis Aragon Le roman inachevé, 1956 Sa première pensée appelle son amour Elsa L’aurore a brui du ressac des marées Elsa Je tombe Où suis-je Et comme un galet lourd L’homme roule après l’eau sur les sables du jour Donc une fois de plus l’amour s’est retirée Abandonnant ici ce corps à réméré Ce coeur qui me meurtrit est-ce encore moi-même Quel archet sur ma tempe accorde un violon Elsa Tout reprend souffle à dire que je t’aime Chaque aube qui se lève est un nouveau baptême Et te remet vivante à ma lèvre de plomb Elsa Tout reprend souffle à murmurer ton nom Le monde auprès de toi recommence une enfance Déchirant les lambeaux d’un songe mal éteint Et je sors du sommeil et je sors de l’absence Sans avoir jamais su trouver accoutumance A rouvrir près de toi mes yeux tous les matins A revenir vers toi de mes déserts lointains Tout ce qui fut sera pour peu qu’on s’en souvienne En dormant mon passé que ne l’ai-je perdu Mais voilà je gardais une main dans les miennes Il suffit d’une main que l’univers vous tienne Toi que j’ai dans mes bras dis où m’entraînes-tu Douleur et douceur d’être ensemble confondues Un jour de plus un jour Que la barge appareille Sur la berge s’enfuit novembre exfolié Ce que disent les gens me revient aux oreilles Il va falloir subir à nouveau mes pareils Depuis le soir d’hier les avais-je oubliés Mais dans les joncs déjà j’entends les jars crier Je ne sais vraiment pas ce que peut bien poursuivre Cet animal en moi comme un seau dans un puits Qu’est ce que j’ai vraiment à m’obstiner de vivre Quand je n’ai plus sur moi que la couleur du givre L’âge dans mon visage et dans mon sang la nuit N’achèvera-t-on pas l’écorché que je suis J’écoute au fond de moi l’écho de mes artères Je connais cette horreur soudain quand il m’emplit Faut-il se borner à subir et se taire Faut-il donc sans y croire accomplir les mystères Comme le sanglier blessé les accomplit Si le valet des chiens ne sonne l’hallali Quoi je dormais toujours ou qu’est ce paysage Quel songe m’habitait dans l’intime des draps Où tu vas je te suis La vie est ton sillage Je te tiens contre moi Tout le reste est mirage J’étais fou tout à l’heure Allons où tu voudras Non je n’ai jamais mal quand je t’ai dans mes bras Je vis pour ce soleil secret cette lumière Depuis le premier jour à jouer sur ta joue Cette lèvre rendue à sa pâleur première On peut me déchirer de toutes les manières M’écarteler briser percer de mille trous Souffrir en vaut la peine et j’accepte ma roue Ah ne me parlez pas de roses de l’automne C’est toujours le front pur de l’enfant que je l’aimais Sa paupière a gardé le teint des anémones Je vis pour ce printemps furtif que tu me donnes Quand contre mon épaule indolemment tu mets Ta tête et les parfums adorables de mai L’amour que j’ai de toi garde son droit d’aînesse Sur toute autre raison par quoi vivre est basé C’est par toi que mes jours des ténèbres renaissent C’est par toi que je vis Elsa de ma jeunesse Ô saisons de mon coeur ô lueurs épousées Elsa ma soif et ma rosée Comme un battoir laissé dans le bleu des lessives Un chant dans la poitrine à jamais enfoui L’ombre oblique d’un arbre abattu sur la rive Que serais-je sans toi qu’un homme à la dérive Au fil de l’étang mort une étoupe rouie Ou l’épave à vau-l’eau d’un temps évanoui J’étais celui qui sait seulement être contre Celui qui sur le noir parie à tout moment Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant Que serai-je sans toi que ce balbutiement Un bonhomme hagard qui ferme sa fenêtre Le vieux cabot parlant des anciennes tournées L’escamoteur qu’on fait à son tour disparaître Je vois parfois celui que je n’eus manqué d’être Si tu n’étais venue changer ma destinée Et n’avais relevé le cheval couronné Je te dois tout je ne suis rien que ta poussière Chaque mot de mon chant c’est de toi qu’il venait Quand ton pied s’y posa je n’étais qu’une pierre Ma gloire et ma grandeur seront d’être ton lierre Le fidèle miroir où tu te reconnais Je ne suis que ton ombre et ta menue monnaie J’ai tout appris de toi sur les choses humaines Et j’ai vu désormais le monde à ta façon J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines Comme au passant qui chante on reprend sa chanson J’ai tout appris de toi jusqu’au sens du frisson J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne Qu’il fait jour à midi qu’un ciel peut être bleu Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne Où l’homme ne sait plus ce que c’est d’être deux Tu m’as pris par la main comme un amant heureux Il vient de m’échapper un aveu redoutable Quel verset appelait ce répons imprudent Comme un nageur la mer Comme un pied nu le sable Comme un front de dormeur la nappe sur la table L’alouette un miroir La porte l’ouragan La forme de ta main la caresse du gant Le ciel va-t-il vraiment me le tenir à crime Je l’ai dit j’ai vendu mon ombre et mon secret Ce que ressent mon coeur sur la sagesse prime Je l’ai dit sans savoir emporté par la rime Je l’ai dit sans calcul je l’ai dit d’un seul trait De s’être dit heureux qui donc ne blêmirait Le bonheur c’est un mot terriblement amer Quel monstre emprunte ici le masque d’une idée Sa coiffure de sphinx et ses bras de chimère Debout dans les tombeaux des couples qui s’aimèrent Le bonheur comme l’or est un mot clabaudé Il roule sur la dalle avec un bruit de dés Qui parle du bonheur a souvent les yeux tristes N’est-ce pas un sanglot de la déconvenue Une corde brisée aux doigts du guitariste Et pourtant je vous dis que le bonheur existe Ailleurs que dans le rêve ailleurs que dans les nues Terre terre voici ses rades inconnues Croyez-moi ne me croyez pas quand j’en témoigne Ce que je sais du malheur m’en donne le droit Si quand on marche vers le soleil il s’éloigne Si la nuque de l’homme est faite pour la poigne Du bourreau si ses bras sont promis à la croix Le bonheur existe et j’y crois Tu m’as conduit dans la garrigue à l’heure où l’air n’est que cigales Les troupeaux anciens n’ont laissé qu’un peu d’une terre frugale Et ce parfum de la lavande on dirait foulé de leurs pieds Qui croît des pores de la pierre à tort et travers jointoyée C’est la terre d’un songe ancien comme il tombe des sarcophages Pleine d’insectes enkystés d’élytres et de coquillages Elle a le carmin du kermès qui pousse sur les chênes-nains Écrase-le pour voir le sang végétal te teindre les mains Et ce serpent ruiné sans rien qui tienne ensemble ses écailles Ce long cheminement qui est ce qui reste d’une muraille Comme il s’agissait toujours de marquer les propriétés Mais regarde-moi ces zigzags c’est drôlement mal arpenté C’est un fichu cache-nez que les siècles ont mangé aux mites On a depuis belle lurette oublié ce qu’il délimite Et que ce fut le grand terrain domanial de l’épidémie Transhumance interdite ici comme aux gens de guerre aux brebis A cause des exhalaisons ordre à tous de porter le masque Même aux morts qui jonchent le sol entre Carpentras et Venasque Voilà le nom lâché Venasque ô ville où je fus avec toi Où l’église juché à des pierres tombales sur le toit Tu aimes ces contrées de peste entre la Durance et le Rhône Ce pays sans eau ces hauteurs où la Peur avait fait son trône Tu l’ouvres devant moi cet incunable plein de tragédies De meurtres et de poisons noirs Moi j’écoute ce que tu dis Et j’entends ce remue-ménage et se levant des ossuaires Les fantômes qui font un bruit caché d’armes sous leur suaire Tu m’as conduit dans cet autre pays de la confusion Dans ce pays de banqueroute où rien n’est que dérision Décor plâtras La bise entre comme elle veut dans les demeures Toutes pareilles plus ou moins à des tombeaux de parfumeurs Des cabochons en veux-tu en voilà pour faire plus coquet Regarde-moi les plantes vertes qu’on a mises sur les quais Il y a ce quartier perdu quand on suit le chemin de fer Où les immeubles et les gens ont fait de mauvaises affaires Ce palais délabré qu’emplit une marmaille débraillée Le linge y pend partout sur les balcons les escaliers Mais le pis peut-être que ce sont les pensions de famille Où ça sent à la fois la poudre de riz et la camomille Chambre avec kitchenette et le robinet d’eau froide larmoie La belle époque y rend sa dernière bague à la fin du mois Pitié pour qui sur la figure a toujours le trente et quarante Le carnaval est là pour lui prouver que la vie est marrante La femme de ménage appelle ici les Italiens Piémontais A toi bien sûr elle racontera le drame qu’elle tait Le père de son fils un beau matin parti pour le Maroc Cette femme en blanc que tu fais surgir c’est l’Ange du baroque Énigmes Mots croisés de la Côte et toi seule en as la clef Soudain la mer a balayé la Promenade des Anglais Nous sommes partis d’ici par le dernier petit train de Digne Et des motards à plumes de coq couraient le long de la ligne Tout cela me vient pêle-mêle et ne tient pas compte du temps J’ai traversé toute la France et toi tout au bout tu m’attends Je revois le papier mural de notre chambre à Carcassonne Et le désespoir qu’on ne pouvait partager avec personne Une chambre succède à l’autre nuit une nuit suit une autre nuit On dirait que le bras de l’ange exterminateur nous poursuit Un bordel pour le front de l’Est Toute la smala dans la cour Et le fiancé qui voulait s’enfuir de la prison de Tours Nous débarrasser de son lit le diable m’emporte comment Il n’y a pas de différence entre la vie et tes romans Te voilà dans la neige avec les faux papiers Tu marches vite Vers la maison dans la montagne par toi quelque part décrite C’est la Noël Nous sommes abominablement malheureux Quand la porte s’ouvre on jette du genévrier plein le feu Qu’une grande flamme en ton honneur alors nous saute à la face Mais nous ne resterons pas ici Que voulez-vous qu’on y fasse Nous voilà boulevard Morland dans ce petit rez-de-chaussée Je ne distingue plus ce que tu dis de ce qui s’est passé Schéhérazade au village où le Commandant Azur se cache Tu es assise au coeur du monde et tu écris contre la hache Encore un conte pour prolonger l’univers jusqu’à demain Un soldat vert feuilletait ton manuscrit debout dans le train Ou cette nuit au-dessus d’une boucherie à Saint-Rambert La mort est pour un autre jour la croix pour un autre calvaire Quand il n’en reste que la cendre où est la mémoire du feu Notre temps pour le bien comprendre il faut le chercher dans tes yeux Avez-vous lu La Femme au diamant J’adore cette histoire L’éclipse pour la déchiffrer on a besoin de verres noirs Schéhérazade ô récitante et ce n’est plus toi qui supplies Au mille et unième matin quand le dernier astre a pâli Alors tu tournes ce regard d’aube sur les choses futures Et derrière toi dans la brume on aperçoit tes créatures Jenny Thérèse Elizabeth ce peuple mouvant que voici Dans le faux jour de la voyance et le néon des pharmacies Le troupeaux hideux des marchands de biens et des soldeurs de stocks Et cet espèce de beau garçon qui se perd dans son époque Avez-vous remarqué que c’est la même chose qu’elle dit Dans chaque livre et dans chacun que c’est la même tragédie Pour le faire comprendre mieux elle-même a pris ce visage Atroce ô mon amour c’est exiger de moi trop grand courage Ce spectacle à quoi bon D’où sort cette sauvage cruauté Cette apocalypse Écartez de moi ce miroir écartez De moi ce miroir Enlevez au moins ce mot qui fait si mal Pourquoi tes doigts dans la blessure et cette souffrance animale Qui grandit Les mots tombent de mon coeur oh que ce soit la fin Jusqu’ici je ne savais pas où la douleur humaine atteint Mais d’où te vient cette science à toi qui l’écris et l’enseignes Toi par qui je comprends tout ce qui palpite et tout ce qui saigne Tu es l’air qui porte vers moi la vie et ses pollens légers Vint mil neuf cent cinquante-six comme un poignard sur mes paupières Tout ce que je vois est ma croix tout ce que j’aime est en danger Et sans toi je n’aurais été que l’homme qui reçoit les pierres Mais tu m’as chanté la chanson du Rendez-vous des étrangers ••• Tant que j’aurai le pouvoir de frémir Et sentirai le souffle de la vie Jusqu’en sa menace Tant que le mal m’astreindra de gémir Tant que j’aurai mon coeur et ma folie Ma vieille carcasse Tant que j’aurai le froid de la sueur Tant que ma main l’essuiera sur mon front Comme du salpêtre Tant que mes yeux suivront une lueur Tant que mes pieds meurtris me porteront Jusqu’à la fenêtre Quand ma nuit serait un long cauchemar L’angoisse du jour sans rémission Même une seconde Avec la douleur pour seul étendard Sans rien espérer les désertions Ni la fin du monde Quand je ne pourrais ni veiller ni dormir Ni battre les murs quand je ne pourrais Plus être moi-même Penser ni rêver ni me souvenir Ni départager la peur du regret Les mots du blasphème Ni battre les murs ni rompre ma tête Ni briser mes bras ni crever les cieux Que cela finisse Que l’homme triomphe enfin de la bête Que l’âme à jamais survive à ses yeux Et le cri jaillisse Je resterai le sujet du bonheur Se consumer pour la flamme au brasier C’est l’apothéose Je resterai fidèle à mon seigneur La rose naît du mal qu’a le rosier Mais elle est la rose Déchirez ma chair partagez mon corps Qu’y verrez-vous sinon le paradis Elsa ma lumière Vous l’y trouverez comme un chant d’aurore Comme un jeune monde encore au lundi Sa douceur première Fouillez fouillez bien le fond des blessures Disséquez les nerfs et craquez les os Comme des noix tendres Une chose seule une chose est sûre Comme l’eau profonde au pied des roseaux Le feu sous la cendre Vous y trouverez le bonheur du jour Le parfum nouveau des premiers lilas La source et la rive Vous y trouverez Elsa mon amour Vous y trouverez son air et son pas Elsa mon eau vive Vous retrouverez dans mon sang ses pleurs Vous retrouverez dans mon chant sa voix Ses yeux dans mes veines Et tout l’avenir de l’homme et des fleurs Toute la tendresse et toute la joie Et toutes les peines Tout ce qui confond d’un même soupir Plaisir et douleur aux doigts des amants Comme dans leur bouche Et qui fait pareil au tourment le pire Cette chose en eux cet étonnement Quand l’autre vous touche Égrenez le fruit la grenade mûre Égrenez ce coeur à la fin calmé De toutes ses plaintes Il n’en restera qu’un nom sur le mur Et sous le portrait de la bien-aimée Mes paroles peintes ••• J’étais celui qui sait seulement être contre Celui qui sur le noir parie à tout moment Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant Que serais-je sans toi que ce balbutiement Un bonhomme hagard qui ferme sa fenêtre Le vieux cabot qui parle des anciennes tournées L’escamoteur qu’on fait à son tour disparaître Je vois parfois celui que je n’eus manqué d’être Si tu n’étais venue changer ma destinée Et n’avais relevé le cheval couronné Je te dois tout je ne suis rien que ta poussière Chaque mot de mon chant c’est de toi qu’il venait Quand ton pied s’y posa je n’étais qu’une pierre Ma gloire et ma grandeur seront d’être ton lierre Le fidèle miroir où tu te reconnais Je ne suis que ton ombre et ta menue monnaie J’ai tout appris de toi sur les choses humaines Et j’ai vu désormais le monde à ta façon J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines Comme au passant qui chante on reprend sa chanson J’ai tout appris de toi jusqu’au sens du frisson J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne Qu’il fait jour à midi qu’un ciel peut être bleu Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux Tu m’as pris par la main comme un amant heureux. ••• La Rose et le Réséda Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Tous deux adoraient la belle Prisonnière des soldats Lequel montait à l’échelle Et lequel guettait en bas Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Qu’importe comment s’appelle Cette clarté sur leur pas Que l’un fut de la chapelle Et l’autre s’y dérobât Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Tous les deux étaient fidèles Des lèvres du coeur des bras Et tous les deux disaient qu’elle Vive et qui vivra verra Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Quand les blés sont sous la grêle Fou qui fait le délicat Fou qui songe à ses querelles Au coeur du commun combat Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Du haut de la citadelle La sentinelle tira Par deux fois et l’un chancelle L’autre tombe qui mourra Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Ils sont en prison Lequel A le plus triste grabat Lequel plus que l’autre gèle Lequel préfère les rats Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Un rebelle est un rebelle Deux sanglots font un seul glas Et quand vient l’aube cruelle Passent de vie à trépas Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Répétant le nom de celle Qu’aucun des deux ne trompa Et leur sang rouge ruisselle Même couleur même éclat Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Il coule il coule il se mêle À la terre qu’il aima Pour qu’à la saison nouvelle Mûrisse un raisin muscat Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas L’un court et l’autre a des ailes De Bretagne ou du Jura Et framboise ou mirabelle Le grillon rechantera Dites flûte ou violoncelle Le double amour qui brûla L’alouette et l’hirondelle La rose et le réséda — Extrait de La Diane Française », édition Seghers →Lire l’analyse de ce poème ici ••• La guerre et ce qui s’ensuivit Les ombres se mêlaient et battaient la semelle Un convoi se formait en gare à Verberie Les plates formes se chargeaient d’artillerie On hissait les chevaux les sacs et les gamelles Il y avait un lieutenant roux et frisé Qui criait sans arrêt dans la nuit des ordures On s’énerve toujours quand la manœuvre dure Et qu’au-dessus de vous éclatent les fusées On part Dieu sait pour où Ça tient du mauvais rêve On glissera le long de la ligne de feu Quelque part ça commence à n’être plus du jeu Les bonshommes là-bas attendent la relève Le train va s’en aller noir en direction Du sud en traversant les campagnes désertes Avec ses wagons de dormeurs la bouche ouverte Et les songes épais des respirations Il tournera pour éviter la capitale Au matin pâle On le mettra sur une voie De garage Un convoi qui donne de la voix Passe avec ses toits peints et ses croix d’hôpital Et nous vers l’est à nouveau qui roulons Voyez La cargaison de chair que notre marche entraîne Vers le fade parfum qu’exhalent les gangrènes Au long pourrissement des entonnoirs noyés Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille Qu’un obus a coupé par le travers en deux Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre Et toi le tatoué l’ancien Légionnaire Tu survivras longtemps sans visage sans yeux Roule au loin roule train des dernières lueurs Les soldats assoupis que ta danse secoue Laissent pencher leur front et fléchissent le cou Cela sent le tabac la laine et la sueur Comment vous regarder sans voir vos destinées Fiancés de la terre et promis des douleurs La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs Vous bougez vaguement vos jambes condamnées Vous étirez vos bras vous retrouvez le jour Arrêt brusque et quelqu’un crie Au jus là-dedans Vous bâillez Vous avez une bouche et des dents Et le caporal chante Au pont de Minaucourt Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places Déjà le souvenir de vos amours s’efface Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri. ••• C’est une chose étrange à la fin que le monde… Chant II extrait du recueil Les yeux de la mémoire », 1954 Que la vie en vaut la peine C’est une chose étrange à la fin que le monde Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit Ces moments de bonheur ces midis d’incendie La nuit immense et noire aux déchirures blondes. Rien n’est si précieux peut-être qu’on le croit D’autres viennent. Ils ont le cœur que j’ai moi-même Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime Et rêver dans le soir où s’éteignent des voix. D’autres qui referont comme moi le voyage D’autres qui souriront d’un enfant rencontré Qui se retourneront pour leur nom murmuré D’autres qui lèveront les yeux vers les nuages. II y aura toujours un couple frémissant Pour qui ce matin-là sera l’aube première II y aura toujours l’eau le vent la lumière Rien ne passe après tout si ce n’est le passant. C’est une chose au fond, que je ne puis comprendre Cette peur de mourir que les gens ont en eux Comme si ce n’était pas assez merveilleux Que le ciel un moment nous ait paru si tendre. Oui je sais cela peut sembler court un moment Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine Et la mer à nos soifs n’est qu’un commencement. Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches Le sac lourd à l’échine et le cœur dévasté Cet impossible choix d’être et d’avoir été Et la douleur qui laisse une ride à la bouche. Malgré la guerre et l’injustice et l’insomnie Où l’on porte rongeant votre cœur ce renard L’amertume et Dieu sait si je l’ai pour ma part Porté comme un enfant volé toute ma vie. Malgré la méchanceté des gens et les rires Quand on trébuche et les monstrueuses raisons Qu’on vous oppose pour vous faire une prison De ce qu’on aime et de ce qu’on croit un martyre. Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine Malgré les ennemis les compagnons de chaînes Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu’ils font. Malgré l’âge et lorsque, soudain le cœur vous flanche L’entourage prêt à tout croire à donner tort Indifférent à cette chose qui vous mord Simple histoire de prendre sur vous sa revanche. La cruauté générale et les saloperies Qu’on vous jette on ne sait trop qui faisant école Malgré ce qu’on a pensé souffert les idées folles Sans pouvoir soulager d’une injure ou d’un cri. Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures Les séparations les deuils les camouflets Et tout ce qu’on voulait pourtant ce qu’on voulait De toute sa croyance imbécile à l’azur. Malgré tout je vous dis que cette vie fut belle Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci Je dirai malgré tout que cette vie fut belle. — Les Yeux et la mémoire, 1954, Chant II, Que la vie en vaut la peine ••• Chanson pour oublier Dachau ••• Je chante pour passer le temps Je chante pour passer le temps Petit qu’il me reste de vivre Comme on dessine sur le givre Comme on se fait le cœur content A lancer cailloux sur l’étang Je chante pour passer le temps J’ai vévu le jour des merveilles Vous et moi souvenez-vous-en Et j’ai franchi le mur des ans Des miracles plein les oreilles Notre univers n’est plus pareil J’ai vécu le jour des merveilles Allons que ces doigts se dénouent Comme le front d’avec la gloire Nos yeux furent premiers à voir Les nuages plus bas que nous Et l’alouette à nos genoux Allons que ces doigts se dénouent Nous avons fait des clairs de lune Pour nos palais et nos statues Qu’importe à présent qu’on nous tue Les nuits tomberont une à une La Chine s’est mise en Commune Nous avons fait des clairs de lune Et j’en dirais et j’en dirais Tant fut cette vie aventure Où l’homme a pris grandeur nature Sa voix par-dessus les forêts Les monts les mers et les secrets Et j’en dirais et j’en dirais Oui pour passer le temps je chante Au violon s’use l’archet La pierre au jeu des ricochets Et que mon amour est touchante Près de moi dans l’ombre penchante Oui pour passer le temps je chante Je passe le temps en chantant Je chante pour passer le temps. Je me souviens Ô la nostalgie à retrouver de vieilles cartes postales Où le ciel est toujours bleu l’arbre toujours vert la mer étale Sans doute on ne les met dans l’album que pour les photographies Je suis seul à savoir ce que l’écriture au dos signifie Les diminutifs les phrases banales Au-dessus de ce monde mort on voit traîner des cerfs-volants Poignées de main de Castelnaudary bons baisers du Mont-Blanc Un bonjour de Saint-Jean-de-Luz salutations de la Baule Je suis depuis trois jours ici c’est plein de Parisiens très drôles Nous avons fait un voyage excellent Je me souviens de nuits qui n’ont été rien d’autre que des nuits Je me souviens de jours où rien d’important ne s’était produit Un café dans le bois près de la gare Saint Nom La Bretèche Le bonheur extraordinaire en été d’un verre d’eau fraîche Les Champs-Elysées un soir sous la pluie — Chanté par Yves Montand – Musique de Philippe Gérard Chanson pour oublier Dachau Nul ne réveillera cette nuit les dormeurs Il n’y aura pas à courir les pieds nus dans la neige Il ne faudra pas se tenir les poings sur les hanches jusqu’au matin Ni marquer le pas le genou plié devant un gymnasiarque dément Les femmes de quatre-vingt-trois ans les cardiaques ceux qui justement Ont la fièvre ou des douleurs articulaires ou Je ne sais pas moi les tuberculeux N’écouteront pas les pas dans l’ombre qui s’approchent Regardant leurs doigts déjà qui s’en vont en fumée Nul ne réveillera cette nuit les dormeurs Ton corps n’est plus le chien qui rôde et qui ramasse Dans l’ordure ce qui peut lui faire un repas Ton corps n’est plus le chien qui saute sous le fouet Ton corps n’est plus cette dérive aux eaux d’Europe Ton corps n’est plus cette stagnation cette rancœur Ton corps n’est plus la promiscuité des autres N’est plus sa propre puanteur Homme ou femme tu dors dans des linges lavés Ton corps Quand tes yeux sont fermés quelles sont les images Qui repassent au fond de leur obscur écrin Quelle chasse est ouverte et quel monstre marin Fuit devant les harpons d’un souvenir sauvage Quand tes yeux sont fermés revois-tu revoit-on Mourir aurait été si doux à l’instant même Dans l’épouvante où l’équilibre est stratagème Le cadavre debout dans l’ombre du wagon Quand tes yeux sont fermés quel charançon les ronge Quand tes yeux sont fermés les loups font-ils le beau Quand tes yeux sont fermés ainsi que des tombeaux Sur des morts sans suaire en l’absence des songes Tes yeux Homme ou femme retour d’enfer Familiers d’autres crépuscules Le goût de soufre aux lèvres gâtant le pain frais Les réflexes démesurés à la quiétude villageoise de la vie Comparant tout sans le vouloir à la torture Déshabitués de tout Hommes et femmes inhabiles à ce semblant de bonheur revenu Les mains timides aux têtes d’enfants Le cœur étonné de battre Leurs yeux Derrière leurs yeux pourtant cette histoire Cette conscience de l’abîme Et l’abîme Où c’est trop d’une fois pour l’homme être tombé Il y a dans ce monde nouveau tant de gens Pour qui plus jamais ne sera naturelle la douceur Il y a dans ce monde ancien tant et tant de gens Pour qui toute douceur est désormais étrange Il y a dans ce monde ancien et nouveau tant de gens Que leurs propres enfants ne pourront pas comprendre Oh vous qui passez Ne réveillez pas cette nuit les dormeurs [In Le Nouveau Crève-Cœur • 1948 ] •••
Coréidé Ces punaises sont l'autre catégorie d'insecte ressemblant au cafard. Ces insectes se trouvent sur les murs et dans les appuis de fenêtre de votre maison, habituellement à la fin de l'été ou au début de l'automne. En raison de l'escalade sur les murs et des légères similitudes d'apparence, les gens confondent souvent le
Ci-dessous, vous trouverez CodyCross - Réponses de mots croisés. CodyCross est sans aucun doute l'un des meilleurs jeux de mots auxquels nous avons joué récemment. Un nouveau jeu développé par Fanatee, également connu pour la création de jeux populaires tels que Letter Zap et Letroca Word Race. Le concept du jeu est très intéressant car Cody a atterri sur la planète Terre et a besoin de votre aide pour traverser tout en découvrant des mystères. Il mettra au défi vos connaissances et vos compétences en matière de résolution de mots croisés de manière nouvelle. Lorsque vous trouvez un nouveau mot, les lettres apparaissent pour vous aider à trouver le reste des mots. S'il vous plaît assurez-vous de vérifier tous les niveaux ci-dessous et essayez de correspondre à votre niveau correct. Si vous ne parvenez toujours pas à le comprendre, veuillez commenter ci-dessous et essaiera de vous aider. Answers updated 24/08/2022 Sponsored Links Sports - Groupe 152 - Grille 4 On le confond avec l'hirondelle ; petit fouet martinet Loading comments...please wait... More app solutions
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